Les informations du weekend et du 16 février à ne pas louper

Le mauvais signe du recul du chômage, chantage informatique à l’hôpital, réunion du G5 Sahel et la vraie fausse lutte de l’UE contre les paradis fiscaux : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Recul du chômage : bons chiffres, mauvais signes

En temps normal, c’est une nouvelle qui provoquerait l’ouverture d’une bouteille de champagne au ministère du Travail, mais les circonstances actuelles forcent à relativiser cette information : Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage a reculé en France à 8 % au quatrième trimestre 2020. Au troisième trimestre, il était à 9,1 % ce qui nous fait une baisse de 340 000 chômeurs et nous amène à un total de 2,4 millions de personnes sans emploi sur l’ensemble du territoire. Champagne ! Ben non, toujours pas.

Même l’Insee ne fait pas la fête car les données enregistrées en fin d’année 2020 sont « pour partie en “trompe-l’œil” ». Pour faire simple, les données ne sont pas représentatives pour deux raisons : Certains chercheurs d’emplois se sont découragés au quatrième trimestre, et le calcul du nombre de chômeurs a été parasité par le Covid

Si vous souhaitez plus de détails, l’Insee explique ce recul du chômage  « en raison du deuxième confinement, entre le 30 octobre et le 15 décembre » de l’année 2020. Certains demandeurs d’emplois n’ont pu chercher un métier et contacter des employeurs « dans les conditions habituelles ». L’effet immédiat est que ces personnes « ont basculé vers l’inactivité », par découragement ou parce que le secteur a été stoppé » net par les mesures de l’Etat. De ce fait, ils disparaissent de la base de données.

L’autre effet est que l’Insee n’a pu effectuer une enquête dans des conditions normales cette année.
A cause des deux confinements, les sondés ont répondu aux questions de l’institut de sondage par téléphone plutôt en tête-à-tête. Le « taux de collecte » des renseignements, lui, a reculé de 2,6 points par rapport à l’année dernière.

Enfin, cette baisse du chômage est également mise à mal par une autre étude de l’Insee parue le 5 février. Dans son rapport, 360 000 salariés du secteur privé ont perdu leurs emplois. Il est toujours possible de se rassurer en se rappelant que l’Insee tablait en décembre dernier sur la destruction de 600 000 emplois en 2020.

Chantage informatique à l’hôpital

Entre l’état du milieu hospitalier depuis plusieurs années et le choc de la pandémie, les hôpitaux en France n’ont pas beaucoup de raisons de sourire. Et bien figurez-vous que même si vous estimez être dans le pétrin, il y a toujours pire !

C’est par exemple le cas pour le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône situé dans le Rhône. A l’instar de leurs collègues du centre hospitalier Dax-Côte d’Argent dans les Landes, ceux-ci sont victimes d’un nouveau mal du milieu hospitalier : les attaques informatiques.

La situation ne prête pas forcément à rire, mais vu le contexte sanitaire mondial, il y a du fric à se faire en rackettant des hôpitaux. C’est ainsi que l’hôpital de Villefranche a déclaré dans un communiqué être une victime du cryptovirus RYUK qui « impacte fortement » les sites de Villefranche, Tarare et Trévoux de l’hôpital Nord-Ouest.

Ce cryptovirus RYUK est un ransomware (ou « rançongiciel » selon notre chère académie française).
L’objectif de ce logiciel malveillant est de bloquer un système informatique, et de le réactiver qu’une fois que la victime a payé d’une rançon. Et oui, l’utiliser sur un hôpital fait de son utilisateur une belle ordure, mais s’il existe des vendeurs d’armes, des proxénètes ou encore des assassins, pourquoi pas des racketteurs d’hôpitaux ?

Dans tous les cas, le centre hospitalier de Villefranche fait face à des gros problèmes techniques.
Le système d’information est bloqué, Internet est coupé et seul le standard des urgences est encore actif. Si des patients ont besoin des services d’urgences ils sont orientés vers d’autres hôpitaux ou cliniques grâce à l’aide de l’agence régionale de santé, le SAMU et les pompiers.

Selon un rapport publié le 1er février par l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), actuellement sur le terrain pour enquêter, le secteur de la santé et notamment les hôpitaux sont des cibles prioritaires des ransomware. Ma situation est encore pire depuis 2020 car la pandémie oblige « plus facilement les hôpitaux à payer la rançon au vu du besoin critique de continuité d’activité ».

Cinq ans de prison pour George Tronc ?

Pour certains, monsieur George Tronc est le maire de la ville de Draveil depuis 1995, un ancien député et surtout un ancien secrétaire d’État. Ce qui est moins sympa dans son histoire, c’est qu’il a dû démissionner de ce dernier poste en 2011 pour une affaire de viols et agressions sexuelles.
Petite coïncidence, sa mésaventure arrive quelques jours après le scandale similaire de Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du Fonds monétaire international.

Deux anciennes employées accusent l’homme politique d’attouchements et pénétrations digitales forcés entre 2007 et 2010. Brigitte Gruel, son adjointe à la Culture, est également au rang des accusés en tant que complice.

Georges Tron lors de son procès en appel pour viols et agressions sexuelles. AFP/BERTRAND GUAY

Les accusés démentent dément toute relation sexuelle avec les accusatrices et, même si la cour d’assises de Seine-Saint-Denis avait estimé que bien que des relations sexuelles étaient plausibles, il n’existait pas de contrainte. Ils ont donc été acquittés en première instance en 2018

C’est désormais à la cour d’assises de Paris que se déroule le procès en appel. Cette fois-ci, la justice a requis deux ans de prison avec sursis contre Mme Gruel, et M. Tronc risque cinq ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis.
Mercredi, nous saurons enfin si l’ancien secrétaire d’Etat est condamné après dix ans de procédure.

International

La France, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie et le Niger sont sur un bateau

Un an après le sommet de Pau, le G5 Sahel s’est partiellement retrouvé le lundi 15 et mardi 16 février, à N’Djamena, au Tchad. Le seul absent physique de ce rendez-vous est Emmanuel Macron.

Ce dernier n’a pas pris la peine de rejoindre ses homologues malien, burkinabé, tchadien, mauritanien et nigérien pour plusieurs raisons.
La version officielle Française est que les frontières nationales sont fermées, une excuse que la presse africaine n’hésite pas à tourner en ridicule. La raison moins avouable de cette absence en revanche, c’est le lieu du sommet du G5 : Le Tchad.

À la veille des élections présidentielles qui apporteront sans l’ombre d’un doute un sixième mandat au Maréchal Idriss Déby, Emmanuel Macron  et l’Élysée ne peuvent s’autoriser l’embarra d’un sommet international à propos de la lutte anti-terroriste dans une dictature qui maltraite ses propres citoyens.

C’est donc par visioconférence que le président français a déclaré qu’il fallait à « décapiter » les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda qui constituent toujours une menace au Sahel.
Selon Emmanuel Macron, « nous avons réussi à obtenir de véritables résultats dans la zone des trois frontières », au Mali, le Niger et le Burkina Faso. L’ennemi commun visé par ces états est l’organisation Etat islamique dans le grand Sahara, celle-ci « a perdu son emprise et subit de nombreuses pertes ».

Tous les dirigeants du G5 Sahel étaient présents, sauf Emmanuel Macron

Cette réussite tactique est à relativiser avec le bilan humain du conflit. Cette région du monde compte plus de deux millions de déplacés et les attentats, les attaques armées, les kidnappings en masse et autres atrocités commises sur les civils sont monnaie courante. Au-delà des exactions djihadistes, l’armée française perd également sa popularité. La France est présente depuis huit ans dans le Sahel et y mène encore aujourd’hui l’opération anti djihadiste française « Barkhane ». Elle fut royalement accueillie au départ mais l’enthousiasme a bien tiédit depuis le temps, l’armée française est même suspectée d’avoir bombardé des civils lors d’un mariage au Mali le 3 janvier dernier.

Même en France, le vent semble avoir tourné. Dans un sondage IFOP datant du 11 janvier 2021, 51 % des français sondés ne sont « pas favorables » à l’intervention militaire française au Mali.
Pour le moment, nous disposons d’environ 5 100 hommes au Sahel, et l’objectif de plus en plus évident d’Emmanuel Macron est de réduire notre engagement sur place, mais pas pour tout de suite. « Des évolutions sans doute significatives seront apportées à notre dispositif militaire au Sahel en temps voulu mais elles n’interviendront pas dans l’immédiat » a déclaré Emmanuel Macron lors du sommet.

Le scénario idéal pour la France serait désormais que les autres pays du Sahel prennent des décisions similaires à Idriss Déby. Le président du Tchad a officialisé l’envoi de 1 200 soldats dans la zone des « trois frontières ».

La lutte hypocrite de L’UE contre les paradis fiscaux

Pour le moment, la Turquie ne figure pas sur la « liste noire » des paradis fiscaux selon l’Union Européenne (UE). Cette situation risque de changer si Ankara ne partage pas ses données bancaires avec la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche, les Pays-Bas et Chypre dans les quatre prochains mois. En plein contexte de tensions autour de l’exploration d’hydrocarbures en Méditerranée, ce « dernier délai » accordé à la Turquie par l’UE est un signe d’apaisement car l’échéance avait déjà été repoussée début 2020.

Crevons l’abcès : le sujet le plus important ici n’est pas forcément la situation avec la Turquie.
L’UE est extrêmement hypocrite dans cette histoire. Je suis personnellement fasciné par cette organisation mais là, c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

Depuis 2017, l’UE tiens deux « listes » concernant les paradis fiscaux. Une « liste grise » qui indique les pays à surveiller, et une « liste noire » qui limite l’accès à différents fonds européens en plus d’être un fardeau pour la crédibilité pour les des pays concernés.
Pour tomber dans ces listes, il faut cumuler trois critères : le manque de transparence, la pratique d’une concurrence fiscale déloyale et le non-respect des mesures de base d’imposition et de transfert de bénéfices. Cette liste est régulièrement mise à jour et, dans un monde parfait, rien de tout cela ne poserait problème.

Le souci dans cette situation est que l’UE est une très bonne donneuse de leçon qui n’a apparemment rien à faire du proverbe « charité bien ordonnée commence par soi-même ».
Selon l’ONG Tax Justice Network, la « liste noire » ne concerne que des pays responsables de 1,72 % des pertes fiscales mondiales. Pour ne rien arranger, certains territoires notoirement connu pour leurs politiques fiscales n’y sont plus, comme les îles Caïmans depuis octobre 2020.

Et si ce n’était que ça, je laisserais encore passer. Non, le bouquet final, c’est que l’Union Européenne, sous prétexte d’utiliser ses listes pour faire face à des menaces externes, est elle-même un bac à sable fiscal.
L’Irlande, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas remplissent tous les critères des paradis fiscaux et font de la concurrence déloyale directement dans le marché commun. Et encore, ce sont des pays membres contrairement à Monaco, Andorre ou le Liechtenstein qui bénéficient eux aussi d’une carte blanche quand il s’agit de jouer avec le fric en Europe.

En une dizaine d’année, plusieurs enquêtes ont mis aux jours les pratiques de ces état membres de l’Union qui donne des leçons : LuxLeaks, les Panama Papers, les Paradise Papers et encore la semaine dernière, OpenLux. Lisez les et, la prochaine fois qu’un pays de l’UE parle de la lutte contre la fraude fiscale, pensez à moi.

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Les informations du weekend et du 15 février à ne pas louper

La France a laissé filer les responsables du génocide au Rwanda, élections en Catalogne, acquittement Trump, Birmanie sous haute tension : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui et ce week-end.

National

En 1994, la France a laissé s’enfuir les génocidaires du Rwanda.

Dans un article paru aujourd’hui, 15 février 2021, sur Mediapart, le journal révèle que le gouvernement français de 1994 à volontairement laissé s’enfuir les membres du gouvernement responsable du génocide des Tutsis au Rwanda.
Cette affirmation du site est prouvée grâce à un document retrouvé par le chercheur François Graner dans les archives de la présidence Mitterrand sur le Rwanda.

Pour les plus sceptiques d’entre vous qui se demanderaient pourquoi vingt-cinq ans ont été nécessaires afin que cette information sorte, dites-vous simplement que la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) a longuement résisté pour empêcher la consultation des documents de cette époque, et ce malgré leurs déclassification en 2015, puis l’annonce d’Emmanuel Macron d’ouvrir les archives du Rwanda à une commission d’historiens.
Finalement, le Conseil d’État en a eu marre et, pour « éclairer le débat sur une question d’intérêt public », il a levé l’interdiction de consulter ces archives en juin 2020.

Lorsqu’il s’agit du rôle de la France au Rwanda en 1994, il y a apparemment beaucoup de documents à consulter, et on comprendrait presque pourquoi il y a eu tant de résistance pour empêcher leur lecture. De nombreuses archives pourraient servir de preuves factuelles sur la responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis par les Hutus, soit 800 000 morts en moins de trois mois.

Après avoir obtenu l’autorisation d’explorer ces documents longtemps protégés, François Graner a trouvé un télégramme « confidentiel diplomatie » émanant du cabinet du ministère de l’intérieur d’Alain Juppé. Emis le 15 juillet 1994, il est le sujet d’une demande d’instruction entre le cabinet,  l’ambassadeur Yannick Gérard qui représente le Quai d’Orsay au Rwanda.

François Mitterrand à Kigali en 1984, en compagnie du président rwandais Juvenal Habyarimana. AFP/ Georges Gobet

M. Gérard demande alors des « instructions claires » car il a identifié et il est en mesure d’arrêter des membres importants du gouvernement Rwandais responsables du génocide, dont le président Théodore Sindikubwabo. Ceux-ci sont alors dans une zone sous contrôle de l’armée française, en fuite vers l’actuelle République démocratique du Congo (ex Zaïre).

Selon Médiapart, Yannik Gérard écrit alors que « Nous n’avons pas d’autre choix, quelles que soient les difficultés, que de les arrêter ou de les mettre immédiatement en résidence surveillée en attendant que les instances judiciaires internationales compétentes se prononcent sur leur cas ».
Le cabinet ministériel, lui, préfère une option différente. L’ambassadeur doit faire comprendre aux membres du gouvernement Rwandais qu’ils doivent quitter la zone, sans que la France ne soit directement impliquée : « Vous pouvez en revanche utiliser tous les canaux indirects et notamment vos contacts africains, en ne vous exposant pas directement ».

Afin de remuer le couteau dans la plaie et de ramener cette histoire à l’actualité : le télégramme est signé par Bernard Émié. Conseiller d’Alain Juppé à l’époque, il est désormais directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).
Je ne sais pas personnellement si lui ou Alain Juppé ont une forte popularité, mais cette information ne va sûrement pas les améliorer.

Loi séparatisme : fermeture des lieux de culte prêchant la haine

Tel un navire en vitesse de croisière, le projet de loi « séparatisme » avance inéluctablement. Celui-ci est conçu pour lutter contre l’islamisme radical qui, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, « gangrène notre unité nationale ». C’est dans ce contexte que l’article 44 a été approuvé par l’Assemblée nationale samedi dernier. Celui-ci permet aux préfets de fermer pendant deux mois « des lieux de culte et autres théâtres de propos, d’idées, de théories, d’activités incitant à la haine et à la violence ou tendant à les encourager. »

En version courte : Cette loi vise directement à fermer les mosquées qui donnent la parole a des « prêcheurs de haine ». Depuis 2017, cette mesure était seulement applicable dans un cadre de lutte antiterroriste, elle a amené à la fermeture de huit lieux de culte musulmans.

Evidemment et comme tous les sujets qui touchent à l’islam en France, celui-ci a provoqué des débats à l’assemblée.
Pour la droite, le texte n’est pas assez punitif et deux mois de fermeture ne sont pas suffisants. Pour la gauche, cette mesure se trompe de cible et punis potentiellement une communauté entière pour des agissements individuels. Comme la phrase du communiste Stéphane Peu me semblait pertinente, je vous la remets ici « Quand on a un curé pédophile, on ne ferme pas l’église ».
Enfin, pour LREM, cette mesure permet de ne pas « laisser un lieu [de culte] otage » et à Marlène Schiappa, ministre à la Citoyenneté, d’ajouter « S’il n’y a plus de lieux pour tendre les bras aux prêcheurs de haine, peu à peu ils ne prêcheront plus ».

Si la politesse et le devoir d’objectivité minimum m’interdisent de commenter personnellement cette politique de l’autruche, je peux néanmoins vous recommander de feuilleter n’importe quel livre d’histoire (n’importe lequel hein) et de jeter un œil aux réactions des populations concernées par l’interdiction de leur religion ou la fermeture d’un de leurs lieux de culte.

Prenons la révocation de l’édit de Nantes par exemple : Interdire le protestantisme ne l’a pas fait disparaitre de France, les croyants ont juste caché leur foi et ont trouvé des lieux clandestins pour prier.
Fermer une mosquée accueillant un prêcheur de haine aura le même effet : il continuera son œuvre, mais cette fois ce sera caché dans une cave et on ne pourra même plus l’identifier.

Maman les p’tits fachos…

Quitte à rester dans la vacuité, parlons de Génération Identitaire. L’organisation d’ultra-droite s’était illustrée en 2018 dans les Hautes-Alpes, ou encore en janvier dernier dans les Pyrénées. Une trentaine de membres ont patrouillés à la frontière afin de lutter contre le « risque terroriste et migratoire dans les Pyrénées ». Marianne Thaïs d’Escufon, porte-parole de l’organisation, parlait même de « traquer les profils suspects » et « afro-maghrébins ».

Bref, que ce soit à coup de SUV floqués d’un logo « Defend Europe », à pied ou encore avec des drones, la classe de neige des militants fascistes (nationalisme + discrimination raciale et religieuse + activisme = fascisme, désolé les gars.) n’a pas fait rire les élus. Même Gérald Darmanin, dont Marine Le Pen affirme qu’elle aurait pu signer son livre Le Séparatisme islamiste, s’est déclaré « scandalisé » par l’action des identitaires, c’est dire…

Si vous tapez « Islamic State Toyota » sur Google image, vous verrez sur la première image que Génération Identitaire utilise les même véhicules que l’Etat Islamique, je suis certain qu’ils seront ravi de ce point commun.

De ce fait, l’organisation d’extrême-droite a reçu une notification de dissolution vendredi dernier. Selon Gérald Darmanin, l’« organisation a désormais 10 jours pour répondre au contradictoire. »

Clément Martin, porte-parole de Génération Identitaire a déclaré que son groupe allait utiliser « toutes les voies juridiques possibles pour contester cette décision ». Le mouvement compte également organiser une manifestation à Paris le 20 février, toujours pour protester contre cette dissolution.

Seuil de non-consentement à 18 ans en cas d’inceste :

Dimanche dernier sur le plateau du « Grand Jury », le garde des sceaux Eric Dupond-Moretti a annoncé qu’il souhaitait fixer un seuil de non-consentement à 18 ans pour l’inceste : « Personne ne pourra dire : si la victime a 17 ans, elle était où il était d’accord ».

Cette proposition a été faite en réaction à une tribune du journal Le Parisien. A travers une pétition signée plus de 50 000 fois, 164 personnalités ont interpellé les élus afin qu’ils agissent pour protéger les enfants ayant subi l’inceste : « 10% des Français qui auraient subi l’inceste […] un Français sur six […] dix millions de personnes […] c’est de crime de masse dont nous parlons » peut-on lire dans la tribune.

Ce n’est pas difficile d’être d’accord avec cette pétition. Ce qui parait dingue en revanche, c’est que certaines évidences morales ne soient pas encore inscrites dans la loi alors que nous avons des députés qui légifèrent en France depuis des siècles. Que ce soient les situations d’harcèlements, de viols ou encore d’incestes : avant tous les mouvements de prises de paroles, ces sujets étaient, au bas mot, tabou ou ignorés.

Le mardi 9 février, le gouvernement ne s’est officiellement prononcé en faveur d’un seuil de non-consentement à l’âge de 15 ans pour tout acte de pénétration sexuelle commis par un majeur sur un mineur. Il était temps de se réveiller.

International

Election régionale sous le signe de l’indépendance en Catalogne :

L’un des faits marquants du week-end concerne nos voisins les espagnols. Dimanche la Catalogne était le théâtre d’élections régionales. L’enjeu pour le gouvernement central du pays était de réduire la fracture politique béante que les indépendantistes ont creusée à Barcelone depuis plusieurs années.

Les socialistes, à la tête du pays, n’ont pas oublié le référendum d’autodétermination qui s’est déroulé en octobre 2017. Le résultat du scrutin n’a pas été reconnu, la police avait dû intervenir de façon très violente et les dirigeants du gouvernement catalan ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 13 ans de prison, quand ce n’est pas l’exil volontaire comme ce fut le cas pour Carles Puigdemont, l’ancien chef du gouvernement catalan.

C’est dans ce contexte que le candidat socialiste Salvador Illa, ancien ministre de la Santé soutenu par le Premier ministre Pedro Sanchez, a obtenu 23 % des suffrages, soit 33 sièges sur les 135 du parlement régional. En 2017, le Parti socialiste en avait obtenu 17.
Malgré tout, cette victoire ne reste qu’un piètre réconfort car il faut réunir 68 sièges pour obtenir une majorité et être investit président de la Catalogne.

Le candidat d’ERC, Pere Argones, et le dirigeant d’ERC, Oriol Junqueras célèbrent les résultats de l’élection.  AFP / Josep LAGO.

C’est donc le parti de la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC) mené par Pere Aragones qui sort grand gagnant avec ses 33 sièges pour 21,3 % de voix. C’est le parti du bloc indépendantiste qui a réuni le plus de votes pour ces élections.
Ensemble pour la Catalogne (Junts) de l’ex-président Carles Puigdemont est à 32 sièges et les radicaux de la CUP obtiennent 9 sièges. Finalement, les indépendantistes passent de 70 à 74 sièges au parlement, et remportent la majorité absolue.

Reste maintenant à savoir comment ERC compte diriger la Catalogne.
Deux options principales se dessinent. Il y a d’abord la solution évidente d’une coalition indépendante ERC-Junts avec le soutien de la CUP.
L’autre option, moins probable pour des questions de cohérence politique et de divergences d’opinions, serait qu’ERC inclut le Parti socialiste dans son gouvernement afin de réunir les deux partis les plus populaires aux commandes, comme ce fut le cas entre 2003 et 2010.

Enfin, le dernier rebondissement de ces élections concerne le mouvement d’extrême droite Vox. Avec une campagne menée sous le signe de l’anti-indépendance et de l’anti-immigration, la formation politique devient la quatrième force du parlement avec 11 sièges.

Mario Draghi à la tête de l’Italie

Autre moment important de ce week-end en Europe : Mario Draghi est devenu officiellement président du conseil italien samedi. En direct, « Super Mario » a prêté serment lors de la cérémonie d’investiture devant le président Sergio Mattarella. Agé de 73 ans, l’ex-président de la Banque Centrale Européenne a réuni un gouvernement qui couvre le spectre de la gauche italienne jusqu’à l’extrême-droite. Plutôt que de choisir une majorité de ministres spécialisés dans leurs domaines respectifs, Mario Draghi a opté pour une solution privilégiant les ministres avec une stature politique marquée.

Cette stratégie renforce l’implication des différentes formations politiques dans les travaux de l’exécutif et les force ainsi à soutenir activement son action plutôt que d’être dans l’opposition, ce qui crée une cohésion et un équilibre nécessaire pour de maintenir cette alliance hétéroclite.

Le plus dur reste à faire désormais. L’Italie se rapproche des 100.000 morts dus au Covid, son PIB a chuté de 8,9% en 2020 et les 209 milliards d’euros d’aides obtenus à Bruxelles par Giuseppe Conte, le prédécesseur de M. Draghi, doivent encore être réparti.

Sans surprise, Donald Trump est acquitté :

Je ne vais pas vous faire l’insulte de vous rappeler tout ce qu’il s’est passé le 6 janvier dernier au Capitole de Washington DC aux Etats-Unis. Soyons efficace sur ce sujet qui concerne un homme dont nous n’avons que trop parlé ces 4 dernières années. Accusé d’« incitation à l’insurrection », Donald Trump était jugé pour la seconde fois dans un procès en destitution devant le Sénat américain.

Ce dernier est composé de 100 sièges, dont 50 pour les Républicains qui n’étaient vraiment pas chaud pour condamner l’ex-président, et 50 sièges pour les Démocrates qui n’ont vraiment pas aimé que le perdant des élections envoie des milliers de personnes dans le saint des saints de la démocratie américaine pour tenter de les intimider.

Selon la Constitution, deux-tiers des votes du Sénat sont nécessaires pour obtenir une condamnation, soit 67 voix. Seul 57 sénateurs ont voté pour la culpabilité du milliardaire. Si l’acquittement n’est pas une surprise, le fait que sept voix républicaines aient condamné les actions de Donald Trump est un séisme pour le Grand Old Party (GOP). Lors du premier procès en destitution de Trump, seul un membre du parti républicain avait choisi sa conscience plutôt que le corporatisme politique. Dans ces deux situations, les votes n’étaient pas à bulletin secrets. Imaginez une seconde le résultat si les Républicains ne portaient pas la responsabilité individuelle de leurs choix.

Donald Trump, quittant la maison Blanche pour la dernière fois le 20 janvier. ANNA MONEYMAKER / NEW YORK TIMES / REDUX

Le verdict de ce procès n’est pas le résultat d’une défense solide de Donald Trump : les faits étaient accablants, le leader républicain au Sénat, Mitch McConnell dénonçait même le « comportement inacceptable » de Trump après avoir voté pour son acquittement pour, officiellement, ne pas créer un précédent politique.

La meilleure manière de décrire le résultat de ce procès est de reprendre les termes utilisés par l’élue Républicaine de Géorgie, Marjorie Taylor Greene, le 5 février dernier « Les électeurs républicains soutiennent [Donald Trump], ce parti est le sien et il n’appartient à personne d’autre. »

Entre le corporatisme déguisé et la lâcheté, il n’y a qu’un pas, et cet acquittement est la preuve que Marjorie Taylor Greene a raison. Le GOP, alors même qu’il a l’occasion d’écarter politiquement Donald Trump de manière durable pour assainir son camp, a trop peur des conséquences potentielles de la destitution de l’ex-président sur le parti. Trump n’a plus de réseaux sociaux, il n’a plus de mandat fédéral à son actif, et pourtant son influence tiens encore les Républicains en otages.

La Birmanie est toujours sous haute tension

Il y a quinze jours, l’armait Birmane lançait un coup d’état contre le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi et l’emprisonnait, elle et plusieurs autres responsables de son parti, la Ligue Nationale pour la démocratie (LND). Je vous avais alors écrit une modeste remise en contexte de la situation en Birmanie peu avant que le pays ne rechute dans la dictature, mais également du rôle important que jouait la Tatmadaw – nom de l’armée birmane – dans la société Birmane depuis 1962.

Deux semaines après que l’armée ai repris le contrôle du pays alors que la Constitution garantissait déjà un quart du parlement aux militaires, les postes clés du gouvernement à l’armée et que l’accord de la Tatmadaw était nécessaire pour modifier la constitution : la situation est toujours aussi tendue en Birmanie. Et c’est peut-être ce dernier point qui surprend le plus les militaires. Ils se savent détestés par la population pour des raisons historiques, mais ils ne s’attendaient pas à une résistance civile pacifique aussi importante.

Ce n’est pas parce que les manifestants ne sont pas armés que l’armée va hésiter pour autant. La Tatmadaw a toujours réagi par la force aux révoltes pacifiques et l’histoire du pays est écrite dans le sang. Pour réprimer les soulèvements 8888 (8 août 1988), l’armée a ouvert le feu sur la foule sans distinction durant les grandes manifestations anti junte, ce qui avait provoqué des milliers de morts. En 2007, lors de la révolution de safran, les manifestations furent également matées dans la violence, mais à un degré largement moins mortel.

Toujours est-il que la situation ne s’améliore pour aucun camp à l’heure actuelle. La société civile proteste de plus en plus, et l’armée augmente son arsenal et ses mesures répressives de jours en jour. D’un simple couvre-feu et d’un appel au calme le premier février, la situation a dégénéré. Sans pour autant atteindre une mobilisation importante des forces militaires pour l’instant, le maintien de l’ordre est désormais appliqué à coup de canon à eau, de gaz lacrymogènes, de déploiement de blindés.

Dimanche des soldats ont été mobilisés à Myitkyina, la capitale de l’Etat Kachin sur la frontière chinoise du pays. Les forces de l’ordre ont tiré sur la foule pour disperser des manifestants. Les sources sont encore incapables de déterminer s’il s’agissait de balles réelles ou de munitions en caoutchouc. Ce dont il est certain en revanche, c’est qu’une personne est déjà morte depuis le début des protestations. À Naypyidaw, la jeune Ma Mya Thwet Thwet Khine, 20 ans, a été débranché de son respirateur à la demande de sa famille. Elle était en état de mort cérébrale après avoir été touchée par un tir de la police lors d’une manifestation.

L’armée tente d’intimider toute la société civile. A l’heure actuelle, plus de quatre cents personnes ont été appréhendées, que ce soient des responsables politiques, des militants anti-putsch, des étudiants, des médecins et des employés du secteur public en grève ou encore des journalistes.

Un homme s’adresse a un policier à propos arrestations survenues à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie. Associated Press

Ces derniers sont ailleurs sommés par la junte militaire d’arrêter de parler d’elle comme d’un « gouvernement de coup d’Etat ». Elle a même gentiment précisé dans un communiqué envoyé par le ministère de l’Information au club des correspondants étrangers que « les journalistes et les organes de presse [ne doivent] pas écrire dans le but de provoquer des troubles publics ».

Trêve de foutage de gueule, le chaos est partout dans le pays et ce ne sont pas les journalistes qui le causent. Des manifestations durent depuis deux semaines, les protestataires transgressent tous les jours les interdictions de rassemblements et se reconnaissent en levant trois doigts en signe de résistance. Des médias locaux signalent même des cas de défections de policiers.

Samedi dernier, ils étaient des milliers dans le centre de Rangoun. Le trafic router était stoppé pour klaxonner à l’unisson afin de célébrer l’anniversaire du père de l’indépendance birmane et de Aung San Suu Kyi : le général Aung San.

La situation plait de moins en moins aux militaires et le général Min Aung Hlaing, le commandant en chef de l’armée birmane âgé de 64 ans, donne de plus en plus de matériel et de moyens légaux à ses hommes pour terroriser la population.

En deux semaines, le pays a vécu trois coupures d’internet dont deux consécutives hier et aujourd’hui avant que les connexions ne soient rétablies dans la matinée. En 2011, le Printemps arabe a servi de laboratoire à ciel ouvert pour toutes les dictatures cherchant des exemples de répressions modernes et efficaces de la population. L’un d’entre eux est justement internet. Priver sa population du World Wide Web, c’est le priver de moyen de communication extérieurs et de canaux d’organisation.

C’est également dans le cadre du contrôle de ce médium qu’une loi sur la « sécurité numérique » doit entrer en vigueur aujourd’hui. Elle va permettre au régime militaire d’accéder aux données des internautes, de bloquer des sites d’information, d’ordonner des coupures d’Internet et d’emprisonner les personnes critiquant le gouvernement sur internet.

Sur le terrain, les forces de l’ordre ont même obtenu le droit de perquisitionner n’importe quel lieu sans mandat et de placer des personnes en détention pour une courte période sans l’autorisation d’un juge.

Enfin, méthode ultime de nombreux régimes dictatoriaux avec les kidnappings en plein jour, les arrestations d’opposants pendant la nuit sont de nouveau à la mode en Birmanie. Afin de se battre contre cette pratique, des comités de vigilance citoyenne sont apparu spontanément. Les voisins se surveillent entre eux pour intervenir en cas d’opérations nocturnes menées par les autorités pour arrêter des opposants. Le bilan est encore léger en Birmanie. L’armée est également connue pour être impulsive et n’a que faire de l’opinion. J’ai même volontairement sauté toutes les déclarations internationales car le seul pays capable d’influencer l’armée est la Chine, or, celle-ci continue ses relations avec la Birmanie comme si de rien n’était. Les menaces de sanctions de l’ONU, l’Union Européenne et les Etats-Unis n’ont que peu d’impact sur la situation actuelle et il est à craindre qu’elle ne s’aggrave fortement dans les jours qui viennent : la Tatmadaw n’est pas connue pour sa patience.

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Les informations du 10 février à ne pas louper

Policiers arrêtés pour des activités de gang, l’initiateur du #metoogay retrouvé pendu, la Hongrie et la Pologne saquent les médias, Heineken bois la tasse : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Garde à vue de policier pour violences et détention de stupéfiants

Lorsque le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin rappelait aux patrons de la police de chaque département son « exigence de résultats » en matière de lutte contre les stupéfiants en septembre 2020, il n’imaginait probablement pas le cas de figure qui va suivre.

Aujourd’hui, mercredi 10 février, huit policiers de la brigade territoriale de contact de Pantin ont été placés en garde à vue à l’Inspection générale de la police nationale. Selon le parquet de Bobigny, les fonctionnaires de police sont soupçonnés de  « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique, faux en écritures publiques, arrestation arbitraire, et détention de stupéfiants » pendant toute l’année 2020.

Déjà en juillet 2020, quatre policiers étaient mis en examen en Seine-Saint-Denis pour des faits similaires. Ils étaient les rouages d’une machine composée d‘une vingtaine de membres de la compagnie de sécurisation et d’intervention. Cette unité est désormais au cœur de plusieurs enquêtes sur fond  de vol, de violences, de détention de drogue et de faux en écriture publique.

Le Covid-19 circulait sans doute en France dès novembre 2019

Hier encore, l’enquête conjointe des autorités chinoises et des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) présentait ses résultats lors d’une conférence de presse.
Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois, avait alors déclaré qu’ « il n’y a pas assez de preuves (…) pour déterminer si le SARS-Cov-2 s’est propagé à Wuhan avant décembre 2019 ».

Cette déclaration reste malgré tout à prendre avec des pincettes, car elle vient de la délégation du pays qui a d’abord tout fait pour empêcher cette enquête, puis a rechigné à coopérer après des mois de négociation. Toujours est-il que, si il n’y a pas officiellement de traces du Covid-19 datant d’avant décembre 2019 en Chine, il y en a bien eu dès le mois de novembre en France, qui essaye, elle, d’être transparente sur ses résultats.

La commission d’experts de l’OMS en conférence de presse à Wuhan, en Chine, le 9 février 2021 AFP/HECTOR RETAMAL

Mon affirmation fait suite à l’étude publiée dans la revue European Journal of Epidemiology. Celle-ci a été réalisée par des chercheurs français dirigés par le professeur Fabrice Carrat, directeur de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique.
Selon les échantillons analysés pour ce travail, treize cas positifs au Covid-19 circulaient en France entre novembre et janvier 2019, dont dix avec des tests prélevés en novembre ou décembre.

Les résultats proviennent de la cohorte « Constances », un groupe de 200 000 patients suivi sur la longueur. En tout, 9 144 échantillons sanguins ont été collectés et analysés pour cette étude.

Ces résultats renforcent la validité des travaux italiens publiés en novembre 2020. Malgré une méthodologie jugée fragile, l’étude relevait des cas d’infections en Italie dès octobre 2019.
À eux deux, ces travaux prouvent l’existence d’une circulation du virus en Europe dès novembre. Elles mettent également à mal l’hypothèse d’un départ de l’épidémie en Chine en décembre 2019, sur le marché de Huanan à Wuhan, confortant ainsi les affirmations issues de l’enquête de l’OMS.

L’initiateur du #metoogay retrouvé pendu

Le 21 janvier dernier, Twitter a de nouveau servi de réceptacle pour la prise de parole de victimes de violences et d’injustices, parfois incapable de se faire entendre via les canaux standards.
Après #MeToo, #BalanceTonPorc ou encore #metooinceste, c’est le #metoogay qui a déferlé sur le réseau social pour dénoncer les violences sexuelles dans la communauté LGBTQ (lesbien, gay, bisexuel, transgenre ou queer).

A l’origine de ce hashtag , il y avait Guillaume T, âgé de 20 ans. Il a été retrouvé aujourd’hui sans vie, pendu dans sa chambre d’étudiant. La piste du suicide est privilégiée. Guillaume n’a rien laissé pour expliquer son geste.
Une vingtaine de jours plus tôt, il avait lancé le #metoogay en accusant de viol deux responsables du Parti communiste français (PCF) à Paris : Maxime Cochard, conseiller de Paris, et son compagnon Victor Laby, secrétaire de section du PCF. Ces derniers réfutent toutes accusations de relations non consenties et ont déposé une plainte en diffamation.

Bertrand GUAY / AFP

Les deux communistes auraient, selon la victime, abusés de lui en octobre 2018, lorsqu’il était en terminale et qu’il peinait alors à trouver un endroit où dormir.
À la suite de ces accusations, le PCF avait immédiatement demandé aux deux membres de se « mettre en retrait » de leurs activités politiques. Maxime Cochard a également été retiré de la délégation à l’égalité femmes-hommes et à la lutte contre les discriminations par le maire du 14ème arrondissement, Carine Petit.

Afin de terminer cette information sur une note plus positive, je vous rappelle ceci : Si vous êtes en détresse, en situation de précarité, jeune ou non : vous n’êtes pas seul pour autant.
Il existe des solutions afin de trouver de l’écoute et de l’aide : Suicide Ecoute, Fil Santé Jeunes, Nightline France, Soutien-étudiant info.
Prenez soin de vous.

International

Point Covid-19

Selon un comptage réalisé par l’AFP à partir des bilans fournis par les autorités, 501.531 décès – pour 20.548.666 cas de contamination déclarés – sont officiellement liés au Covid-19 dans l’Union Européenne depuis le début de la pandémie. La bonne nouvelle, c’est que la situation semble se stabiliser, et même s’améliorer pour la plupart des pays de l’UE avec 16% de cas Covid en moins que la semaine dernière.

Attention, c’est la partie factuelle de l’information qui arrive, accrochez-vous.
Dans les comptages officiels, l’Espagne est à 21.945 cas déclarés, soit 31% de moins qu’il y a 7 jours,  en revanche, elle a vu sa mortalité augmenter de 8% avec 465 morts du Covid.
L’Allemagne est à 9120 cas et 596 décès soit baisse de 20% des contaminations et de 16% des morts. La France à 19.348 contaminations et 416 morts soit des baisses de 7% de ces deux statistiques.
D’une manière plus générale, le décompte macabre en est à 80.147 décès en France pour 3.360.235 cas Covid déclarés, l’Espagne à 63.061 pour 3.005.487, l’Italie à 92.002 pour 2.655.319 ou encore l’Allemagne avec 62.969 pour 2.299.996 cas.

Mise à jour de 20h : 25.387 nouvelles contaminations ont été détectées en France ces dernières 24 heures, et 443.148 personnes ont reçu une deuxième injection depuis le début de la campagne dont 76.415 aujourd’hui.

Enfin, restons encore quelques secondes dans l’UE avec la prise de parole de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant les députés européens.
Elle reconnait des défaillances dans la stratégie vaccinale de l’Union et admet avoir été « trop optimiste quant à la production de masse » des vaccins.

Mme von der Leyen est critiquée depuis plusieurs semaines pour la lenteur de la distribution des vaccins contre le Covid-19. C’est elle qui a coordonné les achats pour les pays de l’UE.
Elle est également épinglée sur sa tentative de contrôler des exportations de vaccins venant d’Irlande vers l’Irlande du Nord. Avec le spectre du Brexit qui plane dans toutes les décisions de l’UE concernant le Royaume-Uni depuis quelque mois, cette tentative de créer une frontière physique sur l’île a provoqué une levée de bouclier venant de toutes part.

Les médias n’ont pas la côte en Europe Centrale

Des évènements majeurs se déroulent dans le secteur de l’information de deux pays de l’UE : la Hongrie, et la Pologne.

Commençons par la Hongrie.

A partir du 14 février, la première station de radio indépendante de Hongrie va cesser d’émettre. Klubradio, radio souvent critique vis-à-vis du gouvernement de Viktor Orban, se voit privée d’antenne car le conseil des médias en Hongrie (NMHH) a refusé de prolonger sa licence d’exploitation sous prétexte de retard administratif. Après une tentative infructueuses d’annuler cette décision au tribunal, le responsable de la radio a déclaré qu’il allait déposer un « ultime recours auprès de la Cour suprême ».

Pour avoir un peu de contexte, le NMHH a été créé en 2011 sous Victor Orban, il contrôle toutes les entreprises d’information en Hongrie et ressemble beaucoup à notre ancienne ORTF nationale.

Les locaux de Klubradio, à Budapest. BERNADETT SZABO | Crédits : REUTERS

Cet arrêt des ondes s’inscrit dans un contexte d’appauvrissement du paysage médiatique hongrois. De nombreux médias indépendants – étrangement, ils étaient souvent opposés au gouvernement – ont fermé ou ont été repris par des alliés de Victor Orban. C’est par exemple le cas du site Index : les journalistes ont démissionné du média l’été dernier.

L’arrêt forcé de Klubradio est un « signal très inquiétant en termes de pluralisme et d’indépendance des médias » selon le ministère des affaires étrangères français. A Bruxelles, la Commission est préoccupée par cette attaque à « la liberté et [au] pluralisme des médias ».
A toutes fins utiles, la Hongrie était à la 23ème place classement mondial de la liberté de la presse publié par l’ONG Reporters sans frontières avant qu’Orban n’arrive au pouvoir. Aujourd’hui, elle est 89ème sur un total de 180 pays.

Et maintenant la Pologne !

La Pologne, connue récemment pour son amour de l’indépendance de la justice, est aussi visiblement très friande des médias indépendants et critiques du gouvernement.
Ce dernier a décidé de préparer une loi pour introduire une « cotisation sur la publicité ».
Selon le gouvernement polonais, cette mesure vise à répondre aux « conséquences sanitaires, sociales et économiques à long terme de la pandémie de Covid-19 » en taxant entre 7,5 à 15 % des recettes publicitaires dans les médias privés, les salles de cinéma ou les panneaux. Cette cotisation doit alimenter la Caisse nationale d’assurance maladie, le Fonds national de protection des monuments un nouveau « Fonds de soutien à la culture et au patrimoine national dans le domaine des médias ».

« Médias sans aucun choix » titre la Gazeta Wyborcza ce mercredi 10 février. Wojtek RADWANSKI/AFP

Mercredi 10 février est donc à marquer d’une pierre blanche car une grande partie des médias privés polonais sont fermés. Ils font grève pour dénoncer le projet de loi et montrer « à quoi ressemblerait le monde sans [eux] ».
Dans une lettre commune publiée dans le journal Rzeczpospolita, deuxième quotidien national en termes de tirage, les différents organes de la presse dénoncent un « racket » qui va « approfondir l’inégalité de traitement entre les médias publics, financés par le budget de l’État à hauteur de 450 millions d’euros par an, et les médias privés, qui devront payer plus de 200 millions d’euros de taxes en plus ».

Les médias s’accordent à dire que cette taxe va surtout toucher les média locaux et qu’elle aura pour effet de tuer le journalisme indépendant en le touchant au porte-monnaie. Le secteur, déjà mal en point économiquement de par la pauvreté des éditeurs, se verrait incapable de produire une information qualitative.
Selon le quotidien Gazeta Wyborcza la taxe va  « supprimer des emplois de journalistes, d’entraver la conduite d’enquêtes coûteuses, de compliquer le travail chronophage de vérification des faits et de dévoilement de mensonges, d’étouffer la critique et la liberté d’expression. » Enfin, et afin de boucler la boucle sur ce sujet, le quotidien ajoute : « À la place de la censure, une taxe. C’est comme cela qu’Orbán s’est débarrassé des médias indépendants en Hongrie. »
Bienvenue en Europe.

Heineken bois la tasse

On va se parler franchement. Quitte à passer un an confiné chez soi, autant boire de l’alcool de qualité.
Ce n’est que mon avis hein, mais je pense qu’il est partagé avec pas mal de monde car l’année 2020 chez Heineken, c’est 204 millions d’euros de perte.
Trève de plaisanterie. À cause de la pandémie, le numéro deux mondial de la bière va supprimer 8000 postes. Avec plus de 300 marques de bière et de cidre en vente, le groupe emploie actuellement 85 000 personnes, la perte d’effectif s’élève donc à environ 10%
En 2019, l’entreprise avait fait un bénéfice net de 2,1 milliards d’euros. Les chiffres de 2020, en revanche, ne donnent envie, nie de sabler, nie de sabrer le champagne chez le brasseur néerlandais : les ventes reculent de 17 %, à 23 milliards d’euros. Ce qui n’est, évidemment, pas assez pour conserver sa masse salariale en pleine pandémie mondiale.
Cette perte est logiquement liée aux restrictions gouvernementales appliquées le monde. La majorité des bars et des restaurants, parmi les principaux acteurs de la distribution d’alcool, sont resté fermés. En Europe, la vente des bières du groupe a baissé de 40 %.
Autre raison pour expliquer que Heineken supprime 8000 postes : une restructuration (ne faites pas semblant d’être choqué). Dolf van den Brink, président-directeur général de Heineken depuis avril 2020, a pour objectif d’atteindre les 2 milliards d’euros d’économies d’ici à 2023.
Pour l’occasion, on en ouvrira une à sa santé. Ou pas.

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Les informations du 9 février à ne pas louper

Sale temps pour le climat en France, un procès requis contre Benalla, Relations glaciales entre l’Union Européenne et la Russie, Destitution de Donald Trump : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Sale temps pour la France

Le climat est dans tous ses états en France. Au-delà des inondations dans plusieurs départements du Sud-Ouest ou encore l’épisode neigeux notable prévu avec des températures ressenties jusqu’à -16 dans Nord et le Pas-de-Calais pour cette nuit, c’est également l’état de la pollution de l’air et la réponse politique face à cette menace qui sont touchés.

Concernant la pollution de l’air, c’est une étude conjointe parue dans la revue scientifique Environmental Research qui secoue le sujet. En collaboration, des chercheurs en santé environnementale des universités d’Harvard, Birmingham, Leicester et Londres, ont calculé la mortalité due aux particules fines émises lors de la combustion des énergies fossiles comme le pétrole et le diésel. En France, les résultats sont préoccupants : chaque année 97 242  des décès prématurés en France – soit 17,3% du total de décès dans le pays – sont imputés à la pollution de l’air.

En 2016, Santé publique France ne recensait 48 000 décès liés a ce phénomène. Avec cette étude, nous en sommes au double. Au total, ce serait la cause de 8,7 millions de morts prématurées dans le monde pendant l’année 2018, un décès sur cinq. La France n’est pas le plus mauvais élève de cette étude. Sans surprise, c’est la Chine qui se trouve en haut du macabre décompte avec 2,4 millions de victime même si les chiffres du pays tendent à s’améliorer.

Cette étude tombe très mal pour le gouvernement Français qui accumule les casseroles en matière de lutte climatique.
La première a eu lieu le 3 janvier dernier. L’Etat français a été condamné par la justice pour avoir commis une « faute ». Il était « responsable » en ne tenant pas ses engagements de réduction des gaz à effet de serre entre 2015 et 2018.

« Make our planet great again » déclarait Emmanuel Macron le 2 juin 2017, après que les USA se soient retiré de l’accord de Paris.

Le second boulet que traine la France dans son engagement climatique concerne le projet de loi « climat et résilience ». Celui-ci est issu d’un rapport de la Convention citoyenne pour le climat publié en Juillet 2020. Les 150 Français tirés au sort formulait à la base 149 propositions que le président avait promis de reprendre en « totalité » et « sans filtre » afin de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici à 2030 par rapport à 1990.

Trop beau pour être vrai ? Vous avez en partie raison.
Le projet de loi vise à mettre fin à la location des logements « passoires thermiques » d’ici 2028, il prévoit la mise en place du « CO2-Score » pour afficher l’impact sur le climat des produits et services, une interdiction des vols domestiques si une alternative de moins de 2h30 existe, ou encore l’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles.

Cependant, le projet de loi ne comporte que 65 articles et 110 organisations dénoncent les détricotage des propositions de juillet dernier, signe d’un « manque d’ambition ».
Même le Conseil économique, social et environnemental déclarait les 27 janvier que malgré des « en général pertinentes », celle-ci étaient « souvent limitées, souvent différées », en plus d’ajouter que « Faute des moyens dans les services chargés de leur application et de leur contrôle » des « mesures resteront lettre morte »

Au risque de me répéter, le « Make our planet great again » d’Emmanuel Macron prononcé en 2017 était attendu avec une ambition et des mesures, et non pas une opération de communication.

Un procès requis contre Alexandre Benalla

Il n’en voulait sûrement pas, mais Emmanuel macron a, depuis le 1er mai 2018, un caillou permanent dans la chaussure que représente son mandat présidentiel. Le nom de ce cailloux, c’est Alexandre Benalla. Ancien proche collaborateur du président chargé de sa sécurité durant la campagne de 2017, M. Benalla a été filmé avec une visière et un brassard de policier en train de molester des manifestants sur la place de la Contrescarpe le 1er mai 2018. Il n’est pourtant aucunement dépositaire de l’autorité publique.

Si ses victimes Georgios D. et Chloé P. ont été condamnés depuis à 500 euros d’amende chacun pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, Benalla, lui, s’en sort tranquillement et n’a encore reçu aucune condamnation pour des faits pourtant commis en flagrant délit et prouvables en vidéo.

Alexandre Benalla, devant la commission du Sénat, le 19 septembre 2018. AFP

La tranquillité judiciaire de ce monsieur risque peut-être de tourner car le parquet de Paris a requis un procès en correctionnelle  contre Alexandre Benalla et son acolyte Vincent Crase dans cette affaire de la Contrescarpe. Les infractions signalées sont des « violences volontaires », une « immixtion sans titre dans l’exercice d’une fonction publique » ou encore un « port d’arme » non-autorisé.

Et comme ce point d’actualité est apparemment concentré sur les casseroles, je vais rappeler qu’Alexandre Benalla est également est visé par quatre autres procédures dont l’usage illégal de deux passeports diplomatiques et la production d’un faux pour obtenir un passeport de service. Il a été renvoyé en correctionnelle sur ce dossier en janvier dernier.

International

Point sur le Covid-19

Concernant le feuilleton national du Covid-19, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué que malgré la situation sanitaire préoccupante, l’épidémie se stabilise. Avec un nombre de contamination stable sur les deux dernières semaines et donc une capacité des hôpitaux à tenir face aux flux, le ministre a déclaré qu’il est « évidemment possible qu’on ne soit jamais reconfinés ». On croise les doigts car la menace n’est pas endigué. Si jamais la situation évolue, et échappe au gouvernement, celui-ci prendra « les décisions qui sont nécessaires pour sauver nos hôpitaux et sauver des vies ».
En attendant des évolutions concrètes de la situation, le ministre s’est engagé à ce que les demandes de reconnaissance en maladie professionnelle « d’affection à Covid responsables de séquelles », soient traitées « sous trois mois ».

Chez nos voisins la situation semble un peu moins sereine. Selon le ministère de la Santé en Espagne, trois millions de cas de covid ont été recensés dans le pays depuis le début de la pandémie. Avec ses 47 millions d’habitants, l’Espagne a connu un bond dans ses contaminations après les fêtes de Noël.

Du côté de la Chine, des experts de l’OMS sont dépêchés sur place depuis un mois pour enquêter sur l’origine du Covid-19. Dans une conférence de presse, l’équipe a déclaré qu’elle n’a pas atteint son objectif. En revanche, elle émet déjà des conclusions.
La première est que, selon Peter Ben Embarek, chef de la délégation de l’OMS, et Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois, l’hypothèse « la plus probable » de l’apparition du virus serait qu’il a été transmis d’un premier animal « pas encore été identifié » vers un second, avant de contaminer l’homme.
La seconde affirmation de l’enquête est que la fuite du virus venant d’un laboratoire est « hautement improbable »
Selon l’AFP, la pandémie a fait au moins 2.325.744 morts dans le monde depuis fin décembre 2019

Relations glaciales entre l’Union Européenne et la Russie

L’affaire Navalny devait être une affaire nationale pour la Russie. Du moins c’était le cas jusqu’à que le Kremlin rate l’assassinat d’Alexeï Navalny avec un agent neurotoxique, puis qu’il décide de le condamner à de la prison ferme lors de son retour au pays.
Pas de chance pour la Russie, à force d’envoyer l’état de droit dans les WC et d’incarcérer des opposants, des manifestations et des arrestations en masse ont eu lieu dans les grandes villes du pays.

Le 2 février, le gouvernement accuse les Occidentaux demandant la libération de Navalny d’« être déconnectés de la réalité » et de « s’ingérer dans les affaires d’un Etat souverain. ».
C’est dans ce contexte que le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a été accueilli le 5 février. Comme si les relations n’étaient déjà pas glaciales et que le Kremlin ne prête pas attention au tact, celui-ci a décidé le jour même de la visite de Borell qu’il allait expulser trois diplomates polonais, suédois et allemand pour avoir participé à une manifestation en faveur de l’opposant russe Alexeï Navalny. En réponse, Berlin, Varsovie et Stockholm ont expulsé des diplomates Russes lundi dernier.

Le mot fiasco semble encore trop faible pour décrire la perte de crédibilité de la Russie vis-à-vis des Européens. C’est dans cette ambiance délétère que le second round international de cette affaire commence. Dès son retour de Russie le 7 février, Josep Borell a appelé les européens à « tirer les conséquences » de ce désastre. Aujourd’hui, le chef de la diplomatie européenne a déclaré devant le Parlement européen à Bruxelles que « Le gouvernement russe est sur une voie autoritaire et se montre sans pitié dans l’affaire Navalny » et qu’il serait « bon de prévoir des sanctions ».
A la prochaine réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne, Josep Borrell soumettra ses propositions. L’unanimité est nécessaire pour adopter des sanctions.

Du coté de Vladimir Poutine, le ton continue de monter. Une proposition de loi pour durcir les sanctions concernant les infractions pendant les manifestations a été votée. Parmi les nouvelles mesures que prévoit le texte, des amendes montant jusqu’à 4000 roubles pourront être infligées aux manifestants s’ils refusent d’obéir à un ordre de la police.

Destitution de Donald Trump

Le second procès en destitution de Donald Trump doit s’ouvrir aujourd’hui au Sénat. Autant vous prévenir d’avance, les Républicains ne sont pas séduit par l’idée de condamner leur ancien président et l’homme le plus influent de leur parti. Sauf avec un énorme retournement de situation, l’acquittement est plus que probable car 67 votes – dont dix-sept des républicains – favorables à la procédure d’impeachment sont nécessaires. Autre élément singulier de ce procès en plus d’être la seconde tentative de destitution : Donald Trump est également le seul président américain à être jugé après son mandat.

Donald Trump, quittant la maison Blanche pour la dernière fois le 20 janvier. ANNA MONEYMAKER / NEW YORK TIMES / REDUX

Accusé « d’incitation à l’insurrection » à cause de l’assaut perpétré contre le Congrès le 6 janvier dernier, Donald Trump et ses avocats préparent deux défenses.
La première est de plaider l’inconstitutionnalité du procès car Donald Trump a quitté le pouvoir le 20 janvier, même si celui-ci a été mis en accusation sept jours avant.
La seconde défense consiste à utiliser le premier amendement de la Constitution qui garantit la liberté d’expression. Lors de son discours avant les émeutes du capitole, l’ancien président n’aurait ainsi fait qu’exprimer son opinion.

Entre mauvaise volonté des républicain et faible chances de réussir pour la procédure, les résultats du procès pourraient tomber dès la semaine prochaine.

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Les informations du 5 février à ne pas louper

Loi séparatisme, Asselineau sous les feux de la rampe, les montagnes russes de l’emploi français, Sanofi s’en met plein les fouilles, le Kremlin riposte à l’international : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

L’Assemblée nationale vote le délit de « séparatisme »

Avec une quasi-unanimité (130 voix pour et 4 abstentions), l’Assemblée nationale a adopté l’article 4 du projet de loi « confortant les principes républicains ». L’article en question permet la création d’un nouveau délit de « séparatisme ». Si une personne menace, violente ou intimide un élu ou un agent du service public dans le but de « se soustraire totalement ou partiellement aux règles des services publics », elle risque cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende toute personne. Et si c’est un étranger qui commet le délit, il pourra se voir interdit de séjour sur le territoire français.
Cet article a été notamment pensé pour pouvoir défendre des gens comme Samuel Paty, un enseignant qui fut victime de pression communautariste avant d’être assassiné en octobre 2020 pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Créé dans le but de « lutter contre l’islamisme radical », le projet de loi s’attaque à de nombreux points tels que l’instruction à domicile, la haine en ligne, la neutralité (religieuse) des agents chargés d’une mission de service public, l’encadrement républicain des associations, la transparence des conditions de l’exercice d’un culte, ou encore l’interdiction aux professionnels santé d’établir des certificats de virginité et la lutte contre les mariages forcés. Vaste programme qui promet encore de longues heures de débats.

Les média parlent enfin (?) d’Asselinau

Petites pensées pour François Asselinau, président de l’UPR, aussi connu sous le nom de « parti qui monte malgré le silence des média ». Les gens jugeront comment ils le veulent des 0,92 % de voix qu’il a remportée au premier tour de l’élection présidentielle de 2016. Selon les sources judiciaires de l’AFP, le candidat malheureux a été mis en examen aujourd’hui pour harcèlement moral et agressions sexuelles. Le parquet de Paris l’avait placé en garde à vue mercredi dernier dans le cadre d’une enquête préliminaire. Lui qui voulait être remarqué par les autres, il doit être content maintenant.

La courbe de l’emploi du secteur privé Français, pire montagne russe de 2020

Depuis qu’il est apparu au début de l’année dernière, le Covid-19 a tout détruit sur son passage. Il a provoqué la mort de 78 000 personnes en France, il a ravagé l’économie, il a révélé la précarité du système hospitalité et l’incapacité de nombreux gouvernements à faire face à une pandémie mondiale. Aujourd’hui, l’Insee nous apprends dans son estimation provisoire que, sans grandes surprises, le secteur de l’emploi à morflé lui aussi.
360.500 emplois du secteur privé ont été détruits l’année dernière, soit 1,8%.
Dans le détail, 2020 a été une montagne russe : La remontée mécanique de l’emploi est montée pendant cinq années consécutives, avant de légèrement descendre à partir de mars avec la perte de 39.600 emplois, puis de remonter en été avec 312.400 créations de postes avant la chute finale du second confinement. Celui-ci a tellement retourné les tripes du secteur qu’il en a perdu 633.300 emplois. Prenez garde en sortant du train.

Sanofi s’en met plein les fouilles

Mais réjouissez-vous, tout ne va pas si mal ! Regardez les actionnaires chez Sanofi, leur dividende est passé de 3,15 à 3,20 euros. Ils vont donc recevoir de plus de 4 milliards d’euros cette année.
Le groupe pharmaceutique Français a annoncé 340% de bénéfices pour 2020.
Dans le langage du commun des mortels, Sanofi est passé de 2,8 milliards d’euros de bénéfices à 12,3 milliards. Cette explosion est due à la vente des actions Regeneron que Sanofi possédait.
Regeneron est une entreprise américaine qui développe des anticorps de synthèse pour soigner le Covid-19

Les premiers heureux de cette nouvelle, ce sont les salariés et la Confédération générale du travail (CGT). Des dizaines d’employés manifestaient jeudi contre la suppression de 1700 postes dans le groupe pour les trois prochaines années, dont près de 400 dans la branche recherche et développement.

J’espère sincèrement que ce plan social et tout l’argent accumulé cette année vont permettre à Sanofi de se dépêcher de créer un vaccin contre le Covid-19. Celui-ci est annoncé pour fin 2021.
Avec autant de retard comparé aux autres, peut-être sera-t-il capable d’endiguer les variants du virus, dont le brésilien qui a été détecté aujourd’hui pour la première fois sur le sol français sur quatre cas.

International

Emmanuel Macron et l’autonomie européenne.

En général, la courtoisie et le protocole veulent que les dirigeants occidentaux comme la France viennent rendre visite au président nouvellement élu de la première puissance mondiale, j’ai nommé les Etats-Unis (USA). Pour des raisons évidentes de pandémie mondiale, Emmanuel Macron ne sera pas de la partie cette fois-ci. A défaut de rencontrer Joe Biden, il a tenu une conférence auprès d’experts de Washington afin d’expliquer son point de vue sur l’autonomie stratégique européenne (Un sujet que j’ai approfondi dans un article à part), et les futures relations transatlantiques.

Concernant l’Union européenne, les Etats-Unis et la Chine, le président a notamment déclaré « la plus haute conflictualité possible » était à oublier. L’Europe et les USA ne feront pas front à la Chine. De même, l’UE et les USA conserveront une relation plus proche entre eux qu’avec la Chine grâce à leurs valeurs partagées.

Toujours honnête sur ce point, Emmanuel Macron a réitéré sa position sur une idée d’Europe forte, avec une autonomie stratégique qui serait « une excellente nouvelle » autant pour l’UE que pour les USA.  Excellente car, ce sont mes propres mots, les Etats-Unis ne nous considèreraient plus comme un poids mort à supporter et à défendre, mais également pour nous car nous obtiendrions une indépendance vis-à-vis du matériel américain, omniprésent dans l’armement européen en échange de ladite protection américaine.
Selon Emmanuel Macron, il est temps que les européens s’occupent de leurs propres intérêts sécuritaires, comme ils le font déjà actuellement dans le Sahel (avec une grosse participation française) contre les groupuscules djihadistes.

Joe Biden précise sa politique étrangère

Durant la même période que la brève précédente, Joe Biden, lui, s’est exprimé au département d’Etat afin de présenter son premier discours de politique étrangère en tant que président des Etats-Unis. Se voulant rassurant, Joseph Robinette Biden a répété sa promesse électorale « America is back ». Après quatre ans d’isolationnisme, le nouveau président des Etats-Unis considère que le peuple américain est mieux défendu si le pays intervient pour ses intérêts dans le monde.

Dans sa prise de parole, Joe Biden s’est adressé à ses alliés plutôt qu’à ses rivaux. Pas de remarques donc sur la future relation entre les USA et la Chine, ni avec l’Iran et la Corée du Nord. L’une des spécialités du nouveau président est la diplomatie internationale, qu’il a déjà largement maniée lorsqu’il était le colistier de Barack Obama à la Maison Blanche. Les sujets internationaux seront donc très vite abordés, mais le président doit d’abord s’occuper des conséquences de la pandémie dans son propre pays. Il a cependant fait quatre annonces :

En signe de rapprochement, Biden a gelé de la réduction du contingent américain présent en Allemagne, annulant la décision de son prédécesseur. Donald Trump et la chancelière Angela Merkel ne s’appréciaient vraiment pas. Et comme il jugeait les dépenses militaires allemandes trop faibles dans le cadre de l’Otan, Trump a commencé à retirer presque 9 000 des 35 000 soldats stationnés en Allemagne.

Joe Biden lors de la campagne électorale de 2020

Seconde mesure, toujours en rupture avec Donald Trump mais beaucoup moins agréable pour l’allié en question, Joe Biden a retiré son soutien à l’intervention militaire de l’Arabie saoudite au Yémen. En mars 2020, les chiffres officiels d’Amnesty international étaient de 233 000 personnes mortes et blessées durant le conflit, et l’ACLED recensait 12690 morts civiles. Se comptent également 85,000 enfants morts de famine et 3 millions de personnes déplacées.

Troisième mesure, Joe Biden a levé le Muslim Ban qui interdisait aux citoyens de plusieurs pays à majorité musulmane d’entrer sur le sol américain.

La dernière annonce concerne la Russie. Joe Biden a apporté son soutien et appelé à la libération d’Alexeï Navalny, l’opposant russe condamné à deux ans et huit mois de prison. Biden a également mis en garde Vladimir Poutine lors de leur première conversation téléphonique : « le temps où les Etats-Unis se soumettaient face aux actes agressifs de la Russie, l’ingérence dans nos élections, les piratages informatiques, l’empoisonnement de ses citoyens, est révolu ». Sans surprise, Poutine ne l’as pas trop bien pris.

Le Kremlin riposte

En réaction directe à cette allocution, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré lors d’un point presse qu’il s’agit d’une « rhétorique très agressive et pas constructive, nous le regrettons »
Et en agressivité, les russes s’y connaissent. Entre les milliers d’arrestations de manifestants pacifiques et les tentatives d’assassinat d’opposants, ils arrivent également à mettre des diplomates hors de leurs pays.
Alors que Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, est à Moscou et déclare que les relations entre la Russie et l’Union européenne sont au « plus bas », le Kremlin réplique en déclarant persona non grata des diplomates allemands, polonais et suédois accusés d’avoir participé aux manifestations à Saint-Pétersbourg et Moscou en faveur d’ Alexeï Navalny.

La foule proteste contre l’arrestation d’Alexeï Navalny. Dmitri Lovetsky/Associated Press

Enfin, histoire d’ajouter du sel sur la plaie, l’opposant est à nouveau en face d’un tribunal pour une affaire de diffamation. Il est accusé d’avoir diffusé des informations « mensongères » et « injurieuses » à propos d’un ancien combattant de la Seconde guerre mondiale. Celui-ci avait défendu dans un clip de campagne le référendum non officiel de juin 2020. Sans observateurs internationaux, avec des lieux de vote en plein air comme des terrains de jeux, des caddies de supermarché, coffres de voitures etc, ce référendum a été plébiscité par 78% des votants. Il a renforcé les pouvoirs de Vladimir Poutine et lui permet d’être à nouveau éligible pour deux mandats supplémentaires.

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Les informations du 4 février à ne pas louper

Rejet de la PMA au Sénat, un ambassadeur Iranien condamné à 20 ans de prison, la popularité d’Emmanuel Macron en chute, Super Mario Draghi à la rescousse de l’Italie : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Rejet de la PMA pour toutes au Sénat

L’ouverture de la PMA à toutes les femmes est une arlésienne de la politique française de cette dernière decennie.
Tiré directement du large débat sur la possibilité que les femmes puissent disposer de leurs corps de la manière dont elles le souhaitent, la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes était déjà une promesse du président François Hollande en 2012. Emmanuel Macron l’a ensuite reprise dans son propre programme.
Le vote du texte a pris du retard en 2020 à cause de la crise sanitaire et, à un an de l’élection présidentielle de 2022, la PMA n’a toujours pas été acceptée.

Sénat – Palais du Luxembourg /Jacques Paquier

Après 3 jours de débats confus, le projet de loi de bioéthique a bien été adopté en seconde lecture, à main levée, avec les seules voix de la droite qui constitue la majorité du Sénat. Cependant, l’article principal sur l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes a été rejeté. Il y a un an pourtant, celui-ci avait été adopté in extremis en première lecture.
Une décision que les associations LGBT et représentantes des mères célibataires ont décrites comme « lamentable », « ignoble » ou encore comme une « superbe leçon de patriarcat ».
La Manif pour tous, elle, s’estime heureuse de ce « coup d’arrêt pour la PMA sans père »

Comme les textes adoptés par l’Assemblé nationale et le Sénat sont très différents, une commission va être réunie pour tenter d’accorder les députés et sénateurs.
En cas d’échec, c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot sur cette loi, et elle pourra rétablir l’article 1.
Pour la forme, les sénateurs de gauche, les groupes Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) et le Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) ont voté contre ce texte « complètement dénaturé », « vidé de sa substance » et considéré comme un « immense gâchis ». Autre mesure passée à la trappe dans le texte : la possibilité d’une autoconservation des gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) sans raison médicale. Cet article pourra lui aussi être rétabli par l’Assemblée nationale.

Moins d’embauches chez les moins de 26 ans en 2020

Le nombre d’embauches chez les jeunes de moins de 26 ans a baissé de 14,2% en 2020 selon la direction des statistiques du ministère du travail. Cette étude se base sur les CDI et CDD de plus de trois mois.  Le premier confinement avait provoqué une baisse de 57,9% des embauches avant de revenir à la normale entre août et octobre, puis de rechuter à nouveau de 27,4% lors du second confinement. Pour contrer ce problème, le gouvernement a instauré une aide de 4000 euros à l’embauche de jeunes de moins de 26 ans avec un contrat d’au moins trois mois.

Le présentiel fait de la résistance

Toujours dans le secteur du travail, la ministre Élisabeth Borne a écrit aux organisations syndicales et patronales. Celles-ci sont appelées à une réunion « sans délai » car le télétravail a baissé de façon « significative ». Elle a par ailleurs assuré que son ministère n’hésiterait pas à mandater l’inspection du travail avec des vérifications qui donneront lieu à des sanctions « sans état d’âme » si nécessaire.

Dans un monde où les gens respectent le protocole sanitaire, les salariés qui en expriment le besoin ont le droit à un retour en présentiel un jour par semaine.
Il s’avère que, selon une enquête d’Harris Interactive commandée par le ministère du Travail, 36% des salariés qui pourraient  télétravailler facilement ne l’ont pas fait pendant la semaine du 18 au 24 janvier 2021. Ils étaient 30% entre le 2 et le 8 novembre 2020. Parmi les secteurs concernés : les banques et assurances, les milieux de l’information, de la communication et de l’audiovisuel, ou encore les activités juridiques et comptables.

Et dire que le 29 janvier dernier, le Premier ministre Jean Castex déclarait à l’Elysée que « Dans toutes les entreprises où cela est possible, le recours effectif au télétravail devra être renforcé ». Aujourd’hui en conférence de presse il réitérait que l’utilisation du télétravail est  un « impératif ». Ça semble mal parti.

La gestion du Covid par Macron n’a pas la côte

À la question « Avez-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout confiance dans le gouvernement pour gérer la crise sanitaire liée à l’épidémie de COVID 19 ? », la réponse est implacable. Selon un sondage d’Odoxa-Backbone Consulting commandé par Le Figaro et France Info, six Français sur dix (60%) ont déclaré ne pas faire confiance en l’action du gouvernement.

Toutes les catégories de la population sont unanimes, à l’exception des sympathisants de La République en Marche (avec 11% de désapprobation), et les catégories sociales supérieures (49%).
De l’autre côté du spectre, les catégories populaires, les habitants des campagnes et les sympathisants du Rassemblement national sont les plus critiques avec respectivement 68%, 64% et 86% de défiance.

Emmanuel Macron, masqué dans une école primaire le 5 mai 2020 / Ian Langdson / Associated Press

Selon Gaël Sliman, le président de l’institut qui a réalisé le sondage, la pénurie de masques est considéré comme le « péché originel » de ce résultat. S’ensuivent les longs délais de résultats des tests, puis la lenteur de la campagne de vaccination. Réunis, ces cafouillages donnent un « sentiment d’inefficacité dans la durée ».

Ajoutez le manque de clarté de la communication gouvernementale, son absence de perspectives, de remise en question ou d’excuses et vous obtenez des résultats encore plus accablants pour Emmanuel Macron. Plus la population rajeunit, plus elle estime qu’un « reconfinement dans les jours prochains sera malgré tout inévitable » a raison de 69% des français en accord avec cette affirmation. 71% estiment également que le gouvernement « n’a pas pris les bonnes décisions au bon moment », 73% qu’il ne « leur dit pas la vérité », ou encore 78% qui estiment que le gouvernement ne « sait où il va ». Avec des sondages pareils, ça craint pour LREM en 2022.

International

Un diplomate iranien condamné en Belgique

Assadollah Assadi, 49 ans, est un diplomate iranien. Jugé pour « tentatives d’assassinat à caractère terroriste » et « participation aux activités d’un groupe terroriste », il a été condamné à vingt ans de prison par le tribunal d’Anvers, en Belgique.

En juin 2018, Assadi a fomenté un attentat à la bombe à Villepinte, en France, contre le Conseil national de la résistance iranienne, une coalition d’opposants au régime de Téhéran.
Il n’est pas le seul impliqué. Avec lui, trois autres complices irano-belges ont été condamnés.
Tout d’abord, un couple composé de Nasimeh Naami, condamnée a à dix-huit ans d’emprisonneemnt, et son conjoint Amir Saadouni, qui a reçu quinze ans de prison.
Le dernier des trois est Mehrdad Arefani, condamné à dix-sept ans de réclusion. Il est considéré comme un agent du renseignement iranien missionné en Belgique.
Tous les trois sont également déchu de la nationalité belge.

Assadollah Assadi 

Dans le détail, Assadollah Assadi, a été filmé trois jours avant la tentative d’attentat, au Luxembourg, en train de donner un paquet avec un explosif au couple de complices. Ils ont été arrêtés au dernier moment près de Bruxelles. Ils transportaient 500 grammes d’explosif TATP dans leurs voiture.

Téhéran s’oppose « fermement » au verdict et considère que la condamnation, la détention, le procès sont contraires à la loi et violent le droit international « en raison de l’immunité diplomatique » d’Assadollah Assadi.
Ambassadeur de l’Iran à Vienne, en Autriche, M. Assadi a été arrêté le 1er juillet en Allemagne, en dehors du territoire qui lui accorde une immunité.

Super Mario Draghi à la rescousse de l’Italie

C’est un sujet que je n’ai pas abordé ces derniers jours mais il est vital pour nos voisins italiens.
Je vous ai parlé de la démission du premier ministre italien Giuseppe Conte la semaine dernière. A ce moment-là, il espérait briguer un troisième mandat en créant une troisième coalition politique.
Pas de chance pour lui, il a échoué à former un nouveau gouvernement.

C’est donc l’arbitre prévu en cas de crise politique qui a tranché. Afin d’éviter coûte que coûte un retour aux urnes qui ferait perdre de précieux mois en pleine crise sanitaire, le président italien Sergio Mattarella a fait appel à Mario Draghi, ex-président de la Banque Centrale Européenne. Le but du « sauveur de l’euro » de 2012 est de former un nouveau gouvernement « technique », « institutionnel », ou même d’« union nationale ».

Mario Draghi lors de son départ officiel de la BCE, le 28 octobre 2019 / European Central Bank

Les consultations pour trouver une majorité prête à soutenir son gouvernement démarrent aujourd’hui. Il est probable qu’il obtienne des soutien de la droite comme Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Le Parti démocrate est lui aussi « ouvert au dialogue pour le bien du pays ». Ces deux soutiens ne seront pas suffisants cependant, et Mario Draghi va avoir beaucoup de mal à convaincre les autres forces politique tel que le Mouvement 5 étoiles.

S’il réussit, et que sa présence rassure Bruxelles, Mario Draghi ne sera pas sorti d’affaire pour autant. Il hérite d’un pays avec un taux de chômage de 9%, et dont le PIB s’est crashé de 8,9% en 2020, l’un des pires de la zone euro. La dette est aussi écrasante : 2.600 milliards d’euros, soit 158% du PIB.
Troisième économie de l’Union européenne, l’Italie a subit de plein fouet la crise du Covid-19 en étant la première touchée. Son confinement très strict entre mars et avril pour endiguer l’épidémie avait paralysé son économie, et la seconde vague a fait replonger le pays.

La solution de secours est un plan de relance de plus de 200 milliards d’euros financé par l’Union européenne. C’est justement à cause de ce fond et de son utilisation que la coalition précédente avait éclaté avec le départ d’Italia Viva, la formation de Matteo Renzi, ex-premier ministre au pouvoir avant Giuseppe Conte.

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Les informations du 3 février à ne pas louper

L’Etat condamné pour son inaction climatique, mariage interrompu, vaccination en Europe, trois ans et demi de prison pour Alexeï Navalny : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

L’Etat condamné pour ses manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique

Le tribunal administratif de Paris a donné raisons aux ONG. En mars 2019, Oxfam France, Greenpeace France, Notre affaire à tous et la Fondation pour la nature et l’homme ont porté plainte contre l’Etat pour « carence fautive ». Ces ONG, réunies sous le collectif « L’Affaire du siècle », avaient lancé à la même époque une pétition pour dénoncer « l’inaction climatique » de l’Etat. Celle-ci a recueilli près de 2,3 millions de signatures. Même le Conseil d’état épinglait le gouvernement sur ce sujet en novembre 2020, lui donnant alors trois mois pour « justifier que la trajectoire de réduction à horizon 2030 pourra être respectée »

C’est désormais au tour de la justice de condamner l’Etat. Le juge administratif a reconnu, pour la première fois, que l’Etat a commis une « faute » et qu’il était « responsable » en ne tenant pas ses engagements de réduction des gaz à effet de serre entre 2015 et 2018. La courbe actuelle n’inaugure rien de bon pour les futurs engagements de la France, sensée diminuer ses émissions de 40 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990, et même d’atteindre la neutralité carbone vers 2050.

Image de campagne du collectif « l’Affaire du Siècle » après la condamnation de l’Etat

La demande de réparation d’un euro symbolique pour ce préjudice a été rejetée, mais il a été considéré que cette demande de réparation en nature était fondée. Les juges ont également prononcé un supplément d’instruction, assorti d’un délai de deux mois. Un deuxième jugement permettrait ainsi au juges d’étudier une injonction d’agir, et forcer le gouvernement a revoir sa copie pour qu’il se magne de « make the planet great again », comme le disait si bien notre président.  

Val-d’Oise : la gendarmerie interrompt un mariage d’une centaines de convives

C’est mon département qui rayonne dans l’actualité nationale ! En revanche ce n’est pas pour des bonnes raisons. C’est donc dans le Val d’Oise, à Nerville-la-Foret, que la gendarmerie a évacué « rapidement et dans le calme » quelque 300 à 400 membre de la communauté des gens du voyage réuni pour un mariage ! L’organisateur et le propriétaire du terrain sont convoqués par la gendarmerie.
Autant vous dire qu’en pleine période de pandémie, ce rassemblement en région parisienne rivalise avec la classe du pot de départ au commissariat d’Aubervilliers où s’étaient réuni une trentaine de policier sans masques afin de – entre autres festivités – danser la macarena. Autre fait d’arme national en matière de fêtes clandestines, une rave party sauvage en Bretagne avait rassemblé 2.400 personnes pendant 36 heures, le 31 décembre dernier.

Modération des Réseaux Sociaux : des victimes de harcèlement attaquent Twitter en justice

Alors que les réseaux sociaux sont dans le collimateur des législateurs à la suite de leurs décisions sur le droit de vie et de mort des comptes privés de Donald Trump, Twitter se retrouve devant un tribunal pour des questions de modération.

Aurélia Gilbert a survécu au Bataclan, Georges Salines est le père d’une victime de l’attentat et Nicolas Hénin est un ancien journaliste qui fut otage de l’Etat islamique en 2013.
Leurs point commun est qu’ils ont tous été ciblés par une vague de harcèlement pendant l’été 2019 après avoir pris position en faveur du rapatriement des enfants de jihadistes français retenus en Syrie.

La plupart des messages ont été signalés et donc supprimés par le réseau social. Les trois personnes ont bien porté plainte mais le parquet de Paris a classé ces affaires en 2020 pour cause d’« auteurs inconnus ». En effet, Twitter n’a jamais répondu aux requêtes du parquet visant à identifier leurs harceleurs.
Cette fois-ci, c’est le réseau social qui est attaqué par les trois plaignants pour « complicité des délits d’injure publique » et de « refus de déférer à une demande d’une autorité judiciaire ».
Ils tiennent Twitter pour responsable du classement sans suite de leurs plaintes pour harcèlement.
La plateforme est souvent critiquée pour sa modération. En plus de fermer de nombreux comptes de militants pour des raisons parfois obscures, le site est également accusé de laxisme vis-à-vis des comptes les plus ouvertement discriminatoires ou insultants, souvent à cause d’un manque de moyen. Si Twitter perd ce procès pour les raisons qui lui sont présentées, cette conclusion ne sera pas surprenante.

Vaccins en France et en Europe : le point

Beaucoup d’informations sur ce sujet, aussi vais-je l’utiliser pour faire la transition entre la France et l’international !

Tout d’abord en France, Emmanuel Macron s’est longuement invité sur TF1 hier soir pour nous dire que les Ehpad seraient vaccinées à 80% d’ici mars, soit 500 000 personnes ou 0,74% de la population française.
Pas mal, sauf si on se rappelle que la campagne de vaccination a commencé directement par eux le 27 décembre dernier. Pour le moment, 2,3 % de la population française a reçu une première dose de vaccination. A titre de comparaison, les Etats-Unis en sont à 7,9 %, le Royaume-Uni à 14,2 % et Israël nous éclate tous avec 35 %.

Restons dans les chiffres : la France en est 76 916 décès depuis le début de l’épidémie. Il y a actuellement 28 029 patients du Covid en France, dont 3 270 en réanimation. Si vous voulez deviner l’imminence d’un confinement, suivez ces chiffres, car les restrictions sont décidées en fonction de l’engorgement des capacités des hopitaux.

Emmanuel Macron n’a d’ailleurs pas décidé d’un reconfinement pour « protéger notre jeunesse », il suggère à la place de privilégier les « Gestes barrière, se tester, s’isoler, déclarer ses cas contacts, et collectivement être responsables ».
Des mesures neuves, originales et qui ont brillé par leur efficacité jusqu’ici. Et puis de toute façon, notre président l’a dit lui-même, « Ce n’est pas notre stratégie de vaccination qui permettra d’éviter à court terme un reconfinement ». Bref, si nous devons nous reconfiner, ce ne sera sûrement pas dû au manque de vaccins, mais bien de la faute des Français. Heureusement pour nous, il remercie déjà les Français car ceux-ci sont « extraordinairement responsables ». On en reparle dans quelques semaines.

Toujours en France, la Haute autorité de la santé a annoncé qu’elle ne recommande pas le vaccin d’AstraZeneca pour les personnes âgées de plus de 65 ans car « il manque des données » sur ce vaccins concernant cette catégorie de la population. Ce vaccin, efficace à 62% selon l’Agence européenne des médicaments était censé devenir la pièce maitresse de la vaccination européenne grâce à sa conservation plus simple et son coût réduit.

Selon Emmanuel Macron, la production de vaccins anti-Covid commencera « fin février ou début mars » sur quatre sites situés sur le sol français, à l’issue d’une réunion avec les grands laboratoires français et européens.
Déjà, le président nous a annoncé quelque chose de faux. L’un des quatre site appartiens au laboratoire français Sanofi, notre fleuron national de la recherche, en retard sur son propre vaccin et qui se permet le luxe de licencier des postes dans la recherche. Ce site là ne sera donc opérationnel qu’au second semestre.
Reste les trois autres sites. Le laboratoire Delpharm va produire le vaccin Pfizer-BioNTech et Recipharm sous traitera le vaccin Moderna, ces deux vaccins étant approuvés par l’Union européenne. Le dernier site, administré par Fareva, produira le vaccin CureVac.

Revenons enfin à notre héros viral d’hier, le vaccin russe Spoutnik V. La revue médicale The Lancet a publié une étude, validée par des experts indépendants, qui confirment l’efficacité du vaccin russe à 91,6% contre le Covid-19. Désormais, la Russie veut augmenter la production de Sputnik V pour l’exporter jusqu’à la stratosphère. Au-delà de ma plaisanterie, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré que la Russie compte « démarrer la production dans des pays étrangers pour répondre à la demande croissante dans toujours plus de pays ». Traité avec méfiance à cause de l’absence de données scientifiques publiques, les pays d’Europe commencent à changer d’avis sur le vaccin. Angela Merkel, la chancelière allemande, s’est même dite ouverte à l’idée de l’utiliser en Europe, sous conditions.

International

Jeff Bezos quitte la direction Amazon

Bon vent Jeff ! Tu vas nous manquer ! Enfin ne sortez pas les violons non plus, il n’est pas à plaindre.
Après plus de 25 ans passés à la tête d’Amazon, le Jeff Bezos, PDG d’Amazon, va passer les rênes de la société à Andy Jassy, son adjoint de confiance et chef de la branche cloud du groupe.
Bezos, l’homme qui vaut 1,5 milliard, veut apparemment se concentrer sur ses œuvres philanthropiques : le Day One Fund axé sur l’éducatif et l’aide aux SDF, le Earth Fund concentré sur le réchauffement climatique, la société aérospatiale Blue Origin ou encore le quotidien Washington Post. Cependant, Jeff Bezos de disparait pas du business pour autant. Il restera « engagé dans les grandes décisions d’Amazon » en tant que président du conseil d’administration.

Cette annonce coïncide avec deux tendances. La première est qu’Amazon ne s’est jamais aussi bien porté.
Les résultats trimestriels de la société indiquent que, le Covid-19 aidant un peu, Amazon a dépassé les 100 milliards de chiffre d’affaires pour la première fois de son histoire.
La seconde tendance, beaucoup moins agréable, est que le Congrès américain commence vraiment à vouloir limiter le pouvoir des GAFA. Je comprends Jeff : moi aussi je préfèrerais me barrer avant que les gros problèmes ne me tombent dessus.

Le trafic aérien mondial se crashe

Le secteur n’a jamais vécu un choc aussi rude de son histoire. Selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), le trafic mondial de passagers transportés par des compagnies aériennes en 2020 s’est effondré de 66% comparé à 2019. L’Iata compte 190 compagnies aériennes dans sa base de données. Selon Brian Pearce, l’économiste en chef de l’organisation, les perspectives d’une reprise en 2021 sont également « assombries » par l’émergence de nouveaux variants du Covid-19.

Navalny condamné à 3 ans et demi de prison ferme

Ça lui servira de leçon. Après tout, qu’est-ce qui lui a pris, à cet opposant principal du pouvoir russe, d’être empoisonné avec un agent neurotoxique russe, par un agent des services de renseignements russes, dans un avion russe qui reliait Tomsk et Moscou, deux villes russes. Et puis quelle idée ensuite d’être transféré de son hôpital russe, où des médecins russes ont déclaré que l’état de santé de Navalny était dû à son hygiène de vie, vers un hôpital allemand qui a détecté des traces de toxines dans son corps et l’a soigné. Quelle indécence de sa part d’avoir violé une mesure de contrôle judiciaire russe durant sa période de coma et de convalescence.

Bref, la justice de Vladimir Poutine n’en est plus à un foutage de gueule près, et ce n’est pas les réactions internationales qui infléchiront son comportement. Alexeï Navalny a été jugé mardi soir à Moscou, sous haute garde, dans un tribunal qui a changé au dernier moment. La juge Natalia Repnikova a condamné Navalny à une peine de trois ans et demi de prison pour avoir violé une mesure de contrôle judiciaire.
En 2014, il a été condamné pour des détournements dans la filiale russe du groupe français Yves Rocher, via une entreprise dont Alexeï et Oleg Navalny sont actionnaires. Yves Rocher s’est rétracté et a reconnu n’avoir subi « aucun dommage », mais il était trop tard pour stopper la procédure.
Navalny a déjà été assigné à résidence pour cette affaire, sa nouvelle peine effective est donc de deux ans et huit mois. L’opposant est un habitué des prisons : il y a passé 252 jours depuis 2013, a cause de plusieurs condamnations administratives.

Dans le cadre de nouveaux appels à la manifestation réprimés dans la violence, 1 000 arrestations ont eu lieu dans une dizaine de villes du pays. Selon l’ONG spécialisée OVD-Info, plus de 10 000 personnes ont été arrêtées à travers le pays depuis le 23 janvier. Un chiffre impressionnant, surtout que les manifestants savent pertinemment que le moindre contact avec des policier peut les amener en prison pour plusieurs années.

La méthode d’interpellation de la police russe consiste à arrêter un maximum de gens, y compris de simples passants. Cela entraine des gros problèmes pour l’administration policière et judiciaire, incapables de traiter autant de monde à la fois.
Grigori Dournovo, le responsable d’OVD-Info, explique que les personnes interpelées sont brutalisées, parfois maintenu pendant quarante-huit heures dans des autobus bondés, sans nourriture et sans pouvoir aller aux toilettes dans l’attente de la rédaction de leur procès-verbal.
En général, ils sont accusés d’avoir participé à organisation de rassemblements massifs, paient une amende de 20 000 roubles et prennent quinze jours de détention. L’heure n’est plus aux faux semblants pour le Kremlin, mais bien à l’intimidation.

Alexeï Navalny pendant son procès, le 2 février, à Moscou. (MOSCOW CITY COURT PRESS SERVICE / AFP/ GETTY)

Connu pour ses coups d’éclats, Alexeï Navalany a profité de ses derniers mots pour critiquer encore une fois Valdimir Poutine « l’Empoisonneur de slips », mais aussi pour s’adresser aux manifestants et au régime : « Le but de ce procès est d’effrayer le plus de monde possible. Mais on ne peut pas jeter les gens en prison par millions. Je continuerai à me battre à vos côtés et je vous demande de ne pas avoir peur. » Il ajoute que « La garde nationale, cette cage, ce sont des signes de faiblesse. Vous ne pourrez pas emprisonner tout le pays. »

Navalny n’est pas un saint. C’est un ex-nationaliste devenu libéral qui n’a jamais renié ses positions extrêmes sur l’immigration. Sa situation a changé quand il a décidé de se concentrer sur la lutte contre la corruption et l’accès à la démocratie.

Les russes qui manifestent aujourd’hui pour la libération d’Alexeï Navalany ne voteraient pas forcément pour lui, mais ils se battent pour avoir le droit de choisir pour qui voter. Ils sont également une minorité car la politique indiffère la majorité des citoyens : jamais le sort de l’opposant ne créera une révolution et ça c’est une victoire que Poutine est prêt à payer par une violence de plus en plus grande.

Cette situation est également un aveu d’échec pour le Kremlin. La Russie essaie d’obtenir une image de nation puissante, fiable et respectable. Navalny l’en empêche.
Ces dernières années, tout a été tenté pour le faire disparaitre : des intimidations, son invisibilisation du paysage médiatique, le fait de ne jamais prononcer son nom, et même une tentative d’assassinat.
Et pourtant, l’opposant revient, toujours aussi teigneux et bruyant. Il force l’exécutif à commenter tout ce qui le concerne : son empoisonnement, son arrestation à l’aéroport, sa vidéo sur le palais de Poutine, son incarcération et le dispositif hallucinant déployé pour le contrôler et mater les manifestations.
La stratégie russe était d’ignorer Navalny, elle s’est transformée en effet Streisand. Un face à face entre Vladimir Poutine et son opposant numéro un s’est créé, et ce dernier est devenu le prisonnier politique russe le plus connu du monde.

Ligne éditoriale du blog

Si vous me le permettez, finissons par un point de la ligne éditoriale de ce blog. Les évènements qui se déroulent en Russie sont régulièrement chroniqués ici, et le seront encore à l’avenir pour plusieurs raisons.

La première, c’est que l’Europe de l’Est, au porte de l’Union européenne et donc de la France, n’est pas assez évoquée dans l’information nationale. Un traitement a comparer directement nos amis outre-Atlantique qui sont constamment sous les feux des projecteurs.
Un peu d’autocritique cependant : je parle pas assez du Moyen- Orient, de l’Afrique et de l’Asie. Ce sont des choix que je regrette, que j’assume et auxquels je compte remédier.

La seconde raison de ce focus sur la Russie est que le pays vit actuellement une période charnière dans son système qui va définir sa politique intérieure mais aussi internationale dans les années à venir. La Russie n’est clairement pas un petit morceau : Dans le classement 2021 de Global Fire Power, elle est la seconde plus grande puissance militaire mondiale. Selon les estimations du Fond Monétaire International, elle sera 11ème du classement des pays les plus riches du monde cette année. Bref, on ne peut pas l’ignorer, surtout quand on sait ce qu’il se passe là-bas.

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Les informations du 2 février à ne pas louper

Du sursis pour Balladur, baisse des meurtres conjugaux en France, Sputnik V et jeu vidéo sur la guerre du Dombass : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Affaire Karachi : du sursis requis contre Edouard Balladur et François Léotard

Démarré le 19 janvier dernier, le procès de ce que j’aime personnellement appeler le « Balladur’s Gate » vient d’évoluer. Jugés par la Cour de justice de la République (CJR), seul organe capable de condamner des ministres pour leurs actions commises durant l’exercice de leurs fonctions, le ministère public a requis un an de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende à l’encontre de l’ancien premier ministre Edouard Balladur. Son ancien ministre de la défense, François Léotard, risque également deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende. À respectivement 91 ans et 78 ans, M. Balladur et Léotard ne risquent donc pas grand-chose a part une perte d’honneur et de l’argent en moins pour cette affaire liée à un attentat qui a fait quatorze morts à Karachi en 2002.

Édouard Balladur est jugé devant la Cour de justice de la République. AFP/Alain Jocard

Si vous voulez plus de contexte sur l’affaire, je vous l’expliquais plus en détail dans une revue d’actualité précédente.
Si vous avez la flemme de la lire, voici un résumé : Les deux ministres sont accusés d’avoir mis en place un système de rétro commissions illégales dans des contrats d’armement. Ce système visait à financer la campagne d’Edouard Balladur lors des élections présidentielle de 1995. Pas de chance pour lui, c’est Jacques Chirac qui a gagné.

Baisse des meurtres conjugaux en France

Le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a annoncé que 90 femmes avaient été tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints en 2020. Même si la baisse est forte comparé aux 146 uxoricides (meurtre de l’épouse par l’époux) de 2019, le ministre de la Justice estime qu’il s’agit d’un résultat « encore trop modestes », mais « porteurs d’espoir ».
Entre le début de leurs recensements en 2006, et aujourd’hui en 2020, les féminicides (meurtre d’une personne de sexe féminin, à cause de son sexe, toutes circonstances comprises) sont devenu un des sujets majeurs de notre société. La pandémie de Covid-19 a mis davantage ce fléau sur le devant de la scène : les signalements pour violences conjugales ont augmenté de 40% lors du premier confinement, et de 60% lors du second.
Les 146 meurtres conjugaux de 2019 ont forcé la création d’un Grenelle pour lutter contre les violences conjugales durant la même année. Il en était alors ressorti alors des mesures comme le déploiement de bracelets anti-rapprochement pour les conjoints ou ex-conjoints violents, ou encore des « retours d’expérience » entre professionnels concernés après chaque féminicide. Mesures insuffisantes, les associations demandent la réquisition des armes à feu d’un conjoint violent dès la première plainte car un tiers des uxoricides sont commis à l’arme à feu.
Les chiffres annoncés par Éric Dupond-Moretti sont aussi à relativiser car la quantité de meurtres conjugaux fixe un cadre limité qui ne représente pas l’entièreté des violences et meurtres que les femmes ont subi en France en 2020.

International

Pour une fois qu’ils ne mentaient pas…

Si vous avez lu mes précédents points quotidiens, vous devez vous douter que la Russie n’a pas grandement brillé ces derniers temps. Et pourtant il est l’heure de rendre à César ce qui est à César : le vaccin Spoutnik V est apparemment un succès car il serait efficace à 91,6% contre les formes symptomatiques du Covid-19.
Publiés par la revue médicale The Lancet, les résultats ont été validés par des experts indépendants.

Un flacon de Sputnik V. Yahia Magha

Considéré comme un gigantesque levier de soft power dans un monde en pleine pandémie mondiale, le vaccin russe a déjà été commandé par une vingtaine de pays. Parmi eux se trouve la Hongrie, elle n’a pas attendu l’autorisation de Agence européenne des médicaments pour commander deux millions de doses de Sputnik V.
Et pourtant, ce vaccin revient de loin car la Russie n’a donné aucune raisons de lui faire confiance jusqu’ici.
Sputnik V a été développé de manière rapide – pour ne pas dire précipitée – et les seuls résultats concernant l’efficacité du vaccin n’étaient connus que grâce à des communiqués officiels de la Russie sans aucunes preuves scientifiques pour accompagner les affirmations. La méfiance de la communauté scientifique internationale était donc justifiée. Elle peut maintenant être levée car, avec son efficacité de 91%, Spoutnik V compte parmi les vaccins les plus performants au monde avec Pfizer/BioNTech et Moderna. Ces derniers, eux, atteignent une efficacité de 95% contre le Covid-19 et sont déjà exportés dans l’Union Européenne. Cette réussite scientifique et politique sera bientôt une réussite financière : Par exemple, le groupe Pfizer/BioNTech a annoncé que les ventes de son vaccin pourraient atteindre 15 milliards de dollars de recette en 2021.

Focus Numérique

Google en pleine turbulences avec son service de cloud gaming

Dans le secteur du jeu vidéo, il existe deux types de destins pour les entreprises qui essayent de se développer avec une nouvelle technologie :
1 – Soit il s’agit d’une petite entreprise qui se fraie un chemin dans le milieu avec un concept novateur et vit grâce à une niche de consommateurs qui la maintiens à flot. Le cas échéant, l’entreprise meurt.
2 – Soit il faut être un géant économique avec les reins assez solides pour compenser les pertes si la technologie se plante.

C’est souvent le second cas de figure qui fait parler de lui : avec des gros succès comme l’entrée de Microsoft sur le marché dans les années 2000 avec la Xbox, ou le semi-échec du géant Valve malgré ses efforts pour développer la réalité virtuelle.
Toujours dans ce second cas, le sujet qui nous intéresse aujourd’hui concerne Stadia, le service d’abonnement cloud gaming de Google (une entreprise avec des reins très solides).
Stadia permet de jouer en streaming à un catalogue de jeux vidéo de grandes envergures avec une simple manette, un petit boitier et une – bonne – connexion internet, le téléphone portable est même suffisant.
Considéré comme un « Netflix du jeu vidéo » censé remplacer les consoles de jeux de plus en plus encombrantes dans les salons de France et de Navarre, Stadia vient pourtant de faire, discrètement, un énorme aveu d’échec.

Une manette incluse et une bonne connexion : les seuls outils nécessaires pour utiliser Stadia

En mars 2019, l’annonce du service Stadia avait provoqué un tremblement de terre dans l’industrie.
Aujourd’hui, Stadia ferme son studio de développement de jeux Stadia Games & Entertainment situé à Montréal et Los Angeles. Il ne laisse derrière lui que peu voire pas de traces car aucune production n’est sortie du studio à ce jour.
Cela ne sonne pourtant pas la fin du service pour autant. Stadia reste en ligne, les jeux du studio en fin de développement devraient sortir, et la plate-forme va désormais privilégier les partenariats avec les développeurs et les éditeurs tiers.
Ces annonces confirment donc que rien ne va changer pour les consommateurs de Stadia. Google a simplement décidé de licencier 150 employés qui ne produisaient déjà rien depuis deux ans après tout.

Dans la peau d’un combattant Ukrainien

Vous l’avez peut-être deviné avec l’info précédente, mais une de mes marottes concerne le secteur vidéoludique. C’est l’occasion pour moi de mêler ça avec un sujet de politique internationale : la guerre du Donbass, en Ukraine.

Ce conflit tire son origine de la révolution de Maïdan en 2014 à Kiev. Ancien pays satellite de l’URSS, l’Ukraine est longtemps resté dépendante de son voisin dominant russe.
En novembre 2013, l’Ukraine tente des rapprochements avec l’Union européenne grâce un accord d’association, populaire auprès de la population.
Le président pro-russe de l’époque, Viktor Ianoukovytch, refuse alors de signer le traité au profit d’un autre accord avec la Russie. Ce choix provoque la colère de la jeunesse ukrainienne et démarre les évènements d’« Euromaïdan ».
Les manifestants exigent un rapprochement avec l’Union européenne et ils occupent la place de l’Indépendance connue sous le nom de Maïdan. Entre le 21 novembre 2013 et le 22 février 2014, le nombre de manifestants augmente de 250 000 à 500 000 personnes.
Des affrontements ont lieu et les forces de l’ordre tirent à balle réelle sur les manifestants à partir de février : ces violences feront quatre-vingts morts. Le 21 février au soir, Viktor Ianoukovytch fuis vers la Russie. Il est destitué le lendemain par la Rada, le parlement Ukrainien.

La place Maïdan en Décembre 2013. REUTERS/Inna Sokolovska

Le chaos engendré par cette révolution et la poussée du sentiment anti-russe mènent à deux conflits dans l’est de l’Ukraine : La Crimée et le Dombass.
Majoritairement russophones, ces territoires ne se reconnaissent pas dans la mouvance pro-européenne. À partir du 27 février, des mouvements de troupes russe ont lieu à la frontière de la Crimée. Des soldats que la Russie ne reconnait pas et nomme pudiquement des « forces locales d’auto-défense » sans signe d’identification et avec du matériel russe prennent le contrôle des accès aériens de la région. La Crimée organise un référendum d’autodétermination non reconnu par la communauté internationale le 16 mars 2014. Elle se déclare à 96,77 % pour une réunification avec la Russie, offrant au passage le port extrêmement stratégique de Sebastopol à Vladimir Poutine.

Pour le Dombass, c’est différent. Une guerre est toujours en cours et elle à lieu aux portes de l’Union Européenne, sur notre continent, entre les forces Ukrainiennes et des séparatistes soutenus matériellement par la Russie.
Là-bas, les évènements d’Euromaidan créent des insurrections armées « antimaïdans ». Cela mène à la proclamation de deux entités non reconnues par l’ONU : la « République populaire de Donetsk » le 7 avril et « République populaire de Lougansk » le 11 mai. L’armée Ukrainienne intervient mais se retrouve stoppée et même repoussée après deux mois. Des interventions de la Russies sont repérées puis niées avec des excuses comme que le fait que des soldats se seraient « égarés » à la frontière, puis que des militaires russes sont présent « en congés » en Ukraine pour défendre leurs « frères slaves ».
L’ingérence russe est totalement assumée à partir du mois d’aout, où le représentant permanent de la Russie au conseil de sécurité des Nations unies déclare que « les volontaires russes ne seraient, non pas des conscrits, mais des volontaires engagés aux côtés des rebelles ukrainiens dans le Donbass ».

Depuis 2014, le conflit s’enlise. Il y a eu des cessez-le-feu rompus ou encore de très nombreuses escarmouches. Plus de 3300 civils sont morts. Cette guerre est également à l’origine de plus de 13 000 morts au combat, du déplacement de 1,4 millions d’ukrainiens et la fuite à l’étranger de 925 000 autres. De par son immobilisme, ce conflit est désormais peu médiatisé et il reste pourtant très important.

The Point of No Return par Treehouse Dreams

Maintenant je vais répondre à votre plus grosse question : « Mais c’est quoi le rapport avec les jeux vidéo ? »

Et bien figurez-vous que vous pourrez bientôt voir de vos propre eux une expérience qui se rapproche de ce conflit avec The Point of no Return ,le prochain jeu du studio ukrainien Treehouse Dreams.
À travers les yeux d’un soldat sur le front, vous découvrirez les enjeux sociaux et psychologiques que vivent les combattants de cette guerre. Le jeu propose une expérience différente et accessible comparée aux produits vidéoludiques axés sur la guerre. Ce genre de jeu s’appelle un « walking simulator » : le but est de limiter les actions à des simples déplacements, comme pour une visite, afin que le joueur s’imprègne de l’ambiance et de la narration. L’intention de The Point of No Return est de documenter un maximum de monde avec de nouveaux moyens comme les jeux vidéos. Celui-ci disponible en ukrainien et traduit anglais. Si vous êtes curieux de voir à quoi ressemble le jeu, une démonstration gratuite d’une dizaine de minute est disponible. Il existe également une vidéo de cette démo.
Si jamais vous possédez un abonnement au Courrier international, un article du site explique qui sont les développeurs, quelles sont leurs intentions et à quoi ressemble leur travail de documentation !

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Les informations du 1er février à ne pas louper

Rattrapage des actus du week-end, format long sur le coup d’état en Birmanie, procès de trois jihadistes grâce à la cyber infiltration de la DGSI, régime sucré pour Jair Bolsonaro : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Procès de trois djihadistes ayant projeté des attentats jihadistes en 2016

Aujourd’hui s’ouvre, à la cour d’assises spéciale de Paris, le procès de trois hommes affiliés au groupe Etat islamique. Ils sont soupçonnés « d’association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes d’atteinte aux personnes ».
Concrètement, les strasbourgeois Yassine Bousseria et Hicham Makran, en plus du marocain Hicham El Hanafi, ont voulu commettre des attentats en décembre 2016. Pour cela, ils risquent jusqu’à trente ans de réclusion criminelle.
Les trois hommes ont été arrêtés avant de passer à l’action grâce l’action de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L’un de ces acteurs témoignera au procès. Connu sous le pseudonyme d’« Ulysse », il est un agent « cyberpatrouilleur ». Il s’est introduit dans une boucle de la messagerie cryptée Telegram et s’est fait passer pour un fournisseur d’armes. Pendant son infiltration, il a pu identifier et piéger les accusés strasbourgeois grâce à une cache d’arme surveillée. En novembre 2016, lorsque les jihadistes se sont déclarés prêts à passer à l’action, la DGSI les a arrêtés. Quant à Hicham El Hanafi, il a été appréhendé en novembre 2016 à Marseille dans le cadre d’une autre opération de cyber infiltration. Un haut cadre de l’EI aurait demandé de lui fournir des armes et de lui trouver un logement sûr. La DGSI a intercepté le message puis identifié l’agent marocain.

Pas de fonds de solidarité pour les clandestins

Ce matin, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a annoncé que les restaurants qui enfreignent les règles en servant des clients clandestinement seront privés d’accès au fonds de solidarité « pendant un mois ». S’ils récidivent, la sanction sera définitive.
Le ministre déclare que ces résistances ne sont que « quelques cas isolés en France ». Bruno Le Maire ajoute qu’il ne « ne veux pas que ça se répande, que ça devienne soit une habitude, soit une façon de braver l’interdit », arguant que ces mesures ne sont pas « un interdit, mais une règle collective pour garantir la santé de tous ».
Selon Bercy, la sanction concerne tous les commerces qui enfreindraient les règles.
Les entreprises en fermeture administrative sont actuellement indemnisées à hauteur de 10.000 euros par mois ou de 20% du chiffre d’affaires 2019 dans la limite de 200.000 euros par mois.
Ce fond est sensée permettre aux commerçants de survivre à cette crise économique et sanitaire. Cependant, des commerçants ouvrent toujours et déclarent ouvertement qu’une fermeture administrative avec des aides ne leur permet pas de tenir. Lorsqu’une personne est acculée, elle trouve des solutions désespérées : l’ouverture clandestine en est une. Pour les commerces dans des situations extrêmes, la menace de perdre le fond de solidarité devient logiquement négligeable.

Manifestations contre la loi sécurité globale

Samedi, 32 700 personnes se sont mobilisées en France pour manifester contre la loi « sécurité globale ».
L’article 24 de cette loi est critiqué par les défenseurs des libertés publiques et les syndicats de journalistes. Il pénalise la diffusion « malveillante » d’images des membres des forces de l’ordre. Selon le gouvernement, la mesure vise à protéger les policiers victimes d’appels à la haine et au meurtre sur les réseaux sociaux. Pour les opposants, elle permettrait aux policiers d’empêcher des gens de les filmer en intervention et donc de les empêcher sur place de collecter des preuves et de la documentation sur les violences policières.

Le tueur de Valence est mis en examen pour « assassinats »

Samedi, Gabriel F., ingénieur sans emploi de 45 ans, a été mis en examen et incarcéré samedi pour « assassinats ». L’homme a perpétré un double meurtre, jeudi 28 janvier dans la Drôme et l’Ardèche. Il a ouvert le feu sur une directrice des ressources humaines et d’une conseillère de Pôle emploi. Le lien avec une tentative d’assassinat d’un DRH dans le Haut-Rhin a également été confirmé. Selon la procureure de la République de Mulhouse, l’ADN du suspect a été retrouvé sur les différents lieux du crime. Inconnu des services judiciaires et des services de renseignements, le suspect est resté mutique durant sa garde a vue. Selon le Journal du dimanche, Gabriel F a laissé deux lettres « pouvant être considérées comme des lettres d’adieu », celle-ci ont été récupérées durant une perquisition du domicile du tueur à Nancy.

International

Long format : Coup d’état en Birmanie

C’est LE sujet à la une de l’actualité internationale, impossible de le louper.
Si vous me le permettez, commençons d’abord par un intermède étymologique.
La Birmanie est également appelée Myanmar et la façon dont vous nommez le pays est un choix politique : Si vous voulez respecter la volonté du gouvernement local, vous nommez le pays « Myanmar » (comme l’ONU).
En revanche si vous avez envie de titiller la junte militaire et la dictature de généraux au pouvoir qui a tenté par deux fois de changer l’appellation du pays : vous pouvez dire « Birmanie ».

Retour à l’action : L’armée birmane a pris le pouvoir lors d’un putsch contre le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi.
Prix Nobel de la paix de 1991, elle est de facto la chef du pays depuis 2016. Elle a été arrêtée aujourd’hui, ainsi que plusieurs autres dirigeants de son parti : la Ligue Nationale pour la démocratie (LND).

L’armée a, pour des raisons de « stabilité », proclamé l’Etat d’urgence pour une période d’un an. Dans un communiqué, elle annonce que des « élections générales libres et équitables » seraient organisées à la fin de l’Etat d’urgence afin de mettre en place « une véritable démocratie multipartite ».
D’ici là, c’est le général Min Aung Hlaing, commandant en chef de la Tatmadaw (les forces armées), qui possède les pouvoirs « législatif, administratif et judiciaire ».

Ce coup d’Etat tire directement ses origines des élections législatives du 8 novembre dernier. La LND a largement remporté le scrutin et écrasé ses adversaires. Le parti possède 82% des sièges du Parlement qui devait entamer sa première session quelques heures avant les arrestations.
Cette victoire de la LND n’est pas acceptée par l’armée et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi : le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP), représentant de la formation des militaires, n’a récupéré que 33 des 476 sièges du Parlement.

À travers plusieurs régimes entre 1962 et 2011, l’armée a dirigé le pays d’une main de fer avant de transférer une partie du pouvoir en 2008 avec la création d’une nouvelle Constitution. Son but était de permettre une transition démocratique contrôlée.
Le mot important ici est « contrôlée » : Un quart des sièges du Parlement sont normalement réservés aux militaires. Ils nomment un des vice-présidents du pays. Il est obligatoire d’obtenir leur accord pour modifier la Constitution et les postes clés du ministère de l’Armée, des Frontières et de l’Intérieur leurs sont réservés. Autant dire que le raz-de-marée électoral de la LND ne plait pas du tout au camp des anciens dictateurs.

La semaine dernière, le major général Zaw Min Tun, porte-parole de l’armée, déclarait que les élections « n’ont pas été libres, ni justes » à cause du contexte de pandémie de Covid-19.  Ces déclarations étaient accompagnées d’accusations de fraudes massives.
Le général Min Aung Hlaing, déclarait avoir recensé 8,6 millions de cas de fraude, il annonçait également que la Constitution pouvait être « révoquée » dans certaines circonstances.
La commission électorale birmane a d’abord rejeté les accusations de fraude, avant de changer d’avis samedi en assurant qu’elle respecterait et protégerait la Constitution. Nous connaissons désormais la suite : l’armée a arrêté les représentants démocratiquement élu de Birmanie, pris le pouvoir, et détruit 10 ans de travail de transition démocratique pacifique .

Evidemment, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres « condamne fermement » ces arrestations. Mêmes déclarations de la part des dirigeants de l’Union Européenne, même si on attend toujours de voir à quoi ressemble une réaction concrète de l’ONU et de l’UE quand elles condamnent « fermement » le comportement d’un pays tiers. Passons également le festival de réactions internationales venant de pays dont gouvernement Birman se fiche éperdument. Les seules réactions intéressantes ici sont celles des Etats-Unis et de la Chine.
Les premiers ont exigé la libération des dirigeants interpellés sous menace de réagir en cas de refus. Joe Biden a appelé rendre « immédiatement » le pouvoir, sous peine de sanctions contre le pays.
La Chine, elle, a déclaré que les acteurs politiques birmans devaient « régler leurs différends dans le cadre de la Constitution et des lois, afin de maintenir la stabilité politique et sociale », cette Constitution qui protège les militaires et a servi de support pour lancer un coup d’Etat.

Nouvelles arrestations en Russie

Quitte à parler de mascarades de démocratie, restons dans le sujet avec la Russie.
Une semaine après l’émergence de manifestations importantes pour libérer l’opposant au régime Alexeï Navalny, arrêté le 18 janvier dernier, les Russes ont à nouveau manifesté en masse dans tout le pays. La police a procédé à l’arrestation de 5 400 personnes dans 92 villes du pays. Selon l’Union des journalistes russes, 60 membres de la presse ont été arrêtés.
Ce ne sera une surprise pour personne, mais ces manifestations n’étaient pas autorisées. La police russe a déployé un important dispositif anti-émeute et bloqué l’accès au centre de plusieurs villes : Pas question pour l’image de la Russie de voir à nouveau des milliers de manifestants protester sur les places des villes principales du pays, ce serait désastreux.
À coup de procédures judiciaires, le régime a tenté de réduire le nombre de manifestants entre les deux week-end, parmi eux, les proches alliés d’Alexeï Navalny. Ils ont été assignés à résidence par la justice russe à la veille des manifestations. Cela fait suite à une série de perquisitions sur le domicile de la femme de Navalny et les locaux de son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption.


Petit rappel utile : selon l’avocate de M. Navalny, celui-ci risque « environ deux ans et demi » de prison ferme pour avoir violé les conditions d’une condamnation avec sursis, qu’il s’était vu infliger en 2014.
La raison du non-respect des conditions : Alexeï Navalny a été empoisonné le 20 août 2020 avec du Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l’URSS dans les années 1970 et 1980. Cette méthode a également été utilisée contre l’ancien agent Sergueï Skripal, en 2018.
Moscou nie toujours alors même qu’un agent du FSB a avoué les faits lors d’un piège téléphonique.
D’abord hospitalisé en Sibérie, les médecins russes ont déclaré que l’état de santé de l’opposant était dû à son hygiène de vie. Navalny a ensuite été transféré dans un hôpital à Berlin ou il a passé plusieurs semaines dans le coma. Après cinq mois de convalescence en Allemagne, il a été arrêté à l’aéroport lors à son retour au pays le 17 janvier dernier.

Régime sucré pour Jair Bolsonaro

Le président brésilien risque de moins aimer le sucre dans les temps qui viennent : Jair Bolsonaro se noie actuellement dans un scandale à base de lait concentré.
Le journal Metropoles a révélé que l’administration fédérale brésilienne a dépensé 1,8 milliard de reais – soit 270 millions d’euros – en aliments et boissons en 2020. Il s’agit d’une hausse de 20 % par rapport à 2019. Bon, ce sont des frais de bouches certes, mais dans la myriade de sommes dépensées, il y en a une qui ressort particulièrement : 2,3 millions d’euros en achat de lait concentré sucré. Si le prix est difficile à visualiser, la quantité l’est moins : il s’agit de deux à trois tonnes de lait concentré ou 7 000 boîtes de conserve par jour.

La situation prête à rire, à défaut de faire pleurer dans ce pays embourbé dans une situation dramatique.
En pleine crise économique et sanitaire, Jair Bolsonaro est menacé de destitution pour sa gestion catastrophique de la crise du Covid-19. Le virus a déjà fait 220 000 morts dans le pays.
Le Brésil subit une seconde vague meurtrière et un variant amazonien se diffuse encore plus vite que la première version du Covid-19. De ce fait, 2,3 millions d’euros à dépenser en vaccins ou de bonbonnes d’oxygène plutôt qu’en lait concentré auraient été les bienvenu. Surtout que la campagne de vaccination cabotine, enchaine les retards et dysfonctionnements. À cela, le président un tantinet nerveux a lancé lors d’un déjeuner filmé à Brasilia le 27 janvier : « Allez vous faire foutre chez votre putain de mère, presse de merde ! Vous pouvez vous la mettre au cul, cette conserve de lait concentré ! ».
La classe.

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Les informations du 29 janvier à ne pas louper

Plan d’aide de 3 milliards, moins de morts sur la route, 200 000 déplacés en Centrafrique, les experts à Wuhan, Wall Street en PLS : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Confinement « adapté » imminent

Selon un conseiller de l’exécutif interrogé par le Monde, un nouveau confinement pourrait être décidé « dans le week-end ». Une mesure qui a largement perdu de sa popularité avec le temps. Au printemps 2020, 93% de la population était favorable à cette mesure. Désormais, ils ne seraient plus que 43% selon l’institut Elabe. Le conseil scientifique prend la parole dans différent média, le gouvernement estime qu’un couvre-feu n’est « pas suffisant » mais la décision finale revient au président de la République. Avec 11 155 nouvelles hospitalisations pour Covid-19 cette semaine, le nombre total de personnes hospitalisées le 26 janvier a atteint 27 041 personnes selon Santé publique France.
Toujours selon l’organisme gouvernemental, 3 081 patients atteint du Covid étaient en réanimation à cette date. Cela représente 60% du taux d’occupation des lits de réanimation. Avec une telle évolution, la décision d’un confinement n’est plus qu’une question de jours, reste à savoir quelles exceptions seront appliquées à la population, comme les étudiants qui s’étaient vu promettre, par Emmanuel Macron en personne, un retour à l’université un jour par semaine.

Le plan qui valait trois milliards

3,3 milliards d’euros. C’est ce que Jean Castex annonce comme ressources pour financer une série d’actions en faveur des habitants des territoires urbains fragiles. Cette annonce est attendue depuis trois ans par les élus et les associations et les acteurs de terrain des quartiers populaires. Tous réclamaient des mesures sociales en supplément du milliard déjà annoncé dans le plan de relance de novembre 2020. S’ajoutent désormais 2,3 milliards d’euros à investir dans les secteurs de l’emploi, et l’insertion professionnelle, l’éducation, la sécurité, le logement, la santé etc.
Cette annonce est faite dans le cadre de mesures sensées augmenter l’égalité des chances. Il s’agit ici de la première étape de cette stratégie évoquée par Emmanuel Macron en septembre dernier. Dans certains quartiers, le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active est monté de 20 %. Les demandes d’aide alimentaire, elles, ont augmenté de 50 %. Alors que les prochaines élections présidentielles ont lieu dans un an, il est difficile de considérer cette décision comme autre chose qu’un choix politique alors que la crise sanitaire fait rage.

Rebondissement dans le double meurtre en Ardèche et dans la Drôme

Avec l’affaire du tabassage du jeune Yuriy, qui a vu le nombre de personne placées en garde à vue monter au nombre de douze, ce double meurtre est l’autre fait divers qui occupe l’attention de la presse française. Hier, un homme de 45 ans a tué à l’arme à feu une conseillère de Pôle emploi à Valence et une DRH à Guilherand-Granges. Au-delà du choc initial, les enquêteurs ont établi un lien entre cette affaire et celles d’une tentative de meurtre d’un DRH et le meurtre d‘une autre DRH dans le Haut-Rhin le 26 janvier. A l’heure actuelle le suspect serait « « mutique, il ne parle pas du tout sur les faits, ne répond pas aux questions », déclare Alex Perrin, procureur de la République à Valence.

Moins de morts sur les routes… grâce au Covid

Le record à battre était de 3244 personnes en 2019, c’est désormais chose faite. Selon les chiffres annoncés par la Sécurité routière, 2550 personnes sont décédées sur les routes en 2020, soit le niveau le plus bas depuis l’après-guerre et la démocratisation des véhicules automobiles en France. La baisse est drastique : 21,4% de morts en moins qu’en 2019, mais ce chiffre est « a relativiser » selon l’organisme.
La raison semble évidente : le premier confinement a entraîné une baisse du trafic de 75 % pour avril 2020 et le reste de l’année a été impacté de manière similaire.
L’enthousiasme que pourrait provoquer cette annonce sera également touché par les autres chiffres. Mis à part les automobilistes normaux qui ont moins eu le droit de rouler en 2020, toutes les autres catégories d’accident restent dans une tendance similaire. Le nombre de camionneurs morts n’a pas baissé et reste à 35 morts car les restrictions n’ont pas fortement touché ce corps de métier. 389 piétons ont été tués, ce qui en faits 94 de moins qu’en 2019 et 174 cyclistes sont morts soit 13 de moins que l’année précédente.

Le PIB français chute de 8,3% en 2020

Drame, récession, désespoir, crise… ou pas ? Selon les premières estimations de l’Insee, le produit intérieur brut français (PIB) a baissé de 8,3% en 2020. La faute incombe, évidemment, à la crise sanitaire.
La nouvelle insolite de cette récession, c’est que l’Insee prévoyait une chute de 9% du PIB et le gouvernement misait prudemment sur une un plongeon de 11%. Les chiffres du PIB 2020  se traduisent notamment par la chute de la consommation des ménages, celle-ci a baissé de 7,1%.
Certes, 8,3% de récession du PIB au lieu de 9%, ce n’est pas la panacée, mais on fait avec ce qu’on a.

International

Point sur le Covid et les vaccins en Europe

L’agence européenne des médicaments (EMA) a officiellement d’approuvé l’utilisation du vaccin AstraZeneca/Oxford contre le Covid-19, pour toutes les personnes âgées de 18 ans et plus. L’approbation de ce vaccin, clé de voute de la campagne vaccinale européenne grâce à son prix et sa température de conservation, est pourtant loin de provoquer des scènes de liesse à Bruxelles.
Au contraire, la situation est tendue et l’UE a publié son contrat avec AstraZeneca et l’appelle à tenir ses engagements. Ce dernier a annoncé de gros retards dans la production de son vaccin alors que l’Union a commandé 400 millions de doses : au final AstraZneca déclare ne pouvoir livrer qu’« un quart » des doses initialement promises au premier trimestre.
Le retard serait dû à une « baisse de rendement » sur un site de fabrication européen. Le contrat stipule notamment que l’entreprise « s’est engagée à faire tous les efforts raisonnables en vue de mettre sur pied des capacités pour produire 300 millions de doses du vaccin, sans en tirer de bénéfices ni essuyer de pertes »

Toujours à propos des vaccins, la Hongrie continue de faire cavalier seul dans la campagne de vaccination européenne. Critiquant la « lenteur » du processus européen, le pays a commandé deux millions de doses du vaccin russe Spoutnik V la semaine dernière. Aujourd’hui, la Hongrie devient également le premier pays de l’UE à approuver le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm. Viktor Orban, le premier ministre hongrois au pouvoir depuis dix ans, espère « signer un contrat » le plus rapidement possible. Une commande de 500.000 doses a été évoquée hier par le chef de son Bureau, Gergely Gulyas.

Enfin, en attendant que nous soyons tous vaccinés d’ici 2040, les ambassadeurs des Etats membres de l’UE ont approuvé vendredi une proposition de la Commission européenne concernant des restrictions de circulation dans l’UE. Une nouvelle cartographie des zones les plus touchées par le virus est donc adoptée et des mesures plus strictes seront appliquées à ces régions. L’idée de ces restrictions non contraignantes est de « fortement décourager les déplacements non essentiels, tout en évitant les fermetures de frontières ou les interdictions générales de voyage ».

Les experts à Wuhan

Après 14 jours de quarantaine, les experts en vaccination de l’Organisation mondiale de la santé ont démarré leur enquête sur l’origine du Covid-19. Selon l’OMS, le but de l’enquête est de « comprendre ce qui s’est passé pour éviter que cela ne se répète à l’avenir ».
Au sommaire : rencontre de nombreux médecins, patiens et visite d’endroits parfois sensibles. Dans la liste des lieux ou les experts se rendront se trouve l’Institut de virologie de Wuhan. L’établissement est connu car Donald Trump et son administration avaient suggérés sans preuves que le virus avait pu s’échapper de cet endroit avant de contaminer la planète.
Autre endroit sensible que les experts vont visiter : le marché Huanan, fermé depuis un an. Le lieu était une plaque tournante de la vente d’animaux sauvages vivants. Il s’agit du premier foyer où l’épidémie de Covid-19 s’est manifestée.
Les visites se font dans un contexte tendu et la Chine minimise la portée de la mission des spécialistes étrangers et rejette toute « ingérence politique ».
Selon Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, « Cette coopération et ces échanges entre experts internationaux de l’OMS et experts chinois sont l’un des volets de la recherche mondiale sur l’origine du coronavirus. Ce n’est pas une enquête ».
Petit rappel que la Chine est extrêmement opaque sur les données qu’elle partage avec le reste du monde. Alors que le pays est le point de départ d’une épidémie ayant touché 2,1 millions de personnes dans le monde, la Chine n’a déclaré que 4.636 morts.

La Défense européenne en discussion

Deux évènements majeurs se sont déroulés ces derniers jours concernant la défense du vieux continent.
Le premier est la réunion par visio-conférence entre Angela Merkel et Emmanuel Macron au conseil franco-allemand de défense et de sécurité.
Plus d’un an après la dernière réunion d’octobre 2019, cette rencontre est un moyen de dialoguer sur la sécurité et de la défense entre la France et l’Allemagne. Les deux pays vont également discuter sur leur une contribution au développement de la défense européenne.
Les deux géants ont des visions différentes de la défense européenne. La France souhaite établir une souveraineté alors que l’Allemagne est traditionellement plus encline à un support de son allié outre atlantique de l’OTAN : les Etats-Unis. C’est une dépendance qui pose beaucoup de questions comme je l’évoquais dans mon article « L’Europe est-elle en sécurité ? »
Le second évènement majeur est la discussion de jeudi dernier entre les chefs des diplomaties américaine et européenne. Washington souhaite « réparer, revitaliser les relations Etats-Unis-UE et d’en relever les ambitions ». Cependant, les analystes et dirigeants s’accordent à dire que, mis à part une reprise des dialogues, les Etats-Unis n’ont pas l’intention de redevenir le gendarme du monde ni le grand protecteur à l’Otan. Ces analyses concordent avec l’absence d’engagements des Etats-Unis concernant le Sahel à la suite de la rencontre entre Lloyd Austin, le nouveau secrétaire à la Défense, et Florence Parly, notre ministre des armées.

Plus de 200 000 déplacés en Centrafrique en moins de deux mois

D’ailleurs, restons sur l’Afrique. Je vous écrivais le 22 janvier dernier que le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies avait annoncé que deux millions de personnes ont été déplacées dans leur propres pays dans la région du Sahel pendant l’année 2020.
Et bien aujourd’hui c’est la Centrafrique qui est au centre de l’attention pour des raisons similaires.
Selon l’ONU, les violences qui ravagent le pays ont causé le déplacement de plus de 200.000 personnes en moins de deux mois. Environ 105 000 ont fui vers les pays voisins.
Depuis décembre, début d’une offensive de groupes armés rebelles sur la capitale Bangui, 92.000 personnes ont fui en République démocratique du Congo. 13 240 autres seraient réparties au Cameroun, au Tchad et au Congo. Une guerre civile meurtrière fait rage dans les pays depuis 2013, elle perturbe les élections, y compris celle de Faustin-Archange Touadéra, réélu le 18 janvier dernier avec seulement 35,25 % de participation.

Le Portugal légalise l’euthanasie

Approuvée par le Parlement avec 136 voix pour, 78 voix contre et 4 abstentions, le Portugal adopte une loi autorisant « la mort médicalement assistée ». Le Portugal devient donc le quatrième pays d’Europe à légaliser l’euthanasie.
La loi prévoit que seuls les Portugais majeurs, résidant dans le pays et se trouvant « dans une situation de souffrance extrême, présentant des lésions irréversibles » ou atteints « d’une maladie incurable », pourront bénéficier de cette mort médicalement assistée.

Wall Street se venge des boursicoteurs amateur

La dérégulation du marché, c’est bien. Enfin ça l’était jusqu’à que ceux qui en profitent d’habitude voient le système se retourner contre eux. N’étant pas expert financier, je vais vous renvoyer vers un article du Monde qui explique en détail comment de petits investisseurs du forum Reddit ont utilisé des fond spéculatifs pour faire trembler Wall Street.
Si je suis incapable de vous expliquer facilement le procédé, je peux en revanche vous en décrire les conséquences. Des milliers de boursicoteurs ont investi dans des entreprises qui spéculaient sur la baisse de valeur de leurs actions telles que Gamestop ou AMC. En quelque jours, l’action de Gamestop est passé de 2,57 dollars à 347,51 mercredi, l’entreprise valait alors 10,3 milliards de dollars.
Sauf que jouer au casino et planter l’économie avec des bulles spéculatives comme en 2008, les gens de Wall Street n’aiment ça que lorsque les choses sont faites par des professionnels, le genre à être renfloués par les caisses des états. Alors quand des milliers d’investisseurs indépendants interviennent dans un marché « dérégulé » pour profiter des failles d’un système dont seuls les pros pouvaient bénéficier avant, ça ne plait pas aux investisseurs. Tous les boursicoteurs venu d’internet, pourtant censé être libre de spéculer, ont ainsi vu l’accès à leurs actions bloqué ou limité sur les applications qu’ils utilisaient pour faire du courtage : Robinhood, E-Trade ou encore Interactive Brokers.
Cette violation directe au droit d’accès au marché à quiconque souhaite y participer n’a pas encore été commentée par la Maison Blanche qui, à mon humble avis, ne doit pas trop savoir quoi dire vu que le capitalisme vient littéralement de lui sauter à la tronche.
Quant aux parlementaires de la droite et de la gauche américaines, la majorité sont d’accord sur la nécessité d’intervenir et que la Securities and Exchange Commission – le gendarme de la Bourse américaine – fasse enfin son boulot et recadre les acteurs qui empêchent les épargnants particuliers d’accéder au marché.
Enfin, la déclaration à retenir de cet évènement vient d’Alexandria Ocasio-Cortez élue populaire de la gauche radicale au Congrès américain : « C’est vraiment quelque chose de voir des gens de Wall Street qui ont longtemps traité notre économie comme un casino se plaindre d’un forum qui traite également le marché comme un casino. »

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