Les informations du 29 janvier à ne pas louper

Plan d’aide de 3 milliards, moins de morts sur la route, 200 000 déplacés en Centrafrique, les experts à Wuhan, Wall Street en PLS : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Confinement « adapté » imminent

Selon un conseiller de l’exécutif interrogé par le Monde, un nouveau confinement pourrait être décidé « dans le week-end ». Une mesure qui a largement perdu de sa popularité avec le temps. Au printemps 2020, 93% de la population était favorable à cette mesure. Désormais, ils ne seraient plus que 43% selon l’institut Elabe. Le conseil scientifique prend la parole dans différent média, le gouvernement estime qu’un couvre-feu n’est « pas suffisant » mais la décision finale revient au président de la République. Avec 11 155 nouvelles hospitalisations pour Covid-19 cette semaine, le nombre total de personnes hospitalisées le 26 janvier a atteint 27 041 personnes selon Santé publique France.
Toujours selon l’organisme gouvernemental, 3 081 patients atteint du Covid étaient en réanimation à cette date. Cela représente 60% du taux d’occupation des lits de réanimation. Avec une telle évolution, la décision d’un confinement n’est plus qu’une question de jours, reste à savoir quelles exceptions seront appliquées à la population, comme les étudiants qui s’étaient vu promettre, par Emmanuel Macron en personne, un retour à l’université un jour par semaine.

Le plan qui valait trois milliards

3,3 milliards d’euros. C’est ce que Jean Castex annonce comme ressources pour financer une série d’actions en faveur des habitants des territoires urbains fragiles. Cette annonce est attendue depuis trois ans par les élus et les associations et les acteurs de terrain des quartiers populaires. Tous réclamaient des mesures sociales en supplément du milliard déjà annoncé dans le plan de relance de novembre 2020. S’ajoutent désormais 2,3 milliards d’euros à investir dans les secteurs de l’emploi, et l’insertion professionnelle, l’éducation, la sécurité, le logement, la santé etc.
Cette annonce est faite dans le cadre de mesures sensées augmenter l’égalité des chances. Il s’agit ici de la première étape de cette stratégie évoquée par Emmanuel Macron en septembre dernier. Dans certains quartiers, le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active est monté de 20 %. Les demandes d’aide alimentaire, elles, ont augmenté de 50 %. Alors que les prochaines élections présidentielles ont lieu dans un an, il est difficile de considérer cette décision comme autre chose qu’un choix politique alors que la crise sanitaire fait rage.

Rebondissement dans le double meurtre en Ardèche et dans la Drôme

Avec l’affaire du tabassage du jeune Yuriy, qui a vu le nombre de personne placées en garde à vue monter au nombre de douze, ce double meurtre est l’autre fait divers qui occupe l’attention de la presse française. Hier, un homme de 45 ans a tué à l’arme à feu une conseillère de Pôle emploi à Valence et une DRH à Guilherand-Granges. Au-delà du choc initial, les enquêteurs ont établi un lien entre cette affaire et celles d’une tentative de meurtre d’un DRH et le meurtre d‘une autre DRH dans le Haut-Rhin le 26 janvier. A l’heure actuelle le suspect serait « « mutique, il ne parle pas du tout sur les faits, ne répond pas aux questions », déclare Alex Perrin, procureur de la République à Valence.

Moins de morts sur les routes… grâce au Covid

Le record à battre était de 3244 personnes en 2019, c’est désormais chose faite. Selon les chiffres annoncés par la Sécurité routière, 2550 personnes sont décédées sur les routes en 2020, soit le niveau le plus bas depuis l’après-guerre et la démocratisation des véhicules automobiles en France. La baisse est drastique : 21,4% de morts en moins qu’en 2019, mais ce chiffre est « a relativiser » selon l’organisme.
La raison semble évidente : le premier confinement a entraîné une baisse du trafic de 75 % pour avril 2020 et le reste de l’année a été impacté de manière similaire.
L’enthousiasme que pourrait provoquer cette annonce sera également touché par les autres chiffres. Mis à part les automobilistes normaux qui ont moins eu le droit de rouler en 2020, toutes les autres catégories d’accident restent dans une tendance similaire. Le nombre de camionneurs morts n’a pas baissé et reste à 35 morts car les restrictions n’ont pas fortement touché ce corps de métier. 389 piétons ont été tués, ce qui en faits 94 de moins qu’en 2019 et 174 cyclistes sont morts soit 13 de moins que l’année précédente.

Le PIB français chute de 8,3% en 2020

Drame, récession, désespoir, crise… ou pas ? Selon les premières estimations de l’Insee, le produit intérieur brut français (PIB) a baissé de 8,3% en 2020. La faute incombe, évidemment, à la crise sanitaire.
La nouvelle insolite de cette récession, c’est que l’Insee prévoyait une chute de 9% du PIB et le gouvernement misait prudemment sur une un plongeon de 11%. Les chiffres du PIB 2020  se traduisent notamment par la chute de la consommation des ménages, celle-ci a baissé de 7,1%.
Certes, 8,3% de récession du PIB au lieu de 9%, ce n’est pas la panacée, mais on fait avec ce qu’on a.

International

Point sur le Covid et les vaccins en Europe

L’agence européenne des médicaments (EMA) a officiellement d’approuvé l’utilisation du vaccin AstraZeneca/Oxford contre le Covid-19, pour toutes les personnes âgées de 18 ans et plus. L’approbation de ce vaccin, clé de voute de la campagne vaccinale européenne grâce à son prix et sa température de conservation, est pourtant loin de provoquer des scènes de liesse à Bruxelles.
Au contraire, la situation est tendue et l’UE a publié son contrat avec AstraZeneca et l’appelle à tenir ses engagements. Ce dernier a annoncé de gros retards dans la production de son vaccin alors que l’Union a commandé 400 millions de doses : au final AstraZneca déclare ne pouvoir livrer qu’« un quart » des doses initialement promises au premier trimestre.
Le retard serait dû à une « baisse de rendement » sur un site de fabrication européen. Le contrat stipule notamment que l’entreprise « s’est engagée à faire tous les efforts raisonnables en vue de mettre sur pied des capacités pour produire 300 millions de doses du vaccin, sans en tirer de bénéfices ni essuyer de pertes »

Toujours à propos des vaccins, la Hongrie continue de faire cavalier seul dans la campagne de vaccination européenne. Critiquant la « lenteur » du processus européen, le pays a commandé deux millions de doses du vaccin russe Spoutnik V la semaine dernière. Aujourd’hui, la Hongrie devient également le premier pays de l’UE à approuver le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm. Viktor Orban, le premier ministre hongrois au pouvoir depuis dix ans, espère « signer un contrat » le plus rapidement possible. Une commande de 500.000 doses a été évoquée hier par le chef de son Bureau, Gergely Gulyas.

Enfin, en attendant que nous soyons tous vaccinés d’ici 2040, les ambassadeurs des Etats membres de l’UE ont approuvé vendredi une proposition de la Commission européenne concernant des restrictions de circulation dans l’UE. Une nouvelle cartographie des zones les plus touchées par le virus est donc adoptée et des mesures plus strictes seront appliquées à ces régions. L’idée de ces restrictions non contraignantes est de « fortement décourager les déplacements non essentiels, tout en évitant les fermetures de frontières ou les interdictions générales de voyage ».

Les experts à Wuhan

Après 14 jours de quarantaine, les experts en vaccination de l’Organisation mondiale de la santé ont démarré leur enquête sur l’origine du Covid-19. Selon l’OMS, le but de l’enquête est de « comprendre ce qui s’est passé pour éviter que cela ne se répète à l’avenir ».
Au sommaire : rencontre de nombreux médecins, patiens et visite d’endroits parfois sensibles. Dans la liste des lieux ou les experts se rendront se trouve l’Institut de virologie de Wuhan. L’établissement est connu car Donald Trump et son administration avaient suggérés sans preuves que le virus avait pu s’échapper de cet endroit avant de contaminer la planète.
Autre endroit sensible que les experts vont visiter : le marché Huanan, fermé depuis un an. Le lieu était une plaque tournante de la vente d’animaux sauvages vivants. Il s’agit du premier foyer où l’épidémie de Covid-19 s’est manifestée.
Les visites se font dans un contexte tendu et la Chine minimise la portée de la mission des spécialistes étrangers et rejette toute « ingérence politique ».
Selon Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, « Cette coopération et ces échanges entre experts internationaux de l’OMS et experts chinois sont l’un des volets de la recherche mondiale sur l’origine du coronavirus. Ce n’est pas une enquête ».
Petit rappel que la Chine est extrêmement opaque sur les données qu’elle partage avec le reste du monde. Alors que le pays est le point de départ d’une épidémie ayant touché 2,1 millions de personnes dans le monde, la Chine n’a déclaré que 4.636 morts.

La Défense européenne en discussion

Deux évènements majeurs se sont déroulés ces derniers jours concernant la défense du vieux continent.
Le premier est la réunion par visio-conférence entre Angela Merkel et Emmanuel Macron au conseil franco-allemand de défense et de sécurité.
Plus d’un an après la dernière réunion d’octobre 2019, cette rencontre est un moyen de dialoguer sur la sécurité et de la défense entre la France et l’Allemagne. Les deux pays vont également discuter sur leur une contribution au développement de la défense européenne.
Les deux géants ont des visions différentes de la défense européenne. La France souhaite établir une souveraineté alors que l’Allemagne est traditionellement plus encline à un support de son allié outre atlantique de l’OTAN : les Etats-Unis. C’est une dépendance qui pose beaucoup de questions comme je l’évoquais dans mon article « L’Europe est-elle en sécurité ? »
Le second évènement majeur est la discussion de jeudi dernier entre les chefs des diplomaties américaine et européenne. Washington souhaite « réparer, revitaliser les relations Etats-Unis-UE et d’en relever les ambitions ». Cependant, les analystes et dirigeants s’accordent à dire que, mis à part une reprise des dialogues, les Etats-Unis n’ont pas l’intention de redevenir le gendarme du monde ni le grand protecteur à l’Otan. Ces analyses concordent avec l’absence d’engagements des Etats-Unis concernant le Sahel à la suite de la rencontre entre Lloyd Austin, le nouveau secrétaire à la Défense, et Florence Parly, notre ministre des armées.

Plus de 200 000 déplacés en Centrafrique en moins de deux mois

D’ailleurs, restons sur l’Afrique. Je vous écrivais le 22 janvier dernier que le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies avait annoncé que deux millions de personnes ont été déplacées dans leur propres pays dans la région du Sahel pendant l’année 2020.
Et bien aujourd’hui c’est la Centrafrique qui est au centre de l’attention pour des raisons similaires.
Selon l’ONU, les violences qui ravagent le pays ont causé le déplacement de plus de 200.000 personnes en moins de deux mois. Environ 105 000 ont fui vers les pays voisins.
Depuis décembre, début d’une offensive de groupes armés rebelles sur la capitale Bangui, 92.000 personnes ont fui en République démocratique du Congo. 13 240 autres seraient réparties au Cameroun, au Tchad et au Congo. Une guerre civile meurtrière fait rage dans les pays depuis 2013, elle perturbe les élections, y compris celle de Faustin-Archange Touadéra, réélu le 18 janvier dernier avec seulement 35,25 % de participation.

Le Portugal légalise l’euthanasie

Approuvée par le Parlement avec 136 voix pour, 78 voix contre et 4 abstentions, le Portugal adopte une loi autorisant « la mort médicalement assistée ». Le Portugal devient donc le quatrième pays d’Europe à légaliser l’euthanasie.
La loi prévoit que seuls les Portugais majeurs, résidant dans le pays et se trouvant « dans une situation de souffrance extrême, présentant des lésions irréversibles » ou atteints « d’une maladie incurable », pourront bénéficier de cette mort médicalement assistée.

Wall Street se venge des boursicoteurs amateur

La dérégulation du marché, c’est bien. Enfin ça l’était jusqu’à que ceux qui en profitent d’habitude voient le système se retourner contre eux. N’étant pas expert financier, je vais vous renvoyer vers un article du Monde qui explique en détail comment de petits investisseurs du forum Reddit ont utilisé des fond spéculatifs pour faire trembler Wall Street.
Si je suis incapable de vous expliquer facilement le procédé, je peux en revanche vous en décrire les conséquences. Des milliers de boursicoteurs ont investi dans des entreprises qui spéculaient sur la baisse de valeur de leurs actions telles que Gamestop ou AMC. En quelque jours, l’action de Gamestop est passé de 2,57 dollars à 347,51 mercredi, l’entreprise valait alors 10,3 milliards de dollars.
Sauf que jouer au casino et planter l’économie avec des bulles spéculatives comme en 2008, les gens de Wall Street n’aiment ça que lorsque les choses sont faites par des professionnels, le genre à être renfloués par les caisses des états. Alors quand des milliers d’investisseurs indépendants interviennent dans un marché « dérégulé » pour profiter des failles d’un système dont seuls les pros pouvaient bénéficier avant, ça ne plait pas aux investisseurs. Tous les boursicoteurs venu d’internet, pourtant censé être libre de spéculer, ont ainsi vu l’accès à leurs actions bloqué ou limité sur les applications qu’ils utilisaient pour faire du courtage : Robinhood, E-Trade ou encore Interactive Brokers.
Cette violation directe au droit d’accès au marché à quiconque souhaite y participer n’a pas encore été commentée par la Maison Blanche qui, à mon humble avis, ne doit pas trop savoir quoi dire vu que le capitalisme vient littéralement de lui sauter à la tronche.
Quant aux parlementaires de la droite et de la gauche américaines, la majorité sont d’accord sur la nécessité d’intervenir et que la Securities and Exchange Commission – le gendarme de la Bourse américaine – fasse enfin son boulot et recadre les acteurs qui empêchent les épargnants particuliers d’accéder au marché.
Enfin, la déclaration à retenir de cet évènement vient d’Alexandria Ocasio-Cortez élue populaire de la gauche radicale au Congrès américain : « C’est vraiment quelque chose de voir des gens de Wall Street qui ont longtemps traité notre économie comme un casino se plaindre d’un forum qui traite également le marché comme un casino. »

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