Les informations du 26 janvier à ne pas louper

Grand débat sur la sécurité, dissolution de Génération identitaire, extension de la parité homme-femme, vaccins dans l’UE, émeutes aux Pays-Bas, démission en Italie et la Première ministre en Estonie : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Le Beauvau de la sécurité

Le point du jour démarre par une information concernant la journée d’hier (ca commence bien) !
Le ministre de l’Intérieur, Gerald Darmanin, et les syndicats de policiers se sont réuni lundi pour un premier grand débat sur la sécurité.
Cette initiative fait suite à un engagement d’Emmanuel Macron lors d’une interview sur le média Brut le 4 décembre dernier. Le président de la République y reconnaissait l’existence de violences policières, difficiles à nier après les (nombreuses) vidéos circulant sur internet d’interpellations et de méthodes de maintiens de l’ordre. La goutte qui a fait déborder le vase était l’affaire Michel Zecler, quinze jours plus tôt. Le producteur de musique a été tabassé par 4 policiers dans le 17ème arrondissement et filmé par les caméras de surveillance du lieu de travail de la victime.

Le grand débat de « Beauvau de la sécurité », organisé hier à huis clos, doit concerner ce que Gérald Darmanin appelle lui-même les « sept péchés capitaux » de la police actuelle. Je vais vous résumer quelques-unes des thématiques phare du débat.

Le premier point principal concerne la formation, le recrutement et l’encadrement des policier et des gendarmes. En 2022, les foces de l’ordre devraient comptés 10 000 recrutés supplémentaires mais, a l’heure actuelle, la formation d’un policier ne dure que huit mois, contre trois ans au Danemark. En plus d’un absence de formation sur les questions de violences domestiques et de lutte contre les discriminations, cet encadrement est également insuffisant car les trois quarts des nouveaux formés sont affectés en région parisienne dans des zones sensibles. Les vétérans, eux, demandent souvent à être muté en province après quelques années.

Le second point concerne la confiance entre la police et la population.
Selon un sondage de l’IFOP paru dans le JDD, 45% des sondés font confiance à la police, soit moins d’une personne sur deux. Le Beauvau de la sécurité est donc l’occasion de réfléchir à des méthodes alternatives comme celles du Royaume-Uni basé sur une « police de communauté » qui effectue des échanges réguliers entre la police et la population.

Le troisième point vise à réduire la violence du maintien de l’ordre.
Cinq ans après la loi « Travail », deux ans après les Gilets jaunes, quelques semaines après les manifestations de la loi « sécurité globale », le maintiens de l’ordre est aujourd’hui un sujet brulant. Malgré la rédaction du schéma national du maintien de l’ordre qui régule le matériel utilisé par les forces de police (Grenades GLI-F4, utilisation de LBD), le débat doit s’orienter sur des discussions concernant les méthodes de « désescalade » allemandes adoptées par le pays en 1985.

Enfin, un dernier point important concerne la rénovation de l’IGPN.
Les bœuf-carottes n’ont pas vraiment la côte depuis quelques années, ce n’est un secret pour personne. Qualifiée de « masquarade » par l’opposition de gauche, l’inspection générale de la police nationale, la « police des polices » est accusée par ses détracteurs de partialité et d’immobilisme. Le nombre d’enquêtes transmises aux autorités judiciares par l’organisme en 2019 était de 1322. Cependant l’IGPN a réduit ses propositions de sanctions de 21,4% par rapport à 2018.
L’une des solutions serait de créer un organisme indépendant du ministère de l’Intérieur. Gerald Darmanin a rejeté cette idée devant la commission des lois. Le ministre privilégie une évolution de l’institution sous le giron de son ministère, ce sera sujet à débat.

Le ministère de l’intérieur envisage une dissolution de Génération identitaire

(Attention, je ne vais pas être tendre)
La dernière classe de neige « antimigrants » des fachos dans les Pyrénées n’est pas du goût du ministre de l’Intérieur. La semaine dernière, le groupuscule d’extrême droite – qui revendique 2800 membres- a mené deux opérations sous la bannière « Defend Europe » à la frontière avec l’Espagne, en Haute-Garonne.
L’objectif, selon Marianne Thaïs d’Escufon, porte-parole de l’organisation, était de « traquer les profils suspects » et « afro-maghrébins » à coup de drones.
Outre le fait que les derniers terroristes notoires en France venaient de Belgique et pas de méditerranée, Génération identitaire n’en est pas à son coup d’essai.
En 2018, ils ont également effectué des patrouilles de nuit et créé une chaine humaine à la frontière Franco-Italienne (toujours pas la Belgique). Trois cadres de l’organisation avaient alors été condamnés en 2019, puis relaxés en décembre 2020 par la cour d’appel de Grenoble.
Cela n’empêche pas Gerald Darmanin d’être « scandalisé par le travail de sape de la République » de la part des militants. Le ministre ajoute que, si les éléments sont réunis, il n’hésitera pas à proposer la dissolution du groupe. Une enquête préliminaire a également été ouverte pour « provocation publique à la haine raciale ».

Le secteur de la pèche coule en France

Lors du comité national des pêches, les pêcheurs français ont évalué une baisse de 30% à 40% de leur chiffre d’affaires en 2020. Le directeur général du comité, Jean-Luc Hall, parle de « catastrophe ». Cette chute est due aux difficultés économiques provoquées par le Covid-19 : la fermeture des restaurants et des marchés internationaux comme l’Italie et l’Espagne a durement frappé le secteur. Autre raison avancée : la raréfaction des ressources. Les pécheurs dans l’est et le nord de la manche reprochent aux pécheurs du Pays-Bas d’utiliser des filets au maillage plus fin et donc de diminuer les captures.

Extension de la parité homme-femme

Le Haut conseil à l’égalité hommes-femmes appelle à l’extension de loi Copé-Zimmermann dans les comités exécutifs et de direction. Signée en 2011, la loi impose un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration (CA) des grandes et moyennes entreprises. Grace à cette loi, la part de femmes dans les CA des entreprises du CAC40 a plus que doublé, passant de 20,6% en 2011 à 44,6% en 2020. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, s’est lui-même déclaré favorable pour des quotas dans les entreprises afin de faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes.

International

Point sur les vaccins en France et dans l’Union Européenne :

Concernant les vaccins l’actualité est toujours chaude en ce moment, même quand ces derniers doivent êtres réfrigérés à -70° C. La dernière info en date concernant le vaccin Pfizer/BioNTech est que le délai d’injection en deux temps du vaccin sera maintenu à « 3 ou 4 semaines » en France, selon le ministre de la Santé Olivier Véran. Celui-ci va contre l’avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament et la Haute autorité de santé. Ces dernières estiment que l’écart entre deux administrations de vaccin peut être allongé à six semaines.

Toujours sur la question du délai entre deux injections d’un vaccin, le Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS sur la vaccination déclare que le vaccin Moderna – dans des circonstances exceptionnelles – peut être administrée jusqu’à six semaines après la première dose. En revanche, ils ne recommandent en revanche pas de réduire la dose de moitié.

Encore faut-il que tout le monde ai accès à des vaccins. Des retards sont prévus dans la production européenne et la Commission européenne a fait pression sur les laboratoires pour recevoir les vaccins promis. Involontairement, ces vaccins sont également un vecteur d’inégalité. A l’heure actuelle, les pays les plus riches ont pris une longueur d’avance dans la course à la vaccination. L’OMS a prévenu des dangers d’un « nationalisme vaccinal ». L’équité vaccinale est nécessaire pour obtenir un équilibre économique général. Au forum de Davos, Cyril Ramaphosa, président de Afrique du Sud, s’inquiète car les pays riches « s’accaparent les vaccins ». La chancelière allemande, Angela Merkel a également appelé à une répartition « équitable » dans ce contexte de concurrence entre les pays en voie de développement, et les pays industrialisés.

Zizanie au Pays Bas

Les néerlandais font de la résistance contre leur premier couvre-feu depuis la Seconde Guerre mondiale. Le week-end dernier, le gouvernement des Pays-Bas a décidé de confiner ses concitoyens dans leurs domiciles entre 21h00 et 04h30 jusqu’au 9 février. Ces restrictions visent à lutter contre la pandémie de Covid-19.
Pourtant, la décision a provoqué des émeutes dans plusieurs villes du pays. Dimanche et lundi, des affrontements ont eu lieu entre la police anti-émeute et des néerlandais. Les émeutiers ont pillé des magasins et incendié des voitures.
Selon la police, 250 personnes ont été appréhendées dimanche et 184 arrestations ont eu lieu lundi. Dix policiers ont été blessés dans les affrontements et le gouvernement déclare qu’il ne fera pas marche arrière sur ce couvre-feu respecté par la grande majorité des citoyens. Le Premier ministre Mark Rutte condamne ces « violences criminelles » et le ministre des Finances Wopke Hoekstra a déclaré que ces émeutes étaient le fait de « racailles ». Plus de 13.600 personnes sont mortes à cause du virus depuis le début de la pandémie au pays-Bas.

Le gouvernement Conte s’effondre en Italie

Giuseppe Conte, le président du Conseil des ministres d’Italie – l’équivalent de notre Premier ministre – a remis sa démission à Sergio Mattarella, le président de la République italienne.
Le second gouvernement du président du Conseil meurt donc après 509 jours d’existence, au cœur d’une crise économique et sanitaire. Cette décision est la conséquence du départ d’Italia Viva, un parti pivot de sa fragile coalition. Ce parti, dirigé par l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, était nécessaire à M. Conte pour conserver une majorité parlementaire. 
Malgré le fait qu’il ait passé de justesse le vote de confiance du Parlement la semaine dernière, Giuseppe Conte a présenté sa démission. Ça ne veut pas dire qu’il renonce au poste pour autant.
Celui-ci compte lancer des consultations le plus rapidement possible auprès de tous les partis politiques italiens afin de reformer un troisième gouvernement. Une mission très difficile. S’il ne trouve ne pas assez de partis intéressés par un siège ministériel  dans sa prochaine majorité parlementaire, Conte sera obligé d’abandonner.

Kaja Kallas devient la première femme à la tête du gouvernement en Estonie

En 2016, Kersti Kaljulaid devenait la première femme élue chef de l’Etat en Estonie. Aujourd’hui, Kara Kallad devient la première femme Premier ministre du pays.
En mars 2019, la chef du Parti de la réforme avait remporté les élections législatives mais n’avait pas pu former une coalition majoritaire. C’est donc le précédent premier ministre centriste depuis 2016, Jüri Ratas, qui était resté au pouvoir. La transition du pouvoir s’opère dans le cadre d’une démission de cet homme politique. Son parti était impliqué dans une affaire de corruption. Les centristes ont donc annoncé leur ralliement dans un gouvernement de coalition dirigé par Kara Kallad.
Avec cette nomination, l’Estonie devient le sixième pays nordique avec le Danemark, l’Islande, la Norvège, la Finlande et la Lituanie à être gouverné par une femme. Il ne manque plus que la Suède et la Lettonie, et la boucle nordique sera bouclée.

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Les informations du 25 janvier à ne pas louper

Rattrapage des actus du week-end, retard des vaccins, troisième confinement, procès de l’agent orange, arrestations massives en Russie et rapport sur les inégalités mondiales : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Point sur la pandémie : Vaccinations, retard des livraisons et confinement possible

La France a atteint le million de personnes vaccinées contre le Covid-19 samedi 23 janvier, cependant, la production de vaccins n’est toujours pas suffisante pour répondre à la demande des européens
Pour les laboratoires, tous les moyens sont bons pour gagner du temps et faire des économies.
Pfizer et BioNTech, par exemple, sont coutumier des excuses : le 15 janvier, ils annonçaient du retard dans la livraison de leurs vaccin a cause de problèmes de production. Après la livraison en temps et en heure, c’est désormais dans la quantité qu’ils essayent de négocier. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a établi qu’un flacon de vaccin Pfizer/BioNTech contenait six doses au lieu de cinq. De ce fait, ils livreront moins de flacons pour le même prix de commande.

Autre cafouillage dans la livraison de vaccins en Europe, et donc en France : Le groupe britannique AstraZeneca a annoncé, lui aussi, des « baisse de rendement » dans sa production. Du retard est donc prévu dans les livraisons alors que l’EMA n’a même pas encore donné son feu vert pour le vaccin, prévu pour le 29 janvier.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé le PDG du groupe aujourd’hui pour lui rappeler d’honorer son contrat avec l’Union Européenne. Dans son appel, la présidente de la Commission a mentionné que « l’UE avait investi d’importants montants dans les laboratoires, précisément pour s’assurer que la production monte en puissance avant l’approbation de mise sur le marché ». La Commission européenne, a négocié et signé un contrat pour précommander jusqu’à 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford. Celui-ci est sensé mieux se conserver et être moins cher, si jamais il arrive un jour…

L’institut pasteur abandonne la course

En plus d’un gout de défaite venant des livraisons européennes, c’est également le secteur français qui s’enfonce. En décembre, Sanofi a annoncé que son vaccin n’arriverait qu’un an après tous ses concurrents car celui-ci était moins efficace que prévu. Sanofi a versé 4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires en 2020. Le groupe a également annoncé un plan de licenciement de 1700 personnes dont 1000 personnes en France et 400 dans la recherche.
Ce fleuron de la recherche française n’est d’ailleurs pas le seul à s’illustrer d’une manière étrange en 2021 : L’institut Pasteur a annoncé aujourd’hui qu’il renonçait au développement de son principal projet de vaccin contre le Covid-19, car les premiers essais ont montré qu’il était moins efficace qu’espéré.

Vers un troisième confinement ?

En attendant des jours meilleurs du côté des vaccins, la France se prépare à un potentiel troisième confinement. Le président de la république présidera mercredi prochain un conseil de défense sanitaire. Emmanuel Macron devra décider si un confinement doit être à nouveau mis en place.
Officiellement, un statu quo et même un allégement des mesures pourraient être prévu si la courbe de l’épidémie à se stabilise. Mais le scénario est peu probable. A l’heure actuelle, les scientifiques et les responsables politiques réclament un confinement préventif. Dimanche, même Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, a déclaré sur BFMTV « Il faudra aller probablement vers un confinement ».

Procès de « l’agent orange », un règlement de compte historique

Aujourd’hui s’ouvre en France le procès de « l’agent orange ». Tran To Nga a 78 ans et elle est Franco-Vietnamienne. Elle vit en France depuis 1992 mais à l’époque de la guerre du Vietnam, elle était une agente de liaison dans le maquis. Elle affirme souffrir de pathologies causées par ce défoliant toxique utilisé au-dessus des jungles du pays entre 1961 à 1971 pour débusquer les troupes Nord-vietnamiennes.  

Elle a notamment perdu une fille et s’est rendu compte que des maladies récurrentes ou des problèmes de santé pouvaient avoir été causés par l’agent orange. Tran To Nga a porté plainte en 2014 contre 14 firmes l’industrie agrochimique qui ont fabriqué ou commercialisé l’agent orange. Elle souhaite que les entreprises reconnaissent leurs responsabilités. Au rang des accusés pour le crime « d’écocide », on compte Monsanto ou encore Dow Chemical.

A l’audience d’aujourd’hui, les conseils des multinationales mises en cause ont plaidé l’incompétence du tribunal d’Evry pour traiter de ce dossier. Selon maître Jean-Daniel Bretzner, ces sociétés « agissaient sur l’ordre d’un Etat et pour son compte ». L’avocat a donc expliqué que ces entreprises pouvaient bénéficier de l’immunité de juridiction et que la juridiction française n’était pas compétente à juger de l’action d’un Etat étranger souverain dans le cadre « d’une politique de défense » en temps de guerre.

International

Arrestations massives en Russie

Difficile d’y avoir échappé ces derniers jours mais l’actualité est très mouvementée en Russie. L’incarcération de l’opposant politique Alexeï Navalny, cinq mois après son empoisonnement présumé par le Kremlin en Sibérie, a mis le feu aux poudres. Les rassemblements étaient préventivement interdits par les autorités mais des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de 114 villes russes pour réclamer la libération de l’opposant et scander des « Poutine voleur ! » ou « Navalny, on est avec toi ! ». L’Agence France-Presse estimait environ 20 000 manifestants à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Ils étaient 40 000 pour Reuters et entre 18 000 et 35 000 pour l’ONG Compteur blanc. La police, elle, donne le chiffre de 4 000 personnes présentes dans les rues. S’il ne s’agit pas d’un raz de marée humain, cela reste le rassemblement non autorisé le plus important depuis deux décennies dans le pays.

Le bilan des manifestations s’élève à 3700 arrestations dans toute la Russie. De nombreuses vidéos montrent également une violente répression des manifestations de la part de la police, et même de la violence gratuite pour certains cas. L’une des vidéos les plus marquantes concerne une femme blessée à la tête, actuellement « Dans un état grave » en soin intensif à l’hôpital Djanelidze. Alors qu’elle interrogeait des policiers à propos de l’arrestation d’un jeune homme, l’un d’entre eux lui a asséné un coup de pied dans le ventre, la faisant tomber violemment sur le sol.

De nombreuses personnalités européennes se sont exprimées à la suite de ces évènements. C’est le cas de Charles Michel, le président du Conseil européen, Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne ou encore plusieurs ministres des Affaires étrangères dont un qui n’a particulièrement pas froid aux yeux : Jean-Yves Le Drian.
Notre ministre des Affaires étrangères a déclaré dimanche « Je trouve cette dérive autoritaire très inquiétante (..) La remise en cause de l’Etat de droit par ces arrestations-là, collectives et préventives, est insupportable ». Les propos tenu le ministre sont vrai, en revanche, celui qui représente la France à l’étranger est très mal placé pour donner des leçon de maintiens de l’ordre. Epinglé par des ONG comme Amnesty International pour ses méthodes de plus en plus brutales en manifestation et ses violations de l’état de droit, la France est, elle aussi, capable d’arrestations préventives avec des gardes à vues prolongées sans motif tout un week-end, des cas de violences policières filmées etc. Comble du comble, la Russie, elle, n’a jamais tenté de faire passer une loi interdisant de filmer ses forces de l’ordre sous prétexte que les images pourraient être diffusées sur internet. Un point pour les Russes.

Le virus qui rend les riches plus riches, et les pauvres plus pauvres

L’Oxfam a publié son rapport « Le virus des inégalités ». La première constatation de l’agence non gouvernementale est que, sans surprise, la crise due au Covid-19 a augmenté les inégalités. Le rapport indique que les 1 000 personnes les plus riches du monde n’ont mis que neuf mois en 2020 pour retrouver leur niveau de fortune d’avant-crise. Lors de la crise financière de 2008, le délai était de cinq ans. A partir du 18 mars 2020 jusqu’à la fin de l’année, la fortune cumulée de ces personnes a augmenté de 3 900 milliards de dollars. Les dix personnes les plus riches du monde, dont le nôtre Bernard Arnault national, ont vu leur fortune augmenter de 540 milliards de dollars. Dans le même temps, le PIB mondial a chuté de 5% et entre 200 et 500 millions de personnes sont tombés sous le seuil de pauvreté. Parmi les personnes les plus touchées comptent les jeunes, les personnes issues de l’immigration et les femmes. Autre facteur d’aggravation : l’éducation. Plus de 180 pays ont été contraints de fermer temporairement leurs écoles en 2020.
L’Oxfam insiste dans son rapport sur la nécessité des gouvernements de rendre leur fiscalité plus redistributive. Interrogé par Le Monde, le codirecteur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l’Ecole d’économie de Paris, Lucas Chancel, déclare « Aujourd’hui, refuser de faire contribuer davantage les plus aisés pour rembourser la dette Covid, financer les vaccins et plus généralement empêcher que le monde commun ne se délite devient incompréhensible. »
Dans son rapport, l’ONG propose d’augmenter l’impôt sur la fortune, taxer les transactions financières ou encore mieux lutter contre l’évasion fiscale.

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Les informations du 22 janvier à ne pas louper

Baccalauréat, débat public sur la drogue, Covid-19, des millions de réfugiés au Sahel et les JO du Japon : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Épreuves de spécialité du baccalauréat sont supprimées

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé la suppression des épreuves de spécialité du baccalauréat prévues pour le 15 mars. Dans son email adressé aux chefs d’établissement et aux enseignants, le ministre explique que la situation est devenue « intenable » ; qu’il faut « trancher » et ne plus « laisser les élèves mariner »…

Ces épreuves valent 32 % de la note finale du bac. Cette année, elles seront calculées « sur la base des moyennes des trois trimestres de terminale de ces enseignements ».
Pour Parcoursup, les notes de ces épreuves seront remplacées par la moyenne des deux premiers trimestres de chaque enseignement de spécialité. Certaines exceptions sont tout de même à noter : l’épreuve de philosophie prévue en juin est conservée. C’est également le cas du grand oral et des épreuves anticipées de français. Toutes ces épreuves font évidemment preuves d’aménagements.

Cette décision tombe après que les syndicats d’enseignants et de chefs d’établissement aient réclamé la suppression ou le décalage de ces épreuves depuis des semaines. Si l’ajournement des épreuves aurait évité la solution du contrôle continu, il aurait également forcé une « une fermeture anticipée des lycées généraux et technologiques pour que soit assurée l’organisation de ces épreuves ». Le défi de cette mesure est de rendre les résultats objectifs, par exemple, un nombre minimal de notes sera exigé pour établir les moyennes.

Une majorité de Français sont favorables à « un débat sur la politique des drogues »

Plus d’un français sur deux pense que la politique de répression n’est pas « efficace pour lutter contre la consommation de drogues ». Sur les 1007 sondés d’une étude commandée par le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD), cela représente 66% des gens. 82% d’entre eux se disent également favorable « à l’organisation d’un débat sur la politique des drogues incluant l’ensemble des acteurs concernés »

L’étude a été réalisée à la mi-décembre. Cinquante ans après la promulgation de la loi instaurant la pénalisation de l’usage de drogues en France (loi de 1970), les sondeurs ont souhaité connaitre l’avis des Français. Parmi les autres résultats importants du sondage : 69 % pensent que « la pénalisation pour usage n’est pas efficace pour lutter contre le trafic de drogues ». 73 % jugent que l’Etat « ne met pas en place suffisamment d’outils et de campagnes de prévention ». 75 % pensent que « les mesures de réduction des risques actuelles sont insuffisantes ».

En 2016,  un sondage Ipsos écrivait que 84 % des Français jugeaient « inefficace la législation actuelle » sur le cannabis. Ces chiffrent laissent à penser qu’une politique basée sur un autre système que la pénalisation des consommateurs serait populaire auprès de la population.

Le point Covid en France

Hier, sur le journal télévisé de 20 heures sur TF1, le ministre de la santé Olivier Véran a déclaré que le variant britannique représentait 1 % à 1,5 % du total actuel des contaminations quotidiennes par le Covid-19. S’il n’est pas plus létal (MAJ : de nouvelles études estiment qu’il pourrait être 30% plus mortel) que la souche du Covid-19 que nous connaissons, le variant est beaucoup plus contagieux. Afin de réduire la menace des nouveaux types de Covid-19 qui apparaissent au Royaume-Uni mais aussi en Afrique du Sud ou au Brésil, M. Véran a assuré que le gouvernement serait « en mesure » de vacciner 70 millions de personnes d’ici à la fin du mois d’août.

Il faut cependant que « la totalité des vaccins commandés soit validée par les autorités sanitaires européennes et mondiales ». L’objectif du mois de janvier est déjà d’atteindre les « 1,4 millions » de personnes vaccinées selon le ministre. Le problème reste que les centres de vaccination reçoivent trop de réservations comparé aux doses de vaccin disponibles. Le ministre a rappelé ne plus utiliser de masque artisanal, fabriqué chez soi, a cause de leurs capacité filtrantes réduites. Mieux vaut acheter les masques grand public. Les masques optimaux sont les masques chirurgicaux, les FFP2 et les masques industriels en tissu de « catégorie 1 ».

International

Le point Covid en Europe

Dans le contexte d’apparition des nouveaux variant, l’Union européenne appelle les pays européens à éviter les voyages non essentiels. La France a annoncé qu’elle imposerait aux voyageurs européens, en plus des personnes venant de pays hors UE, la présentation d’un test PCR réalisé soixante-douze heures avant le départ. Cette obligation ne concerne les voyages essentiels, notamment pour les travailleurs frontaliers.
Cette annonce parait au même moment où la Hongrie annonce qu’elle commande deux millions de doses du vaccin russe Spoutnik V. Les autorités pharmaceutiques hongroises ont critiqué la « lenteur » du processus d’approbation des vaccins par l’Agence européenne des médicaments. De ce fait, les autorités ont engagées leur responsabilité et approuvé la distribution du vaccin sans qu’il soit encore autorisé par l’EMA. Toujours en europe, l’institut de veille sanitaire Robert Koch à annoncé que l’Allemagne a dépassé le seuil des 50 000 morts du Covid-19

Deux millions de personnes déplacées dans le Sahel en 2020 :

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies a annoncé que deux millions de personnes ont été déplacées dans leur propres pays dans la région du Sahel.
Ce « triste record » est du à la « violence incessante » de groupes djihadistes, de bandes criminelles et d’affrontements communautaires au Burkina Faso, au Tchad, au Mali et au Niger. Selon le HCR, les communautés qui accueillent des déplacés « ont atteint un point de rupture », et la réponse humanitaire est « dangereusement débordée ».
La plupart des 850 000 réfugiés dans le Sahel viennent du Mali, mais plus de la moitié des déplacés, toutes catégories, sont des Burkinabés. Le pays est la cible de nombreuses attaques djihadistes sur des églises et des religieux. Une série d’attaques armées contre la ville de Koumbri et des villages voisins, dans le nord du pays, ont entraîné le déplacement de plus de 11 000 personnes depuis le début de l’année.

JO : Le Japon y croit encore

Les différents acteurs impliqués dans l’organisation des JO de Tokyo réaffirment leurs intentions de maintenir l’évènement pour l’été prochain. Initialement prévu en 2020, ils ont été repoussés à cause de l’épidémie de Covid-19. Cette annonce fait suite à de nombreux bruits de couloirs murmurant que le gouvernement Japonais aurait officieusement baissé les bras. Même si le Premier ministre affirme dans une séance parlementaire être « déterminé » à accueillir les Jeux Olympiques, le Times écrivait que la coalition au pouvoir au Japon avait déjà secrètement prévu qu’il serait impossible d’organiser les jeux. Selon le journal, la solution que le gouvernement priorise est que Tokyo organise les JO de 2032. Le gouvernement a démenti ces informations.

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Les informations du 21 janvier à ne pas louper

Précarité étudiante, plan d’investissement dans les technologies quantiques, attentat à Bagdad : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Du pain, des cours et des psy pour les étudiants

Lors d’une rencontre avec des étudiants à l’université Paris-Saclay, dans l’Essonne, Emmanuel Macron a annoncé plusieurs mesures pour améliorer le quotidien et réduire la précarité des jeunes dans les universités. Le chef de l’état a indiqué qu’il souhaitait que les étudiants puissent « avoir les mêmes droits qu’un salarié. » et revenir sur place un jour par semaine avec une jauge maximum de 20 % dans les amphithéâtres.

La seconde mesure concerne la précarité alimentaire. Le président de la république a déclaré que tous les étudiants non boursiers et internationaux pourraient obtenir deux repas par jour à un euro dans les restaurants universitaires d’ici la fin du mois de janvier. Cette mesure n’était disponible jusqu’ici qu’aux étudiants boursiers, une seule fois par jours.

Enfin, un « chèque psy » sera créé à partir du 1er février. Celui-ci permettra à « tous les étudiants qui le souhaitent » de pouvoir consulter un psychologue et suivre des soins. La précarité étudiante est devenu une priorité du gouvernement après que les tentatives de suicide se soient multipliées chez les étudiants ces dernières semaines, une population grandement affectée par la crise du Covid-19.

La France, ce futur géant du quantique

Emmanuel Macron (toujours lui décidément) a présenté sur le plateau de Saclay (toujours en Essonne), un plan d’investissement national de 1,8 milliard d’euros sur cinq ans dans le domaine quantique. Son but est de placer la France dans « les trois premiers mondiaux » de ces technologies qui doivent métamorphoser l’industrie et l’informatique dans les années à venir.

« Alors c’est bien joli tout ça mais c’est quoi les technologies quantiques ? » me direz-vous. Et bien il s’agit de technologies qui exploitent la matière à l’échelle de l’infiniment petit comme les atomes, les ions, les photons, les électrons etc. Concrètement, ces technologies sont encore au stade du prototype et du bégaiement, mais elles pourraient permettre à l’avenir de construire des ordinateurs aux capacités de calcul infiniment plus puissantes que les supercalculateurs actuels. Ses utilisations industrielles seront nombreuses et permettrait également la création de moyens de communications inviolables. Bref, c’est le futur et la France veut en faire partie. Plus précisément, elle souhaite être troisième, derrière la Chine et les Etats-Unis.

Investir dans ces technologies est une question de souveraineté et ne cache pas l’intention d’éviter une fuite des cerveaux. Le plan doit financer « une centaine de bourses de thèse et une cinquantaine de contrats post-doctoraux ». Pourront s’ajouter à cela « une dizaine de bourses “jeune talent” par an » pour faire venir des chercheurs prometteurs.

Le Sénat adopte une proposition de loi contre les crimes sexuels sur mineurs de moins de 13 ans

Le Sénat a adopté à l’unanimité, en première lecture, une proposition de loi visant à créer un nouveau crime sexuel pour protéger les mineurs de moins de 13 ans. Le gouvernement a annoncé des consultations avec les associations. Cette loi apparait en plein milieu de l’affaire Olivier Duhamel. Dans son nouveau livre « La Famillia Grande », Camille Kouchner affirme que le constitutionnaliste à fait subir des gestes incestueux à son frère. Le sujet est donc au cœur de tous les esprits même si l’auteure de la loi, Annick Billon, affirme que celle-ci n’a pas été rédigée « en réaction à la déflagration politique et médiatique provoquée par le livre »

La loi punissait déjà les actes sexuels commis sur un enfant de moins de 15 ans. Il s’agissait d’un délit « d’atteinte sexuelle » puni par sept ans de prison.
Aujourd’hui, le Sénat a voté une proposition de loi pour fixer le seuil d’âge du non-consentement à 13 ans et interdire ainsi tout rapport sexuels avec des mineurs en dessous de cet âge. Alors qu’il n’existait qu’un délit, l’infraction passerait au crime (plus fortement condamné par la loi) en cas de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’elle soit, dès lors que l’auteur des faits connaissait ou ne pouvait ignorer l’âge de la victime.

Confinement en vue capitaine (?)!

Olivier Véran était auditionné dans le cadre du projet de loi sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire. Le ministre de la santé, a annoncé qu’un confinement « deviendrait probablement une nécessité absolue » si le variant britannique du coronavirus continuait de circuler en France et que le nombre de contaminés venait à augmenter . Il s’est exprimé à 20 heures sur TF1 pour faire un point sur l’épidémie. Selon le ministre, le gouvernement sera « en mesure » de vacciner 70 millions de personnes d’ici fin août, « si la totalité des vaccins commandés sont validés par les autorités sanitaires européennes et mondiales ».

International

L’Union Européenne se rappelle qu’elle possède des valeurs humanistes dans sa Constitution

A Bruxelles, business is business. Enfin c’est normalement le cas sauf quand quelqu’un d’un peu sensé rappelle que l’esclavagisme et la dictature, c’est mal. Dans ce cas de figure c’est le Parlement européen qui s’est chargé de dire à la Commission que nous étions sensé rester crédibles en tant qu’Êtres humains.

Lors d’une visioconférence, les eurodéputés ont adopté avec une large majorité une résolution condamnant la répression de personnes militant pour la démocratie à Hong Kong.
Selon le Parlement « L’accord UE-Chine sur les investissements met en danger la crédibilité de l’Europe en matière de droits de l’Homme ». Le texte mentionne également la situation dans la province en majorité peuplée de Ouïghours du Xinjiang et au Tibet. La Chine continue toujours de nier les faits alors que les preuves et rapports internationaux s’accumulent.
Le Parlement ajoute qu’il « tiendra compte de la situation des droits de l’Homme en Chine, y compris à Hong Kong, lorsqu’il sera invité à approuver l’accord d’investissement ». Menaces vides de sens car, de toute façon, l’accord du Parlement européen n’est pas nécessaire pour que l’Union Européenne adopte un traité international. L’objectif de cet accord est de rééquilibrer les relations avec la Chine, il sera définitivement ratifié en 2022.

À toutes fins utiles, voici un petit rappel des valeurs de l’Union Européenne signées en 2007 lors du traité de Lisbonne : Droit au respect de la dignité humaine, à la liberté, la démocratie, l’égalité, l’état de droit, le respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités.

Double attentat suicide à Bagdad

Le marché de Bab Charqi au centre de Bagdad a été le théâtre de deux attentats simultanés. Au total, 32 personnes sont mortes et 110 autres sont blessées. Le bilan est provisoire et les médecins craignent que les chiffres s’alourdissent. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier du pays depuis trois ans dans la capitale de plus de dix millions d’habitants.
Selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur irakien, le premier kamikaze s’est fait sauter après avoir attroupé du monde autour de lui.
Cette explosion a provoqué un nouvel attroupement pour venir au secours des victimes : c’est à ce moment-là qu’un second kamikaze est arrivé à moto pour enclencher une seconde explosion.
Même si l’attentat n’a pas encore été revendiqué, le mode opératoire, ajouté aux soupçons des autorités irakiennes, suggèrent que cet attentat aurait été commis par l’organisation Etat Islamique (Daesh) dont la présence s’est raréfiée ces dernières années après sa défaite militaire en 2017.

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Les informations du 19 janvier à ne pas louper

Procès d’Edouard Balladur, nouvelles recommandations pour les masques, Navalny en prison : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Balladur et Léotard sont sur un bateau

Vingt-cinq ans après les faits, le procès des anciens ministres Edouard Balladur et François Léotard pour « complicité d’abus de bien sociaux » ne va pas s’arrêter.

Les deux hommes d’état sont jugés par Cour de justice de la République, le seul organe habilité à juger les ministres pour des actes commis durant leurs mandats. Ils sont soupçonnés d’avoir bénéficié de rétro-commissions venues de contrats d’armement pour financer la campagne présidentielle de 1995.

Le point de départ de cette affaire date du 8 mai 2002. Un attentat à Karachi, au Pakistan, fait quatorze morts. Onze d’entre eux sont des français de la Direction des constructions navales. Ils se rendaient alors sur un site d’assemblage de sous-marins. L’évènement est d’abord considéré comme un attentat d’Al-Qaïda. Ce n’est qu’en 2008 qu’une nouvelle piste est explorée. Mediapart révèle l’existence d’un rapport confidentiel : dans celui-ci la thèse de représailles par des responsables pakistanais est avancée. Ils ont été privés de commissions lorsque Jacques Chirac a mis fin à ce système de pots-de-vin qui profitait à Edouard Balladur.

L’affaire a déjà été jugée par un tribunal sur le volet non ministériel de l’affaire. Le 15 juin 2020, les entourages d’Edouard Balladur, François Léotard et Nicolas Sarkozy (alors ministre du budget) sont condamnés à des peines de deux à cinq ans de prison ferme pour abus de biens sociaux, recel ou complicité. Le tribunal a officiellement statué l’existence de « rétro-commissions […] a destinations des comptes de campagne de M. Edouard Balladur ». Le transfert examiné aujourd’hui est un versement en espèces, effectué en une seule fois, de 10,2 millions de francs.

Bas les masques face aux variants du Covid-19

Avec l’apparition et la circulation de plus en plus importante des variants britannique et sud-africain du Covid-19, le Haut Conseil de la santé (HCSP) recommande d’éviter certains types de masques. Les masques en tissu de catégorie 2 et que les masques fabriqués de façon artisanale sont visés par ces consignes.  Selon Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail Covid-19 du HCSP, ces masques « filtrent moins bien » et les productions artisanales ne font l’objet « d’aucun contrôle sur leur performance ». Le masque en tissus de catégorie 1 reste donc l’option recommandée, celui-ci possède une capacité de filtration de 90% selon les normes de l’Agence française de normalisation.

Sur le point des vaccinations, Oliver Véran, ministre de la Santé, a affirmé sur France Inter que les services de santé auraient « vacciné d’ici la fin de février 2,4 millions de Français avec du Pfizer et du Moderna, et, si l’Astra-Zeneca et d’autres vaccins devaient être validés, nous pourrions atteindre 4 millions ».  

En plus de 2020, le Covid nous pique de l’espérance de vie

Selon le bilan démographique 2020 de l’Insee, la France a atteint son taux de naissance le plus bas depuis 1945. Seulement 740.000 bébés sont nés en France l’année dernière. Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, l’espérance de vie à la naissance à également baissé. Les femmes vivent en moyenne 85,2 ans (soit une perte de cinq mois) et les hommes vivent jusqu’à 79,2 ans (six mois de moins). Et jamais deux sans trois : je vous écrivais également dans une revue d’actualité précédente que l’Insee avait annoncé une augmentation de la mortalité de 9% en France en 2020.

International

Alexeï Navalany, le cadeau empoisonné en Russie

Après cinq mois de convalescence en Allemagne, l’opposant politique Alexeï Navalny a été arrêté dimanche 17 janvier, immédiatement à son retour en Russie pour avoir violé des mesures de contrôle judiciaire. L’homme dont « Vladimir Poutine n’a pas peur » était attendu par la police a la sortie de son avion à Moscou. Malgré plusieurs appels de la communauté internationale à la libération de Navalny, la Russie a signifié très clairement « qu’elle ne prendra pas en considération » ces demandes.
Ce refus à lieu au même moment que la parution d’une vidéo de l’opposant. Spécialisé dans les affaires d’anti-corruption, Navalny accuse Vladimir Poutine d’être, via des intermédiaires, le propriétaire d’un terrain de 7000 hectares et d’un immense « palais » près de la ville de Guélendjik, sur les rives de la mer Noire. La propriété du lieu serait au FSB (les services spéciaux russes) et aurait été l’objet d’un investissement de 100 milliards de roubles soit 1,12 milliard d’euros.
Tout comme pour les accusations d’empoisonnement de Navalny, le Kremlin a rejeté ces accusations.

Etats-Unis, une cérémonie pour VIP sous haute sécurité

Le grand moment international du 20 janvier aura lieu à 18 heure en France, il s’agit de l’investiture du président des Etats-Unis Joe Biden. L’évènement s’annoncé comme unique pour plusieurs raisons.
La première, c’est l’absence du président sortant à la cérémonie, Donald Trump a refusé d’y assister et brise 150 ans de protocole.
La seconde raison, c’est que 25 000 réservistes de la garde nationale sont mobilisés pour protéger Washington. A titre de comparaison, il s’agit de cinq fois le nombre de militaires américains actuellement stationnés en Irak et en Afghanistan.
Enfin, autre élément singulier : Cette cérémonie risque d’être celle au public le plus restreint depuis 76 ans, lors du quatrième mandat de Franklin D. Roosevelt. Pour des raisons de sécurité et de mesures sanitaires, le National Mall, l’esplanade qui s’étend du Washington Monument jusqu’au Capitole, sera fermé au public. Afin de remplacer la foule manquante, 200 000 drapeaux ont été plantés devant le capitole. Le nouveau président doit prêter serment à 12 heure pile, heure locale.

Mise à jour du 20/01 : Après un examen pour vérifier les liens de certains soldats avec l’extrême droite, une douzaine de membres de la Garde nationale américaine ont été mis a pied et écartés de l’équipe en charge de la sécurisation de la cérémonie d’investiture du président élu Joe Biden. Selon Jonathan Hoffman, porte-parole du Pentagone, cette décision a été prise pour des « mesures de prudence ».
Dernier rebondissement de la présidence, Donald Trump a gracié 73 personnes, dont son ancien conseiller qui l’avait conseillé durant sa campagne de 2016, Steve Bannon. Agé de 66 ans, il est accusé de détournements de fonds (plus d’un million de dollars) concernant le projet de construction du fameux mur de Donald Trump.

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Les informations du 15 janvier à ne pas louper

Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Nouvelle enquête ouverte contre Nicolas Sarkozy

Le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire  contre l’ancien président de la république. Celui-ci est soupçonné de « trafic d’influence » et de « blanchiment de crime ou de délit ». Médiapart révèle que Nicolas Sarkozy a reçu 500 000 euros au début de l’année  2020. Le contrat, signé en 2019 avec groupe russe Reso-Garantia, concerne une somme totale de 3 millions d’euros.
La banque Edmond de Rothschild, où M. Sarkozy possède le compte où le paiement a été versé « n’a pas fait de déclaration de soupçon à Tracfin, le service de renseignement de Bercy. » Selon Médiapart. Cependant « Tracfin a tout de même découvert l’existence de ce virement russe et a effectué un signalement au Parquet national financier. »
Les dirigeants du groupe ont confirmé que M. Sarkozy était embauché comme « conseiller spécial » et « président du comité de conseil stratégique auprès du conseil d’administration ».
Déjà mis quatre fois en examen et en attente de son jugement pour l’affaire des « écoutes » le 1er mars prochain, Nicolas Sarkozy déclarait le 22 novembre 2014 à Bordeau : « Quand un individu revient pour la 17e fois devant le tribunal, il doit être puni pour l’ensemble de son œuvre ». C’est noté.

La mortalité grimpe de 9% en France

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié ses chiffres sur la mortalité en France en 2020. Alors qu’ils pourraient être revus à la hausse dans les semaines à venir, les résultats indiquent près de 667 400 décès enregistrés en 2020. Ce nombre inédit représente 9 % – ou 53 900 morts – de plus que les deux dernières années. Sans surprise, les deux plus grosses périodes de mortalité correspondent au printemps et à l’automne, lorsque le Covid-19 frappait de plein fouet la France.

Carrefour dans l’impasse

Evoqué dans le point d’hier, le Bruno Le Maire annonçait qu’il n’était « a priori pas favorable » à un rapprochement entre le groupe français Carrefour et le canadien Couche-Tard.
Aujourd’hui sur BFM-TV, le ministre de l’économie réévalue sa position en un « non courtois, mais clair et définitif  ». La raison est toujours la même : il s’agit de la « sécurité alimentaire » des français. Le groupe possède une importance stratégique : Le ministre affirme que Carrefour est « le premier employeur privé de France avec près de 100 000 salariés » et qu’il « représente près de 20 % de la distribution alimentaire » en France.
Carrefour avait commencé à discuter avec Couche Tard hier sans faire attention aux paroles du ministre de l’économie. Cependant, le gouvernement peut s’opposer à ce rachat avec la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers. Un recours ultime, mais inarrêtable.

International  

Retard des livraisons de vaccins Pfizer dans l’Union Européenne

Alors que le virus atteint bientôt le record sordide de 2 millions de morts et les 94 millions d’infections depuis qu’il a été identifié en décembre 2019, la production de vaccins Pfizer-BioNTech va ralentir.
Le laboratoire a annoncé que des modifications dans son processus de productions allaient entrainer des retards de livraisons dans les quatre prochaines semaines.
Les ministres de la Santé du Danemark, de l’Estonie, de la Finlande, de la Lituanie, de la Lettonie et de la Suède ont dénoncé dans cette lettre une situation « inacceptable » portant préjudice à la « crédibilité du processus de vaccination ». Selon l’AFP, le virus a déjà contaminé plus de 30 millions de personnes en Europe.

Démission du premier ministre des Pays-Bas

Mark Rutte, premier ministre depuis le mois octobre 2010 au Pays Bas, a présenté sa démission au roi Willem-Alexander. Le ministre connu sous le surnom de « Mister Teflon » s’était fait remarquer en avril dernier lors des négociations du plan de soutien européen en réponse à la crise due au coronavirus. Mark Rutte et sa fragile alliance politique tombent à cause du scandale politique des « Allocations ».
26 000 familles ont été victimes d’une traque de la part de l’administration et des services fiscaux des Pays-Bas. En s’appuyant sur des données erronées et sans livrer d’informations ni aux familles, ni au Parlement, les services fiscaux ont supprimé les indemnités et droits de milliers de familles. Les foyers ont également dû rembourser des montants très importants.

Séisme en Indonésie

L’Indonésie a subit un séisme de magnitude 6,2 sur l’ile de Célèbes, cet endroit avait déjà été le theatre d’un séisme en 2018. La capitale provinciale, Mamuju, a subi des dommages importants. Les secousses ont détruits de nombreux immeubles dont un hôpital. Majene, une autre ville importante de la région, a également été touchée Quarante-deux personnes sont mortes à cause du séisme.

Résultats contestés aux élections présidentielles de l’Ouganda

Egalement évoquée dans le point d’hier, la situation dans l’Ouganda devient de plus en plus tendue .
Agé de 76 ans et au pouvoir depuis 35 ans, le président Yoweri Museveni, a revendiqué la victoire après que les premiers résultats officiels des élections soit tombés. Selon un tirage de la fin d’après-midi, basé sur la moitié des bureaux de votes du pays, celui-ci est largement en tête avec 62,74% des voix. Son adversaire, le populaire Bobi Wine, n’a récolté que 29,34% des votes.
Ce dernier a dénoncé « une véritable mascarade ». Alors que son domicile était encerclé de soldats et qu’internet est toujours bloqué dans le pays, l’opposant a déclaré « J’appelle tous les Ougandais à rejeter le chantage. Nous avons certainement gagné cette élection et nous l’avons gagnée de loin ». Il a promis de fournir des preuves vidéo pour appuyer ses propos.
L’élection s’est déroulé dans un climat délétère. Seule l’Union africaine a pu envoyer des observateurs. Les Etats-Unis ont annulé leur propre mission d’observation car les autorités ougandaises refusaient d’accueillir leurs observateurs.

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Les 10 informations du 14 janvier à ne pas louper.

Voici les 10 informations nationales et internationales à retenir de cette journée.

National

Les mesures annoncées par le gouvernement face au Covid

1 – Le premier ministre Jean Castex a annoncé, un couvre-feu à 18 heures dans tout le territoire métropolitain à partir du samedi 16 janvier et ce pendant 15 jours. Selon le premier ministre, cette mesure vise à « éviter les contact sociaux post travail » (également connus sous le nom d’apéro ndlr).
La possibilité d’un reconfinement a été envisagée mais elle n’est pas encore effective.

2 – La vaccination sera élargie le 18 janvier à toutes les personnes risquant de développer des formes graves du Covid-19. 700 centres de vaccination seront ouverts également ouverts à cette date. Enfin, un objectif de 1 million de vaccination avant la fin du mois à été annoncé
Le ministre de la santé, Olivier Véran, a annoncé que tous les voyageurs qui arrivant en France depuis un pays hors de l’UE devront passer un test avec obligation de résultat négatif et devront passer 7 jours en isolement.

3 – Les écoles, collège et lycées resteront ouvert. Un protocole sanitaire renforcé sera appliqué au cas par cas dans les cantines et les cours de sport en intérieur seront temporairement annulés.

4 – Quant à l’enseignement supérieur, dans la tourmente ces dernières semaines avec plusieurs tentatives de suicide d’étudiants en détresse, le secteur prend enfin des mesures. Les étudiants de première année pourront reprendre les travaux dirigés par demi-groupes dès le 25 janvier

5 – Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a annoncé que le remboursement des prêts garantis par l’Etat sera décalé d’une année supplémentaire, de droit et pour toutes les entreprises en France.

6 – Enfin, entre deux avalages de couleuvres, la ministre de la Culture Roseline Bachelot a déclaré que les établissements culturels ne rouvriraient pas le 20 janvier.

L’Etat est réticent face à l’offre de rachat de Carrefour par l’entreprise canadienne Couche-Tard

Bercy est à priori opposé la proposition de « rapprochement amical » entre la firme canadienne et le distributeur français, formulée dans une lettre d’intention. Les actionnaires du groupe français ne sont pas opposé à l’idée et le PDG Alexandre Bompard a été chargé d’ouvrir la discussion.
L’Etat doit donner son aval pour une telle opération et il le fait bien savoir. Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, a expliqué mercredi que « A priori, je ne suis pas favorable à cette opération ». Il est secondé par sa collègue Elisabeth Borne, ministre du travail qui se déclare elle aussi « Opposée à un rachat. » Parmi les raisons de cette opposition de la part de l’état, Bruno Le maire déclare que Carrefour est « le premier employeur privé de France »  et que la « la souveraineté alimentaire des Français » serait en jeu.

La CNIL interdit au ministère de l’Intérieur d’utiliser des drones équipés de caméra

La  Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) rappelle à l’ordre au ministère de l’intérieur. Les drones équipés de caméra n’auront plus le droit d’être utilisés tant qu’un texte de loi n’encadrera pas leurs utilisations.
La CNIL critique l’utilisation de ces outils pour surveiller la population dans le cadre des mesures de confinement mais également pour toutes les autres utilisations : « A ce jour, aucun texte n’autorise le ministère de l’intérieur à recourir à des drones équipés de caméras captant des images sur lesquelles les personnes sont identifiables ».
Le Conseil d’état avait déjà interdit l’usage des drones pour la surveillance des manifestations en décembre. Interdiction contournée pendant un temps par la préfecture de police avec un dispositif de floutage par intelligence artificielle. A moins d’être réutilisés dans l’illégalité, les drones ne réapparaitront que si la très critiquée loi sécurité globale est adoptée.

Procès du bizutage mortel de Jallal Hami à l’école de Saint-Cyr Coëtquidan :

Jallal Hami était un élève officier de l’école de Saint-Cyr Coëtquidan. Il s’est noyé le 30 octobre 2012 lors d’une activité de « transmission des traditions ». Il avait 24 ans.
Trois peines avec sursis ont été prononcées pour un militaire et deux ex militaires. Quatre autres prévenus ont été relaxés. Hugues Delvolve, un des responsables du bizutage et aujourd’hui ouvrier agricole a reçu une peine de huit mois de prison avec sursis. Marc Assier, toujours dans l’armée, et Hervé Wallerand, aujourd’hui cadre, ont tous deux été condamné à six mois de prison avec sursis. La défense salue une « Décision d’apaisement » alors que la famille de la victime considère cette décision comme une « trahison ».

International

Le Covid frappe à nouveau en Chine

Alors que des centaines de cas sont réapparus depuis deux semaines dans la province du Hebei, la Commission nationale de la santé, organisme responsable de la santé en Chine, a reconnu qu’une personne était morte du Covid-19. La Chine n’avait officiellement plus connu de mort à cause du virus depuis mai 2020. 22 millions d’habitants sont actuellement confinés, testés et vaccinés dans la zone La province du Heilongjiang, située au nord-est du pays à la frontière russe, a également déclaré l’état d’urgence. Ces évènements tombent mal : Les experts de l’OMS envoyés pour enquêter sur l’origine du nouveau virus sont arrivés aujourd’hui en Chine.

Portugal se reconfine pour un mois

Toujours sur le sujet du COvid, le Portugal a décidé de se reconfiner pour la seconde fois à partir de minuit. La recrudescence du virus a poussé les autorités à isoler les portugais chez eux pendant un mois. Le Premier ministre António Costa, a appelé à la responsabilité de ses concitoyens : « La règle est simple : chacun d’entre nous doit rester à la maison. »
Les déplacements seront exceptionnellement autorisés le 24 janvier, date de l’élection présidentielle Portugaise.

Trump sur la voie de la destitution

Dans la nuit du 13 janvier, la Chambre des représentants a déclenché une procédure d’impeachment visant le président Donald Trump pour la seconde fois durant son mandat, un évènement unique dans l’histoire des Etats-Unis. La session a été d’une rapidité étonnante, et le président sortant est notamment accusé « d’incitation à l’insurrection » à la suite de son discours du 6 janvier dernier.
La suite de la procédure doit maintenant se dérouler au Sénat mais celui-ci ne pourra examiner et voter l’article de destitution qu’a partir du 19 janvier, soit un jour avant l’investiture du président élu Joe Biden. Pour que Donald Trump soit condamné lors de son procès en destitution, l’approbation de deux tiers des sénateurs est nécessaire : un scénario peu probable car le sénat est composé d’une moitié démocrate et d’une autre moitié républicaine. De plus, même si cette procédure est adoptée, un second vote sera nécessaire pour rendre Donald Trump inéligible à toutes fonctions publiques.

Alexeï Navalny n’est plus le bienvenu en Russie

Selon l’AFP, les services pénitentiaires russes ont affirmé avoir l’intention d’arrêter l’opposant Alexeï Navalny et de « remplacer sa peine avec sursis par une peine ferme » s’il rentre en Russie comme il l’a annoncé pour dimanche. Il lui est reproché d’avoir violé les conditions d’une peine de prison avec sursis. Depuis le mois d’août, l’opposant numéro 1 du Kremlin était en convalescence en Allemagne. Il a été transféré médicalement après être tombé dans le coma lors de son retour d’un voyage en Sibérie. Selon trois laboratoires européens, Navalny a été victime d’un empoisonnement au Novitchok, agent innervant développé à l’époque soviétique. La Russie continue de nier les faits.

Elections sous tensions en Ouganda

L’Ouganda est actuellement le théâtre d’une élection particulièrement tendue.
Agé de 76 ans, au pouvoir depuis 35 ans, le président Yoweri Museveni fait face à Bobi Wine, un chanteur populaire et député de 38 ans.
18 millions d’ougandais avaient la possibilité de voter jusqu’à 16h. Cette journée est le point d’orgue d’une campagne marquée par de la violence, des émeutes, des arrestations et de dizaines de morts. Comble du comble, les réseaux sociaux ont été suspendu mardi, isolant la population du pays du reste du monde. Le résultat des élections promet d’être mouvementé car le gouvernement a refusé d’accréditer la majorité les observateurs internationaux.

Wikipédia a 20 ans !

Fondée le 15 janvier 2001 par les américains Jimmy Wales et Larry Sanger, l’encyclopédie gratuite en ligne fête ses 20 ans d’existence. Le site attire plus de 15 milliards de visiteurs par jour et compte des pages traduites dans presque 300 langues. Le site est mis à jour bénévolement par des dizaines de milliers de contributeurs et compte 2,2 millions de pages en français. Une véritable victoire pour la connaissance le du world wide web.

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L’Europe est-elle en sécurité ?

Alors que le continent européen s’endormait le 6 janvier, un évènement singulier se déroulait outre-Atlantique. Pris d’assaut par des sympathisants trumpistes, le Capitole de Washington DC, aux Etats-Unis d’Amérique, est envahi pour la première fois depuis 1814. Cette interférence dans le processus démocratique soulève des questions sur l’avenir des États-Unis et celui du continent européen.

Un drapeau de l’Union européenne déchiré, par Andrew Barclay via Flickr

Cet article vous est également proposé sous format audio, bonne écoute !

Une semaine après les émeutes du Capitole, la situation a drastiquement changé pour Donald Trump. Les violences ont provoqué la mort de cinq personnes dont un policier et précipité la chute du 45ème président des Etats-Unis à 14 jours de la fin de son mandat.

Privé de ses comptes personnels sur les réseaux sociaux, lâché par son administration et les voix importantes de son parti, le canard boiteux est de plus en plus seul.
Pire encore, le doute s’instille chez les partisans qu’il a lui-même galvanisés avant la réunion du Congrès au Capitole. Dans son discours, le perdant des élections déclare « Vous ne reprendrez jamais le pays en étant faibles. Vous devez montrer votre force, vous devez être forts. ».
A un autre moment de son allocution, il ajoute « Nous n’abandonnerons jamais, nous ne concéderons jamais la défaite, cela n’existe pas, vous ne concédez rien quand il s’agit d’un vol. »
Il demande ensuite à la foule de descendre sur Pennsylvania Avenue et marcher vers le Capitole.

Le lendemain, celui-ci fait volte-face et déclare dans une vidéo « À ceux qui ont commis des actes de violences ou de destruction, vous ne représentez pas notre pays. Et à ceux qui ont enfreint la loi, vous paierez ». Aussi fiable qu’une girouette, Trump désavoue ainsi les assaillants du Capitole et perd également des soutiens dans la frange des nationalistes blancs et du mouvement complotiste Qanon.

La prochaine étape est une procédure de destitution du président, la seconde en moins d’un an. La différence majeure est que celle-ci pourrait être soutenue par des Républicains et mettre Donald Trump hors-jeu pour de bon.

Fin de partie

Admettons un instant que Trump ne puisse pas revenir en 2024 : Cela changerait-il pour autant la mouvance qu’il a enclenchée depuis 2016 ? Après tout, 45% des électeurs républicains approuvent l’attaque du Capitole.

On va la refaire : Presque la moitié des électeurs d’un parti majoritaire de la politique Etats-Unienne soutient une attaque directe contre un processus démocratique et les représentants élus par le peuple. Sans accuser l’entièreté du parti Républicain d’être d’extrême droite, il difficile de nier qu’une quantité non négligeable le constitue.

D’où cette remarque : Si ce n’est pas Trump qui se représente en 2024, rien n’empêche l’apparition d’un candidat qui se revendique de son héritage.
Dire que Joe Biden a gagné à la régulière serait également de mauvaise foi. La gestion désastreuse du Covid-19 de la part de l’administration Trump est l’élément qui lui a permis de se démarquer. Sans ça, Trump serait probablement encore au pouvoir.

Cet avantage ne se représentera pas aux prochaines élections, et pose définitivement la question de la fiabilité des Etats-Unis. Si le prochain président de la première puissance mondiale se révèle antidémocratique et se désengage encore plus des traités internationaux, c’est l’Europe qui risque de déguster.

Une dépendance dangereuse

Nous, européens, devrions-nous sentir profondément concernés par ces évènements ne serait-ce que pour une simple et unique raison : Les Etats-Unis sont le principal contributeur de l’OTAN.
Nous sommes dépendant et presque otages des forces américaines. Selon le Defense Manpower Data Center, plus de 70 000 membres du personnel de l’armée américaine étaient stationnés en Europe dans le cadre de l’OTAN en 2020.

Dépendance également à cause du parapluie nucléaire américain présent dans la zone. Enfin, les EU possèdent un statut d’arbitre extérieur surpuissant qui leurs permet de limiter les conflits comme dans le cas des tensions gréco-turques du 11 août dernier. La situation en Ukraine depuis 2014 a également donné un regain d’intérêt des Etats-Unis pour la défense de l’Europe mais le géant militaire se désintéresse de la zone et porte désormais son attention sur l’Asie.

Dernier point non négligeable, les pays européens dans l’OTAN sont de plus en plus considérés comme des boulets qui ne jouent pas le jeu. Sur les 29 états membres de l’organisation militaire, seuls huit pays de l’UE investissent plus de 2% de leur PIB dans la défense. La France n’a rejoint ce cercle fermé qu’en octobre dernier, et ce à cause de la perte de PIB due à la récession économique mondiale (-9% en 2020). Au total en 2020, l’Otan a consacré plus de 1 000 milliards de dollars à sa défense, 70 % viennent des Etats-Unis

Réveil européen

Que faire si nous ne pouvons plus compter sur cet allié ? Sans lui, les pays européens sont des cibles relativement faciles en cas de conflits conventionnels – ou pas, souvenons-nous de l’Ukraine – avec leurs voisins comme la Russie. La menace pourrait même provenir de nos propres alliés aux intentions douteuses comme la Turquie.

Et c’est là que le bât blesse. L’UE n’est plus en sécurité avec cette situation. Parmi les dix premières puissances militaires mondiales, la France et le Royaume-Uni sont les seuls pays européens du classement. Avec le Brexit, il ne reste presque que la France pour donner un semblant de légitimité militaire aux nations de l’Union Européenne.

Tout ce qui est dit au-dessus n’est pas nouveau et les leaders européens ne se voilent pas la face. Le président Emmanuel Macron, par exemple, promeut une « Europe de la défense » depuis le début de son quinquennat. Dans un autre registre, Ursula von der Leyen, ancienne ministre fédérale de la Défense allemande et désormais présidente de la Commission européenne, tiens à augmenter la capacité de l’UE à agir même si son engagement est plus modéré.

Dans un entretien pour les Echos datant du 27 décembre 2019, elle explique que lorsque « l’Europe est appelée au secours, elle doit pouvoir réagir. »
Elle estime également que l’OTAN « sera toujours un puissant levier de défense collective[…]. L’Europe, quant à elle, ne sera jamais une alliance strictement militaire. Mais il y a des sujets, comme la stabilisation de notre environnement ou la lutte contre le terrorisme en Afrique, où je ne vois pas l’OTAN se mobiliser. »

Make Europe Great Again

Les citoyens de l’UE ne s’y trompent pas non plus. Dans l’eurobaromètre 2018, 68 % des européens ont déclaré que l’Union européenne devrait s’impliquer davantage dans le domaine de la défense.

La dernière réponse concrète en date de l’UE depuis l’apparition de ce sondage est le fond européen de la défense (FED). Adopté au budget pluriannuel européen pour la période 2021-2027, le FED vise à soutenir financièrement les initiatives européennes concernant les produits et les technologies liés à la défense. Dans les faits, ce soutien à la recherche et développement devait posséder un budget de 13 milliards d’euros, il ne sera finalement que de 7 milliards, Covid et départ du Royaume-Uni oblige.

Mais mis à part de la R & D, qu’y a-t-il de concret en matière de défense européenne ? L’Europe possède des outils, mais aucun n’est équivalent à une force d’intervention rapide prépositionnée comme l’OTAN.

Les forces de défense de l’UE

L’armée européenne n’existe pas, son idée primaire est morte en 1954 avec la Communauté Européenne de Défense. C’est à force de traités européens (Maastricht et Lisbonne) que des nouvelles bases permettent aux armées des membres de l’Union d’agir aujourd’hui en coordination.

La principale base concrète de la défense de l’UE est la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC). Composée de tous les états membres sauf le Danemark, l’objectif de la PSDC est de donner des capacités opérationnelles à l’UE. Ces interventions sont complémentaires et coordonnées avec l’OTAN, ce n’est pas une rivale. La PSDC possède également une clause d’assistance entre les états membres de l’UE. Cependant – et comme beaucoup de mécanismes européens -, elle nécessite un vote à l’unanimité du Conseil Européen et du Conseil de l’Union européenne pour mettre en place une opération. Cet organe ne sera donc jamais un symbole de réactivité. Autre coup dur : Sur les 17 opérations en cours, seules 6 sont d’ordres militaires et les Battlegroups européens possèdent des moyens relativement modestes et un bilant mitigé, la faute à une utilisation inexistante. Le mécanisme doit pourtant illustrer les capacités de l’UE à se défendre et apporter son soutien militaire à l’international.

La seconde base en matière de défense opérationnelle de l’UE est l’Initiative Européenne d’Intervention (IEI). Crée en 2018 pour agir en dehors du cadre extrêmement lourd de la PSDC, elle fonctionne en coordination proche avec la Coopération Structurée Permanente (CSP). Cette dernière vise à développer la collaboration entre 23 états volontaires dans les dépenses concernant la défense. C’est dans ce cadre de la coopération des économies de la Défense européenne que l’IEI entre en scène. Son but, développé par Emmanuel Macron en septembre 2017 à la Sorbonne, est de doter l’Europe d’une « force commune d’intervention, d’un budget de défense commun et d’une doctrine commune pour agir. » Plus simplement, il s’agit de créer un noyau dur d’états « militairement capables et politiquement volontaires » avec une structure militaire commune pour que les états-majors des pays européens participants puissent collaborer de manière optimale.

Cependant et encore une fois, cette organisation vise à répondre rapidement à des crises spécifiques, et non pas d’être une force d’intervention rapide prépositionnée comme l’OTAN. Autre point à soulever, cette structure favorise une Europe à deux vitesses. Elle ne concerne que treize pays pour le moment dont le Royaume-Uni, ce n’est donc pas une collaboration de pays exclusivement membres de l’Union. Même si elle laisse des pays de l’UE sur le carreau, l’IEI est ce qui se rapproche le plus d’un groupe de réaction rapide efficace en cas de crise européenne.

Il existe également une longue liste d’autres structures  et postes européens qui servent à harmoniser les armements, améliorer la coopération, diriger la politique étrangère de sécurité de l’UE etc.
La réalité est qu’en matière de forces opérationnelles, l’Europe ne possède que la PSDC, critiquée pour n’avoir jamais été réellement employée sur le plan militaire. Elle compte également l’IEI, qui n’intègre pas l’entièreté de l’Union dans un projet de défense à réaction rapide.

Dans un monde où les Etats-Unis n’interviendraient plus, est-ce que les membres de l’IEI se coordonneraient rapidement pour intervenir en Grèce (membre de la PSDC, mais pas de l’IEI) si la Turquie venait à réitérer ses actions intimidantes dans les eaux grecques ? Feraient-ils la même chose si la Russie s’intéressait un peu trop à la Pologne ? Rien n’est moins sûr.
La seule certitude actuelle est que le seul et unique outil sur lequel les européens se reposent pour la majorité des risques est l’OTAN. L’organisation existe depuis 1949, et ses membres espèrent encore aujourd’hui qu’elle répondra aux enjeux du monde 72 ans plus tard.

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Un allez simple pour Londres, please

Approuvé le 22 janvier par le Parlement britannique et ratifié le 29 janvier dernier par le Parlement européen, l’accord du Brexit prend effet aujourd’hui. C’est la fin de la (longue) première partie d’un calvaire politique et législatif à l’échelle nationale et internationale.

Couvertures de la presse Française du 31 janvier 2020 Hugo Scheidecker

Vendredi 31 janvier 2020, le dernier coucher de soleil du Royaume-Uni dans l’Union Européenne (UE).
Trois ans et demi après le référendum sur l’appartenance à l’UE, les britanniques s’apprêtent à voguer vers de nouveaux horizons. Le Brexit est là, sans pertes ni fracas.

Pour obtenir ce résultat, il n’aura fallu que 1317 jours, deux Premiers ministres britannique, trente-six mois de négociation et deux accords. À ces chiffres déjà hallucinants s’ajoutent six élections. Deux générales, deux au sein du parti conservateur, une pour le parti travailliste et les élections européennes (sic).

Certains pays de l’Union tout comme Bruxelles se sentent touchés en plein cœur par ce départ annoncé depuis le mois de juin 2016, mais la France ne peut pas forcément en dire autant.
Pour vérifier ce désintérêt français pour la politique Européenne, il suffit de voir comment les journaux télévisés de 20h de TF1 et France 2 ont superbement ignoré la séquence inédite d’unité européenne qu’a offert le Parlement européen, le 29 janvier dernier.
Comme l’écrit Virginie Malingre dans le journal le Monde, l’UE est « trop technique, mal incarnée, compliquée à appréhender…. Et notre télévision le lui fait payer. »

Et pourtant, c’est cette même actualité européenne qui fait aujourd’hui nos Unes avec le Brexit. Il suffit simplement de passer devant un marchand de journaux ou un kiosque rempli aux couleurs de l’Union Jack bleus, rouges et blancs pour se rendre compte qu’il s’agit de l’actualité du jour : Le Royaume-Uni largue les amarres.

Notre presse y consacre d’ailleurs ses plus belles pages : « L’adieu à l’Europe » titre Le Figaro. « Bye-bye » écrit Le Parisien, « See you! » rajoute La Croix et ses 17 pages sur le sujet. « L’Europe entre dans l’inconnu » écrit Le Monde. Le prix de la plus belle Une de la journée est cependant attribué Libération pour son « It’s Time » avec un avion de papier aux couleurs britanniques, touchant de simplicité. Pour le journal, il est certes temps de laisser la Grande-Bretagne s’en aller, mais pas sans lui accorder un dossier de 28 pages.

La fête n’est pas finie

Le Royaume-Uni s’en va donc de l’Union Européenne, mais comme beaucoup de députés britanniques l’ont soulevé lors de leur dernière session au Parlement européen : la Grande-Bretagne reste en Europe, elle espère garder son statut de pays partenaire et d’ami dans les années à venir.

C’est un grand défi qui attend le Royaume-Uni. Il devra désormais négocier sa future relation avec l’UE en tant que pays tiers face aux 27, au même titre que le Canada par exemple. Les sujets de négociation concerneront la sécurité, les renseignements, l’aviation civile, l’accès aux zones de pêche, le programme Erasmus etc.

De plus, les britanniques sont toujours divisés : la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, se bat pour que son pays reprenne le chemin de l’indépendance. Du côté de l’Irlande, la peur d’une fracture entre le nord et le sud est plus présente que jamais. Ce royaume n’a d’uni que le nom et seul le temps prouvera désormais sa solidité face à une stabilité rudement mise à l’épreuve ces dernières années.

Quant au Brexit, c’est une illusion si les européens croient que la page est tournée. La coupure n’est pas si nette que ça. Le Royaume-Uni est encore soumis, jusqu’à la fin des négociations et donc de cette année, aux règles de l’UE et à ses obligations envers ses membres. Les européens auront donc encore de nombreuses occasions d’entendre parler de nos voisins outre-manche.

Si l’on observe la situation d’un point de vue factuel, 15% de la puissance économique de l’Union disparaît.
D’un point de vue plus humain cependant, les européens perdent 66 millions de concitoyens, c’est une perte sans précédent.

Pour le mot de la fin, l’ex Premier ministre belge et actuel député européen Guy Verhofstadt a exprimé l’opinion d’une majorité des européens ce 29 janvier dernier lors du débat sur l’accord du Brexit au Parlement européen : « Je voudrais rendre hommage à mes collègues britannique, ou du moins l’immense majorité d’entre eux. Ils ont toujours apporté de l’esprit, du charme, de l’intelligence – quelques-uns je précise – et, il faut le reconnaître, une sorte d’obstination à ce Parlement. Et je peux dire au nom de tous […] vous allez nous manquer dans les temps et les années à venir. »

UK, out.

Hugo Scheidecker

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