Daft Punk se casque, la bataille épidémique de Dunkerque, un déconfinement britannique en quatre temps, sanctions contre la Birmanie, plongeon de Boeing : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.
National
Daft Punk se casque
Le mondialement connu et très secret duo français des Daft Punk a annoncé sa séparation hier avec Epilogue, une vidéo mystérieuse, fidèle à l’image du groupe qui nous a abreuvé de hits pendant ses 28 ans d’existence.
C’est donc avec une vidéo de 8 minutes reprenant un extrait de Daft Punk’s Electroma, leurs film présenté au festival de canne en 2006, que Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ont fait leurs adieux à la scène musicale. Leur collaboratrice Kathryn Frazier a confirmé cette séparation et coupé court à toutes spéculations d’une simple opération de communication.

Les androïdes mélomanes se sont fait connaitre avec des tubes internationaux comme Da Funk, Around the World, One More Time ou encore Harder, Better, Faster, Stronger. Le duo est discrets depuis la sortie de leur album Random Access Memories en 2013, ils avaient alors remporté cinq Grammy Awards et provoqué une onde de choc avec le single Get Lucky. La dernière grosse apparition de Daft Punk datait de 2015, dans une collaboration avec The Weeknd pour les morceaux Starboy et I Feel It Coming.
Les syndicats n’oublient pas la réforme de l’assurance-chômage
Si 2020 fut l’année de la pandémie, 2019 était celle des manifestations. Au-delà du Hirak d’Algérie qui fête ses deux ans, c’est également une période où la France a vécu de nombreux mouvements sociaux comme le regain de puissance des gilets jaunes ou encore la grève massive de la SNCF et la RATP contre la réforme des retraites qui avait paralysé les français pendant plusieurs semaines. C’est durant cette période que se sont déroulé des manifestations contre la réforme de l’assurance-chômage, passée directement par décret plutôt que par le Parlement.
Même si les protestations continuent moins bruyamment depuis deux ans, la grogne est toujours là et les syndicats l’ont rappelé aujourd’hui. Pour la première fois, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT et Force ouvrière expriment conjointement dans un communiqué leur « profond désaccord » face aux mesures qui « pèseront lourdement sur le quotidien des femmes et des hommes qui perdent leur [travail] ».
Avec la récession engendrée par la pandémie, plusieurs dispositions de cette réforme ont été repoussées ou ajustées mais celle-ci restent critiquées par les syndicats.
Parmi les points décriés, la première est l’augmentation de la durée de cotisation pour être éligible à une allocation et pour recharger les droits à indemnisation.
La seconde disposition est la dégressivité des indemnités à partir du septième mois pour les chômeurs de moins de 57 ans qui gagnaient 4 500 euros brut en période activité. Une mesure que les organisations syndicales décrivent comme « inefficace », « dangereuse » et « injuste » car cela force les demandeurs d’emploi « à accepter des emplois moins qualifiés » et « sanctionne les personnes qui ont le plus de mal à retrouver un emploi ».
Enfin, la dernière mesure est une nouvelle formule de calcul pour diminuer la prestation pour les travailleurs qui alternent entre les petits boulots et des périodes d’inactivité.
Enfin, une dernière mesure critiquée par le patronat cette fois-ci est l’introduction d’un bonus-malus sur les cotisations payées par les entreprises de plus de dix personnes. Les employeurs qui se séparent souvent de leurs salariés ont contributions majorées, et ceux dont la force de travail est stable ont des prélèvements plus faibles. Une mesure qui permet de « lutter contre le recours excessif des employeurs aux contrats courts » pour la ministre du Travail, Élisabeth Borne.
Alors que les syndicats rappellent que « Le chômage n’est pas un choix », la ministre a déclaré sur Europe 1 que le ministère se réunira le 2 mars prochain avec les organisations syndicales et patronales pour faire le point sur le calendrier.
La bataille contre le Covid à Dunkerque
Après les annonces d’un confinement partiel le week-end à Nice et sur le littoral des Alpes-Maritimes, c’est désormais Dunkerque, la préfecture du département du Nord, qui occupe l’attention de Matignon. Selon la mairie, le variant anglais prend de plus en plus d’ampleur et le taux d’incidence du Covid-19 dans la métropole est de 901 cas pour 100 000 habitants, un phénomène largement supérieur à la moyenne nationale qui est de 190 cas. Les hôpitaux sont saturés et opèrent de nombreux transferts de patients vers des hôpitaux extérieurs à la zone.
C’est dans le cadre de cette résurgence du virus que Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque, et Jean Castex, le premier ministre, se sont entretenu ce matin. Le chef du gouvernement a appelé à « des mesures supplémentaires de freinage » après avoir constaté une « forte dégradation des indicateurs sanitaires ces dernières heures ».

M Viergriete a fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à un confinement mais il ajoute « qu’il faut tout tenter avant les mesures de privation de liberté ». Un travail de concertation locale des élus et des autorités publiques du territoire est attendu pour encadrer la réponse sanitaire face à cette crise locale.
International
Les États-Unis dépassent le demi-million de morts
Mise en berne des drapeaux sur les bâtiments fédéraux, un bilan est « déchirant pour le président américain Joe Biden : Ces réactions sont provoquées par le compte rendu des décès du Covid aux États-Unis par l’université Johns Hopkins. Selon l’institution, 500.201 personnes sont mortes de la maladie dans ce pays qui compte 28 millions de cas de contamination. Le président déclare dans une allocution à la Maison Blanche que « Davantage d’Américains sont morts pendant cette pandémie que lors de la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam combinées », cela fait aussi des États-Unis le détenteur du record de nombre de morts dans le monde. Entre l’investiture de Joe Biden et aujourd’hui, soit environ un mois, 100 000 personnes sont mortes dans le pays.
Un déconfinement britannique « prudent mais irréversible » en quatre temps
Toujours dans la question de la gestion du Covid, la situation commence très légèrement à se détendre de l’autre côté de l’Atlantique, chez nos voisins britanniques. Alors que le pays compte actuellement 120 580 décès depuis le début de l’épidémie, l’ile tente de reprendre la situation en main. En Écosse et au pays de Galles, les écoles ont rouvertes lundi dernier. Cette mesure ne sera appliquée que le 8 mars en Angleterre car la situation était beaucoup plus critique dans le pays.
Devant les députés britanniques, le premier ministre Boris Johnson a révélé sa feuille de route pour une sortie progressive du « dernier » confinement. Les restrictions sociales et économiques propres à l’Angleterre seront levées par intervalle de cinq semaines, en quatre étapes. Après les deux confinements précédents, Boris Johnson mise sa crédibilité sur ce plan « très prudent, mais irréversible » de sortie du troisième confinement, car le second avait été levé dans l’urgence en décembre dernier et a mené à la résurgence du virus via le variant du Kent, connu en France sous le nom de variant anglais.

L’allocution du premier ministre intervient au cœur d’une éclaircie pour le Royaume-Uni. Les hospitalisations ont baissé de 20 % sur une semaine, les morts imputées au virus de 27 % et le taux de reproduction du virus n’est plus qu’entre 0,6 et 0,9. Ajoutez à ça une campagne vaccinale en vitesse de croisière avec 300 000 et 400 000 vaccinations par jour qui a déjà permis la première injection du vaccin sur 25 % des Britanniques, et vous obtenez un léger optimisme chez nos voisins outre-manche. L’administration des secondes doses battra son plein en mars.
Selon le plan annoncé par Boris Johnson, les écoles rouvriront en mars. La seconde étape concerne la réouverture des portes des bibliothèques municipales, des salons de coiffure et les magasins non essentiels en avril. Les terrasses des pubs, des cafés et des restaurants pourront accueillir du monde à la même période, mais le service en salle ainsi que les cinémas et les théâtres resteront clos au moins jusqu’au 17 mai. En juin, la quatrième phase lèvera les dernières mesures si aucun nuage ne vient couvrir l’horizon entre temps.
Sanctions internationales contre la junte Birmane
Trois semaines après le coup d’état de la Tatmadaw – les forces armées Birmanes -, les manifestations pacifiques réunissant des centaines de milliers de personnes continuent dans le pays et les sanctions internationales s’intensifient.
Le 11 février dernier, l’administration du président américain Joe Biden annonçait le gel des biens et des avoirs de plusieurs généraux Birmans à l’origine du putsch, dont le général Min Aung Hlaing, commandant en chef de la Tatmadaw. Rebelote aujourd’hui avec de nouvelles sanctions touchant cette fois les portefeuilles des généraux Maung Maung Kyaw et Moe Myint Tun, respectivement commandant en chef de l’aviation et responsable des opérations spéciales. A la suite de ces sanctions, Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, a déclaré que les Etats-Unis « n’hésiterons pas à prendre de nouvelles mesures contre ceux qui commettent des actes de violence et répriment la volonté du peuple. »
Cette nouvelle salve de sanctions des Etats-Unis fait suite aux mesures prises hier à Bruxelles par les 27 ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne (UE). Ceux-ci ont adopté un projet de « mesures ciblées » visant des leaders du coup d’état Birman. Selon Josep Borrell, le haut représentant de la politique étrangère de l’Union européenne, cette décision va impacter les cibles car « dans ce pays, les militaires sont des entrepreneurs et ils détiennent des pans de l’économie ».

Mais – car il y a toujours un mais avec l’Union européenne – il reste des zones d’ombres à éclaircir.
Les sanctions viseront-elles les investissements européens dans le pays ? Toucheront-elles uniquement les responsables ? La réunion des 27 n’a pas apporté de réponses à ces questions.
De plus, aucun nom de responsable n’a été avancé jusqu’ici, et le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, a parlé d’adopter des mesures restrictives « en dernier recours » ce qui sème encore plus le doute.
L’UE n’en est pas à son coup d’essais lorsqu’il s’agit de sanctionner la Birmanie, cela ne veut pas dire pour autant que l’expérience a été concluante. Partons de ce postulat : l’UE ne possède pas de moyen de vérifier activement si ses décisions sont respectées lorsqu’il s’agit de restrictions visant un état tiers.
Entre 1996 à 2012, un embargo européen a frappé des centaines de personnalités et d’entreprises associées à la junte militaire, mais certaines failles dans les échanges commerciaux et les investissements ont permis aux Anglais et aux Français de devenir, selon le Burma Independence Advocates, les plus gros investisseurs dans le pays entre 1995 et 2005.
Une étude de Konstanty Gebert pour l’European Council on Foreign Relations parue en 2013 déplorait l’emploi de sanctions de l’UE « d’une manière telle qu’elles limitent les dommages pour ses intérêts économiques ».
Pour les futures mesures conjointes, les 27 devront se souvenir de ce précédent pour éviter que les membres de l’UE ne trichent avec leurs propres règles, et n’affaiblissent encore plus la crédibilité politique de l’Union qui tente bon gré mal gré de dépasser sa simple apparence de supermarché régulé à 27 états.
Boeing continue son plongeon en piqué
Le constructeur américain, en pleine crises multiples depuis de mois, perd ses ailes, ses moteurs et de l’altitude. Si j’étais à leurs place, je ne jouerais pas à la loterie. Lorsque les avions de Boeing ne sont pas cloués au sol à cause du gel du trafic aérien dû à la pandémie, c’est à cause des interdictions de vol qui touchent le Boeing 737 max. Le modèle qui se voyait en futur best seller de la marque est victime de défauts de conception qui ont provoqué la mort de 189 personnes en Indonésie en octobre 2018 et de 157 autres en Ethiopie le 10 mars 2019.
Et désormais, même quand les autres avions du constructeur volent, ceux-ci se délitent dans les airs.
Le 20 février dans le Colorado, un Boeing 777-220 de United Airlines a vu son réacteur droit se disloquer dans les airs. L’avion a pu faire demi-tour et atterrir en urgence à l’aéroport de Denver. Aucun blessé n’est à déplorer mais le mal est fait : les débris du réacteur, parfois immenses, se sont écrasé sur des zones résidentielles et ont failli tuer des gens. La réputation du géant de l’aéronautique en est encore amoindrie.
A la demande du constructeur, plus de 128 avions commerciaux équipés du moteur mis en cause dans l’incident ont été immobilisés à travers le monde. L’autorité fédérale américaine de régulation de l’aviation et le Bureau national américain de la sécurité des transports enquêtent sur l’incendie de ce réacteur.
A la suite d’un examen préliminaire, les dommages constatés sur une pale creuse du moteur Pratt&Whitney pourraient provenir d’une « usure métallique ». La suite de l’enquête va se concentrer sur les raisons de l’incendie dans le réacteur, alors que son alimentation en carburant avait été coupée lorsque les pilotes pensaient encore que le moteur n’ait qu’une simple panne.
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