Grand débat sur la sécurité, dissolution de Génération identitaire, extension de la parité homme-femme, vaccins dans l’UE, émeutes aux Pays-Bas, démission en Italie et la Première ministre en Estonie : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.
National
Le Beauvau de la sécurité
Le point du jour démarre par une information concernant la journée d’hier (ca commence bien) !
Le ministre de l’Intérieur, Gerald Darmanin, et les syndicats de policiers se sont réuni lundi pour un premier grand débat sur la sécurité.
Cette initiative fait suite à un engagement d’Emmanuel Macron lors d’une interview sur le média Brut le 4 décembre dernier. Le président de la République y reconnaissait l’existence de violences policières, difficiles à nier après les (nombreuses) vidéos circulant sur internet d’interpellations et de méthodes de maintiens de l’ordre. La goutte qui a fait déborder le vase était l’affaire Michel Zecler, quinze jours plus tôt. Le producteur de musique a été tabassé par 4 policiers dans le 17ème arrondissement et filmé par les caméras de surveillance du lieu de travail de la victime.
Le grand débat de « Beauvau de la sécurité », organisé hier à huis clos, doit concerner ce que Gérald Darmanin appelle lui-même les « sept péchés capitaux » de la police actuelle. Je vais vous résumer quelques-unes des thématiques phare du débat.
Le premier point principal concerne la formation, le recrutement et l’encadrement des policier et des gendarmes. En 2022, les foces de l’ordre devraient comptés 10 000 recrutés supplémentaires mais, a l’heure actuelle, la formation d’un policier ne dure que huit mois, contre trois ans au Danemark. En plus d’un absence de formation sur les questions de violences domestiques et de lutte contre les discriminations, cet encadrement est également insuffisant car les trois quarts des nouveaux formés sont affectés en région parisienne dans des zones sensibles. Les vétérans, eux, demandent souvent à être muté en province après quelques années.
Le second point concerne la confiance entre la police et la population.
Selon un sondage de l’IFOP paru dans le JDD, 45% des sondés font confiance à la police, soit moins d’une personne sur deux. Le Beauvau de la sécurité est donc l’occasion de réfléchir à des méthodes alternatives comme celles du Royaume-Uni basé sur une « police de communauté » qui effectue des échanges réguliers entre la police et la population.
Le troisième point vise à réduire la violence du maintien de l’ordre.
Cinq ans après la loi « Travail », deux ans après les Gilets jaunes, quelques semaines après les manifestations de la loi « sécurité globale », le maintiens de l’ordre est aujourd’hui un sujet brulant. Malgré la rédaction du schéma national du maintien de l’ordre qui régule le matériel utilisé par les forces de police (Grenades GLI-F4, utilisation de LBD), le débat doit s’orienter sur des discussions concernant les méthodes de « désescalade » allemandes adoptées par le pays en 1985.
Enfin, un dernier point important concerne la rénovation de l’IGPN.
Les bœuf-carottes n’ont pas vraiment la côte depuis quelques années, ce n’est un secret pour personne. Qualifiée de « masquarade » par l’opposition de gauche, l’inspection générale de la police nationale, la « police des polices » est accusée par ses détracteurs de partialité et d’immobilisme. Le nombre d’enquêtes transmises aux autorités judiciares par l’organisme en 2019 était de 1322. Cependant l’IGPN a réduit ses propositions de sanctions de 21,4% par rapport à 2018.
L’une des solutions serait de créer un organisme indépendant du ministère de l’Intérieur. Gerald Darmanin a rejeté cette idée devant la commission des lois. Le ministre privilégie une évolution de l’institution sous le giron de son ministère, ce sera sujet à débat.
Le ministère de l’intérieur envisage une dissolution de Génération identitaire
(Attention, je ne vais pas être tendre)
La dernière classe de neige « antimigrants » des fachos dans les Pyrénées n’est pas du goût du ministre de l’Intérieur. La semaine dernière, le groupuscule d’extrême droite – qui revendique 2800 membres- a mené deux opérations sous la bannière « Defend Europe » à la frontière avec l’Espagne, en Haute-Garonne.
L’objectif, selon Marianne Thaïs d’Escufon, porte-parole de l’organisation, était de « traquer les profils suspects » et « afro-maghrébins » à coup de drones.
Outre le fait que les derniers terroristes notoires en France venaient de Belgique et pas de méditerranée, Génération identitaire n’en est pas à son coup d’essai.
En 2018, ils ont également effectué des patrouilles de nuit et créé une chaine humaine à la frontière Franco-Italienne (toujours pas la Belgique). Trois cadres de l’organisation avaient alors été condamnés en 2019, puis relaxés en décembre 2020 par la cour d’appel de Grenoble.
Cela n’empêche pas Gerald Darmanin d’être « scandalisé par le travail de sape de la République » de la part des militants. Le ministre ajoute que, si les éléments sont réunis, il n’hésitera pas à proposer la dissolution du groupe. Une enquête préliminaire a également été ouverte pour « provocation publique à la haine raciale ».
Le secteur de la pèche coule en France
Lors du comité national des pêches, les pêcheurs français ont évalué une baisse de 30% à 40% de leur chiffre d’affaires en 2020. Le directeur général du comité, Jean-Luc Hall, parle de « catastrophe ». Cette chute est due aux difficultés économiques provoquées par le Covid-19 : la fermeture des restaurants et des marchés internationaux comme l’Italie et l’Espagne a durement frappé le secteur. Autre raison avancée : la raréfaction des ressources. Les pécheurs dans l’est et le nord de la manche reprochent aux pécheurs du Pays-Bas d’utiliser des filets au maillage plus fin et donc de diminuer les captures.
Extension de la parité homme-femme
Le Haut conseil à l’égalité hommes-femmes appelle à l’extension de loi Copé-Zimmermann dans les comités exécutifs et de direction. Signée en 2011, la loi impose un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration (CA) des grandes et moyennes entreprises. Grace à cette loi, la part de femmes dans les CA des entreprises du CAC40 a plus que doublé, passant de 20,6% en 2011 à 44,6% en 2020. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, s’est lui-même déclaré favorable pour des quotas dans les entreprises afin de faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes.
International
Point sur les vaccins en France et dans l’Union Européenne :
Concernant les vaccins l’actualité est toujours chaude en ce moment, même quand ces derniers doivent êtres réfrigérés à -70° C. La dernière info en date concernant le vaccin Pfizer/BioNTech est que le délai d’injection en deux temps du vaccin sera maintenu à « 3 ou 4 semaines » en France, selon le ministre de la Santé Olivier Véran. Celui-ci va contre l’avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament et la Haute autorité de santé. Ces dernières estiment que l’écart entre deux administrations de vaccin peut être allongé à six semaines.
Toujours sur la question du délai entre deux injections d’un vaccin, le Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS sur la vaccination déclare que le vaccin Moderna – dans des circonstances exceptionnelles – peut être administrée jusqu’à six semaines après la première dose. En revanche, ils ne recommandent en revanche pas de réduire la dose de moitié.
Encore faut-il que tout le monde ai accès à des vaccins. Des retards sont prévus dans la production européenne et la Commission européenne a fait pression sur les laboratoires pour recevoir les vaccins promis. Involontairement, ces vaccins sont également un vecteur d’inégalité. A l’heure actuelle, les pays les plus riches ont pris une longueur d’avance dans la course à la vaccination. L’OMS a prévenu des dangers d’un « nationalisme vaccinal ». L’équité vaccinale est nécessaire pour obtenir un équilibre économique général. Au forum de Davos, Cyril Ramaphosa, président de Afrique du Sud, s’inquiète car les pays riches « s’accaparent les vaccins ». La chancelière allemande, Angela Merkel a également appelé à une répartition « équitable » dans ce contexte de concurrence entre les pays en voie de développement, et les pays industrialisés.
Zizanie au Pays Bas
Les néerlandais font de la résistance contre leur premier couvre-feu depuis la Seconde Guerre mondiale. Le week-end dernier, le gouvernement des Pays-Bas a décidé de confiner ses concitoyens dans leurs domiciles entre 21h00 et 04h30 jusqu’au 9 février. Ces restrictions visent à lutter contre la pandémie de Covid-19.
Pourtant, la décision a provoqué des émeutes dans plusieurs villes du pays. Dimanche et lundi, des affrontements ont eu lieu entre la police anti-émeute et des néerlandais. Les émeutiers ont pillé des magasins et incendié des voitures.
Selon la police, 250 personnes ont été appréhendées dimanche et 184 arrestations ont eu lieu lundi. Dix policiers ont été blessés dans les affrontements et le gouvernement déclare qu’il ne fera pas marche arrière sur ce couvre-feu respecté par la grande majorité des citoyens. Le Premier ministre Mark Rutte condamne ces « violences criminelles » et le ministre des Finances Wopke Hoekstra a déclaré que ces émeutes étaient le fait de « racailles ». Plus de 13.600 personnes sont mortes à cause du virus depuis le début de la pandémie au pays-Bas.
Le gouvernement Conte s’effondre en Italie
Giuseppe Conte, le président du Conseil des ministres d’Italie – l’équivalent de notre Premier ministre – a remis sa démission à Sergio Mattarella, le président de la République italienne.
Le second gouvernement du président du Conseil meurt donc après 509 jours d’existence, au cœur d’une crise économique et sanitaire. Cette décision est la conséquence du départ d’Italia Viva, un parti pivot de sa fragile coalition. Ce parti, dirigé par l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, était nécessaire à M. Conte pour conserver une majorité parlementaire.
Malgré le fait qu’il ait passé de justesse le vote de confiance du Parlement la semaine dernière, Giuseppe Conte a présenté sa démission. Ça ne veut pas dire qu’il renonce au poste pour autant.
Celui-ci compte lancer des consultations le plus rapidement possible auprès de tous les partis politiques italiens afin de reformer un troisième gouvernement. Une mission très difficile. S’il ne trouve ne pas assez de partis intéressés par un siège ministériel dans sa prochaine majorité parlementaire, Conte sera obligé d’abandonner.
Kaja Kallas devient la première femme à la tête du gouvernement en Estonie
En 2016, Kersti Kaljulaid devenait la première femme élue chef de l’Etat en Estonie. Aujourd’hui, Kara Kallad devient la première femme Premier ministre du pays.
En mars 2019, la chef du Parti de la réforme avait remporté les élections législatives mais n’avait pas pu former une coalition majoritaire. C’est donc le précédent premier ministre centriste depuis 2016, Jüri Ratas, qui était resté au pouvoir. La transition du pouvoir s’opère dans le cadre d’une démission de cet homme politique. Son parti était impliqué dans une affaire de corruption. Les centristes ont donc annoncé leur ralliement dans un gouvernement de coalition dirigé par Kara Kallad.
Avec cette nomination, l’Estonie devient le sixième pays nordique avec le Danemark, l’Islande, la Norvège, la Finlande et la Lituanie à être gouverné par une femme. Il ne manque plus que la Suède et la Lettonie, et la boucle nordique sera bouclée.
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