Les informations du 10 février à ne pas louper

Policiers arrêtés pour des activités de gang, l’initiateur du #metoogay retrouvé pendu, la Hongrie et la Pologne saquent les médias, Heineken bois la tasse : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Garde à vue de policier pour violences et détention de stupéfiants

Lorsque le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin rappelait aux patrons de la police de chaque département son « exigence de résultats » en matière de lutte contre les stupéfiants en septembre 2020, il n’imaginait probablement pas le cas de figure qui va suivre.

Aujourd’hui, mercredi 10 février, huit policiers de la brigade territoriale de contact de Pantin ont été placés en garde à vue à l’Inspection générale de la police nationale. Selon le parquet de Bobigny, les fonctionnaires de police sont soupçonnés de  « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique, faux en écritures publiques, arrestation arbitraire, et détention de stupéfiants » pendant toute l’année 2020.

Déjà en juillet 2020, quatre policiers étaient mis en examen en Seine-Saint-Denis pour des faits similaires. Ils étaient les rouages d’une machine composée d‘une vingtaine de membres de la compagnie de sécurisation et d’intervention. Cette unité est désormais au cœur de plusieurs enquêtes sur fond  de vol, de violences, de détention de drogue et de faux en écriture publique.

Le Covid-19 circulait sans doute en France dès novembre 2019

Hier encore, l’enquête conjointe des autorités chinoises et des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) présentait ses résultats lors d’une conférence de presse.
Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois, avait alors déclaré qu’ « il n’y a pas assez de preuves (…) pour déterminer si le SARS-Cov-2 s’est propagé à Wuhan avant décembre 2019 ».

Cette déclaration reste malgré tout à prendre avec des pincettes, car elle vient de la délégation du pays qui a d’abord tout fait pour empêcher cette enquête, puis a rechigné à coopérer après des mois de négociation. Toujours est-il que, si il n’y a pas officiellement de traces du Covid-19 datant d’avant décembre 2019 en Chine, il y en a bien eu dès le mois de novembre en France, qui essaye, elle, d’être transparente sur ses résultats.

La commission d’experts de l’OMS en conférence de presse à Wuhan, en Chine, le 9 février 2021 AFP/HECTOR RETAMAL

Mon affirmation fait suite à l’étude publiée dans la revue European Journal of Epidemiology. Celle-ci a été réalisée par des chercheurs français dirigés par le professeur Fabrice Carrat, directeur de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique.
Selon les échantillons analysés pour ce travail, treize cas positifs au Covid-19 circulaient en France entre novembre et janvier 2019, dont dix avec des tests prélevés en novembre ou décembre.

Les résultats proviennent de la cohorte « Constances », un groupe de 200 000 patients suivi sur la longueur. En tout, 9 144 échantillons sanguins ont été collectés et analysés pour cette étude.

Ces résultats renforcent la validité des travaux italiens publiés en novembre 2020. Malgré une méthodologie jugée fragile, l’étude relevait des cas d’infections en Italie dès octobre 2019.
À eux deux, ces travaux prouvent l’existence d’une circulation du virus en Europe dès novembre. Elles mettent également à mal l’hypothèse d’un départ de l’épidémie en Chine en décembre 2019, sur le marché de Huanan à Wuhan, confortant ainsi les affirmations issues de l’enquête de l’OMS.

L’initiateur du #metoogay retrouvé pendu

Le 21 janvier dernier, Twitter a de nouveau servi de réceptacle pour la prise de parole de victimes de violences et d’injustices, parfois incapable de se faire entendre via les canaux standards.
Après #MeToo, #BalanceTonPorc ou encore #metooinceste, c’est le #metoogay qui a déferlé sur le réseau social pour dénoncer les violences sexuelles dans la communauté LGBTQ (lesbien, gay, bisexuel, transgenre ou queer).

A l’origine de ce hashtag , il y avait Guillaume T, âgé de 20 ans. Il a été retrouvé aujourd’hui sans vie, pendu dans sa chambre d’étudiant. La piste du suicide est privilégiée. Guillaume n’a rien laissé pour expliquer son geste.
Une vingtaine de jours plus tôt, il avait lancé le #metoogay en accusant de viol deux responsables du Parti communiste français (PCF) à Paris : Maxime Cochard, conseiller de Paris, et son compagnon Victor Laby, secrétaire de section du PCF. Ces derniers réfutent toutes accusations de relations non consenties et ont déposé une plainte en diffamation.

Bertrand GUAY / AFP

Les deux communistes auraient, selon la victime, abusés de lui en octobre 2018, lorsqu’il était en terminale et qu’il peinait alors à trouver un endroit où dormir.
À la suite de ces accusations, le PCF avait immédiatement demandé aux deux membres de se « mettre en retrait » de leurs activités politiques. Maxime Cochard a également été retiré de la délégation à l’égalité femmes-hommes et à la lutte contre les discriminations par le maire du 14ème arrondissement, Carine Petit.

Afin de terminer cette information sur une note plus positive, je vous rappelle ceci : Si vous êtes en détresse, en situation de précarité, jeune ou non : vous n’êtes pas seul pour autant.
Il existe des solutions afin de trouver de l’écoute et de l’aide : Suicide Ecoute, Fil Santé Jeunes, Nightline France, Soutien-étudiant info.
Prenez soin de vous.

International

Point Covid-19

Selon un comptage réalisé par l’AFP à partir des bilans fournis par les autorités, 501.531 décès – pour 20.548.666 cas de contamination déclarés – sont officiellement liés au Covid-19 dans l’Union Européenne depuis le début de la pandémie. La bonne nouvelle, c’est que la situation semble se stabiliser, et même s’améliorer pour la plupart des pays de l’UE avec 16% de cas Covid en moins que la semaine dernière.

Attention, c’est la partie factuelle de l’information qui arrive, accrochez-vous.
Dans les comptages officiels, l’Espagne est à 21.945 cas déclarés, soit 31% de moins qu’il y a 7 jours,  en revanche, elle a vu sa mortalité augmenter de 8% avec 465 morts du Covid.
L’Allemagne est à 9120 cas et 596 décès soit baisse de 20% des contaminations et de 16% des morts. La France à 19.348 contaminations et 416 morts soit des baisses de 7% de ces deux statistiques.
D’une manière plus générale, le décompte macabre en est à 80.147 décès en France pour 3.360.235 cas Covid déclarés, l’Espagne à 63.061 pour 3.005.487, l’Italie à 92.002 pour 2.655.319 ou encore l’Allemagne avec 62.969 pour 2.299.996 cas.

Mise à jour de 20h : 25.387 nouvelles contaminations ont été détectées en France ces dernières 24 heures, et 443.148 personnes ont reçu une deuxième injection depuis le début de la campagne dont 76.415 aujourd’hui.

Enfin, restons encore quelques secondes dans l’UE avec la prise de parole de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant les députés européens.
Elle reconnait des défaillances dans la stratégie vaccinale de l’Union et admet avoir été « trop optimiste quant à la production de masse » des vaccins.

Mme von der Leyen est critiquée depuis plusieurs semaines pour la lenteur de la distribution des vaccins contre le Covid-19. C’est elle qui a coordonné les achats pour les pays de l’UE.
Elle est également épinglée sur sa tentative de contrôler des exportations de vaccins venant d’Irlande vers l’Irlande du Nord. Avec le spectre du Brexit qui plane dans toutes les décisions de l’UE concernant le Royaume-Uni depuis quelque mois, cette tentative de créer une frontière physique sur l’île a provoqué une levée de bouclier venant de toutes part.

Les médias n’ont pas la côte en Europe Centrale

Des évènements majeurs se déroulent dans le secteur de l’information de deux pays de l’UE : la Hongrie, et la Pologne.

Commençons par la Hongrie.

A partir du 14 février, la première station de radio indépendante de Hongrie va cesser d’émettre. Klubradio, radio souvent critique vis-à-vis du gouvernement de Viktor Orban, se voit privée d’antenne car le conseil des médias en Hongrie (NMHH) a refusé de prolonger sa licence d’exploitation sous prétexte de retard administratif. Après une tentative infructueuses d’annuler cette décision au tribunal, le responsable de la radio a déclaré qu’il allait déposer un « ultime recours auprès de la Cour suprême ».

Pour avoir un peu de contexte, le NMHH a été créé en 2011 sous Victor Orban, il contrôle toutes les entreprises d’information en Hongrie et ressemble beaucoup à notre ancienne ORTF nationale.

Les locaux de Klubradio, à Budapest. BERNADETT SZABO | Crédits : REUTERS

Cet arrêt des ondes s’inscrit dans un contexte d’appauvrissement du paysage médiatique hongrois. De nombreux médias indépendants – étrangement, ils étaient souvent opposés au gouvernement – ont fermé ou ont été repris par des alliés de Victor Orban. C’est par exemple le cas du site Index : les journalistes ont démissionné du média l’été dernier.

L’arrêt forcé de Klubradio est un « signal très inquiétant en termes de pluralisme et d’indépendance des médias » selon le ministère des affaires étrangères français. A Bruxelles, la Commission est préoccupée par cette attaque à « la liberté et [au] pluralisme des médias ».
A toutes fins utiles, la Hongrie était à la 23ème place classement mondial de la liberté de la presse publié par l’ONG Reporters sans frontières avant qu’Orban n’arrive au pouvoir. Aujourd’hui, elle est 89ème sur un total de 180 pays.

Et maintenant la Pologne !

La Pologne, connue récemment pour son amour de l’indépendance de la justice, est aussi visiblement très friande des médias indépendants et critiques du gouvernement.
Ce dernier a décidé de préparer une loi pour introduire une « cotisation sur la publicité ».
Selon le gouvernement polonais, cette mesure vise à répondre aux « conséquences sanitaires, sociales et économiques à long terme de la pandémie de Covid-19 » en taxant entre 7,5 à 15 % des recettes publicitaires dans les médias privés, les salles de cinéma ou les panneaux. Cette cotisation doit alimenter la Caisse nationale d’assurance maladie, le Fonds national de protection des monuments un nouveau « Fonds de soutien à la culture et au patrimoine national dans le domaine des médias ».

« Médias sans aucun choix » titre la Gazeta Wyborcza ce mercredi 10 février. Wojtek RADWANSKI/AFP

Mercredi 10 février est donc à marquer d’une pierre blanche car une grande partie des médias privés polonais sont fermés. Ils font grève pour dénoncer le projet de loi et montrer « à quoi ressemblerait le monde sans [eux] ».
Dans une lettre commune publiée dans le journal Rzeczpospolita, deuxième quotidien national en termes de tirage, les différents organes de la presse dénoncent un « racket » qui va « approfondir l’inégalité de traitement entre les médias publics, financés par le budget de l’État à hauteur de 450 millions d’euros par an, et les médias privés, qui devront payer plus de 200 millions d’euros de taxes en plus ».

Les médias s’accordent à dire que cette taxe va surtout toucher les média locaux et qu’elle aura pour effet de tuer le journalisme indépendant en le touchant au porte-monnaie. Le secteur, déjà mal en point économiquement de par la pauvreté des éditeurs, se verrait incapable de produire une information qualitative.
Selon le quotidien Gazeta Wyborcza la taxe va  « supprimer des emplois de journalistes, d’entraver la conduite d’enquêtes coûteuses, de compliquer le travail chronophage de vérification des faits et de dévoilement de mensonges, d’étouffer la critique et la liberté d’expression. » Enfin, et afin de boucler la boucle sur ce sujet, le quotidien ajoute : « À la place de la censure, une taxe. C’est comme cela qu’Orbán s’est débarrassé des médias indépendants en Hongrie. »
Bienvenue en Europe.

Heineken bois la tasse

On va se parler franchement. Quitte à passer un an confiné chez soi, autant boire de l’alcool de qualité.
Ce n’est que mon avis hein, mais je pense qu’il est partagé avec pas mal de monde car l’année 2020 chez Heineken, c’est 204 millions d’euros de perte.
Trève de plaisanterie. À cause de la pandémie, le numéro deux mondial de la bière va supprimer 8000 postes. Avec plus de 300 marques de bière et de cidre en vente, le groupe emploie actuellement 85 000 personnes, la perte d’effectif s’élève donc à environ 10%
En 2019, l’entreprise avait fait un bénéfice net de 2,1 milliards d’euros. Les chiffres de 2020, en revanche, ne donnent envie, nie de sabler, nie de sabrer le champagne chez le brasseur néerlandais : les ventes reculent de 17 %, à 23 milliards d’euros. Ce qui n’est, évidemment, pas assez pour conserver sa masse salariale en pleine pandémie mondiale.
Cette perte est logiquement liée aux restrictions gouvernementales appliquées le monde. La majorité des bars et des restaurants, parmi les principaux acteurs de la distribution d’alcool, sont resté fermés. En Europe, la vente des bières du groupe a baissé de 40 %.
Autre raison pour expliquer que Heineken supprime 8000 postes : une restructuration (ne faites pas semblant d’être choqué). Dolf van den Brink, président-directeur général de Heineken depuis avril 2020, a pour objectif d’atteindre les 2 milliards d’euros d’économies d’ici à 2023.
Pour l’occasion, on en ouvrira une à sa santé. Ou pas.

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