Loi séparatisme, Asselineau sous les feux de la rampe, les montagnes russes de l’emploi français, Sanofi s’en met plein les fouilles, le Kremlin riposte à l’international : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.
National
L’Assemblée nationale vote le délit de « séparatisme »
Avec une quasi-unanimité (130 voix pour et 4 abstentions), l’Assemblée nationale a adopté l’article 4 du projet de loi « confortant les principes républicains ». L’article en question permet la création d’un nouveau délit de « séparatisme ». Si une personne menace, violente ou intimide un élu ou un agent du service public dans le but de « se soustraire totalement ou partiellement aux règles des services publics », elle risque cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende toute personne. Et si c’est un étranger qui commet le délit, il pourra se voir interdit de séjour sur le territoire français.
Cet article a été notamment pensé pour pouvoir défendre des gens comme Samuel Paty, un enseignant qui fut victime de pression communautariste avant d’être assassiné en octobre 2020 pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Créé dans le but de « lutter contre l’islamisme radical », le projet de loi s’attaque à de nombreux points tels que l’instruction à domicile, la haine en ligne, la neutralité (religieuse) des agents chargés d’une mission de service public, l’encadrement républicain des associations, la transparence des conditions de l’exercice d’un culte, ou encore l’interdiction aux professionnels santé d’établir des certificats de virginité et la lutte contre les mariages forcés. Vaste programme qui promet encore de longues heures de débats.
Les média parlent enfin (?) d’Asselinau
Petites pensées pour François Asselinau, président de l’UPR, aussi connu sous le nom de « parti qui monte malgré le silence des média ». Les gens jugeront comment ils le veulent des 0,92 % de voix qu’il a remportée au premier tour de l’élection présidentielle de 2016. Selon les sources judiciaires de l’AFP, le candidat malheureux a été mis en examen aujourd’hui pour harcèlement moral et agressions sexuelles. Le parquet de Paris l’avait placé en garde à vue mercredi dernier dans le cadre d’une enquête préliminaire. Lui qui voulait être remarqué par les autres, il doit être content maintenant.
La courbe de l’emploi du secteur privé Français, pire montagne russe de 2020
Depuis qu’il est apparu au début de l’année dernière, le Covid-19 a tout détruit sur son passage. Il a provoqué la mort de 78 000 personnes en France, il a ravagé l’économie, il a révélé la précarité du système hospitalité et l’incapacité de nombreux gouvernements à faire face à une pandémie mondiale. Aujourd’hui, l’Insee nous apprends dans son estimation provisoire que, sans grandes surprises, le secteur de l’emploi à morflé lui aussi.
360.500 emplois du secteur privé ont été détruits l’année dernière, soit 1,8%.
Dans le détail, 2020 a été une montagne russe : La remontée mécanique de l’emploi est montée pendant cinq années consécutives, avant de légèrement descendre à partir de mars avec la perte de 39.600 emplois, puis de remonter en été avec 312.400 créations de postes avant la chute finale du second confinement. Celui-ci a tellement retourné les tripes du secteur qu’il en a perdu 633.300 emplois. Prenez garde en sortant du train.
Sanofi s’en met plein les fouilles
Mais réjouissez-vous, tout ne va pas si mal ! Regardez les actionnaires chez Sanofi, leur dividende est passé de 3,15 à 3,20 euros. Ils vont donc recevoir de plus de 4 milliards d’euros cette année.
Le groupe pharmaceutique Français a annoncé 340% de bénéfices pour 2020.
Dans le langage du commun des mortels, Sanofi est passé de 2,8 milliards d’euros de bénéfices à 12,3 milliards. Cette explosion est due à la vente des actions Regeneron que Sanofi possédait.
Regeneron est une entreprise américaine qui développe des anticorps de synthèse pour soigner le Covid-19

Les premiers heureux de cette nouvelle, ce sont les salariés et la Confédération générale du travail (CGT). Des dizaines d’employés manifestaient jeudi contre la suppression de 1700 postes dans le groupe pour les trois prochaines années, dont près de 400 dans la branche recherche et développement.
J’espère sincèrement que ce plan social et tout l’argent accumulé cette année vont permettre à Sanofi de se dépêcher de créer un vaccin contre le Covid-19. Celui-ci est annoncé pour fin 2021.
Avec autant de retard comparé aux autres, peut-être sera-t-il capable d’endiguer les variants du virus, dont le brésilien qui a été détecté aujourd’hui pour la première fois sur le sol français sur quatre cas.
International
Emmanuel Macron et l’autonomie européenne.
En général, la courtoisie et le protocole veulent que les dirigeants occidentaux comme la France viennent rendre visite au président nouvellement élu de la première puissance mondiale, j’ai nommé les Etats-Unis (USA). Pour des raisons évidentes de pandémie mondiale, Emmanuel Macron ne sera pas de la partie cette fois-ci. A défaut de rencontrer Joe Biden, il a tenu une conférence auprès d’experts de Washington afin d’expliquer son point de vue sur l’autonomie stratégique européenne (Un sujet que j’ai approfondi dans un article à part), et les futures relations transatlantiques.
Concernant l’Union européenne, les Etats-Unis et la Chine, le président a notamment déclaré « la plus haute conflictualité possible » était à oublier. L’Europe et les USA ne feront pas front à la Chine. De même, l’UE et les USA conserveront une relation plus proche entre eux qu’avec la Chine grâce à leurs valeurs partagées.
Toujours honnête sur ce point, Emmanuel Macron a réitéré sa position sur une idée d’Europe forte, avec une autonomie stratégique qui serait « une excellente nouvelle » autant pour l’UE que pour les USA. Excellente car, ce sont mes propres mots, les Etats-Unis ne nous considèreraient plus comme un poids mort à supporter et à défendre, mais également pour nous car nous obtiendrions une indépendance vis-à-vis du matériel américain, omniprésent dans l’armement européen en échange de ladite protection américaine.
Selon Emmanuel Macron, il est temps que les européens s’occupent de leurs propres intérêts sécuritaires, comme ils le font déjà actuellement dans le Sahel (avec une grosse participation française) contre les groupuscules djihadistes.
Joe Biden précise sa politique étrangère
Durant la même période que la brève précédente, Joe Biden, lui, s’est exprimé au département d’Etat afin de présenter son premier discours de politique étrangère en tant que président des Etats-Unis. Se voulant rassurant, Joseph Robinette Biden a répété sa promesse électorale « America is back ». Après quatre ans d’isolationnisme, le nouveau président des Etats-Unis considère que le peuple américain est mieux défendu si le pays intervient pour ses intérêts dans le monde.
Dans sa prise de parole, Joe Biden s’est adressé à ses alliés plutôt qu’à ses rivaux. Pas de remarques donc sur la future relation entre les USA et la Chine, ni avec l’Iran et la Corée du Nord. L’une des spécialités du nouveau président est la diplomatie internationale, qu’il a déjà largement maniée lorsqu’il était le colistier de Barack Obama à la Maison Blanche. Les sujets internationaux seront donc très vite abordés, mais le président doit d’abord s’occuper des conséquences de la pandémie dans son propre pays. Il a cependant fait quatre annonces :
En signe de rapprochement, Biden a gelé de la réduction du contingent américain présent en Allemagne, annulant la décision de son prédécesseur. Donald Trump et la chancelière Angela Merkel ne s’appréciaient vraiment pas. Et comme il jugeait les dépenses militaires allemandes trop faibles dans le cadre de l’Otan, Trump a commencé à retirer presque 9 000 des 35 000 soldats stationnés en Allemagne.

Seconde mesure, toujours en rupture avec Donald Trump mais beaucoup moins agréable pour l’allié en question, Joe Biden a retiré son soutien à l’intervention militaire de l’Arabie saoudite au Yémen. En mars 2020, les chiffres officiels d’Amnesty international étaient de 233 000 personnes mortes et blessées durant le conflit, et l’ACLED recensait 12690 morts civiles. Se comptent également 85,000 enfants morts de famine et 3 millions de personnes déplacées.
Troisième mesure, Joe Biden a levé le Muslim Ban qui interdisait aux citoyens de plusieurs pays à majorité musulmane d’entrer sur le sol américain.
La dernière annonce concerne la Russie. Joe Biden a apporté son soutien et appelé à la libération d’Alexeï Navalny, l’opposant russe condamné à deux ans et huit mois de prison. Biden a également mis en garde Vladimir Poutine lors de leur première conversation téléphonique : « le temps où les Etats-Unis se soumettaient face aux actes agressifs de la Russie, l’ingérence dans nos élections, les piratages informatiques, l’empoisonnement de ses citoyens, est révolu ». Sans surprise, Poutine ne l’as pas trop bien pris.
Le Kremlin riposte
En réaction directe à cette allocution, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré lors d’un point presse qu’il s’agit d’une « rhétorique très agressive et pas constructive, nous le regrettons »
Et en agressivité, les russes s’y connaissent. Entre les milliers d’arrestations de manifestants pacifiques et les tentatives d’assassinat d’opposants, ils arrivent également à mettre des diplomates hors de leurs pays.
Alors que Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, est à Moscou et déclare que les relations entre la Russie et l’Union européenne sont au « plus bas », le Kremlin réplique en déclarant persona non grata des diplomates allemands, polonais et suédois accusés d’avoir participé aux manifestations à Saint-Pétersbourg et Moscou en faveur d’ Alexeï Navalny.

Enfin, histoire d’ajouter du sel sur la plaie, l’opposant est à nouveau en face d’un tribunal pour une affaire de diffamation. Il est accusé d’avoir diffusé des informations « mensongères » et « injurieuses » à propos d’un ancien combattant de la Seconde guerre mondiale. Celui-ci avait défendu dans un clip de campagne le référendum non officiel de juin 2020. Sans observateurs internationaux, avec des lieux de vote en plein air comme des terrains de jeux, des caddies de supermarché, coffres de voitures etc, ce référendum a été plébiscité par 78% des votants. Il a renforcé les pouvoirs de Vladimir Poutine et lui permet d’être à nouveau éligible pour deux mandats supplémentaires.
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