Le référendum constitutionnel sur le climat examiné à l’Assemblée, harcèlement meurtrier dans le Val d’Oise, les archives de la guerre d’Algérie en déclassification accélérée, Lula revient menacer Jair Bolsonaro au Brésil : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.
National :
Chaud devant pour référendum sur le climat
Depuis plusieurs semaines, le monde législatif est dans une séquence hautement axée sur le climat. Aujourd’hui, mardi 9 mars, l’Assemblé nationale démarre un débat de trois jours sur l’inscription de la notion de « préservation de l’environnement » dans l’article premier de la Constitution.
Porté par la légitimité de la convention citoyenne pour le climat qui a pourtant désavoué avec force les modifications du projet de loi Climat et résilience, La République En Marche (LREM) veut instaurer, grâce à un projet de loi constitutionnelle, la « garanti(e) [de] la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et [la] lutte contre le dérèglement climatique » en France.
L’inscription de cette maxime dans l’article premier de la Constitution française est difficilement contestable dans l’hémicycle pour plusieurs raisons.
La première est que la proposition de LREM reprend mot pour mot – voir « sans filtre » – la proposition issue de la convention citoyenne : contester le bien-fondé de cette mesure serait un signe de défiance des députés envers la démocratie participative.
La seconde explication, c’est que l’écologie est devenue un sujet impossible à rejeter dans le débat politique moderne. Pieyre-Alexandre Anglade, rapporteur du texte et porte-parole de LREM à l’Assemblée nationale, déclare qu’« aucun groupe politique qui peut se permettre d’écraser le sujet aujourd’hui car cela reviendrait à dire qu’ils se désintéressent de l’écologie ».

Si tout se déroule sans accroc, la proposition passera devant le Sénat, au Palais du Luxembourg, pour y être à nouveau adoptée, puis sera présentée au peuple Français par référendum avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. Sauf qu’en politique, il a toujours un « mais ». Et aujourd’hui, celui-ci se retrouve particulièrement sur le banc des députés de la droite.
La menace n’est pas immédiate à l’Assemblée nationale, mais elle va devenir réelle au Sénat, majoritairement composé de parlementaires de la droite qui prendront le relai de leurs homologues du Palais Bourbon. La bataille s’annonce ardue car la notion de « garantie » dans la Constitution fait peur aux députés et au Conseil d’Etat, qui y voient conjointement un risque de « quasi-obligation de résultat », et donc des répercussions juridiques qui en découlent. Damien Abad, le président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée, déplore une mesure « qui participe à la dérive de la judiciarisation de la vie politique et économique française ».
C’est également dans ce contexte que l’examen en commission spéciale de la loi Climat et résilience a démarré lundi dernier. Les débats à l’assemblé sur le grand projet écologique du quinquennat Macron devrait continuer jusqu’à la fin du mois prochain.
Harcèlement meurtrier dans le Val d’Oise
Deux adolescents de 15 et 14 ans, un garçon et sa petite amie, ont été interpellés ce mardi 9 mars et placé en garde à vue aujourd’hui. Leurs casiers sont vierges mais ils sont fortement soupçonnés d’être liés au sort d’une adolescente de leur lycée, âgée de 14 ans, retrouvés hier soir dans la Seine, morte, sous le viaduc de l’autoroute A15. L’affaire a été confiée à la police judiciaire de Cergy-Pontoise.
Le Monde écrit dans ses lignes que le couple aurait tabassé violemment la jeune fille avant de la jeter dans le fleuve. La victime était la cible d’harcèlement dans son établissement scolaire et l’adolescent interpellé par la police aujourd’hui devait passer devant un conseil de discipline ce mardi.
La mère de l’adolescent s’est rendue au commissariat d’Argenteuil hier soir. Son fils s’était déjà enfui lorsqu’elle contacte les forces de l’ordre, mais elle déclare a la police que son fils et sa petite amie lui avaient avoué qu’ils avaient eu une dispute avec la victime, suivie de plusieurs coups avant de la balancer dans le fleuve. Ils ont été arrêtés chez un ami pendant la nuit et plusieurs vêtements du couple étaient tachés de sang.
La mère de la victime s’est rendue au commissariat au même moment que l’appel téléphonique pour signaler la disparition de sa fille. Elle racontait que l’adolescente est victime de harcèlement et a déjà reçu des menaces de mort, sans pour autant avoir porté plainte jusqu’ici.
Les derniers instants de la victime n’ont, malheureusement, pas été paisibles. Selon une source proche du dossier, l’adolescente a « été tabassée avant de mourir ». Le parquet signale des « traces de coups à la tête et au visage ».
Les trois adolescents étaient dans une classe de troisième du lycée professionnel Cognacq-Jay, à Argenteuil. A la suite de photographies diffusées sur le réseau social Snapchat, la situation a dégénéré.
Selon des témoignages d’élèves recueillis par l’Agence France-Presse, la victime « se faisait harceler. » et qu’elle s’était battue en public « avec celle qui la harcelait devant les toilettes » la semaine dernière
Sur BFM-TV, la mère de l’auteur présumé des faits a déclaré que son fils aurait vécu « une petite relation avec [la victime] avant d’être avec la nouvelle. »
Déclassification accélérée des archives de la guerre d’Algérie
Dans la foulée de la reconnaissance de la responsabilité de la France dans l’assassinat d’Ali Boumendjel pendant la bataille d’Alger en 1957, Emmanuel Macron poursuit les recommandations du rapport de l’historien Benjamin Stora pour « réconcilier les mémoires » et « regarder l’histoire en face » concernant la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie.
Dans un communiqué, Matignon annonce que le président a décidé d’autoriser les archives de procéder aux « déclassifications des documents couverts par le secret de la Défense nationale (…) jusqu’aux dossiers de l’année 1970 incluse ». Ces archives de la guerre d’Algérie sont classifiées depuis plus de cinquante ans et cette mesure n’était, jusqu’ici, réservée qu’aux documents antérieurs à l’année 1954.

De la même manière que pour les archives du Rwanda, les universitaires se plaignaient de l’accès restreint aux documents qui pourraient éclaircir l’un des passages les plus sombres de l’histoire moderne de la France. Concrètement, la décision prise par le chef de l’état va permettre de déclassifier par dossier plutôt que feuille par feuilles, ce qui va considérablement accélérer le processus.
L’Algérie salue évidemment cette décision, mais rappelle que de nombreux sujets restent en suspens à propos de la guerre d’indépendance, notamment la question des 2200 « disparus » pendant le conflit, ou encore la question des essais nucléaires dans le Sahara.
International :
Libéré de ses condamnations, Lula est de retour
L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre au Brésil : l’ancien président de la République Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, a vu l’ensemble de ses condamnations annulées hier par la Cour suprême.
Le juge Edson Fachin a estimé que le tribunal de Curitiba, qui a condamné Lula en 2018 n’était « pas compétent » pour juger ces affaires. C’est désormais au tribunal fédéral de Brasilia de prendre le dossier en main.
L’ex-président qui a exercé être 2003 et 2011 déclare que cette décision de justice « « est la reconnaissance que nous avons toujours eu raison dans cette longue bataille juridique »
Aujourd’hui âgé de 75 ans, il a été libéré en 2019 après cinq cent quatre-vingts jours en prison mais son casier judiciaire restait souillé par ses quatre condamnations pour corruption dans le cadre de la très controversée opération judiciaire « Lava Jato » (lavage express).

Cette dernière continue encore de faire débat au Brésil à cause de l’acharnement que Lula a subit de la part du juge Sergio Moro, ou encore de par la remise en cause de l’impartialité des juges et des procureurs à la suite de l’enquête du site The Intercept Brasil qui a révélé des échanges de messages de plusieurs acteurs de l’affaire judiciaire.
Il existe au brésil une loi nommée « ficha limpa » (casier propre), elle interdit à toute personne condamnée en appel de se présenter à une élection. La décision de la Cour suprême annule donc aussi les effets de cette loi sur l’homme politique.
Libéré de ce poids judiciaire, Lula redevient ainsi un candidat sérieux face à Jair Bolsonaro pour l’élection présidentielle de 2022. Embourbé dans la crises sanitaire, acculé par près de soixante-dix demandes en destitution, impliqué dans plusieurs enquêtes judiciaires dont une qui concerne son élection en 2018, le président actuel a tout à craindre d’un retour de Lula dans le monde des vivants.
Les plus récents sondages indiquent que Lula récolterait 50 % des voix. En revanche, 44 % des Brésiliens déclarent d’ailleurs qu’ils ne voteraient « jamais et dans aucun cas » pour lui a cause de son passé judiciaire.
L’affaire n’est pas encore terminée : Le procureur général brésilien dispose d’un droit de recours devant la Cour suprême réunie en séance plénière, et un jugement du tribunal tribunal fédéral de Brasilia pourrait éventuellement tomber avant 2022, réduisant alors à néant les chances de Lula de briguer un troisième mandat.
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