Troisième confinement pour tous sauf les restaurants luxueux parisiens, la Commission européenne vole au secours d’Air France, débouchage du canal de Suez, des œufs de Pâques en Birmanie : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention ce week-end.
National
Top départ pour un troisième confinement
À la suite de la prise de parole d’Emmanuel Macron mercredi dernier, le troisième confinement qui ne dit pas son nom a débuté samedi. Les restrictions sanitaires appliquées jusqu’ici dans 19 départements sont désormais en vigueur dans toute la France métropolitaine. A l’heure actuelle, seuls quatre département tournent autour du taux d’incidence proche des 100 nouveaux cas covid pour 100 000 habitants : Le Finistère (91 cas), la Creuse (61 cas), les Landes (101 cas) et les Pyrénées-Atlantiques (108 cas). Au total sur le territoire, c’est quelque 66 794 nouveaux cas qui sont apparu le 4 avril.
Après avoir longtemps adopté une stratégie du dernier moment pour préserver l’économie, aussi comparée par Devi Sridhar, professeure de santé publique à l’université d’Edimbourg, « comme rouler en voiture vers un mur et affirmer qu’en freinant le plus tard possible on gagnera du temps. », Emmanuel Macron a enfin décidé de ralentir comme tous ses voisins depuis plusieurs semaines.

Comme le mur arrivait de manière très rapide, tout le monde est logé à la même enseigne : Déplacements limités à 10 kilomètres, fermetures des commerces non essentiels (vous serez heureux de savoir que les magasins de jeux vidéo, les coiffeurs, les disquaires et les fleuristes sont des commerces vitaux), ou encore la fermeture des écoles pour quatre semaines avec des vacances d’avril communes pour les zones A, B et C.
Rendez-vous désormais fin avril pour savoir si la campagne de vaccination a décollé et que les restrictions sanitaires peuvent être levées. À l’échelle européenne, le commissaire européen à l’industrie chargé du déploiement des vaccins, Thierry Breton, a déclaré dans Le Parisien que l’immunité collective des 450 millions d’habitants de l’Union européenne serait atteinte à la « mi-juillet » tout en rappelant que le responsable principal de la lenteur de la campagne de vaccination qu’il qualifie de « provient uniquement des défauts de livraison d’AstraZeneca ».
Pas de restriction de restaurant si on est riche ou ministre
Et si 135 euros d’amende, c’était juste le prix d’un ticket d’entrée pour les gens qui peuvent payer 400 euros dans un restaurant clandestin de luxe ? C’est une question qui se pose légitimement après la diffusion d’un reportage en caméra cachée de M6 dans lequel une clientèle pour le moins aisée participe à des diners luxueux à Paris.
Comble du comble, un des organisateurs, flouté, affirme que des ministres auraient déjà participé à ce type de dîners mondains : « J’ai dîné cette semaine dans deux ou trois restaurants qui sont soi-disant des restos clandestins, avec un certain nombre de ministres. Alors ça me fait doucement rigoler. On est en démocratie. On fait ce qu’on veut. » L’exemplarité en prend un sacré coup.
Pour rappel, une fête pour riches, par des riches, avec des menu à facturés entre 160 et 490 euro alors que les restaurants sont officiellement fermés aux communs des mortels depuis octobre, c’est un scandale, et si un membre du gouvernement y participe, ça devient une très mauvaise blague. On est en guerre ou pas ? Faut savoir à la fin.
Dans ce reportage, il est donc possible de voir des dizaines de convives sans masque en train de manger des menus qui coutent jusqu’au triple du prix de l’amende pour non port du masque, mais aussi en train de se faire la bise et ne respecter aucun protocole sanitaire. En même temps, rien que le fait d’être présent à cette soirée montre à quel point ils se fichent des règles au départ…
Plusieurs médias et internautes ont identifié le restaurateur de la soirée, il s’agirait de Christophe Leroy. Quant à l’hôte, celui qui parle de diner avec des ministres, il s’agit de Pierre-Jean Chalençon, le propriétaire du Palais Vivienne à Paris qui répond à ces accusations sur Twitter avec un « Totalement faux et calomnieux !!!!! »
Pourtant, l’intéressé racontait déjà dans une vidéo datant de février qu’il comptait organiser « Un club des gastronomes […] avec mon ami Christophe Leroy. » Il a également admis à demi-mot, par le biais du communiqué de son avocat, que les propos issus du reportage venaient de lui et qu’il ne faisait que de « l’humour ».

Quant au fait que des ministres puissent participer à ce genre de soirées, le gouvernement a réagi par l’intermédiaire de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, et Marlène Schiappa, ministre déléguée à la citoyenneté.
Le premier a annoncé l’ouverture d’une enquête pour vérifier la véracité des faits énoncés dans le reportage de M6. Il a également déclaré lors de sa visite d’un centre de vaccination à Marcq-en-Barœul que « soit [ces faits] sont faux et il ne faut pas jeter l’opprobre évidemment, soit ils sont vrais et évidemment (…) les personnes doivent pouvoir être poursuivies et, j’imagine, condamnées pour avoir organisé de telles soirées. C’est tout à fait inacceptable ».
Il ajoute ensuite que des barbecues populaire ont lieux tous les jours à Paris et que la police intervient dans ces cas-là, mais qu’il n’existe aucune raison pour que ces fêtes ne soit pas interdites dans les beaux quartiers de la capitale : « la règle est la même pour tout le monde. Il n’y a pas deux types de citoyens avec ceux qui ont le droit de faire la fête et ceux qui n’auraient pas le droit. »
Quant à Marlène Schiappa, celle-ci a répondu dans le Grand Rendez-vous d’Europe 1 que « si des ministres ou des députés » ont participé à ces diners, « il faut qu’ils soient pénalisés comme n’importe quel citoyen ».
Il reste cependant un problème : En France, l’amende en cas de non-respect du confinement coute 135 euros, puis 200 en cas de récidive, et 3750 euros si l’infraction est répétée trois fois de suite en quinze jours.
En comparaison, l’Angleterre fait directement payer 235 euros. 940 en cas de participation à un rassemblement privé en intérieur, cela atteint environ 7520 au maximum en cas de récidive et l’organisateur d’un évènement de ce genre risque jusqu’à 11750 euros d’amende.
A Berlin, le non-respect de la distance de 1,5m coute entre 100 et 500 euros, ne pas porter le masque entre 50 et 500. Recevoir quelqu’un pendant une quarantaine coute entre 500 et 5000 euros d’amende.
Avec des sommes aussi dérisoires sur notre territoire (l’amende française coûte moins cher que le plat le moins cher de la soirée incriminée), est-ce que payer 135 euros ne devient pas juste un moyen de filtrer ceux qui peuvent sortir, et ceux qui ne le peuvent pas ?
International
La commission européenne vole au secours d’Air France
Dimanche 4 avril, Bruno Le maire, ministre de l’économie en France, a annoncé que le commission européenne et Bercy avaient trouvé un « accord de principe » pour que le géant de l’aviation français obtienne une aide financière. La monnaie d’échange pour cet accord est l’abandon d’Air France de « 24 créneaux horaires d’atterrissage et de décollage à Orly. »
Le montant de l’aide doit être discuté par Air France lors d’un conseil d’administration qui se tient aujourd’hui afin de valider l’accord. Si cette manne financière est la bienvenue, la contrepartie semble difficile à accepter. Comme le disait si bien M Le Maire, l’abandon d’autant de créneaux est un mauvais choix stratégique : « Ma position depuis le début était de dire que c’était trop et que ça ne servait à rien de soutenir Air France d’un côté si c’était, de l’autre, pour valoriser excessivement la concurrence en demandant 24 créneaux aériens sur Orly ».

Il y aura donc bien un abandon de créneaux, mais il ne sera probablement pas aussi élevé que le chiffre demandé par la Commission.
L’Etat français a déjà soutenu Air France à hauteur de 7 milliards d’euros ces derniers mois. Cependant, la chute du trafic aérien a durement touché l’entreprise. A cause de la pandémie de covid-19, Air France-KLM a perdu deux tiers de ses clients, et sa dette atteint désormais les 11 milliards d’euros. En plus de l’aide financière de l’UE, l’une des autres options de survie du groupe serait donc la recapitalisation d’Air France par la branche des Pays-Bas, détenue à 14% par l’état néerlandais.
Débouchage du canal de Suez
Six jours, c’est le temps nécessaire pour que l’entièreté des 422 navires bloqués dans le canal de Suez puisse enfin le traverser. Samedi dernier, le dernier navire immobilisé par l’échouement du porte conteneur Ever-Given a enfin pu quitter le passage. Le navire de 200 000 tonnes a été remis à flot le 29 mars après une titanesque opération nécessitant le dragage de 30 000 mètres cubes de sable et l’emploi de treize remorqueur.
L’Autorité du Canal de Suez a ouvert une enquête et les conclusions devraient paraitre dans les jours à venir. L’origine de l’incident était d’abord attribué aux vents violents une tempête de sable, avant que les hypothèses d’« erreurs, humaine ou technique » n’apparaissent.
Le canal de Suez est un passage clé de la route commerciale maritime entre l’Europe et l’Asie, celle-ci représente 10 % du commerce international. Selon les estimations des autorités du canal, l’Egypte a perdu entre 12 et 15 millions de dollars pour chaque jour de fermeture du canal.
Birmanie : Pas de liberté sans casser des œufs
Les manifestations contre le putsch de l’armée birmane continuent en Birmanie.
Depuis le 1er février, 550 civils, femmes et enfants ont été tués alors qu’ils protestaient contre la prise de pouvoir de la Tatmadaw après avoir renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi. La situation pourrait même être plus grave qu’elle n’y parait car, sur les 2 700 personnes arrêtées par le régime, nombreuses sont celles qui n’ont pas moyen de contacter leur famille ou un avocat, et qui sont considérées comme portées disparues.
Pour l’occasion du dimanche de Pâques, les opposants à la junte militaire ont publié des photos d’œufs sur les réseaux sociaux avec le mot clé #EasterEggStrike. Si ça peut les rassurer, les birmans ont reçu le soutien du Pape François, un allié de poids face aux tirs à balle réelles de l’armée dans une population majoritairement bouddhiste.

Dans un registre plus concret, les dix factions rebelles qui ont signé un cessez le feu commun avec l’armée en 2015 vont « réexaminer » l’accord. Ces factions ethniques en constante recherche d’autonomie avaient déclaré le 1er février que l’accord était toujours valide malgré le coup d’état de la Tatmadaw. Mais depuis ce jour, elles ne cessent de dénoncer la répression violente appliquée par les militaires sur les civils. C’est justement dans ce cadre que les factions se sont réunies pour agir ensemble.
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