Sale temps pour le climat en France, un procès requis contre Benalla, Relations glaciales entre l’Union Européenne et la Russie, Destitution de Donald Trump : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.
National
Sale temps pour la France
Le climat est dans tous ses états en France. Au-delà des inondations dans plusieurs départements du Sud-Ouest ou encore l’épisode neigeux notable prévu avec des températures ressenties jusqu’à -16 dans Nord et le Pas-de-Calais pour cette nuit, c’est également l’état de la pollution de l’air et la réponse politique face à cette menace qui sont touchés.
Concernant la pollution de l’air, c’est une étude conjointe parue dans la revue scientifique Environmental Research qui secoue le sujet. En collaboration, des chercheurs en santé environnementale des universités d’Harvard, Birmingham, Leicester et Londres, ont calculé la mortalité due aux particules fines émises lors de la combustion des énergies fossiles comme le pétrole et le diésel. En France, les résultats sont préoccupants : chaque année 97 242 des décès prématurés en France – soit 17,3% du total de décès dans le pays – sont imputés à la pollution de l’air.
En 2016, Santé publique France ne recensait 48 000 décès liés a ce phénomène. Avec cette étude, nous en sommes au double. Au total, ce serait la cause de 8,7 millions de morts prématurées dans le monde pendant l’année 2018, un décès sur cinq. La France n’est pas le plus mauvais élève de cette étude. Sans surprise, c’est la Chine qui se trouve en haut du macabre décompte avec 2,4 millions de victime même si les chiffres du pays tendent à s’améliorer.
Cette étude tombe très mal pour le gouvernement Français qui accumule les casseroles en matière de lutte climatique.
La première a eu lieu le 3 janvier dernier. L’Etat français a été condamné par la justice pour avoir commis une « faute ». Il était « responsable » en ne tenant pas ses engagements de réduction des gaz à effet de serre entre 2015 et 2018.

Le second boulet que traine la France dans son engagement climatique concerne le projet de loi « climat et résilience ». Celui-ci est issu d’un rapport de la Convention citoyenne pour le climat publié en Juillet 2020. Les 150 Français tirés au sort formulait à la base 149 propositions que le président avait promis de reprendre en « totalité » et « sans filtre » afin de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici à 2030 par rapport à 1990.
Trop beau pour être vrai ? Vous avez en partie raison.
Le projet de loi vise à mettre fin à la location des logements « passoires thermiques » d’ici 2028, il prévoit la mise en place du « CO2-Score » pour afficher l’impact sur le climat des produits et services, une interdiction des vols domestiques si une alternative de moins de 2h30 existe, ou encore l’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles.
Cependant, le projet de loi ne comporte que 65 articles et 110 organisations dénoncent les détricotage des propositions de juillet dernier, signe d’un « manque d’ambition ».
Même le Conseil économique, social et environnemental déclarait les 27 janvier que malgré des « en général pertinentes », celle-ci étaient « souvent limitées, souvent différées », en plus d’ajouter que « Faute des moyens dans les services chargés de leur application et de leur contrôle » des « mesures resteront lettre morte »
Au risque de me répéter, le « Make our planet great again » d’Emmanuel Macron prononcé en 2017 était attendu avec une ambition et des mesures, et non pas une opération de communication.
Un procès requis contre Alexandre Benalla
Il n’en voulait sûrement pas, mais Emmanuel macron a, depuis le 1er mai 2018, un caillou permanent dans la chaussure que représente son mandat présidentiel. Le nom de ce cailloux, c’est Alexandre Benalla. Ancien proche collaborateur du président chargé de sa sécurité durant la campagne de 2017, M. Benalla a été filmé avec une visière et un brassard de policier en train de molester des manifestants sur la place de la Contrescarpe le 1er mai 2018. Il n’est pourtant aucunement dépositaire de l’autorité publique.
Si ses victimes Georgios D. et Chloé P. ont été condamnés depuis à 500 euros d’amende chacun pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, Benalla, lui, s’en sort tranquillement et n’a encore reçu aucune condamnation pour des faits pourtant commis en flagrant délit et prouvables en vidéo.

La tranquillité judiciaire de ce monsieur risque peut-être de tourner car le parquet de Paris a requis un procès en correctionnelle contre Alexandre Benalla et son acolyte Vincent Crase dans cette affaire de la Contrescarpe. Les infractions signalées sont des « violences volontaires », une « immixtion sans titre dans l’exercice d’une fonction publique » ou encore un « port d’arme » non-autorisé.
Et comme ce point d’actualité est apparemment concentré sur les casseroles, je vais rappeler qu’Alexandre Benalla est également est visé par quatre autres procédures dont l’usage illégal de deux passeports diplomatiques et la production d’un faux pour obtenir un passeport de service. Il a été renvoyé en correctionnelle sur ce dossier en janvier dernier.
International
Point sur le Covid-19
Concernant le feuilleton national du Covid-19, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué que malgré la situation sanitaire préoccupante, l’épidémie se stabilise. Avec un nombre de contamination stable sur les deux dernières semaines et donc une capacité des hôpitaux à tenir face aux flux, le ministre a déclaré qu’il est « évidemment possible qu’on ne soit jamais reconfinés ». On croise les doigts car la menace n’est pas endigué. Si jamais la situation évolue, et échappe au gouvernement, celui-ci prendra « les décisions qui sont nécessaires pour sauver nos hôpitaux et sauver des vies ».
En attendant des évolutions concrètes de la situation, le ministre s’est engagé à ce que les demandes de reconnaissance en maladie professionnelle « d’affection à Covid responsables de séquelles », soient traitées « sous trois mois ».
Chez nos voisins la situation semble un peu moins sereine. Selon le ministère de la Santé en Espagne, trois millions de cas de covid ont été recensés dans le pays depuis le début de la pandémie. Avec ses 47 millions d’habitants, l’Espagne a connu un bond dans ses contaminations après les fêtes de Noël.

Du côté de la Chine, des experts de l’OMS sont dépêchés sur place depuis un mois pour enquêter sur l’origine du Covid-19. Dans une conférence de presse, l’équipe a déclaré qu’elle n’a pas atteint son objectif. En revanche, elle émet déjà des conclusions.
La première est que, selon Peter Ben Embarek, chef de la délégation de l’OMS, et Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois, l’hypothèse « la plus probable » de l’apparition du virus serait qu’il a été transmis d’un premier animal « pas encore été identifié » vers un second, avant de contaminer l’homme.
La seconde affirmation de l’enquête est que la fuite du virus venant d’un laboratoire est « hautement improbable »
Selon l’AFP, la pandémie a fait au moins 2.325.744 morts dans le monde depuis fin décembre 2019
Relations glaciales entre l’Union Européenne et la Russie
L’affaire Navalny devait être une affaire nationale pour la Russie. Du moins c’était le cas jusqu’à que le Kremlin rate l’assassinat d’Alexeï Navalny avec un agent neurotoxique, puis qu’il décide de le condamner à de la prison ferme lors de son retour au pays.
Pas de chance pour la Russie, à force d’envoyer l’état de droit dans les WC et d’incarcérer des opposants, des manifestations et des arrestations en masse ont eu lieu dans les grandes villes du pays.
Le 2 février, le gouvernement accuse les Occidentaux demandant la libération de Navalny d’« être déconnectés de la réalité » et de « s’ingérer dans les affaires d’un Etat souverain. ».
C’est dans ce contexte que le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a été accueilli le 5 février. Comme si les relations n’étaient déjà pas glaciales et que le Kremlin ne prête pas attention au tact, celui-ci a décidé le jour même de la visite de Borell qu’il allait expulser trois diplomates polonais, suédois et allemand pour avoir participé à une manifestation en faveur de l’opposant russe Alexeï Navalny. En réponse, Berlin, Varsovie et Stockholm ont expulsé des diplomates Russes lundi dernier.
Le mot fiasco semble encore trop faible pour décrire la perte de crédibilité de la Russie vis-à-vis des Européens. C’est dans cette ambiance délétère que le second round international de cette affaire commence. Dès son retour de Russie le 7 février, Josep Borell a appelé les européens à « tirer les conséquences » de ce désastre. Aujourd’hui, le chef de la diplomatie européenne a déclaré devant le Parlement européen à Bruxelles que « Le gouvernement russe est sur une voie autoritaire et se montre sans pitié dans l’affaire Navalny » et qu’il serait « bon de prévoir des sanctions ».
A la prochaine réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne, Josep Borrell soumettra ses propositions. L’unanimité est nécessaire pour adopter des sanctions.
Du coté de Vladimir Poutine, le ton continue de monter. Une proposition de loi pour durcir les sanctions concernant les infractions pendant les manifestations a été votée. Parmi les nouvelles mesures que prévoit le texte, des amendes montant jusqu’à 4000 roubles pourront être infligées aux manifestants s’ils refusent d’obéir à un ordre de la police.
Destitution de Donald Trump
Le second procès en destitution de Donald Trump doit s’ouvrir aujourd’hui au Sénat. Autant vous prévenir d’avance, les Républicains ne sont pas séduit par l’idée de condamner leur ancien président et l’homme le plus influent de leur parti. Sauf avec un énorme retournement de situation, l’acquittement est plus que probable car 67 votes – dont dix-sept des républicains – favorables à la procédure d’impeachment sont nécessaires. Autre élément singulier de ce procès en plus d’être la seconde tentative de destitution : Donald Trump est également le seul président américain à être jugé après son mandat.

Accusé « d’incitation à l’insurrection » à cause de l’assaut perpétré contre le Congrès le 6 janvier dernier, Donald Trump et ses avocats préparent deux défenses.
La première est de plaider l’inconstitutionnalité du procès car Donald Trump a quitté le pouvoir le 20 janvier, même si celui-ci a été mis en accusation sept jours avant.
La seconde défense consiste à utiliser le premier amendement de la Constitution qui garantit la liberté d’expression. Lors de son discours avant les émeutes du capitole, l’ancien président n’aurait ainsi fait qu’exprimer son opinion.
Entre mauvaise volonté des républicain et faible chances de réussir pour la procédure, les résultats du procès pourraient tomber dès la semaine prochaine.
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