Les informations du 4 février à ne pas louper

Rejet de la PMA au Sénat, un ambassadeur Iranien condamné à 20 ans de prison, la popularité d’Emmanuel Macron en chute, Super Mario Draghi à la rescousse de l’Italie : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Rejet de la PMA pour toutes au Sénat

L’ouverture de la PMA à toutes les femmes est une arlésienne de la politique française de cette dernière decennie.
Tiré directement du large débat sur la possibilité que les femmes puissent disposer de leurs corps de la manière dont elles le souhaitent, la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes était déjà une promesse du président François Hollande en 2012. Emmanuel Macron l’a ensuite reprise dans son propre programme.
Le vote du texte a pris du retard en 2020 à cause de la crise sanitaire et, à un an de l’élection présidentielle de 2022, la PMA n’a toujours pas été acceptée.

Sénat – Palais du Luxembourg /Jacques Paquier

Après 3 jours de débats confus, le projet de loi de bioéthique a bien été adopté en seconde lecture, à main levée, avec les seules voix de la droite qui constitue la majorité du Sénat. Cependant, l’article principal sur l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes a été rejeté. Il y a un an pourtant, celui-ci avait été adopté in extremis en première lecture.
Une décision que les associations LGBT et représentantes des mères célibataires ont décrites comme « lamentable », « ignoble » ou encore comme une « superbe leçon de patriarcat ».
La Manif pour tous, elle, s’estime heureuse de ce « coup d’arrêt pour la PMA sans père »

Comme les textes adoptés par l’Assemblé nationale et le Sénat sont très différents, une commission va être réunie pour tenter d’accorder les députés et sénateurs.
En cas d’échec, c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot sur cette loi, et elle pourra rétablir l’article 1.
Pour la forme, les sénateurs de gauche, les groupes Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) et le Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) ont voté contre ce texte « complètement dénaturé », « vidé de sa substance » et considéré comme un « immense gâchis ». Autre mesure passée à la trappe dans le texte : la possibilité d’une autoconservation des gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) sans raison médicale. Cet article pourra lui aussi être rétabli par l’Assemblée nationale.

Moins d’embauches chez les moins de 26 ans en 2020

Le nombre d’embauches chez les jeunes de moins de 26 ans a baissé de 14,2% en 2020 selon la direction des statistiques du ministère du travail. Cette étude se base sur les CDI et CDD de plus de trois mois.  Le premier confinement avait provoqué une baisse de 57,9% des embauches avant de revenir à la normale entre août et octobre, puis de rechuter à nouveau de 27,4% lors du second confinement. Pour contrer ce problème, le gouvernement a instauré une aide de 4000 euros à l’embauche de jeunes de moins de 26 ans avec un contrat d’au moins trois mois.

Le présentiel fait de la résistance

Toujours dans le secteur du travail, la ministre Élisabeth Borne a écrit aux organisations syndicales et patronales. Celles-ci sont appelées à une réunion « sans délai » car le télétravail a baissé de façon « significative ». Elle a par ailleurs assuré que son ministère n’hésiterait pas à mandater l’inspection du travail avec des vérifications qui donneront lieu à des sanctions « sans état d’âme » si nécessaire.

Dans un monde où les gens respectent le protocole sanitaire, les salariés qui en expriment le besoin ont le droit à un retour en présentiel un jour par semaine.
Il s’avère que, selon une enquête d’Harris Interactive commandée par le ministère du Travail, 36% des salariés qui pourraient  télétravailler facilement ne l’ont pas fait pendant la semaine du 18 au 24 janvier 2021. Ils étaient 30% entre le 2 et le 8 novembre 2020. Parmi les secteurs concernés : les banques et assurances, les milieux de l’information, de la communication et de l’audiovisuel, ou encore les activités juridiques et comptables.

Et dire que le 29 janvier dernier, le Premier ministre Jean Castex déclarait à l’Elysée que « Dans toutes les entreprises où cela est possible, le recours effectif au télétravail devra être renforcé ». Aujourd’hui en conférence de presse il réitérait que l’utilisation du télétravail est  un « impératif ». Ça semble mal parti.

La gestion du Covid par Macron n’a pas la côte

À la question « Avez-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout confiance dans le gouvernement pour gérer la crise sanitaire liée à l’épidémie de COVID 19 ? », la réponse est implacable. Selon un sondage d’Odoxa-Backbone Consulting commandé par Le Figaro et France Info, six Français sur dix (60%) ont déclaré ne pas faire confiance en l’action du gouvernement.

Toutes les catégories de la population sont unanimes, à l’exception des sympathisants de La République en Marche (avec 11% de désapprobation), et les catégories sociales supérieures (49%).
De l’autre côté du spectre, les catégories populaires, les habitants des campagnes et les sympathisants du Rassemblement national sont les plus critiques avec respectivement 68%, 64% et 86% de défiance.

Emmanuel Macron, masqué dans une école primaire le 5 mai 2020 / Ian Langdson / Associated Press

Selon Gaël Sliman, le président de l’institut qui a réalisé le sondage, la pénurie de masques est considéré comme le « péché originel » de ce résultat. S’ensuivent les longs délais de résultats des tests, puis la lenteur de la campagne de vaccination. Réunis, ces cafouillages donnent un « sentiment d’inefficacité dans la durée ».

Ajoutez le manque de clarté de la communication gouvernementale, son absence de perspectives, de remise en question ou d’excuses et vous obtenez des résultats encore plus accablants pour Emmanuel Macron. Plus la population rajeunit, plus elle estime qu’un « reconfinement dans les jours prochains sera malgré tout inévitable » a raison de 69% des français en accord avec cette affirmation. 71% estiment également que le gouvernement « n’a pas pris les bonnes décisions au bon moment », 73% qu’il ne « leur dit pas la vérité », ou encore 78% qui estiment que le gouvernement ne « sait où il va ». Avec des sondages pareils, ça craint pour LREM en 2022.

International

Un diplomate iranien condamné en Belgique

Assadollah Assadi, 49 ans, est un diplomate iranien. Jugé pour « tentatives d’assassinat à caractère terroriste » et « participation aux activités d’un groupe terroriste », il a été condamné à vingt ans de prison par le tribunal d’Anvers, en Belgique.

En juin 2018, Assadi a fomenté un attentat à la bombe à Villepinte, en France, contre le Conseil national de la résistance iranienne, une coalition d’opposants au régime de Téhéran.
Il n’est pas le seul impliqué. Avec lui, trois autres complices irano-belges ont été condamnés.
Tout d’abord, un couple composé de Nasimeh Naami, condamnée a à dix-huit ans d’emprisonneemnt, et son conjoint Amir Saadouni, qui a reçu quinze ans de prison.
Le dernier des trois est Mehrdad Arefani, condamné à dix-sept ans de réclusion. Il est considéré comme un agent du renseignement iranien missionné en Belgique.
Tous les trois sont également déchu de la nationalité belge.

Assadollah Assadi 

Dans le détail, Assadollah Assadi, a été filmé trois jours avant la tentative d’attentat, au Luxembourg, en train de donner un paquet avec un explosif au couple de complices. Ils ont été arrêtés au dernier moment près de Bruxelles. Ils transportaient 500 grammes d’explosif TATP dans leurs voiture.

Téhéran s’oppose « fermement » au verdict et considère que la condamnation, la détention, le procès sont contraires à la loi et violent le droit international « en raison de l’immunité diplomatique » d’Assadollah Assadi.
Ambassadeur de l’Iran à Vienne, en Autriche, M. Assadi a été arrêté le 1er juillet en Allemagne, en dehors du territoire qui lui accorde une immunité.

Super Mario Draghi à la rescousse de l’Italie

C’est un sujet que je n’ai pas abordé ces derniers jours mais il est vital pour nos voisins italiens.
Je vous ai parlé de la démission du premier ministre italien Giuseppe Conte la semaine dernière. A ce moment-là, il espérait briguer un troisième mandat en créant une troisième coalition politique.
Pas de chance pour lui, il a échoué à former un nouveau gouvernement.

C’est donc l’arbitre prévu en cas de crise politique qui a tranché. Afin d’éviter coûte que coûte un retour aux urnes qui ferait perdre de précieux mois en pleine crise sanitaire, le président italien Sergio Mattarella a fait appel à Mario Draghi, ex-président de la Banque Centrale Européenne. Le but du « sauveur de l’euro » de 2012 est de former un nouveau gouvernement « technique », « institutionnel », ou même d’« union nationale ».

Mario Draghi lors de son départ officiel de la BCE, le 28 octobre 2019 / European Central Bank

Les consultations pour trouver une majorité prête à soutenir son gouvernement démarrent aujourd’hui. Il est probable qu’il obtienne des soutien de la droite comme Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Le Parti démocrate est lui aussi « ouvert au dialogue pour le bien du pays ». Ces deux soutiens ne seront pas suffisants cependant, et Mario Draghi va avoir beaucoup de mal à convaincre les autres forces politique tel que le Mouvement 5 étoiles.

S’il réussit, et que sa présence rassure Bruxelles, Mario Draghi ne sera pas sorti d’affaire pour autant. Il hérite d’un pays avec un taux de chômage de 9%, et dont le PIB s’est crashé de 8,9% en 2020, l’un des pires de la zone euro. La dette est aussi écrasante : 2.600 milliards d’euros, soit 158% du PIB.
Troisième économie de l’Union européenne, l’Italie a subit de plein fouet la crise du Covid-19 en étant la première touchée. Son confinement très strict entre mars et avril pour endiguer l’épidémie avait paralysé son économie, et la seconde vague a fait replonger le pays.

La solution de secours est un plan de relance de plus de 200 milliards d’euros financé par l’Union européenne. C’est justement à cause de ce fond et de son utilisation que la coalition précédente avait éclaté avec le départ d’Italia Viva, la formation de Matteo Renzi, ex-premier ministre au pouvoir avant Giuseppe Conte.

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