Balladur se relaxe enfin, nouvelles mesures sanitaires en France, mamie dans le journal, le passeport vaccinal devient à la mode, Viktor Orbán quitte le parti populaire européen, semi réussite pour SpaceX : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention ces derniers jours.
National
Balladur et Léotard sont dans un bateau, Léotard tombe à l’eau…
Le 19 janvier dernier, le procès de l’affaire Karachi reprenait. Jugés pour « complicité d’abus de bien sociaux », l’ancien premier ministre de 91 ans, Edouard Balladur, et son ancien ministre de la défense âgé de 78 ans, François Léotard, ont reçu aujourd’hui le verdict de la Cour de justice de la République (CJR).
Les deux ministres étaient accusés d’avoir mis en place et profité d’un système de rétro commissions illégales dans des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite. Ce système visait à financer la campagne d’Edouard Balladur lors des élections présidentielle de 1995.

Alors qu’il risquait un an de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende, l’ancien candidat malheureux de l’élection présidentielle a été relaxé. La CJR a déclaré, concernant les rétrocommissions, qu’il n’y avait pas de « preuve de l’existence d’instructions données en connaissance de cause par M. Balladur ». Quant au versement de 10,25 millions de francs sur son compte de campagne après sa défaite, officiellement issu de « dons », l’accusation n’a pu fournir de documents attestant de l’origine de cette somme.
François Léotard est moins chanceux : il a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis et 100 000 euros d’amende. Il rejoint le rang des six autres personnes jugées coupables lors du volet civil de l’affaire, le 15 juin dernier. L’entourage d’Edouard Balladur et François Léotard avait écopé de deux à cinq ans de prison ferme pour abus de biens sociaux, recel ou complicité. Tous ont fait appel.
Nouvelles mesures de confinements localisés en France
Lundi, Emmanuel Macron annonçait que les Français devraient tenir « encore quelques semaines, quatre à six semaines » avant de baisser les restrictions sanitaires. Hier, c’est le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui aspirait à « un retour à une vie plus normale […] peut-être dès la mi-avril ». Jean Castex, le premier ministre, a également détaillé les prochaines mesures gouvernementales lors de sa conférence de presse du jeudi soir.
A l’instar des Alpes-Maritimes et de Dunkerque, le Pas-de-Calais sera lui aussi sujet à un confinement le week-end. Cette décision fait suite au conseil de défense sanitaire à l’Elysée de mercredi. Le taux d’incidence du Covid-19 dans le département a atteint les 400 cas pour 100 000 habitants alors que la limite est fixée à 200. Il n’est pas exclu, selon le gouvernement, que « Un ou deux autres » département suivent la même voie. De plus, les Hautes-Alpes, l’Aisne et l’Aube rejoignent le 20 autres départements placés sous surveillance renforcée.

Vous pouvez aussi rayer de la liste l’Ile-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur comme cibles imminentes. Selon les sources du quotidien Le Monde, l’exécutif ne compte confiner ni Paris ni Marseille qui ont pourtant des taux d’incidence de respectivement 322 et 318 cas positifs pour 100 000 habitants. Ces zones restent dans la liste des départements placés en « surveillance renforcée » le 25 février. Lors du conseil, Emmanuel Macron a réitéré sa volnté d’éviter un confinement national et a ordonné une augmentation des tests, un renforcement des mesures d’isolement, et d’accélérer la campagne de vaccination qui piétine.
Selon Le Monde, le gouvernement justifie le nombre de département restreint visés par ces mesures de confinement le week-end avec plusieurs raisons. La première est que la France ne subit pas une « flambée épidémique ». Avec ses 21 330 cas quotidiens, la situation « n’explose pas » et permet de « tenir la ligne, sans trop rajouter de restrictions ».
La seconde explication est que l’exécutif préfère une « réponse différenciée », « ciblée, territoire par territoire ». Cette méthode régionalisée doit permettre au gouvernement de proposer des mesures adaptées à des « situation(s) hétérogène(s) ». Enfin, la dernière raison est le facteur d’acceptabilité de la population. Pas question de reconfiner des Français abonnés au couvre-feu si le nombre de cas covid n’explose pas et que les départements touchés n’ont pas établi un consensus.
Cela ne veut pas dire que ces éléments sont nécessaires pour autant. Anne Hidalgo a exprimé son refus catégorique d’un confinement le week-end, mais c’est le gouvernement qui décide en derniers recours, n’en déplaise à la maire de Paris.
Ma mamie passe dans le journal
Je vous jure que je ne vous mens pas, c’est la plus grosse actualité du jour !
Bon, c’est vrai que tout le monde s’en fout mais pour les curieux, elle est apparue dans un article de La Dépêche du Midi. Rosine – ma grand-mère donc – est l’une des premières personnes âgées à être vaccinées dans le tout nouveau centre de vaccination de Gramat, dans le Lot. 3615 Rosine, terminé.

International
Le passeport vaccinal fait son chemin
C’est fou comme les avis peuvent changer quand le monde évolue sans nous. Le 17 janvier dernier, Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, affirmait que le gouvernement était « très réticent » à la mise en place d’un passeport vaccinal européen.
Il y a encore un mois les gouvernements Français et Allemands jugeaient cette mesure « prématuré » pour des raisons éthiques, notamment à cause de la discrimination qui toucherait les personnes ne pouvant pas ou ne voulant pas se faire vacciner.
Sauf qu’une grande partie de l’Union Européenne est très intéressée par cette solution, y compris la Commission. La Grèce réclamait ce système dès décembre dernier. La Suède, l’Estonie, le Danemark et la Pologne expérimentent déjà des certificats. L’Espagne, le Portugal, Malte, Chypre, l’Autriche ou encore l’Italie se sont eux aussi montré favorables à cette mesure.
Et comme tout le monde s’y met et que, selon un sondage Oxada, 59 % des français sont favorables à un passeport vaccinal, la France commence a y songer aussi. Dès le 25 février, Emmanuel Macron a mentionné l’idée d’un « pass sanitaire » qui servirait à prouver un résultat négatif au covid, ou encore d’octroyer l’accès aux lieux publics. Mentionné encore hier dans une réunion interministériel à l’Elysée, il permettrait « d’anticiper […] de travailler sur les protocoles de réouvertures des lieux aujourd’hui fermés » comme les théâtres, les cinémas, les musées, mais aussi les restaurants, les bars ou encore les salles de sports.

Il reste cependant un problème de poids dans ce système : La capacité de l’Etat Français à vacciner sa population. Le 1er mars, la France était en dessous de la moyenne européenne avec 4,68 millions de de Français ayant reçu une première injection, soit 4,5% de la population. Un pass ne sera efficace que dans plusieurs semaines, le ministre de la Santé, Olivier Véran, espère que 9 millions de français seront immunisés à la fin du mois. Lors de sa conférence de presse, Jean Castex a annoncé l’accès à la vaccination en pharmacie dès le 15 mars pour les plus de 50 ans présentant des facteurs de comorbidités. Le premier ministre estime que 30 millions de français auraont été vacciné d’ici l’été.
De plus, ces mesures du « pass sanitaire » sont cantonnées au territoire national et ne concernent pas les autorisations de voyager à l’étranger alors que la saison estivale approche à grand pas.
C’est dans ce cadre que la présidente de la Commission européenne, Urusla Von der leyen, a annoncé le 1er mars qu’elle allait présenter un « Digital Green Pass » ou « Passeport Numérique Vert » dans le mois à venir.
Afin de rétablir la liberté de circulation dans l’espace Schengen, la Commission réfléchit sur cette solution qui doit « permettre progressivement [aux européens] de se déplacer en toute sécurité dans l’UE ou à l’étranger − pour le travail ou le tourisme »
La Commission va se baser sur le modèle du carnet jaune de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), utilisé pour plusieurs pays d’Afrique. Il serait adapté à l’échelle de l’UE pour connecter un maximum de pays membres. Afin de balayer les critiques concernant les discriminations potentielles de ce passeport, le passeport aura plusieurs critères permettant de prouver la validité d’un voyage : Soit être vacciné, le cas échéant un test négatif récent sera équivalent, ou encore le fait d’avoir été contaminé et donc de posséder des anticorps du virus.
Quoi qu’il en soit, le sujet n’est pas clos et sera peut-être même la source de nouvelles polémiques : Le dispositif respectera-t-il le secret médical ? Comment seront légalement protégées les données ? Y a-t-il des risques de faux ? Les états européens ont intérêt à bien se préparer s’ils ne veulent pas subir une nouvelle vague de critiques. L’image de l’UE est abimée par ses échecs consécutifs, de la distribution des masques à la campagne vaccinale, en passant par l’immense fiasco de son modèle à l’international. L’Union a été incapable d’assister ses voisins europhiles comme la Serbie et l’Ukraine. Comble de la disgrâce, la Hongrie et la Slovaquie ont dû commander des vaccins à des pays tiers comme la Chine et la Russie parce que les vaccins européens n’étaient pas validés et produits assez vite. Que d’occasions manquées.
Le Fidesz de Viktor Orbán quitte le Parti populaire européen
Plutôt partir immédiatement que d’affronter le déshonneur d’être exclut. C’est ce que Victor Orbán, le premier ministre hongrois et chef du parti Fidesz a appliqué hier dans le Parti populaire européen (PPE). A la suite d’une réforme des statuts approuvée à 148 voix sur 187, le Fidesz a décidé de quitter la principale formation politique du Parlement européen.
Concrètement, le PPE a approuvé une modification de ses règles internes qui autorise la suspension ou l’exclusion d’une délégation complète, plutôt que des sanctions individuelles.
Sentant le vent du boulet, Viktor Orbán a écrit une lettre au président du groupe, Manfred Weber.
Dans celle-ci, le leader de Hongrie annonce son départ « immédiat » avec les douze députés hongrois qui l’accompagnent. Il dénonce « un geste hostile adopté contre le Fidesz et nos électeurs » de la part du PPE, qualifiant cette nouvelle mesure d’ « antidémocratique, injuste et inacceptable ».
Précisons que cette réforme interne a été adoptée à la suite de sanctions prises à l’encontre de Tamás Deutsch, un eurodéputé du Fidesz. Il a comparé les positions de Manfred Weber aux slogans de la Gestapo et de la police secrète hongroise durant la période communiste. Au lieu d’être exclu, il a simplement perdu le droit de s’exprimer au nom du PPE en session plénière.
Le 28 février dernier, Orbán anticipait l’adoption de cette réforme et avait déjà menacé de quitter le groupe, il n’a donc fait que mettre ses menaces a exécution. De son côté, Manfred Weber est « très heureux » de l’unité que le PPE a affiché en votant cette réforme. L’allemand « regrette » la décision du Fidesz de quitter son groupe et rétorque au premier ministre que le PPE n’a « pas besoin de leçon de valeurs » et qu’il s’agit ici d’une question « de provocation contre l’Europe à propos des droits fondamentaux et de l’état de droit » de la part de la démocratie dite « illibérale » de Budapest.

Ce divorce après 20 ans de collaboration est aussi violent qu’il n’était inévitable et réclamé au sein du parti. Le PPE est un parti de droite, chrétien-démocrate, libéral-conservateur et proeuropéen. La présence du Fidesz était de plus en plus lourde à assumer depuis une dizaine d’année. En 2010, Victor Orbán est revenu au pouvoir en Hongrie et le pays est tombé dans une spirale régressive concernant l’indépendance de la justice, des média et du secteur culturel Hongrois.
Des mesures condamnées par Commission européenne, la Cour de justice de l’Union européenne et critiquées par les Etats membres. Au-delà des dérives nationales, le premier ministre Hongrois mène une campagne de décrédibilisassions agressive contre l’UE alors même qu’il profite de ses subventions à des fins personnelles.
Victor Orbán a, comme tous les extrêmes en Europe, profité de la diplomatie pusillanime du PPE et de la droite européenne. Le Fidesz a développé une politique anti migration et un discours anti européen, dénonçant une « élite bureaucratique bruxelloise » à l’origine de tous les maux de la Hongrie. Ce n’est qu’en 2018 que la situation a commencé à changer, quand une majorité du PPE a suivi le Parlement européen pour lancer une procédure de sanction contre la Hongrie.
L’érosion du statut du Fidesz au sein du PPE s’aggrave encore à partir du printemps 2019. Le groupe se retrouve alors « suspendu » après une campagne d’affichage à Budapest. Dans les rues de la ville des posters accusent le président de la Commission de l’époque et membre du PPE, Jean-Claude Junker, et le milliardaire juif d’origine hongroise, George Soros, de comploter ensemble pour inonder l’Europe de migrant.
Avec cette annonce, le Fidesz se retrouve isolé en tant que parti national dans le Parlement Européen, mais toujours affilié au PPE. Une position inédite qui devrait le forcer à rejoindre au plus vite une autre famille politique même si rien ne l’empêche de rester indépendant.
La logique voudrait que Viktor Orbán et ses députés rejoignent les Conservateurs et réformistes européens (CRE). Il s’agit d’un parti eurosceptique – ça correspond à la ligne d’Orbán – avec 61 sièges au Parlement européen. C’est également le groupe qui accueille le parti présidentiel polonais, Droit et Justice (PiS). Ce dernier est lui aussi en pleine joute avec l’UE en raison de son système de nomination des juges à la Cour suprême polonaise « susceptible de violer le droit de l’Union européenne »
Pas plus tard que la semaine dernière, Viktor Orbán a adressé une lettre à Fratelli d’Italia (Frères d’Italie en français), un parti nationaliste italien membre du CRE. Adressée à Giorgia Meloni, la présidente du CRE, la lettre du hongrois disait « Nous avons besoin d’alliés sur lesquels nous pouvons compter ; avec qui nous détenons une vision commune du monde ; et avec qui nous partageons des similitudes dans la façon dont nous nous attelons aux défis de notre époque »
L’Union européenne change, et la Hongrie va désormais devoir assumer ses positions au parlement européen plutôt que de se cacher derrière son groupe. Il était temps.
Un succès en demi-teinte explosif pour SpaceX
L’image a fait le tour d’internet hier soir : Le prototype de fusée SN-10 de SpaceX décolle du centre spatial de Boca Chica au Texas, effectue sa manœuvre de bascule « à plat ventre » en haute altitude pour passer en phase d’atterrissage, se pose à nouveau avec quelques difficultés puis… explose au sol quelques minutes plus tard.
Il s’agit du troisième essai de descente maitrisée du Starship par la société aérospatiale américaine SpaceX, fondée par le célèbre milliardaire Elon Musk. Le 9 décembre 2020 et le 2 février 2021, les prototypes SN-8 et SN-9 s’étaient crashés avec fracas, sans même pouvoir se poser.

L’objectif du test d’hier était de faire décoller et atterrir en un seul morceau l’étage supérieur du futur lanceur lourd de SpaceX. La particularité du projet spatial de l’entreprise et de développer des fusées en partie réutilisables afin de grandement diminuer les coûts. À terme, le véhicule est sensé emmener des humains et jusqu’à 100 tonnes de fret sur la Lune et sur Mars lors de futures missions.
Le test n’est qu’un échec partiel. Avant le décollage, Elon Musk estimait les chances de réussite de l’atterrissage à 60 %. Le simple fait que la fusée de 50 mètres ait réussie à se poser – un peu de travers – plutôt que d’exploser immédiatement est un bon signe pour SpaceX. Et puis de toute façon, « jamais deux sans trois » n’existe pas pour rien.
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