Les informations du 19 avril à ne pas louper

La diplomatie russe est attaquée sur tous les fronts, le football européen fait sécession, un hélicoptère a volé sur Mars : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National :

Amende salée en cas de non-respect de la quarantaine

Samedi dernier, le gouvernement a annoncé la mise en quarantaine des voyageurs en provenance du Brésil, d’Argentine, du Chili et d’Afrique du Sud. Dans la continuité de cette mesure, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a déclaré ce lundi sur Europe 1 que la sanction en cas de non-respect de cette mesure « sera une contravention de cinquième classe, c’est donc je crois 1 500 euros, 3 000 euros en cas de récidive, ça me semble être tout à fait dissuasif et un cadre extrêmement strict ».

Gabriel Attal était au micro d’Europe 1 ce lundi 19 avril

Toute personne arrivant de ces pays qui subissent la résurgence des variants du covid-19 doivent respecter une quarantaine de dix jours. Cet isolement va s’exécuter progressivement jusqu’à son application totale le 24 avril, il concernera également les voyageurs de Guyane.

Diplomatie Européenne :

Navalny, Ukraine, et République Tchèque : la diplomatie russe s’embourbe.

Malgré les tempêtes politiques et diplomatiques récentes qui soufflent en Russie depuis le mois de janvier, Vladimir Poutine célébrait, le 5 avril dernier, son renouvellement potentiel au poste de Président de la fédération de Russie jusqu’en 2036 (les élections ne sont qu’une formalité).
Grâce à une réforme constitutionnelle qui remet à zéro son compteur de mandats présidentiels, Vladimir Poutine, 68 ans, pourra rester au pouvoir jusqu’à ses 86 ans. Concrètement, M Poutine pourrait prétendre avoir été le leader du pays pendant la bagatelle de 36 ans, rien que ça.

Enfin, il faut encore que ses nerfs tiennent le coup car sa situation à l’international est pour le moins compliquée. Procédons dans l’ordre avec en premier lieu l’affaire Navalny.
J’ai souvent parlé de cet opposant controversé sur ce blog au cours des derniers mois.
Alexeï Navalny était revenu dans son pays en 2020 après avoir récupéré d’une tentative d’assassinat par empoisonnement qui accable le gouvernement russe. Dans une logique de David contre Goliath, Navalny a été arrêté, jugé et envoyé dans la prison « IK-2 » sans que Vladimir Poutine où la télévision ne prononce une seule fois son nom alors que celui-ci était la source de nombreuses manifestations.

Force est de constater – encore aujourd’hui – que la punition et l’invisibilisation de l’opposant N°1 ne sert à rien : tout le monde sait qui il est, ce qu’il subit, où il se trouve et comment Vladimir Poutine se démène pour donner l’impression que « Ce personnage », « Ce monsieur », « La personne dont vous parlez » ne représente rien.

La foule proteste contre l’arrestation d’Alexeï Navalny. 5 avril 2020. Dmitri Lovetsky/Associated Press

Le 31 mars dernier, Navalny a encore remis les pendules à l’heure concernant le régime russe. Depuis sa colonie pénitentiaire – un joli nom pour l’héritier des goulags -, il a entamé une grève de la faim pour mettre en lumière sa situation en prison et son absence de traitements pour de graves douleurs au dos. Depuis 19 jours, il ne consommait que de l’eau et avait reçu des menaces d’être nourri de force.

Selon le médecin personnel de l’opposant, Anastasia Vassilieva, Alexeï Navalny a atteint un niveau « critique » de concentration de potassium dans le sang. Le cardiologue Yaroslav Achikhmine a ajouté que « le fonctionnement de ses reins est altéré et que de graves problèmes de rythme cardiaque peuvent survenir d’une minute à l’autre ». En réponse, les services carcéraux russes ont annoncé aujourd’hui le transfert de M Navalny vers « une unité hospitalière pour les condamnés » malgré son état considéré comme « satisfaisant ».

Le sort d’Alexeï Navalny complique la tâche de Vladimir Poutine, qui tente depuis des années de transformer la Russie en une grande puissance internationale respectée. Problème pour lui : Les Européens sont « très inquiets » pour la santé de l’opposant russe et s’impliquent dans le sort de Navalny qui a même provoqué l’expulsion de plusieurs diplomates européens en février dernier, alors que Joseph Borell, chef de la diplomatie européenne, se trouvait en Russie.

Le torchon brûle également avec les États-Unis depuis que Donald Trump et son relatif laxisme envers la Russie n’occupent plus la Maison Blanche. Dimanche, le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a déclaré sur CNN qu’il « y aura des conséquences si M. Navalny meurt ».

Alexeï Navalny pendant son procès, le 2 février, à Moscou. (MOSCOW CITY COURT PRESS SERVICE / AFP/ GETTY)Navalny était

Le second sujet qui accable la Russie concerne l’Ukraine. Je vous avais également parlé de l’histoire récente de ce pays, annexé en 2014 par la Russie en Crimée et toujours en conflit avec des forces pro-russes dans la région du Donbass.

Depuis le début du mois d’avril, les tensions se ravivent entre l’Ukraine et la Russie et une trentaine de cessez-le-feu ont été décrétés depuis le début du conflit. Le dernier, établi le 27 juillet 2020, est sur le point d’éclater car une vingtaine de soldats Ukrainiens sont morts ces trois dernier mois et que la Russie a, selon M Borell, massé presque 150 000 soldats à la frontière sous prétexte d’un exercice militaire.

Au pouvoir depuis presque deux ans, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a progressivement abandonné sa politique naïve de la discussion et du compromis avec son voisin russe au profit d’une rhétorique plus guerrière. Dos au mur face aux provocations qui s’accumulent, M Zelensky a réclamé l’aide de la communauté internationale et a demandé l’accélération des processus d’adhésion de l’Ukraine à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et de l’Union Européenne : « Nous ne pas rester indéfiniment dans la salle d’attente de l’UE et de l’OTAN » a-t-il raconté au Figaro.

En réponse, l’Union Européenne a demandé le retrait de « ces renforts de troupes afin de parvenir à une désescalade » même si celle-ci « ne s’achemine pas pour le moment vers de nouvelles sanctions ». Courageuses mais pas téméraires, l’UE et l’OTAN ont également refusé la demande d’accélération de l’intégration. Ses membres ne veulent pas provoquer l’ire de Moscou en incorporant l’Ukraine dans l’Alliance, ce qui serait quasiment perçu comme une déclaration de guerre pour la Russie.

Josep Borrell s’adresse aux médias, lundi 19 avril. FRANCOIS WALSCHAERTS / AP

Enfin, histoire de retourner le couteau dans la plaie, la République tchèque a annoncé samedi l’expulsion de dix-huit diplomates russes et lancé un mandat d’arrêt Alexandre Petrov et Rouslan Bachirov, deux agents russes déjà liés à la tentative d’empoisonnement de Sergueï Skripal au Royaume-Uni.

Selon le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, les agents de l’unité 29155  du renseignement militaire russe sont accusés d’être « impliqué(s) dans l’explosion d’un dépôt de munitions » en 2014.
Le ministre affirme posséder des « preuves irréfutables » de l’implication des deux agents dans cet événement qui avait causé la mort de deux employés et la destruction de 50 tonnes d’armes de munitions.

Selon des sources issues des services de renseignement tchèques pour le journal Respekt, les deux agents auraient pris rendez-vous pour visiter cet entrepôt, appartenant à la société de vente d’armes Imex Group, alors qu’il « stockait des armes destinées à être achetées par un important marchand d’armes bulgare, qui était censé les vendre aux forces ukrainiennes ».

L’unité pourrait également être à l’origine de l’explosion d’un second entrepôt tchèque, abritant, lui, près de cent tonnes de munitions. Des manifestations se sont multipliées dans le pays et même Milos Zeman, le président de la république tchèque aux opinions pro russes, a décidé de garder le silence. Pour riposter face aux mesures tchèques, la Russie a décidé d’expulser 20 employés de l’ambassade tchèque à Moscou. Fidèle à sa réputation de désinformation, elle a également ajouté que l’affaire « portait la marque » de Washington.

Douze grands clubs de football européens font sécession

Dans une démarche d’honnêteté intellectuelle, je vais aborder le sujet de la Super League mais je vais surtout vous rediriger vers de articles de journaux qui en parlent mieux que moi.

Dans les faits, un tremblement de terre a ébranlé le football européen dans la nuit du dimanche au lundi avec l’annonce de la création de la Superligue, une compétition privée – comparable à la NBA pour le basket aux USA – qui compte faire de l’ombre à la Ligue des champions et qui s’attaque directement à l’Union européenne de football (UEFA).

La Superligue compte douze des plus grands clubs anglais, espagnols et italiens parmi ses fondateurs.
Son objectif est de créer un tournoi d’une vingtaine d’équipes qui contournerait l’UEFA afin de créer plus de rencontres permettrait de partager – sous prétexte de vouloir « proposer des matchs de meilleure qualité » – des recettes plus importantes entre les clubs que celles que les sécessionnistes ne recevaient grâce à l’UEFA.

Dans un communiqué publié par les clubs concernés, la compétition va directement financer les participants « En contrepartie de leur engagement, les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise du Covid-19 ».

A titre de comparaison, l’UEFA n’a généré que 3,2 milliards d’euros de recettes télévisuelles en 2018-2019 avec l’ensemble de ses compétitions de clubs. Bien évidemment, la FIFA et l’UEFA, mais également les fans des clubs désapprouvent une telle compétition qui va soit à l’encontre de leurs profits pour les premiers, soit à l’encontre de l’esprit du football et du mérite sportif pour les seconds car la plupart des membres de la Superligue sont qualifiés d’office.

L’UEFA a également menacé d’exclure les clubs et les joueurs tentés par la Superligue, même si la légalité d’une telle mesure n’est pas assurée. C’est également l’occasion d’ajouter que le Bayern Munich et le Paris Saint-Germain ont été approchés, mais que ceux-ci ont refusé l’offre.

Il n’est également pas saugrenu d’imaginer que le PSG, club entièrement possédé par le Qatar Investment Authority depuis mars 2012, ait refusé cette offre afin de ne pas se brouiller avec la FIFA alors que la prochaine coupe du monde prévue en 2022 doit se dérouler… au Qatar.

Pour avoir plus de détail sur cette affaire qui déstabilise soixante-dix ans de football européen, je vous propose deux articles gratuits du Monde, un peu plus développés qu’un batonnage de l’AFP.
Le premier propose un résumé de la situation avec plus de détails pour les amateurs de football.
Le second et le troisième s’intéressent à la réaction de l’UEFA.

Et encore plus loin :

Un hélicoptère a volé sur Mars

Si on dépasse le simple carcan de la Terre, l’actualité touche également la planète Mars. La NASA a réalisé avec succès le premier vol de son hélicoptère Ingenuity, qui est arrivé sur la planète le 18 février en même temps que le rover Perseverance.

Le drone Ingenuity. NASA

Il s’agit ici de la première machine humaine de l’histoire à voler sur la surface d’une autre planète. L’essai initial avait été reporté le 10 avril dernier à cause d’un problème technique apparu lors du test des rotors. La NASA n’a pas cherché à prendre de risque avec Ingenuity : pour son premier vol, le drone de 1,8 kg n’a effectué qu’un décollage, un vol stationnaire de trente neuf secondes à trois mètres du sol, puis il a atterri.

Lors de son premier vol, le drone Ingenuity a pu capturer son ombre sur Mars. 19 avril 2021. NASA/JPL-CALTECH

Si l’opération parait modeste, il est nécessaire de rappeler que – tout comme pour l’atterrissage de Persévérance – toute information qui transite entre la Terre et Mars nécessite au minimum seize minutes pour être reçue. Dans la réalité, l’hélicoptère a effectué sa manœuvre préprogrammée, puis il a transmis les données vers le rover, qui les a lui-même envoyées vers un satellite autour de Mars avant que ce dernier n’envoie les images du vol vers la Terre, située à 288 millions de kilomètres. Bilan : l’opération a duré trois heures. Les prochaines étapes sont plus ambitieuses car Ingenuity ne peut tenir qu’un mois sur Mars. Le second vol se fera à cinq mètres d’altitude, puis le troisième fera voyager l’hélicoptère sur un aller-retour de cinquante mètres. Enfin, d’autres tests sont prévus pour faire voler Ingenuity lors d’une période venteuse.

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Lundi de Pâques, les informations à retenir du week-end

Troisième confinement pour tous sauf les restaurants luxueux parisiens, la Commission européenne vole au secours d’Air France, débouchage du canal de Suez, des œufs de Pâques en Birmanie  : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention ce week-end.

National

Top départ pour un troisième confinement

À la suite de la prise de parole d’Emmanuel Macron mercredi dernier, le troisième confinement qui ne dit pas son nom a débuté samedi. Les restrictions sanitaires appliquées jusqu’ici dans 19 départements sont désormais en vigueur dans toute la France métropolitaine. A l’heure actuelle, seuls quatre département tournent autour du taux d’incidence proche des 100 nouveaux cas covid pour 100 000 habitants : Le Finistère (91 cas), la Creuse (61 cas), les Landes (101 cas) et les Pyrénées-Atlantiques (108 cas). Au total sur le territoire, c’est quelque 66 794 nouveaux cas qui sont apparu le 4 avril.

Après avoir longtemps adopté une stratégie du dernier moment pour préserver l’économie, aussi comparée par Devi Sridhar, professeure de santé publique à l’université d’Edimbourg, « comme rouler en voiture vers un mur et affirmer qu’en freinant le plus tard possible on gagnera du temps. », Emmanuel Macron a enfin décidé de ralentir comme tous ses voisins depuis plusieurs semaines.

Emmanuel Macron lors de son allocution le 31 mars dernier

Comme le mur arrivait de manière très rapide, tout le monde est logé à la même enseigne : Déplacements limités à 10 kilomètres, fermetures des commerces non essentiels (vous serez heureux de savoir que les magasins de jeux vidéo, les coiffeurs, les disquaires et les fleuristes sont des commerces vitaux), ou encore la fermeture des écoles pour quatre semaines avec des vacances d’avril communes pour les zones A, B et C.

Rendez-vous désormais fin avril pour savoir si la campagne de vaccination a décollé et que les restrictions sanitaires peuvent être levées. À l’échelle européenne, le commissaire européen à l’industrie chargé du déploiement des vaccins, Thierry Breton, a déclaré dans Le Parisien que l’immunité collective des 450 millions d’habitants de l’Union européenne serait atteinte à la « mi-juillet » tout en rappelant que le responsable principal de la lenteur de la campagne de vaccination qu’il qualifie de « provient uniquement des défauts de livraison d’AstraZeneca ».

Pas de restriction de restaurant si on est riche ou ministre

Et si 135 euros d’amende, c’était juste le prix d’un ticket d’entrée pour les gens qui peuvent payer 400 euros dans un restaurant clandestin de luxe ? C’est une question qui se pose légitimement après la diffusion d’un reportage en caméra cachée de M6 dans lequel une clientèle pour le moins aisée participe à des diners luxueux à Paris.

Comble du comble, un des organisateurs, flouté, affirme que des ministres auraient  déjà participé à ce type de dîners mondains : « J’ai dîné cette semaine dans deux ou trois restaurants qui sont soi-disant des restos clandestins, avec un certain nombre de ministres. Alors ça me fait doucement rigoler. On est en démocratie. On fait ce qu’on veut. » L’exemplarité en prend un sacré coup.

Pour rappel, une fête pour riches, par des riches, avec des menu à facturés entre 160 et 490 euro alors que les restaurants sont officiellement fermés aux communs des mortels depuis octobre, c’est un scandale, et si un membre du gouvernement y participe, ça devient une très mauvaise blague. On est en guerre ou pas ? Faut savoir à la fin.

Dans ce reportage, il est donc possible de voir des dizaines de convives sans masque en train de manger des menus qui coutent jusqu’au triple du prix de l’amende pour non port du masque, mais aussi en train de se faire la bise et ne respecter aucun protocole sanitaire. En même temps, rien que le fait d’être présent à cette soirée montre à quel point ils se fichent des règles au départ…

Plusieurs médias et internautes ont identifié le restaurateur de la soirée, il s’agirait de Christophe Leroy. Quant à l’hôte, celui qui parle de diner avec des ministres, il s’agit de Pierre-Jean Chalençon, le propriétaire du Palais Vivienne à Paris qui répond à ces accusations sur Twitter avec un « Totalement faux et calomnieux !!!!! »

Pourtant, l’intéressé racontait déjà dans une vidéo datant de février qu’il comptait organiser « Un club des gastronomes […] avec mon ami Christophe Leroy. » Il a également admis à demi-mot, par le biais du communiqué de son avocat, que les propos issus du reportage venaient de lui et qu’il ne faisait que de « l’humour ».

Bien que Pierre-Jean Chalençon nie son implication dans la soirée diffusée dans le reportage de M6, sa propre communication le rattrape

Quant au fait que des ministres puissent participer à ce genre de soirées, le gouvernement a réagi par l’intermédiaire de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, et Marlène Schiappa, ministre déléguée à la citoyenneté.
Le premier a annoncé l’ouverture d’une enquête pour vérifier la véracité des faits énoncés dans le reportage de M6. Il a également déclaré lors de sa visite d’un centre de vaccination à Marcq-en-Barœul que  « soit [ces faits] sont faux et il ne faut pas jeter l’opprobre évidemment, soit ils sont vrais et évidemment (…) les personnes doivent pouvoir être poursuivies et, j’imagine, condamnées pour avoir organisé de telles soirées. C’est tout à fait inacceptable ».

Il ajoute ensuite que des barbecues populaire ont lieux tous les jours à Paris et que la police intervient dans ces cas-là, mais qu’il n’existe aucune raison pour que ces fêtes ne soit pas interdites dans les beaux quartiers de la capitale : « la règle est la même pour tout le monde. Il n’y a pas deux types de citoyens avec ceux qui ont le droit de faire la fête et ceux qui n’auraient pas le droit. »

Quant à Marlène Schiappa, celle-ci a répondu dans le Grand Rendez-vous d’Europe 1 que « si des ministres ou des députés » ont participé à ces diners, « il faut qu’ils soient pénalisés comme n’importe quel citoyen ».

Il reste cependant un problème : En France, l’amende en cas de non-respect du confinement coute 135 euros, puis 200 en cas de récidive, et 3750 euros si l’infraction est répétée trois fois de suite en quinze jours.

En comparaison, l’Angleterre fait directement payer 235 euros. 940 en cas de participation à un rassemblement privé en intérieur, cela atteint environ 7520 au maximum en cas de récidive et l’organisateur d’un évènement de ce genre risque jusqu’à 11750 euros d’amende.

A Berlin, le non-respect de la distance de 1,5m coute entre 100 et 500 euros, ne pas porter le masque entre 50 et 500. Recevoir quelqu’un pendant une quarantaine coute entre 500 et 5000 euros d’amende.

Avec des sommes aussi dérisoires sur notre territoire (l’amende française coûte moins cher que le plat le moins cher de la soirée incriminée), est-ce que payer 135 euros ne devient pas juste un moyen de filtrer ceux qui peuvent sortir, et ceux qui ne le peuvent pas ?

International

La commission européenne vole au secours d’Air France

Dimanche 4 avril, Bruno Le maire, ministre de l’économie en France, a annoncé que le commission européenne et Bercy avaient trouvé un « accord de principe » pour que le géant de l’aviation français obtienne une aide financière. La monnaie d’échange pour cet accord est l’abandon d’Air France de « 24 créneaux horaires d’atterrissage et de décollage à Orly. »

Le montant de l’aide doit être discuté par Air France lors d’un conseil d’administration qui se tient aujourd’hui afin de valider l’accord. Si cette manne financière est la bienvenue, la contrepartie semble difficile à accepter. Comme le disait si bien M Le Maire, l’abandon d’autant de créneaux est un mauvais choix stratégique : « Ma position depuis le début était de dire que c’était trop et que ça ne servait à rien de soutenir Air France d’un côté si c’était, de l’autre, pour valoriser excessivement la concurrence en demandant 24 créneaux aériens sur Orly ».

Il y aura donc bien un abandon de créneaux, mais il ne sera probablement pas aussi élevé que le chiffre demandé par la Commission.
L’Etat français a déjà soutenu Air France à hauteur de 7 milliards d’euros ces derniers mois. Cependant, la chute du trafic aérien a durement touché l’entreprise. A cause de la pandémie de covid-19, Air France-KLM a perdu deux tiers de ses clients, et sa dette atteint désormais les 11 milliards d’euros. En plus de l’aide financière de l’UE, l’une des autres options de survie du groupe serait donc la recapitalisation d’Air France par la branche des Pays-Bas, détenue à 14% par l’état néerlandais.

Débouchage du canal de Suez

Six jours, c’est le temps nécessaire pour que l’entièreté des 422 navires bloqués dans le canal de Suez puisse enfin le traverser. Samedi dernier, le dernier navire immobilisé par l’échouement du porte conteneur Ever-Given a enfin pu quitter le passage. Le navire de 200 000 tonnes a été remis à flot le 29 mars après une titanesque opération nécessitant le dragage de 30 000 mètres cubes de sable et l’emploi de treize remorqueur.

L’Autorité du Canal de Suez a ouvert une enquête et les conclusions devraient paraitre dans les jours à venir. L’origine de l’incident était d’abord attribué aux vents violents une tempête de sable, avant que les hypothèses d’« erreurs, humaine ou technique » n’apparaissent.

Le canal de Suez est un passage clé de la route commerciale maritime entre l’Europe et l’Asie, celle-ci représente 10 % du commerce international. Selon les estimations des autorités du canal, l’Egypte a perdu entre 12 et 15 millions de dollars pour chaque jour de fermeture du canal.

Birmanie : Pas de liberté sans casser des œufs

Les manifestations contre le putsch de l’armée birmane continuent en Birmanie.
Depuis le 1er février, 550 civils, femmes et enfants ont été tués alors qu’ils protestaient contre la prise de pouvoir de la Tatmadaw après avoir renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi. La situation pourrait même être plus grave qu’elle n’y parait car, sur les 2 700 personnes arrêtées par le régime, nombreuses sont celles qui n’ont pas moyen de contacter leur famille ou un avocat, et qui sont considérées comme portées disparues.

Pour l’occasion du dimanche de Pâques, les opposants à la junte militaire ont publié des photos d’œufs sur les réseaux sociaux avec le mot clé #EasterEggStrike. Si ça peut les rassurer, les birmans ont reçu le soutien du Pape François, un allié de poids face aux tirs à balle réelles de l’armée dans une population majoritairement bouddhiste.

Un œuf de Pâques dans une mains d’un manifestant avec le signe de résistance anti junte, les trois doigts levés. 4 Avril, Yangon, AP

Dans un registre plus concret, les dix factions rebelles qui ont signé un cessez le feu commun avec l’armée en 2015 vont « réexaminer » l’accord. Ces factions ethniques en constante recherche d’autonomie avaient déclaré le 1er février que l’accord était toujours valide malgré le coup d’état de la Tatmadaw. Mais depuis ce jour, elles ne cessent de dénoncer la répression violente appliquée par les militaires sur les civils. C’est justement dans ce cadre que les factions se sont réunies pour agir ensemble.

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Les informations du 9 mars à ne pas louper

Le référendum constitutionnel sur le climat examiné à l’Assemblée, harcèlement meurtrier dans le Val d’Oise, les archives de la guerre d’Algérie en déclassification accélérée, Lula revient menacer Jair Bolsonaro au Brésil : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National :

Chaud devant pour référendum sur le climat

Depuis plusieurs semaines, le monde législatif est dans une séquence hautement axée sur le climat. Aujourd’hui, mardi 9 mars, l’Assemblé nationale démarre un débat de trois jours sur l’inscription de la notion de « préservation de l’environnement » dans l’article premier de la Constitution.

Porté par la légitimité de la convention citoyenne pour le climat qui a pourtant désavoué avec force les modifications du projet de loi Climat et résilience, La République En Marche (LREM) veut instaurer, grâce à un projet de loi constitutionnelle, la « garanti(e) [de] la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et [la] lutte contre le dérèglement climatique » en France.

L’inscription de cette maxime dans l’article premier de la Constitution française est difficilement contestable dans l’hémicycle pour plusieurs raisons.
La première est que la proposition de LREM reprend mot pour mot – voir « sans filtre » – la proposition issue de la convention citoyenne : contester le bien-fondé de cette mesure serait un signe de défiance des députés envers la démocratie participative.
La seconde explication, c’est que l’écologie est devenue un sujet impossible à rejeter dans le débat politique moderne. Pieyre-Alexandre Anglade, rapporteur du texte et porte-parole de LREM à l’Assemblée nationale, déclare qu’« aucun groupe politique qui peut se permettre d’écraser le sujet aujourd’hui car cela reviendrait à dire qu’ils se désintéressent de l’écologie ».

Le palais Bourbon, où siège l’Assemblée nationale. Illustration

Si tout se déroule sans accroc, la proposition passera devant le Sénat, au Palais du Luxembourg, pour y être à nouveau adoptée, puis sera présentée au peuple Français par référendum avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. Sauf qu’en politique, il a toujours un « mais ». Et aujourd’hui, celui-ci se retrouve particulièrement sur le banc des députés de la droite.

La menace n’est pas immédiate à l’Assemblée nationale, mais elle va devenir réelle au Sénat, majoritairement composé de parlementaires de la droite qui prendront le relai de leurs homologues du Palais Bourbon. La bataille s’annonce ardue car la notion de « garantie » dans la Constitution fait peur aux députés et au Conseil d’Etat, qui y voient conjointement un risque de « quasi-obligation de résultat », et donc des répercussions juridiques qui en découlent. Damien Abad, le président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée, déplore une mesure « qui participe à la dérive de la judiciarisation de la vie politique et économique française ».

C’est également dans ce contexte que l’examen en commission spéciale de la loi Climat et résilience a démarré lundi dernier. Les débats à l’assemblé sur le grand projet écologique du quinquennat Macron devrait continuer jusqu’à la fin du mois prochain.

Harcèlement meurtrier dans le Val d’Oise

Deux adolescents de 15 et 14 ans, un garçon et sa petite amie, ont été interpellés ce mardi 9 mars et placé en garde à vue aujourd’hui. Leurs casiers sont vierges mais ils sont fortement soupçonnés d’être liés au sort d’une adolescente de leur lycée, âgée de 14 ans, retrouvés hier soir dans la Seine, morte, sous le viaduc de l’autoroute A15. L’affaire a été confiée à la police judiciaire de Cergy-Pontoise.

Le Monde écrit dans ses lignes que le couple aurait tabassé violemment la jeune fille avant de la jeter dans le fleuve. La victime était la cible d’harcèlement dans son établissement scolaire et l’adolescent interpellé par la police aujourd’hui devait passer devant un conseil de discipline ce mardi.

La mère de l’adolescent s’est rendue au commissariat d’Argenteuil hier soir. Son fils s’était déjà enfui lorsqu’elle contacte les forces de l’ordre, mais elle déclare a la police que son fils et sa petite amie lui avaient avoué qu’ils avaient eu une dispute avec la victime, suivie de plusieurs coups avant de la balancer dans le fleuve. Ils ont été arrêtés chez un ami pendant la nuit et plusieurs vêtements du couple étaient tachés de sang.

La mère de la victime s’est rendue au commissariat au même moment que l’appel téléphonique pour signaler la disparition de sa fille. Elle racontait que l’adolescente est victime de harcèlement et a déjà reçu des menaces de mort, sans pour autant avoir porté plainte jusqu’ici.

Les derniers instants de la victime n’ont, malheureusement, pas été paisibles. Selon une source proche du dossier, l’adolescente a « été tabassée avant de mourir ». Le parquet signale des « traces de coups à la tête et au visage ».

Les trois adolescents étaient dans une classe de troisième du lycée professionnel Cognacq-Jay, à Argenteuil. A la suite de photographies diffusées sur le réseau social Snapchat, la situation a dégénéré.

Selon des témoignages d’élèves recueillis par l’Agence France-Presse, la victime « se faisait harceler. » et qu’elle s’était battue en public « avec celle qui la harcelait devant les toilettes » la semaine dernière
Sur BFM-TV, la mère de l’auteur présumé des faits a  déclaré que son fils aurait vécu « une petite relation avec [la victime] avant d’être avec la nouvelle. »

Déclassification accélérée des archives de la guerre d’Algérie

Dans la foulée de la reconnaissance de la responsabilité de la France dans l’assassinat d’Ali Boumendjel pendant la bataille d’Alger en 1957, Emmanuel Macron poursuit les recommandations du rapport de l’historien Benjamin Stora pour « réconcilier les mémoires » et « regarder l’histoire en face » concernant la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie.

Dans un communiqué, Matignon annonce que le président a décidé d’autoriser les archives de procéder aux « déclassifications des documents couverts par le secret de la Défense nationale (…) jusqu’aux dossiers de l’année 1970 incluse ». Ces archives de la guerre d’Algérie sont classifiées depuis plus de cinquante ans et cette mesure n’était, jusqu’ici, réservée qu’aux documents antérieurs à l’année 1954.

Benjamin Stora et Emmanuel Macron, lors de la remise du rapport de l’historien à l’Elysée, le 20 janvier 2021. CHRISTIAN HARTMANN / AP

De la même manière que pour les archives du Rwanda, les universitaires se plaignaient de l’accès restreint aux documents qui pourraient éclaircir l’un des passages les plus sombres de l’histoire moderne de la France. Concrètement, la décision prise par le chef de l’état va permettre de déclassifier par dossier plutôt que feuille par feuilles, ce qui va considérablement accélérer le processus.

L’Algérie salue évidemment cette décision, mais rappelle que de nombreux sujets restent en suspens à propos de la guerre d’indépendance, notamment la question des 2200 « disparus » pendant le conflit, ou encore la question des essais nucléaires dans le Sahara.

International :

Libéré de ses condamnations, Lula est de retour

L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre au Brésil : l’ancien président de la République Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, a vu l’ensemble de ses condamnations annulées hier par la Cour suprême.

Le juge Edson Fachin a estimé que le tribunal de Curitiba, qui a condamné Lula en 2018 n’était « pas compétent » pour juger ces affaires. C’est désormais au tribunal fédéral de Brasilia de prendre le dossier en main.

L’ex-président qui a exercé être 2003 et 2011 déclare que cette décision de justice « « est la reconnaissance que nous avons toujours eu raison dans cette longue bataille juridique »

Aujourd’hui âgé de 75 ans, il a été libéré en 2019 après cinq cent quatre-vingts jours en prison mais son casier judiciaire restait souillé par ses quatre condamnations pour corruption dans le cadre de la très controversée opération judiciaire « Lava Jato » (lavage express).

Luiz Inacio Lula da Silva, le 8 novembre 2019, lors de sa sortie de prison à Curitiba. CARL DE SOUZA / AFP

Cette dernière continue encore de faire débat au Brésil à cause de l’acharnement que Lula a subit de la part du juge Sergio Moro, ou encore de par la remise en cause de l’impartialité des juges et des procureurs à la suite de l’enquête du site The Intercept Brasil qui a révélé des échanges de messages de plusieurs acteurs de l’affaire judiciaire.

Il existe au brésil une loi nommée « ficha limpa » (casier propre), elle interdit à toute personne condamnée en appel de se présenter à une élection. La décision de la Cour suprême annule donc aussi les effets de cette loi sur l’homme politique.

Libéré de ce poids judiciaire, Lula redevient ainsi un candidat sérieux face à Jair Bolsonaro pour l’élection présidentielle de 2022. Embourbé dans la crises sanitaire, acculé par près de soixante-dix demandes en destitution, impliqué dans plusieurs enquêtes judiciaires dont une qui concerne son élection en 2018, le président actuel a tout à craindre d’un retour de Lula dans le monde des vivants.
Les plus récents sondages indiquent que Lula récolterait 50 % des voix. En revanche, 44 % des Brésiliens déclarent d’ailleurs qu’ils ne voteraient « jamais et dans aucun cas » pour lui a cause de son passé judiciaire.

L’affaire n’est pas encore terminée : Le procureur général brésilien dispose d’un droit de recours devant la Cour suprême réunie en séance plénière, et un jugement du tribunal tribunal fédéral de Brasilia pourrait éventuellement tomber avant 2022, réduisant alors à néant les chances de Lula de briguer un troisième mandat.

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Les informations du 4 mars à ne pas louper

Balladur se relaxe enfin, nouvelles mesures sanitaires en France, mamie dans le journal, le passeport vaccinal devient à la mode, Viktor Orbán quitte le parti populaire européen, semi réussite pour SpaceX : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention ces derniers jours.

National

Balladur et Léotard sont dans un bateau, Léotard tombe à l’eau…

Le 19 janvier dernier, le procès de l’affaire Karachi reprenait. Jugés pour « complicité d’abus de bien sociaux », l’ancien premier ministre de 91 ans, Edouard Balladur, et son ancien ministre de la défense âgé de 78 ans, François Léotard, ont reçu aujourd’hui le verdict de la Cour de justice de la République (CJR).

Les deux ministres étaient accusés d’avoir mis en place et profité d’un système de rétro commissions illégales dans des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite. Ce système visait à financer la campagne d’Edouard Balladur lors des élections présidentielle de 1995.

Édouard Balladur devant la Cour de justice de la République le 2 février. AFP/Alain Jocard

Alors qu’il risquait un an de prison avec sursis et  50 000 euros d’amende, l’ancien candidat malheureux de l’élection présidentielle a été relaxé. La CJR a déclaré, concernant les rétrocommissions, qu’il n’y avait pas de « preuve de l’existence d’instructions données en connaissance de cause par M. Balladur ». Quant au versement de 10,25 millions de francs sur son compte de campagne après sa défaite, officiellement issu de « dons », l’accusation n’a pu fournir de documents attestant de l’origine de cette somme.

François Léotard est moins chanceux : il a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis et 100 000 euros d’amende. Il rejoint le rang des six autres personnes jugées coupables lors du volet civil de l’affaire, le 15 juin dernier. L’entourage d’Edouard Balladur et François Léotard avait écopé de deux à cinq ans de prison ferme pour abus de biens sociaux, recel ou complicité. Tous ont fait appel.

Nouvelles mesures de confinements localisés en France

Lundi, Emmanuel Macron annonçait que les Français devraient tenir « encore quelques semaines, quatre à six semaines » avant de baisser les restrictions sanitaires. Hier, c’est le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui aspirait à « un retour à une vie plus normale […] peut-être dès la mi-avril ». Jean Castex, le premier ministre, a également détaillé les prochaines mesures gouvernementales lors de sa conférence de presse du jeudi soir.

A l’instar des Alpes-Maritimes et de Dunkerque, le Pas-de-Calais sera lui aussi sujet à un confinement le week-end. Cette décision fait suite au conseil de défense sanitaire à l’Elysée de mercredi. Le taux d’incidence du Covid-19 dans le département a atteint les 400 cas pour 100 000 habitants alors que la limite est fixée à 200. Il n’est pas exclu, selon le gouvernement, que « Un ou deux autres » département suivent la même voie. De plus, les Hautes-Alpes, l’Aisne et l’Aube rejoignent le 20 autres départements placés sous surveillance renforcée.

Jean Castex lors de la conférence de presse sur la situation sanitaire, le 4 février 2021. Maxppp/Thomas Padilla

Vous pouvez aussi rayer de la liste l’Ile-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur comme cibles imminentes. Selon les sources du quotidien Le Monde, l’exécutif ne compte confiner ni Paris ni Marseille qui ont pourtant des taux d’incidence de respectivement 322 et 318 cas positifs pour 100 000 habitants. Ces zones restent dans la liste des départements placés en « surveillance renforcée » le 25 février. Lors du conseil, Emmanuel Macron a réitéré sa volnté d’éviter un confinement national et a ordonné une augmentation des tests, un renforcement des mesures d’isolement, et d’accélérer la campagne de vaccination qui piétine.

Selon Le Monde, le gouvernement justifie le nombre de département restreint visés par ces mesures de confinement le week-end avec plusieurs raisons. La première est que la France ne subit pas une « flambée épidémique ». Avec ses 21 330 cas quotidiens, la situation « n’explose pas » et permet de « tenir la ligne, sans trop rajouter de restrictions ».

La seconde explication est que l’exécutif préfère une « réponse différenciée », « ciblée, territoire par territoire ». Cette méthode régionalisée doit permettre au gouvernement de proposer des mesures adaptées à des « situation(s) hétérogène(s) ». Enfin, la dernière raison est le facteur d’acceptabilité de la population. Pas question de reconfiner des Français abonnés au couvre-feu si le nombre de cas covid n’explose pas et que les départements touchés n’ont pas établi un consensus.

Cela ne veut pas dire que ces éléments sont nécessaires pour autant. Anne Hidalgo a exprimé son refus catégorique d’un confinement le week-end, mais c’est le gouvernement qui décide en derniers recours, n’en déplaise à la maire de Paris.

Ma mamie passe dans le journal

Je vous jure que je ne vous mens pas, c’est la plus grosse actualité du jour !
Bon, c’est vrai que tout le monde s’en fout mais pour les curieux, elle est apparue dans un article de La Dépêche du Midi. Rosine – ma grand-mère donc – est l’une des premières personnes âgées à être vaccinées dans le tout nouveau centre de vaccination de Gramat, dans le Lot. 3615 Rosine, terminé.

Elle a même eu droit a une photo

International

Le passeport vaccinal fait son chemin

C’est fou comme les avis peuvent changer quand le monde évolue sans nous. Le 17 janvier dernier, Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, affirmait que le gouvernement était « très réticent » à la mise en place d’un passeport vaccinal européen.
Il y a encore un mois les gouvernements Français et Allemands jugeaient cette mesure « prématuré » pour des raisons éthiques, notamment à cause de la discrimination qui toucherait les personnes ne pouvant pas ou ne voulant pas se faire vacciner.

Sauf qu’une grande partie de l’Union Européenne est très intéressée par cette solution, y compris la Commission. La Grèce réclamait ce système dès décembre dernier. La Suède, l’Estonie, le Danemark et la Pologne expérimentent déjà des certificats. L’Espagne, le Portugal, Malte, Chypre, l’Autriche ou encore l’Italie se sont eux aussi montré favorables à cette mesure.

Et comme tout le monde s’y met et que, selon un sondage Oxada, 59 % des français sont favorables à un passeport vaccinal, la France commence a y songer aussi. Dès le 25 février, Emmanuel Macron a mentionné l’idée d’un « pass sanitaire » qui servirait à prouver un résultat négatif au covid, ou encore d’octroyer l’accès aux lieux publics. Mentionné encore hier dans une réunion interministériel à l’Elysée, il permettrait « d’anticiper […] de travailler sur les protocoles de réouvertures des lieux aujourd’hui fermés » comme les théâtres, les cinémas, les musées, mais aussi les restaurants, les bars ou encore les salles de sports.

Il reste cependant un problème de poids dans ce système : La capacité de l’Etat Français à vacciner sa population. Le 1er mars, la France était en dessous de la moyenne européenne avec 4,68 millions de de Français ayant reçu une première injection, soit 4,5% de la population. Un pass ne sera efficace que dans plusieurs semaines, le ministre de la Santé, Olivier Véran, espère que 9 millions de français seront immunisés à la fin du mois. Lors de sa conférence de presse, Jean Castex a annoncé l’accès à la vaccination en pharmacie dès le 15 mars pour les plus de 50 ans présentant des facteurs de comorbidités. Le premier ministre estime que 30 millions de français auraont été vacciné d’ici l’été.

De plus, ces mesures du « pass sanitaire » sont cantonnées au territoire national et ne concernent pas les autorisations de voyager à l’étranger alors que la saison estivale approche à grand pas.
C’est dans ce cadre que la présidente de la Commission européenne, Urusla Von der leyen, a annoncé le 1er mars qu’elle allait présenter un « Digital Green Pass » ou « Passeport Numérique Vert » dans le mois à venir.
Afin de rétablir la liberté de circulation dans l’espace Schengen, la Commission réfléchit sur cette solution qui doit « permettre progressivement [aux européens] de se déplacer en toute sécurité dans l’UE ou à l’étranger − pour le travail ou le tourisme »

La Commission va se baser sur le modèle du carnet jaune de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), utilisé pour plusieurs pays d’Afrique. Il serait adapté à l’échelle de l’UE pour connecter un maximum de pays membres. Afin de balayer les critiques concernant les discriminations potentielles de ce passeport, le passeport aura plusieurs critères permettant de prouver la validité d’un voyage : Soit être vacciné, le cas échéant un test négatif récent sera équivalent, ou encore le fait d’avoir été contaminé et donc de posséder des anticorps du virus.

Quoi qu’il en soit, le sujet n’est pas clos et sera peut-être même la source de nouvelles polémiques : Le dispositif respectera-t-il le secret médical ? Comment seront légalement protégées les données ? Y a-t-il des risques de faux ? Les états européens ont intérêt à bien se préparer s’ils ne veulent pas subir une nouvelle vague de critiques. L’image de l’UE est abimée par ses échecs consécutifs, de la distribution des masques à la campagne vaccinale, en passant par l’immense fiasco de son modèle à l’international. L’Union a été incapable d’assister ses voisins europhiles comme la Serbie et l’Ukraine. Comble de la disgrâce, la Hongrie et la Slovaquie ont dû commander des vaccins à des pays tiers comme la Chine et la Russie parce que les vaccins européens n’étaient pas validés et produits assez vite. Que d’occasions manquées.

Le Fidesz de Viktor Orbán quitte le Parti populaire européen

Plutôt partir immédiatement que d’affronter le déshonneur d’être exclut. C’est ce que Victor Orbán, le premier ministre hongrois et chef du parti Fidesz a appliqué hier dans le Parti populaire européen (PPE). A la suite d’une réforme des statuts approuvée à 148 voix sur 187, le Fidesz a décidé de quitter la principale formation politique du Parlement européen.

Concrètement, le PPE a approuvé une modification de ses règles internes qui autorise la suspension ou l’exclusion d’une délégation complète, plutôt que des sanctions individuelles.
Sentant le vent du boulet, Viktor Orbán a écrit une lettre au président du groupe, Manfred Weber.

Dans celle-ci, le leader de Hongrie annonce son départ « immédiat » avec les douze députés hongrois qui l’accompagnent. Il dénonce « un geste hostile adopté contre le Fidesz et nos électeurs » de la part du PPE, qualifiant cette nouvelle mesure d’ « antidémocratique, injuste et inacceptable ».

Précisons que cette réforme interne a été adoptée à la suite de sanctions prises à l’encontre de Tamás Deutsch, un eurodéputé du Fidesz. Il a comparé les positions de Manfred Weber aux slogans de la Gestapo et de la police secrète hongroise durant la période communiste. Au lieu d’être exclu, il a simplement perdu le droit de s’exprimer au nom du PPE en session plénière.

Le 28 février dernier, Orbán anticipait l’adoption de cette réforme et avait déjà menacé de quitter le groupe, il n’a donc fait que mettre ses menaces a exécution. De son côté, Manfred Weber est « très heureux » de l’unité que le PPE a affiché en votant cette réforme. L’allemand « regrette »  la décision du Fidesz de quitter son groupe et rétorque au premier ministre que le PPE n’a « pas besoin de leçon de valeurs » et qu’il s’agit ici d’une question « de provocation contre l’Europe à propos des droits fondamentaux et de l’état de droit » de la part de la démocratie dite « illibérale » de Budapest.

Viktor Orbán a quitté le PPE avec fracas. EPA

Ce divorce après 20 ans de collaboration est aussi violent qu’il n’était inévitable et réclamé au sein du parti. Le PPE est un parti de droite, chrétien-démocrate, libéral-conservateur et proeuropéen. La présence du Fidesz était de plus en plus lourde à assumer depuis une dizaine d’année. En 2010, Victor Orbán est revenu au pouvoir en Hongrie et le pays est tombé dans une spirale régressive concernant l’indépendance de la justice, des média et du secteur culturel Hongrois.

Des mesures condamnées par Commission européenne, la Cour de justice de l’Union européenne et critiquées par les Etats membres. Au-delà des dérives nationales, le premier ministre Hongrois mène une campagne de décrédibilisassions agressive contre l’UE alors même qu’il profite de ses subventions à des fins personnelles.

Victor Orbán a, comme tous les extrêmes en Europe, profité de la diplomatie pusillanime du PPE et de la droite européenne. Le Fidesz a développé une politique anti migration et un discours anti européen, dénonçant une « élite bureaucratique bruxelloise » à l’origine de tous les maux de la Hongrie. Ce n’est qu’en 2018 que la situation a commencé à changer, quand une majorité du PPE a suivi le Parlement européen pour lancer une procédure de sanction contre la Hongrie.

L’érosion du statut du Fidesz au sein du PPE s’aggrave encore à partir du printemps 2019. Le groupe se retrouve alors « suspendu » après une campagne d’affichage à Budapest. Dans les rues de la ville des posters accusent le président de la Commission de l’époque et membre du PPE, Jean-Claude Junker, et le milliardaire juif d’origine hongroise, George Soros, de comploter ensemble pour inonder l’Europe de migrant.

Avec cette annonce, le Fidesz se retrouve isolé en tant que parti national dans le Parlement Européen, mais toujours affilié au PPE. Une position inédite qui devrait le forcer à rejoindre au plus vite une autre famille politique même si rien ne l’empêche de rester indépendant.

La logique voudrait que Viktor Orbán et ses députés rejoignent les Conservateurs et réformistes européens (CRE). Il s’agit d’un parti eurosceptique – ça correspond à la ligne d’Orbán – avec 61 sièges au Parlement européen. C’est également le groupe qui accueille le parti présidentiel polonais, Droit et Justice (PiS). Ce dernier est lui aussi en pleine joute avec l’UE en raison de son système de nomination des juges à la Cour suprême polonaise « susceptible de violer le droit de l’Union européenne »

Pas plus tard que la semaine dernière, Viktor Orbán a adressé une lettre à Fratelli d’Italia (Frères d’Italie en français), un parti nationaliste italien membre du CRE. Adressée à Giorgia Meloni, la présidente du CRE, la lettre du hongrois disait « Nous avons besoin d’alliés sur lesquels nous pouvons compter ; avec qui nous détenons une vision commune du monde ; et avec qui nous partageons des similitudes dans la façon dont nous nous attelons aux défis de notre époque »

L’Union européenne change, et la Hongrie va désormais devoir assumer ses positions au parlement européen plutôt que de se cacher derrière son groupe. Il était temps.

Un succès en demi-teinte explosif pour SpaceX

L’image a fait le tour d’internet hier soir : Le prototype de fusée SN-10 de SpaceX décolle du centre spatial de Boca Chica au Texas, effectue sa manœuvre de bascule « à plat ventre » en haute altitude pour passer en phase d’atterrissage, se pose à nouveau avec quelques difficultés puis… explose au sol quelques minutes plus tard.

Il s’agit du troisième essai de descente maitrisée du Starship par la société aérospatiale américaine SpaceX, fondée par le célèbre milliardaire Elon Musk. Le 9 décembre 2020 et le 2 février 2021, les prototypes SN-8 et SN-9 s’étaient crashés avec fracas, sans même pouvoir se poser.

Malgré l’intervention immédiate des lances à incendie après l’atterrissage, l’étage supérieur a explosé. images de la NASA

L’objectif du test d’hier était de faire décoller et atterrir en un seul morceau l’étage supérieur du futur lanceur lourd de SpaceX. La particularité du projet spatial de l’entreprise et de développer des fusées en partie réutilisables afin de grandement diminuer les coûts. À terme, le véhicule est sensé emmener des humains et jusqu’à 100 tonnes de fret sur la Lune et sur Mars lors de futures missions.

Le test n’est qu’un échec partiel. Avant le décollage, Elon Musk estimait les chances de réussite de l’atterrissage à 60 %. Le simple fait que la fusée de 50 mètres ait réussie à se poser – un peu de travers – plutôt que d’exploser immédiatement est un bon signe pour SpaceX. Et puis de toute façon, « jamais deux sans trois » n’existe pas pour rien.

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Les informations du weekend et du 1er mars à ne pas louper

Sarkozy a pris du ferme, Emmanuel Macron reçoit une mauvaise note de la convention citoyenne, Aung San Suu Kyi refait surface et répression sanglante en Birmanie, hommages à l’opposant russe Boris Nemtsov six ans après son assassinat : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention.

National

Une peine de prison ferme pour Nicolas Sarkozy

Depuis ces dernières années, il n’est pas rare d’entendre ou lire le nom de l’ancien président de la République suivi des termes « mis en examen », « affaire » ou encore « tribunal ». Pourtant, figurez-vous que le casier de Nicolas Sarkozy était, jusqu’à ce matin, techniquement vierge.

L’ancien chef de l’État entre 2007 et 2012 voit les différentes procédures judiciaires qui le visent arriver dangereusement à leurs termes. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a reçu la décision de la 32ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour le procès des  « écoutes », aussi connu sous le nom d’affaire « Bismuth ». Au terme de plusieurs années de procédure, il a été condamné à trois ans de prison dont un an ferme.

Le tribunal a jugé que « Nicolas Sarkozy s’est servi de son statut d’ancien président de la République » et qu’il a « porté gravement atteinte à la confiance publique en instillant l’idée que les décisions de la Cour de cassation peuvent faire l’objet d’arrangements privés. » L’importance de l’auteur des faits et sa « qualité d’avocat » qui lui permettait d’être « parfaitement informé des obligations déontologiques de cette profession » nécessitait « une réponse pénale ferme »

C’est la première fois qu’un ancien chef de l’état est condamné à une peine de prison ferme : même Jacques Chirac n’a été condamné qu’à deux ans de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris en 2011.

L’ancien leader de l’UMP/LR était jugé pour « corruption active » et « trafic d’influence ». Il était accompagné de son avocat Thierry et de l’ancien magistrat Gilbert Azibert, eux aussi poursuivi et condamnés à trois ans de prison dont un an ferme pour les même faits.

Nicolas Sarkozy lors de son arrivé au tribunal de Paris, le 1er mars 2021. Anne-Christine Poujalat/AFP

Concrètement, Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog étaient suspectés d’avoir, par l’intermédiaire de Gilbert Azibert, essayé d’obtenir des informations confidentielles sur une procédure judiciaire ou encore d’annuler la saisie des agendas présidentiels dans le cadre des affaires Bettencourt et Tapie-Crédit lyonnais.

Suspecté d’« abus de faiblesse » à l’encontre de l’héritière de l’Oréal, Nicolas Sarkozy avait bénéficié d’un non-lieu dans cette affaire, faute de preuves. Dans la seconde procédure, l’ex-président est soupçonné d’être intervenu en faveur de Bernard Tapie : l’homme d’affaires est toujours jugé pour une « escroquerie » d’un montant de 403 millions d’euros.

Concernant l’affaire Bismuth, M. Sarkozy et M. Herzog ont été placés sous écoute en 2013. La légalité de cette procédure a longtemps été remise en cause par la défense des accusés, avant d’être validée par la Cour de cassation en 2016.
Les deux suspects ont échangé plusieurs fois des informations cruciales sur une ligne officieuse, grâce à deux téléphones prépayés, achetés sous le nom de « Paul Bismuth ». En échange de la coopération de M. Azibert, l’ancien président de la République aurait promis d’intervenir en faveur du magistrat pour qu’il obtienne un poste à Monaco.

Pour le Parquet national financier (PNF), les trois accusés ont conclu un « pacte de corruption ». La défense, elle, s’insurgeait contre les « fantasmes », d’un « procès d’intention » basé sur des écoutes « illégales » malgré le jugement de la Cour de cassation.

Cette décision de justice aura des conséquences immédiates et à moyen terme. D’un point de vue judiciaire – comme dans toutes les affaires de ce types -, la partie condamnée va probablement appliquer ce que j’aime appeler la stratégie Balkany : le 13 septembre 2019, l’ancien maire de Levallois-Perret annonçait nonchalamment au micro de Quotidien, la veille de son procès pour fraude fiscale, qu’il irait en Cour d’appel s’il était condamné, puis en cassation, et enfin plaider sa cause auprès de la Cour de justice de l’Union européenne, avant de « prendre sa retraite ».

Le même scénario se profile pour l’ex-président de la République. M. Sarkozy est bien lancé pour faire durer la procédure pendant plusieurs années avec une présomption d’innocence maintenue, et une peine suspendue entre chaque procédure. De plus, les condamnations de prison ferme durant moins de deux ans sont aménageables à domicile, sous surveillance électronique : il est donc quasi certain que Nicolas Sarkozy ne voit jamais une prison depuis l’intérieur pour cette affaire.

Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert ont été condamnés, ils ont fait appel après le procès. THOMAS COEX, PHILIPPE LOPEZ, GEOFFROY VAN DER HASSELT AFP

Cette première salve judiciaire n’est qu’un avant-goût. M. Sarkozy doit comparaître le 17 mars dans l’affaire Bygmalion, il y est soupçonné de financement illégal lors de sa campagne en 2012.
Parmi les menaces a échéances plus tardives se compte également l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Mis en examen en mars 2018, le politicien est soupçonné de « corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens » alors qu’il n’était que candidat à la présidence.
Enfin, sur signalement de Tracfin, le service de renseignement du ministère de l’économie, une enquête a été ouverte par le PNF en janvier 2021 pour « trafic d’influence » et « blanchiment de crime ou délit » : début 2020, M. Sarkozy a reçu un paiement de 500 000 euros en provenance de Russie, pour un contrat d’un montant total de trois millions d’euros.

Pour clore le sujet, parlons des conséquences politiques de la condamnation d’aujourd’hui.
Nicolas Sarkozy assure avoir « tourné la page » après son échec à la primaire de la droite pour les élections présidentielles de 2017. Cependant, il conserve des relations amicales avec le premier ministre, Jean Castex, ou le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Il lui arrive même de conseiller Emmanuel Macron, les deux politiciens affichant parfois leur proximité.

Ces éléments laissaient croire que l’ex-président aurait pu faire un retour en 2022 comme homme providentiel pour Les Républicain. Le parti de droite est – tout comme à gauche – en piteux état et sclérosée depuis 2017. M. Sarkozy conserve malgré tout une certaine popularité auprès des électeurs, et une relaxe aurait pu servir de tremplin à la légitimité de l’homme politique pour revenir au-devant de la scène. Ce sera plus difficile désormais.

Petite réflexion : si jamais Nicolas Sarkozy a l’audace de refaire campagne, il risque de tomber sur un candidat qui le remettra à sa place comme M. Poutou l’a fait en 2017 avec François Fillon et Marine Le Pen.

Loi climat : la mauvaise note de la convention citoyenne

Critiqué pour son « manque d’ambition » par le Haut Conseil pour le climat et 110 associations de défense de l’environnement et de lutte contre la pauvreté, composé de mesures « souvent limitées » selon le Conseil économique, social et environnemental : le controversé projet de loi « Climat et résilience » entre dans une nouvelle phase. Le texte de 69 articles visant à « introduire des ruptures majeures pour la société française » va être débattu le 29 mars, en procédure accélérée, à l’Assemblée Nationale.

Le projet de loi est issu de 149 propositions transmises par la convention citoyenne pour le climat (CCC) au président de la République. Entre octobre 2019 et juin 2020, 150 volontaires tirés au sort ont développé proposé des mesures pour « diminuer d’au moins 40 % (par rapport à 1990) les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 dans un esprit de justice sociale ». Emmanuel Macron en a immédiatement refusé trois et s’était engagé à retransmettre les autres « sans filtre ».

Emmanuel Macron devant les membres de la convention citoyenne, le 29 juin 2020. Elysée

Apparemment, « sans filtre » ne doit pas être pris au mot quand il vient de l’exécutif. Des mesures ont été intégrées dans le plan de relance, dans le budget ou dans des décrets. Officiellement, 75 mesures sont appliqués et 71 vont être mises en œuvre. Quant au projet de loi, il ne reprend que 30% des propositions de la convention citoyenne, partiellement ou en intégralité.

Ce weekend s’est déroulé la huitième et dernière session de la CCC.  Les membres se sont réunis pour évaluer les « décisions du gouvernement relatives aux propositions de la CCC » sur six thématiques. Aucune n’a obtenu la moyenne.

Le thème « se loger » a obtenu un 3,4 sur 10. « Produire et travailler », « se nourrir » et « se déplacer » : 3,7 chacune. « Consommer » a obtenu un 4 et les propositions sur la gouvernance 4,1.
Les notes chutent dans des cas particuliers : « limiter les effets néfastes du transport aérien » reçoit un 2,8 car là l’interdiction des vols intérieurs quand une alternative en moins de deux heures existe, et passé à 4 heures. L’introduction dans le droit de « l’écocide » obtient un 2,7 car la mesure a été amoindrie en délit plutôt qu’en crime.
Seule exception au tableau, un 6,1 sur 10 pour l’intégration dans l’article 1 de la Constitution de « la préservation de la biodiversité, de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique ».

Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, déclare que ces résultats ne sont « pas une surprise, on s’y attendait », elle y voit un « vote politique » et relativise les résultats car, pour les membres de la CCC : « le projet de loi était la seule base pour la reprise de leurs propositions, mais c’est une erreur, leurs objectifs se retrouvent aussi ailleurs. »

C’est pourtant Emmanuel Macron qui a créé cette convention  dans le but de reprendre les mesures proposées par des citoyens et sortir ainsi de la crise des gilets jaunes. Difficile de contredire les propositions populaires quand le gouvernement voulait justement utiliser cet outil comme une preuve de bonne foi.

Pour Pierre Cannet, directeur du plaidoyer de WWF France, « La copie remise par le gouvernement n’est pas au niveau […] Les citoyens ont rempli leur contrat démocratique. Aux parlementaires maintenant de s’emparer, avec courage et responsabilité, de la crise climatique dans un esprit de justice sociale »

Le président s’est a nouveau présenté devant la Convention pour le climat le 14 décembre 2020. AFP

Chez Greenpeace, les mots sont plus durs. Clément Sénéchal, chargé de campagne politiques climatiques a déclaré que « On ne peut pas demander à des citoyens et citoyennes de s’impliquer pendant des mois sur un sujet aussi crucial et attendre d’eux d’adhérer à la manipulation qui en est faite ».

L’écologie est un sujet phare des deux dernières décennies, notamment vis-à-vis de la jeunesse qui n’a pas envie de vivre dans l’univers de Mad Max d’ici plusieurs dizaines d’années. Que l’Etat négocie sur ce sujet et repousse des mesures importantes à 2024, 2025 ou 2030 – et donc les responsabilités qui vont avec – est dangereux. Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron est repris sur son bilan écologique : les français sensible vis-à-vis de la planète n’ont pas oublié Nicolas Hulot, le porte étendard écologique du gouvernement qui, lassé d’avaler des couleuvres, a démissionné de son poste de ministre de la transition écologique en 2018.

Le bricolage de mesures vertes sera l’un des points faibles de La République en Marche en 2022, et se mettre à dos les citoyens qui ont joué le jeu de la démocratie participative est dangereux pour les politiciens, mais aussi pour ceux qui souhaitent habiter un monde vivable dans le futur.

International

Premières répressions sanglantes en Birmanie

C’est sans aucun plaisir que je vous confirme que mes prévisions du 15 février dernier se sont réalisées. Je vous annonçais alors que la situation en Birmanie allait s’aggraver fortement et que la Tatmadaw – les forces armées birmane – allait inévitablement perdre patience. Sur la trentaine de morts dénombrés depuis le début du coup d’état le 1er février dernier, les Nations Unies ont déploré le décès de 18 personnes hier dans différentes villes du pays comme Rangoun ou Mandalay, lors de rassemblements contre la junte militaire. Avant dimanche, seules cinq victimes étaient à dénombrer parmi les civils. L’armée, elle, affirmait qu’un policier était mort en tentant de disperser une foule et annonçait hier que « des mesures sévères seront inévitablement prises » contre des « foules anarchiques »

Ces annonces sonnent comme un euphémisme lorsque l’on regarde les réponses du régime depuis février. Les premiers appels au calme se sont succédés les jours suivant par une évolution graduelle de la répression : les gaz lacrymogènes ont mené aux canons à eau, suivi des balles en caoutchouc déjà meurtrières puis des tirs à balles réelles dont la létalité est garantie sur des manifestants non armés.

La police anti émeute tire du gaz lacrymogène sur les manifestants prodémocratie. REUTERS

Parmi les signes distinctifs utiles pour deviner si un régime est une dictature, le nombre d’arrestations arbitraires d’opposants politiques et d’acteurs de la société civile est un bon baromètre. Dans le cas de la Birmanie, plus de 1.130 personnes ont été arrêtées, inculpées ou condamnées depuis le coup d’Etat selon l’Assistance Association for Political Prisoners (AAPP). Rien que samedi, les médias officiels annonçaient 479 arrestations et l’AAPP en comptait 270 dimanche.

La plus connue des prisonnière du régime est d’ailleurs apparue aujourd’hui pour la première fois depuis un mois. Aung San Suu Kyi, dont la communauté internationale et les manifestants réclament la libération, a comparue devant la justice par visioconférence. La Prix Nobel de la paix a été arrêté et assignée à résidence à Naypyidaw dès le premier jour du coup d’état.

Déjà poursuivie pour l’importation illégale de talkies-walkies et pour ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus, l’ex-chef d’Etat est désormais inculpée pour « incitation aux troubles publics » et pour le viol d’une loi sur les télécommunications.
Son avocat, Khin Maung Zaw, la voyait pour la première fois. Il n’est toujours pas autorisé à la rencontrer mais il déclare qu’elle a l’air « en bonne santé ».

Un weekend sous le signe de l’opposition politique en Russie

Les États membres de l’UE ont officialisé aujourd’hui les sanctions prises le 22 février dernier contre quatre hauts fonctionnaires russes dans la détention de l’opposant russe Alexeï Navalny et dans la répression menée contre ses soutiens. Alexandre Kalachnikov – comme le fusil d’assaut -, directeur des services pénitenciers, Alexandre Bastrykine, responsable du Comité d’enquête russe, Igor Krasnov, procureur général, et Viktor Zolotov, chef de la Garde nationale de Russie se voient interdit de visa et leurs avoirs situés dans l’Union européenne sont gelés. Ils rejoignent ainsi le cercle des six proches du président Vladimir Poutine, ciblés après l’empoisonnement d’Alexeï Navalny.

Samedi, l’ONG Compteur blanc a compté 7 800 personnes dans un rassemblement au centre de Moscou en hommage à Boris Nemtsov. Ancien vice-premier ministre, opposant politique de Valdimir Poutine et mobilisé contre la guerre en Ukraine, il a été assassiné par balle au pied du Kremlin six ans plus tôt. Cinq hommes originaires des républiques de Tchétchénie et d’Ingouchie ont été condamnés en 2017, mais le procès n’a pas permis de démasquer les véritables commanditaires du meurtre.

Les russes rendent hommage à Boris Nemtsov, le 27 février 2021. Seda Karacan/ Agence Anadolu/ AFP

Les ambassadeurs de l’Union européenne, des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d’autres représentants occidentaux sont venus présenter leurs hommages. Ioulia Navalnaïa, la femme Alexeï Navalny, était elle aussi présente. Même condamné et privé d’apparition en public, son mari est toujours au cœur de l’actualité. Disparu des radars depuis le jeudi 26 février, les réseaux sociaux s’enflammaient, postant de nombreux messages avec le mot clé #OùEstNavalny. L’administration pénitentiaire s’est soudainement rappelée dimanche que l’opposant russe le plus connu de la planète avait été transféré « dans un établissement des services pénitentiaires russes de la région de Vladimir pour effectuer sa peine », a quelque 200 kilomètres à l’est de Moscou.

Alexandre Kalachnikov, le patron des services pénitentiaires russes sanctionné par l’UE, a assuré que M. Navalny « effectuera sa sentence dans des conditions absolument normales » dans la colonie pénitentiaire.
Une détention « normale », dans ce que beaucoup s’accordent à désigner comme l’héritage du goulag soviétique connu pour ses conditions insalubres et ses cas de tortures généralisées. Comme le travail est obligatoire dans ce type d’établissement, Alexeï Navalny devra travailler « comme machiniste ou coudre des masques après avoir terminé sa formation, ou devenir bibliothécaire ou encore cuisinier » selon l’agence de presse russe TASS.

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Les informations du 24 février à ne pas louper

Macron, Mcfly et Carlito cassent l’internet français, Depardieu mis en examen, le Covid contre-attaque, perte de l’immunité des eurodéputé indépendantistes catalans, quinze ans de prison pour le meurtre d’une journaliste anticorruption : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Macron, Mcfly et Carlito cassent l’internet français

Samedi 20 février, le duo de vidéastes Mcfly et Carlito a relevé un défi lancé directement par… le président de la République, Emmanuel Macron. Dans une vidéo tournée au téléphone – parce que ça fait jeune -, le président lance un pari aux deux youtubeurs de six millions d’abonnés avec cette formule « Faites une vidéo pour réexpliquer ces gestes [barrière contre le covid-19], l’importance de les respecter […] et si vous faites dix millions de vues, vous venez tourner à l’Elysée ».

Le pari a, évidemment, été relevé par David Coscas et Raphaël Carlier qui ont publié un clip le lendemain de l’annonce avec l’objectif d’atteindre des dix millions de vues. La chaine du duo existe depuis 2012 et a atteint son pic de popularité il y a trois ans. A l’époque, Mcfly et Carlito comptabilisaient jusqu’à 22 millions de vues sur certaines vidéos et leur performances actuelles tournent autour des cinq à huit millions de visionnages par publication, ce qui est un score extrêmement respectable dans la communauté française.

Le défi consistait donc à toucher quelques trois à cinq millions de spectateurs supplémentaires sur cette vidéo qui partait avec un net avantage dans l’algorithme de Youtube : l’influence du président et le buzz autour de ce pari, tout bénef pour les partis engagés.

L’objectif a été accompli la nuit dernière, trois jours après la publication du clip « Je me souviens ». Les recettes issues du visionnage de la vidéo seront reversées aux Agoraé, un des épiceries solidaires pour les étudiants.
Désormais, c’est au tour d’Emmanuel Macron de respecter sa part du contrat et de participer au format phare de la chaine du duo : un concours d’anecdotes à l’Elysée.

Au-delà du fait divers, le président fait réalise un exercice de communication réussie auprès des jeunes, notamment auprès de la population des 18-30 ans qui regardent le contenu de Mcfly et Carlito. Après avoir longtemps relégué les réseaux sociaux au second plan, le président fait désormais feu de tout bois à un an de l’élection présidentielle et tente de se refaire une image de politique « jeune et cool » pour gagner des voix dans une population qui souffre directement de la crise économique qui découle de l’épidémie de Covid-19.

La miniature Youtube (imaginée) par les deux vidéastes si le président participe a leur programme. Capture d’écran de la vidéo « Je me souviens« 

La stratégie du numérique et des réseaux sociaux en politique n’est plus neuve et beaucoup de figures politiques – si ce n’est tous – s’y sont cassé les dents ou n’ont pas trouvé le succès sur la longueur, comme Jean Luc Mélenchon avec sa chaine Twitch crée en mai 2020 mais n’a pas transformé l’essai. Dans le florilège des politiques qui tentent la voie de la modernité se comptent aussi François Fillon, Manuel Valls, Vincent Peillon, Nicolas Dupont-Aignan, Emmanuel Macron etc.

Tous possèdent une chaine sur une plateforme de vidéo, de streaming ou sur les réseaux sociaux, parfois les trois en même temps, mais aucun n’arrive a réellement à toucher le rêve de captiver et engager les fameux jeunes électeurs présent sur la toile. La plupart du temps, c’est la faute d’une communication politique appliquée par ces même politiciens, plutôt qu’un respect des codes d’internet et un intérêt réel pour la parole des jeunes.

Ces précédents n’empêche pas M. Macron de tenter l’approche du numérique avec ce défi des youtubeurs ou encore en accordant une interview au média Brut. Même les plus jeunes de La République en Marche tentent de suivre cette tendance comme Gabriel Attal qui, depuis novembre dernier, anime des échanges en direct sur Instagram tous les dimanche. Il lance aujourd’hui son émission « Sans filtre » sur Youtube et Twitch. Tous les mois, le porte-parole du gouvernement reviendra sur le conseil des ministres en compagnie d’influenceurs.

Bref, toutes ces opérations de communication sont sympathiques, mais rappelons-nous d’une chose : lors du premier tour de l’élection présidentielle, est-ce que les étudiants et les jeunes adultes se souviendront du mandat d’Emmanuel Macron comme une période qui a bousillé leurs études et leurs vie sociale avec des mesures sanitaires restrictives, sans véritable adaptation pour cette frange de la population ? Ou bien est-ce qu’ils regarderont les tracts des candidats et voteront pour le président en rigolant, parce qu’il a partagé des anecdotes potaches avec deux humoristes sur Youtube quelques mois plus tôt ? Faites-vous votre opinion, mais la jeunesse n’est pas bête.

Depardieu mis en examen pour viol

Le géant du cinéma français aurait bien aimé que l’information ne fuite pas, mais Variety, le magazine américain consacré à l’industrie du spectacle, en a décidé autrement. Selon une source judiciaire du magazine corroborée par l’AFP « M. Gérard Depardieu a été mis en examen le 16 décembre 2020 pour des accusations de viol et d’agression sexuelle.» à l’encontre d’une comédienne d’une vingtaine d’années. L’avocate de la plaignante, Elodie Tuaillon-Hibon, a demandé que « l’intimité de la vie privée [de sa cliente] soit respectée ».

La jeune femme a rapidement porté plainte pour viol et agression après ses passages dans le domicile parisien de M. Depardieu les 7 et 13 août 2018. Faute de preuves, le parquet de Paris a abandonné les charges en juin 2019, avant que l’enquête ne soit relancée à la demande de la plaignante en août 2020.  L’avocat de l’acteur français, Hervé Temime, déclare que son client « conteste totalement les faits qui lui sont reprochés », l’avocat déplore également que cette affaire ait été rendue publique et s’est refusé à tout commentaire supplémentaire. Selon l’AFP, une « source proche du dossier » a suggéré que l’acteur est un ami de la famille de l’actrice.

Gérard Depardieu, en juin 2018. THIERRY ROGE / BELGA / AFP

Gérard Depardieu est un monument du cinéma français reconnu à l’international qui a – pardonnez-moi pour l’expression – très salement vieilli. À 72 ans et 180 films à son actif, l’acteur possède une carrière exemplaire parsemées de collaborations importantes comme Peter Weir ou encore Ridley Scott. Depardieu est la figure des Valseuses, il est Cyrano de Bergerac ou encore L’homme au masque de fer.

Et pourtant, depuis quelques années, il est également la star qui, ivre, a « pissé » en public dans une bouteille en 2011 sur un vol Paris-Dublin car il ne pouvait pas patienter un quart d’heure pour utiliser les toilettes de l’avion. Il est également le héraut Français/Belge/Russe de l’évasion fiscale pour avoir fuis en Belgique en 2012 pour éviter l’impôt sur la fortune. Il est également l’ami de Valdimir Poutine, ce qui lui a valu la citoyenneté russe en 2013 en plus d’une nouvelle méthode d’évasion fiscale. C’est aussi l’homme qui se vante de boire jusqu’à 14 bouteilles d’alcool par jour tout en déclarant que la France est un pays « peuplé d’étrangers et d’imbéciles qui font du vin et du fromage puant ». Comme le disait si bien Charles De Gaulle « La vieillesse est un naufrage ».

Le Covid contre-attaque

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a annoncé aujourd’hui, après le Conseil des ministres, que la situation sanitaire concernant le Covid-19 en France « se dégrade » et qu’elle est « très préoccupante dans une dizaine de départements ». Cette évolution de la situation « impose des mesures rapides et fortes face aux risques imminents » précisant que les exemples de décisions prises par le gouvernement « la semaine dernière en Moselle » et « ce week-end dans les Alpes-Maritimes » parlent pour eux. Olivier Véran, le ministre de la santé, s’est rendu à Dunkerque au même moment et a annoncé qu’un confinement sera appliqué dans la ville dès ce week-end, du vendredi soir au lundi matin. Le premier ministre, Jean Castex, tiendra une conférence de presse demain pour détailler les prochaines mesures.
Gabriel Attal  a également ajouté que les « efforts » des français devaient se poursuivre pour « éviter » un troisième confinement à l’échelle nationale, une menace qui plane sur nos têtes depuis maintenant plusieurs semaines.

International

Europe : Wherever we may roam(ing) et vaccination

Vous avez aimé la première tournée de la suppression des frais d’itinérance (roaming) dans l’Union Européenne ? Et bien réjouissez-vous parce que la Commission européenne nous propose une rallonge pour les dix années à venir ! Si comme moi vous ne le saviez pas, la mesure permettant d’utiliser son forfait mobile national sans surcoût dans nos 27 États membres de l’UE, ainsi que l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, est temporaire. Appliqué en juin 2017 pour cinq ans, l’une des actions les plus concrètes pour le consommateur européen devait se terminer en 2022.

Selon un communiqué de la Commission, 33% des européens estimaient que la vitesse d’internet sur leurs appareils mobile à l’étranger est inférieure à celle de leur pays d’origine. Depuis la mise en place de la réforme du roaming européen en 2017, l’utilisation des données mobiles a été multipliée par 17 durant l’été 2019, dernière année exemplaire pour prouver l’utilité de la mesure avant la pandémie de covid-19.

L’UE renouvelle la suppression des frais d’itinérance mobile pour dix ans. Flickr

Ce succès est, pour le commissaire européen à l’industrie Thierry Breton, l’illustration que la suppression des frais de roaming est « une pierre angulaire du marché unique qui a fait ses preuves ».

Tant que nous sommes en train de parler de lui, ajoutons que le commissaire attaché au sujet de la production de vaccin par les laboratoires européens a déclaré aujourd’hui sur Europe 1 que « l’Europe devrait être en capacité de produire entre 2 et 3 milliards de doses par d’ici la fin de l’année ». L’Union européenne et la Commissions sont très critiquées depuis plusieurs mois pour leurs gestions de l’approvisionnement des vaccins et la lenteur des campagnes de vaccination dans les pays membres. Face à cela, le commissaire tente de relativiser en affirmant que 178 millions de doses ont été distribuées dans le monde selon les chiffres datés du 17 février : « 53 millions [ont été délivrées] aux États-Unis, 41 millions en Chine et 35 millions en Europe ».

Me gusta la immunidad, me gustas tu

Le député européen et ex-président du gouvernement régional de Catalogne exilé à Bruxelles, Carles Puigdemont, doit probablement s’arracher les cheveux à l’heure actuelle. L’organisateur du controversé – et officiellement illégal – référendum d’autodétermination de la Catalogne en 2017 est toujours poursuivi par un mandat d’arrêt européen émis par la Cour suprême espagnole pour « détournement de fonds publics » et « sédition ».

En 2018, il avait déjà fait l’objet d’une demande d’extradition de la part de la justice espagnole auprès de la Belgique pour « rébellion », un délit passible de vingt-cinq ans de prison. Une demande refusée par les tribunaux belges et allemands.

C’est dans ce contexte tendu pour le député que la commission des affaires juridiques du Parlement européen a voté, à bulletin secret, en faveur de la levée de l’immunité de M Puigdemont et des eurodéputés Toni Comin et Clara Ponsati, respectivement ex-conseiller régional à la santé et ex-conseillère à l’éducation. Une décision saluée sur la Radio nationale d’Espagne par le président de la commission et membre de Renew Europe (RE), Adrian Vazquez Lazara. Celui-ci affirmait que la commission a été la cible « de pressions, intoxications, attaques personnelles et de mensonges […] dans une volonté de déstabiliser la procédure ». Le Parti Populaire européen (PPE) a aussi salué ce vote sur Twitter par l’intermédiaire de l’eurodéputé Esteban Gonzalez Pons, il refusait l’idée que le Parlement apporte « l’impunité à ceux qui s’en prennent à l’Etat de droit dans un pays membre de l’Union ». Vox, le parti d’extrême droite se félicite que la lutte contre « les putschistes commence à porter ses fruits »

Sans surprise et malgré le bulletin secret, il devient probable que ce résultat soit lié aux votes cumulés des conservateurs du PPE, du groupe eurosceptique des Conservateurs et réformistes, de l’extrême droite, et des voix divisés des libéraux de RE et des sociaux-démocrates.

L’ancien Premier ministre catalan Carles Puigdemont entend lutter « jusqu’à la dernière seconde » contre la levée de son immunité en tant que député européen. EPA

Désormais, c’est l’assemblée plénière devra voter du 8 au 11 mars, durant sa prochaine session. Précision importante des élus : une levée d’immunité ne signifie pas la culpabilité mais plutôt le retour du député au statut de justiciable, qui donne le feu vert aux autorités judiciaires pour procéder à une enquête ou organiser un procès.

Pour autant, Carles Puidgement et ses acolytes ne doivent pas sauter dans le premier avion vers une destination lointaine car il existe un précédent judiciaire belge concernant l’ex-conseiller à la culture Lluis Puig.

La Belgique a statué que la Cour suprême espagnole n’est pas compétente pour le juger, notamment à cause du risque d’atteinte au droit à la présomption d’innocence en cas d’extradition. La défense de M. Puig a présenté un dossier qui synthétise de nombreuses déclarations publiques de politiques, juges et procureurs considérant la culpabilité des leaders indépendantistes comme une évidence, et donc comme condamné d’avance.

Même s’il ne finit jamais condamné, M Puidgemont à très peu de chance de pouvoir retourner en Espagne un jour en tant qu’homme libre, ses seules options étant une amnistie, ou la création d’une Catalogne indépendante.

Quinze ans de prison pour un des auteurs de l’assassinat d’une journaliste anticorruption maltaise

Cette affirmation date du 25 mars 2019 mais elle est toujours d’actualité concernant la vision de l’UE sur le sujet et me fait toujours autant rire – ou pleurer – : au micro de RTL et sur Twitter, l’ex-commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, affirmait sans sourciller qu’il « n’y a pas de paradis fiscal dans l’UE ». Il préférait désigner pudiquement « L’Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg, Malte, Chypre » comme des « trous noirs fiscaux […] où l’optimisation fiscale agressive trouve sa place. »

Au-delà de cette rhétorique « inconnusienne » venant de notre actuel président de la Cour des comptes, le pays qui nous intéresse aujourd’hui a été cité par M. Moscovici : Malte.
La petite ile 440 000 habitants dans méditerranée est une experte de cette fameuse « optimisation fiscale agressive » qui touches de nombreux pans de l’économie européenne, son administration joue avec les taxes et profite allègrement de ses avantages de pays membres.

L’enquête des « Malta Files » parue en 2017 mettait au jour les méthodes d’évasion fiscale, de blanchiment d’argent de l’ile. En 2017, Malte était le paradis des yachts de luxe auto-loués avec une taxe de 5,4% sur les yacht au lieu des 18%, ou encore une plaque tournante du trafic de passeport européen pour les riches investisseurs étranger en échange de pots de vin.

« Pas un paradis fiscal », laissez-moi en rire encore un peu car la suite est moins drôle et tourne même en État mafieux. En octobre 2017, la journaliste et bloggeuse anticorruption du site Running Commentary, est assassiné avec une bombe placée dans sa voiture. Daphne Caruana Galizia, une maltaise de 53 ans, enquêtait alors sur… l’affaire des passeports européens.

Le meurtre de Daphne Caruana Galizia a provoqué des manifestations demandant justice. Novembre 2019, La Valette. AFP

Avec un ton dépassant le simple poil à gratter, la bloggeuse enchainait les révélations sur la corruption au sein du pouvoir maltais, notamment le premier ministre travailliste, Joseph Muscat. Ce dernier a démissionné de son poste le 13 janvier 2020 après plusieurs révélations d’ingérence de de son entourage politique – comme son chef de cabinet Keith Schembri – dans l’enquête sur la mort de la journaliste.

C’est le 23 février, trois ans et demi après l’assassinat de Mme Galizia, que les premières sentences tombent. Le tribunal de La Valette a condamné Vincent Muscat – un homonyme de l’ex premier ministre, sans rapport avec lui – a quinze ans de réclusion pour meurtre. Il est l’un des trois accusés, avec les frères Alfred et George Degiorgio, soupçonné d’avoir fabriqué et posé la bombe dans le véhicule de la victime. Les trois accusés plaidaient de non coupable, jusqu’à que l’avocat de M Muscat, Marc Sant, annonce mardi que son client plaide coupable malgré le risque de « de réclusion à perpétuité » présenté par la juge Edwina Grima

La même journée, la famille de la victime a donné son accord à la proposition du parquet d’une peine de quinze ans de prison pour Vincent Muscat, et non la perpétuité car la justice maltaise – par l’intermédiaire du responsable de l’enquête, l’inspecteur Keith Arnaud -, a assuré que Vincent Muscat collaborait avec la police depuis 2018.

M Muscat n’est cependant qu’un homme de main, le véritable retournement de situation est l’arrestation du quatrième impliqué de cette affaire : Yorgen Fenech, propriétaire de la société 17 Black.

L’homme d’affaire a été arrêté sur son yacht – comme quoi… – en 2019, alors qu’il fuyait les côtes maltaises. Grâce aux documents des Panama Papers qui concernent les « pas des paradis fiscaux » comme Malte, Daphne Caruana Galizia a fait le lien entre Yorgen Fenech et des hauts responsables politiques maltais, notamment Keith Schembri et Konrad Mizzi, ministre du tourisme, qui ont reçu 2 millions d’euros de la part de 17 Black.

Yorgen Fenech est désormais inculpé pour « complicité » depuis le samedi 20 février. Et comme il n’a probablement plus grand-chose à perdre désormais, M Fenech a désigné Keith Schembri, comme le « vrai commanditaire » de l’assassinat. Alors, elle n’est pas belle notre Union européenne ?

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Les informations du 23 février à ne pas louper

Daft Punk se casque, la bataille épidémique de Dunkerque, un déconfinement britannique en quatre temps, sanctions contre la Birmanie, plongeon de Boeing : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Daft Punk se casque

Le mondialement connu et très secret duo français des Daft Punk a annoncé sa séparation hier avec Epilogue, une vidéo mystérieuse, fidèle à l’image du groupe qui nous a abreuvé de hits pendant ses 28 ans d’existence.

C’est donc avec une vidéo de 8 minutes reprenant un extrait de Daft Punk’s Electroma, leurs film présenté au festival de canne en 2006, que Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ont fait leurs adieux à la scène musicale. Leur collaboratrice Kathryn Frazier a confirmé cette séparation et coupé court à toutes spéculations d’une simple opération de communication.

Extrait de la vidéo « Epilogue » parue le 22 février sur le compte Youtube du groupe Daft Punk

Les androïdes mélomanes se sont fait connaitre avec des tubes internationaux comme Da Funk, Around the World, One More Time ou encore Harder, Better, Faster, Stronger. Le duo est discrets depuis la sortie de leur album Random Access Memories en 2013, ils avaient alors remporté cinq Grammy Awards et provoqué une onde de choc avec le single Get Lucky. La dernière grosse apparition de Daft Punk datait de 2015, dans une collaboration avec The Weeknd pour les morceaux Starboy et I Feel It Coming.

Les syndicats n’oublient pas la réforme de l’assurance-chômage

Si 2020 fut l’année de la pandémie, 2019 était celle des manifestations. Au-delà du Hirak d’Algérie qui fête ses deux ans, c’est également une période où la France a vécu de nombreux mouvements sociaux comme le regain de puissance des gilets jaunes ou encore la grève massive de la SNCF et la RATP contre la réforme des retraites qui avait paralysé les français pendant plusieurs semaines. C’est durant cette période que se sont déroulé des manifestations contre la réforme de l’assurance-chômage, passée directement par décret plutôt que par le Parlement.

Même si les protestations continuent moins bruyamment depuis deux ans, la grogne est toujours là et les syndicats l’ont rappelé aujourd’hui. Pour la première fois, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT et Force ouvrière expriment conjointement dans un communiqué leur « profond désaccord » face aux mesures qui « pèseront lourdement sur le quotidien des femmes et des hommes qui perdent leur [travail] ».

Avec la récession engendrée par la pandémie, plusieurs dispositions de cette réforme ont été repoussées ou ajustées mais celle-ci restent critiquées par les syndicats.
Parmi les points décriés, la première est l’augmentation de la durée de cotisation pour être éligible à une allocation et pour recharger les droits à indemnisation. 
La seconde disposition est la dégressivité des indemnités à partir du septième mois pour les chômeurs de moins de 57 ans qui gagnaient 4 500 euros brut en période activité. Une mesure que les organisations syndicales décrivent comme « inefficace », « dangereuse » et « injuste » car cela force les demandeurs d’emploi « à accepter des emplois moins qualifiés » et « sanctionne les personnes qui ont le plus de mal à retrouver un emploi ».
Enfin, la dernière mesure est une nouvelle formule de calcul pour diminuer la prestation pour les travailleurs qui alternent entre les petits boulots et des périodes d’inactivité.

Enfin, une dernière mesure critiquée par le patronat cette fois-ci est l’introduction d’un bonus-malus sur les cotisations payées par les entreprises de plus de dix personnes. Les employeurs qui se séparent souvent de leurs salariés ont contributions majorées, et ceux dont la force de travail est stable ont des prélèvements plus faibles. Une mesure qui permet de « lutter contre le recours excessif des employeurs aux contrats courts » pour la ministre du Travail, Élisabeth Borne.

Alors que les syndicats rappellent que  « Le chômage n’est pas un choix », la ministre a déclaré sur Europe 1 que le ministère se réunira le 2 mars prochain avec les organisations syndicales et patronales pour faire le point sur le calendrier.

La bataille contre le Covid à Dunkerque

Après les annonces d’un confinement partiel le week-end à Nice et sur le littoral des Alpes-Maritimes, c’est désormais Dunkerque, la préfecture du département du Nord, qui occupe l’attention de Matignon. Selon la mairie, le variant anglais prend de plus en plus d’ampleur et le taux d’incidence du Covid-19 dans la métropole est de 901 cas pour 100 000 habitants, un phénomène largement supérieur à la moyenne nationale qui est de 190 cas. Les hôpitaux sont saturés et opèrent de nombreux transferts de patients vers des hôpitaux extérieurs à la zone.

C’est dans le cadre de cette résurgence du virus que Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque, et Jean Castex, le premier ministre, se sont entretenu ce matin. Le chef du gouvernement a appelé à « des mesures supplémentaires de freinage » après avoir constaté une « forte dégradation des indicateurs sanitaires ces dernières heures ».

Le maire de Dunkerque a été reçu par Jean Castex ce matin

M Viergriete a fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à un confinement mais il ajoute « qu’il faut tout tenter avant les mesures de privation de liberté ». Un travail de concertation locale des élus et des autorités publiques du territoire est attendu pour encadrer la réponse sanitaire face à cette crise locale.

International

Les États-Unis dépassent le demi-million de morts

Mise en berne des drapeaux sur les bâtiments fédéraux, un bilan est « déchirant pour le président américain Joe Biden : Ces réactions sont provoquées par le compte rendu des décès du Covid aux États-Unis par l’université Johns Hopkins. Selon l’institution, 500.201 personnes sont mortes de la maladie dans ce pays qui compte 28 millions de cas de contamination. Le président déclare dans une allocution à la Maison Blanche que « Davantage d’Américains sont morts pendant cette pandémie que lors de la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam combinées », cela fait aussi des États-Unis le détenteur du record de nombre de morts dans le monde. Entre l’investiture de Joe Biden et aujourd’hui, soit environ un mois, 100 000 personnes sont mortes dans le pays.

Un déconfinement britannique  « prudent mais irréversible » en quatre temps

Toujours dans la question de la gestion du Covid, la situation commence très légèrement à se détendre de l’autre côté de l’Atlantique, chez nos voisins britanniques. Alors que le pays compte actuellement 120 580 décès depuis le début de l’épidémie, l’ile tente de reprendre la situation en main. En Écosse et au pays de Galles, les écoles ont rouvertes lundi dernier. Cette mesure ne sera appliquée que le 8 mars en Angleterre car la situation était beaucoup plus critique dans le pays.

Devant les députés britanniques, le premier ministre Boris Johnson a révélé sa feuille de route pour une sortie progressive du « dernier » confinement. Les restrictions sociales et économiques propres à l’Angleterre seront levées par intervalle de cinq semaines, en quatre étapes. Après les deux confinements précédents, Boris Johnson mise sa crédibilité sur ce plan « très prudent, mais irréversible » de sortie du troisième confinement, car le second avait été levé dans l’urgence en décembre dernier et a mené à la résurgence du virus via le variant du Kent, connu en France sous le nom de variant anglais.

Boris Johnson, peu de temps avant d’annoncer la feuille de route de sortie du confinement. REUTERS/Hannah Mckay

L’allocution du premier ministre intervient au cœur d’une éclaircie pour le Royaume-Uni. Les hospitalisations ont baissé de 20 % sur une semaine, les morts imputées au virus de 27 % et le taux de reproduction du virus n’est plus qu’entre 0,6 et 0,9. Ajoutez à ça une campagne vaccinale en vitesse de croisière avec 300 000 et 400 000 vaccinations par jour qui a déjà permis la première injection du vaccin sur 25 % des Britanniques, et vous obtenez un léger optimisme chez nos voisins outre-manche. L’administration des secondes doses battra son plein en mars.

Selon le plan annoncé par Boris Johnson, les écoles rouvriront en mars. La seconde étape concerne la réouverture des portes des bibliothèques municipales, des salons de coiffure et les magasins non essentiels en avril. Les terrasses des pubs, des cafés et des restaurants pourront accueillir du monde à la même période, mais le service en salle ainsi que les cinémas et les théâtres resteront clos au moins jusqu’au 17 mai. En juin, la quatrième phase lèvera les dernières mesures si aucun nuage ne vient couvrir l’horizon entre temps.

Sanctions internationales contre la junte Birmane

Trois semaines après le coup d’état de la Tatmadaw – les forces armées Birmanes -, les manifestations pacifiques réunissant des centaines de milliers de personnes continuent dans le pays et les sanctions internationales s’intensifient.
Le 11 février dernier, l’administration du président américain Joe Biden annonçait le gel des biens et des avoirs de plusieurs généraux Birmans à l’origine du putsch, dont le général Min Aung Hlaing, commandant en chef de la Tatmadaw. Rebelote aujourd’hui avec de nouvelles sanctions touchant cette fois les portefeuilles des généraux Maung Maung Kyaw et Moe Myint Tun, respectivement commandant en chef de l’aviation et responsable des opérations spéciales. A la suite de ces sanctions, Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, a déclaré que les Etats-Unis « n’hésiterons pas à prendre de nouvelles mesures contre ceux qui commettent des actes de violence et répriment la volonté du peuple. »

Cette nouvelle salve de sanctions des Etats-Unis fait suite aux mesures prises hier à Bruxelles par les 27 ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne (UE). Ceux-ci ont adopté un projet de « mesures ciblées » visant des leaders du coup d’état Birman. Selon Josep Borrell, le haut représentant de la politique étrangère de l’Union européenne, cette décision va impacter les cibles car « dans ce pays, les militaires sont des entrepreneurs et ils détiennent des pans de l’économie ».

Josep Borrell s’adresse à la presse juste avant de rencontrer les ministres des affaires étrangères européens à Bruxelles le 22 février. YVES HERMAN/AFP

Mais – car il y a toujours un mais avec l’Union européenne – il reste des zones d’ombres à éclaircir.
Les sanctions viseront-elles les investissements européens dans le pays ? Toucheront-elles uniquement les responsables ? La réunion des 27 n’a pas apporté de réponses à ces questions.
De plus, aucun nom de responsable n’a été avancé jusqu’ici, et le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, a parlé d’adopter des mesures restrictives « en dernier recours » ce qui sème encore plus le doute.

L’UE n’en est pas à son coup d’essais lorsqu’il s’agit de sanctionner la Birmanie, cela ne veut pas dire pour autant que l’expérience a été concluante. Partons de ce postulat : l’UE ne possède pas de moyen de vérifier activement si ses décisions sont respectées lorsqu’il s’agit de restrictions visant un état tiers.

Entre 1996 à 2012, un embargo européen a frappé des centaines de personnalités et d’entreprises associées à la junte militaire, mais certaines failles dans les échanges commerciaux et les investissements ont permis aux Anglais et aux Français de devenir, selon le Burma Independence Advocates, les plus gros investisseurs dans le pays entre 1995 et 2005.
Une étude de Konstanty Gebert pour l’European Council on Foreign Relations parue en 2013 déplorait l’emploi de sanctions de l’UE « d’une manière telle qu’elles limitent les dommages pour ses intérêts économiques ».

Pour les futures mesures conjointes, les 27 devront se souvenir de ce précédent pour éviter que les membres de l’UE ne trichent avec leurs propres règles, et n’affaiblissent encore plus la crédibilité politique de l’Union qui tente bon gré mal gré de dépasser sa simple apparence de supermarché régulé à 27 états.

Boeing continue son plongeon en piqué

Le constructeur américain, en pleine crises multiples depuis de mois, perd ses ailes, ses moteurs et de l’altitude. Si j’étais à leurs place, je ne jouerais pas à la loterie. Lorsque les avions de Boeing ne sont pas cloués au sol à cause du gel du trafic aérien dû à la pandémie, c’est à cause des interdictions de vol qui touchent le Boeing 737 max. Le modèle qui se voyait en futur best seller de la marque est victime de défauts de conception qui ont provoqué la mort de 189 personnes en Indonésie en octobre 2018 et de 157 autres en Ethiopie le 10 mars 2019.

Et désormais, même quand les autres avions du constructeur volent, ceux-ci se délitent dans les airs.
Le 20 février dans le Colorado, un Boeing 777-220 de United Airlines a vu son réacteur droit se disloquer dans les airs. L’avion a pu faire demi-tour et atterrir en urgence à l’aéroport de Denver. Aucun blessé n’est à déplorer mais le mal est fait : les débris du réacteur, parfois immenses, se sont écrasé sur des zones résidentielles et ont failli tuer des gens. La réputation du géant de l’aéronautique en est encore amoindrie.

A la demande du constructeur, plus de 128 avions commerciaux équipés du moteur mis en cause dans l’incident ont été immobilisés à travers le monde. L’autorité fédérale américaine de régulation de l’aviation et le Bureau national américain de la sécurité des transports enquêtent sur l’incendie de ce réacteur.

A la suite d’un examen préliminaire, les dommages constatés sur une pale creuse du moteur Pratt&Whitney pourraient provenir d’une « usure métallique ». La suite de l’enquête va se concentrer sur les raisons de l’incendie dans le réacteur, alors que son alimentation en carburant avait été coupée lorsque les pilotes pensaient encore que le moteur n’ait qu’une simple panne.

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Les informations du weekend et du 17 février à ne pas louper

Gaudin ramasse un gadin, naissance du premier enfant français par greffe d’utérus, tollé général contre le vote par anticipation, point Covid, les USA et l’Arabie ne rigolent plus, Loukachenko attaque les journalistes : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Gaudin ramasse un gadin

Maire de Marseille pendant 25 ans, Jean-Claude Gaudin se retrouve à nouveau sous les projecteurs. Sept mois après avoir quitté ses fonctions, le domicile de l’octogénaire a été perquisitionné et l’ancien maire a été mis en garde à vue ans dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 11 juin 2019 pour soupçons de « détournement de fonds publics par une personne chargée d’une mission de service public et de recel de ce délit » selon le Parquet national financier (PNF)

Une chose est certaine : M. Gaudin ne peut pas prétendre être surpris car il avait déjà senti le vent du boulet auparavant. La chambre régionale des comptes avait épinglé le maire fin 2019 pour sa gestion des finances du personnel ou encore de l’immobilier. Dans les points relevés par les magistraux de la chambre : une « gestion des départs en retraite (…) coûteuse » et des maintiens emplois « illégaux » au cabinet du maire. Pour la juridiction,  Marseille à « sciemment » violé les règles légales sur la retraite et causé un préjudice de plus d’un million d’euros par an au contribuable.

Jean-Claude Gaudin face à la chambre régionale des comptes en novembre 2019. AFP

M Gaudin faisait déjà l’objet d’une autre enquête préliminaire mené par le PNF qui pourrait le mener, lui et six de ses proches, devant un tribunal correctionnel. Cette enquête portait sur la gestion du temps de travail des agents municipaux de Marseille et elle a permis de mettre au clair des éléments qui justifient aujourd’hui la garde à vue de M Gaudin. A l’heure actuelle, le PNF reproche à l’ancien maire l’existence d’heures supplémentaires injustifiées et l’absentéisme sans fondement des agents, notamment au Samu social.

Naissance du premier enfant français par greffe d’utérus

C’est un petit fait divers mais c’est une première en France ! Vendredi dernier, Deborah, 36 ans, et sa petite fille ont rejoint le club très privé des naissances par greffe d’utérus. Selon professeur Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie-obstétrique et de médecine de la reproduction de l’hôpital Foch de Suresnes : « il y a eu autour de vingt naissances dans le monde » grâce à cette méthode.

Le professeur déclare que « La mère et l’enfant vont bien ». Et c’est un petit miracle car, deux ans plus tôt en mars 2019, Deborah a reçu une « greffe provisoire » utérine avec sa mère comme donneuse, âgée de 57 ans à ce moment-là. Une opération importante car la nouvelle mère est née sans utérus à cause du syndrome de Rokitansky (MRKH). Celui-ci touche une femme sur 4 500 à la naissance.

Après un an d’attente pour vérifier que Deborah ne rejette pas la greffe, puis un retard dû au premier confinement qui a stoppé les activités d’assistance médicale à la procréation, l’équipe a effectué le « premier transfert […] en juillet dernier et la patiente a été enceinte » du premier coup.

Quelques sept mois et demi plus tard et sans complications notables, le résultat est là : une petite fille de 1,845 kg.

Cette méthode, si elle est bien orchestrée, peut même permettre d’avoir deux enfants et elle représente un espoir pour les mères en recherche d’alternative à gestation pour autrui interdite en France, ou encore l’adoption.

La première naissance par transplantation d’utérus s’est déroulée en Suède en 2014, avec une donneuse vivante de 61 ans. En décembre 2017, le brésil a réitéré l’exploit avec une la greffe d’un utérus appartenant à une donneuse décédée.

Tollé général contre le vote par anticipation

Si le gouvernement voulait jouer discrètement aux apprentis alchimistes sur le projet de loi relatif aux adaptations techniques de l’élection du président de la République, c’est loupé. Leur expérience vient de leur sauter au visage.

Mardi, le gouvernement a déposé au Sénat un amendement qui vise à mettre en place des machines à voter dans certains bureaux, une semaine avant le scrutin présidentiel.

Même si cette méthode des machines à voter a déjà été utilisée localement en 2017, la commission des Lois du Sénat a examiné et, évidemment, rejeté cet amendement qui « relève du bricolage ». Cela n’empêche en rien la proposition d’être présentée à nouveau pour l’examen principal du projet de loi qui aura lieu jeudi.

Dans la Vème République, l’élection reine est la présidentielle : On ne déconne pas avec ça.
Et pourtant, le gouvernement tente par un simple amendement, sans concertation préalable, ni étude d’impact, en esquivant le Conseil d’Etat, de transformer les modalités du scrutin.

Si cette proposition est adoptée, elle permet de voter par anticipation, une semaine avant le scrutin, sur une des machines à voter réparties sous la supervision du ministère de l’Intérieur dans plusieurs villes de France. Il serait possible de voter dans le bureau d’une commune voisine si la vôtre n’en possède pas, et le vote serait dépouillés en même temps que dans les bureaux « de droit commun ». Le vote serait noté sur la liste électorale votre commune éviter le double vote.

Le Sénat – Palais du Luxembourg /Jacques Paquier

Même si la mesure a le mérite d’être moderne, ça commence à faire beaucoup pour un simple amendement et la classe politique et l’opposition se révolte à juste titre.

Commençons par le Sénat, bastion du groupe Les Républicains. Bruno Retailleau, président du groupe, s’insurge contre « une habileté politicienne qui vient finalement tromper le jeu démocratique ». Il déplore l’idée d’un vote par anticipation qui ne s’insère pas dans « la tradition républicaine, ni démocratique française » et qui « dénote un mépris profond, en tout cas une légèreté insoutenable vis-à-vis de la chose démocratique ». Toujours chez Les Républicains, le secrétaire général Aurélien Pradié se déclare « pas favorable » à cette mesure qui n’a subi aucun test d’ampleur avant de vouloir l’appliquer à la France et il suggère de d’abord l’essayer « pour les régionales ».

Hervé Marseille, président du groupe Union centriste au Sénat, décrit cet amendement « comme un cheveu sur la soupe ». Il critique cette mesure qu’il qualifie de « rustine » insuffisante pour répondre à « l’abstention et à la crise de la démocratie représentative »

Chez les socialistes – car ils existent encore -, le président Patrick Kanner parle d’une « maladresse » qui  « peut être une solution, mais pas comme ça, pas en évitant l’étude d’impact, pas avec un amendement mal ficelé, qui évoque des machines à voter qui font l’objet d’un moratoire ».

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, s’est lui aussi exprimé sur RTL : « Éviter l’abstention, oui. Tout faire pour que les gens aillent voter, oui. Mais je découvre hier qu’il y a un amendement qui tombe du ciel du gouvernement mettant en place un dispositif dont je ne connais rien du tout. »
Le communiste déplore un manque de transparence gouvernementale sur cet amendement qui est apparu sans respecter aucune des règles de la décence démocratique, y compris la possibilité aux élus d’« avoir le temps de l’étudier. »   

Parmi les réactions remarquables, mais beaucoup moins constructives, sur l’amendement, nous retrouvons Bernard Cazeneuve, l’ancien premier ministre socialiste qui écrit – non sans ironie – sur Twitter : « Le vote par anticipation pour l’élection présidentielle, voilà ce que le goût de la disruption parvient à produire de plus singulier. On pourrait aussi dépouiller à mesure que les citoyens votent pour gagner du temps et proclamer plus vite les résultats ! »

Enfin, les clowns de la politique se sont aussi réveillés pour crier au « bidouillage », à « l’arnaque », la « fraude » ou encore tout simplement la « mise à mort de notre démocratie ».

Robert Ménard, le pourfendeur de kebabs et accessoirement maire de Béziers, évoque une « véritable arnaque antidémocratique ». Florian Philippot lui, crie à l’« alerte fraude » sur Twitter.
Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France s’indigne dans une vidéo de « la mise à mort de notre démocratie, car si on a plus confiance dans le mode de scrutin de la présidentielle, il n’y a plus de vie politique et de démocratie possible ».

Enfin, le Rassemblement National s’insurge lui aussi, Marine le Pen déclare sur Twitter qu’« Ils [Le gouvernement] n’ont pas le temps d’instaurer la proportionnelle, mais ils ont le temps de magouiller un vote anticipé. » Et au porte-parole du parti  Sébastien Chenu d’ajouter que cet amendement ne « garantit par la sincérité du scrutin » et que la proportionnelle devrait être une priorité.

J’ai hâte de voir comment le gouvernement va concrètement répondre à ces critiques.

International

L’UE continue la bataille du Covid et tente de rester soudée :

Depuis plusieurs semaines, la Commission européenne a les oreilles qui sifflent à cause de sa gestion discutable de la vaccination européenne. Retard de la production, ralentissement des campagnes vaccinales et Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, qui s’est même permis de lancer un incident diplomatique concernant les vaccins sur la frontière avec le Royaume-Uni et l’Irlande alors que le Brexit n’est effectif que depuis quelques semaines. Bref, c’est la dèche et il faut réagir vite.

C’est dans ce cadre d’urgence général que l’Union européenne (UE) a conclu un nouvel accord pour 300 millions de doses supplémentaires du vaccin de Moderna. Pour plus de détail, l’entreprise américaine a communiqué que la commande comporte une livraison de 150 millions de doses aux troisième et quatrième trimestres 2021, et d’une option de 150 millions de doses supplémentaires en 2022.

Afin qu’on lui fiche un peu la paix, Ursula von der Leyen a rappelé lors d’une conférence de presse que 33 millions de doses des vaccins de BioNTech-Pfizer, Moderna et AstraZeneca ont été livrés aux Etats membres. Environ 22 millions de personnes dans l’UE ont reçu au moins une dose, et 7 millions ont été totalement vaccinés.

La Commission européenne à d’autres chats à fouetter en ce moment car les membres de l’UE semblent se refermer sur eux même les uns après les autres. L’Allemagne et la Belgique ont décidé de fermer les frontières et interdire les voyages pour lutter contre les variants du coronavirus. La Commission européenne a exhorté les États membres lever ces mesures restrictives qui, elles aussi, se répandent comme un virus en Europe. En plus de l’Allemagne et la Belgique, ces fermetures sont appliquées par l’Espagne, le Portugal, la Finlande, la Norvège, le Danemark, l’Autriche et la Hongrie.

Campagne de Vaccination japonaise et baisse des contaminations mondiales

Il n’y a pas qu’en Europe que les pays tentent de s’organiser. Pensez au Japon par exemple, qui tente par tous les moyens de garder la face et continue de promettre que les Jeux Olympiques de Tokyo, reportés l’année dernière, auront lieu comme prévu entre le 23 juillet au 8 août.

C’est dans ce but que la campagne de vaccination nippone a démarré aujourd’hui pour protéger 40.000 employés volontaires du secteur médical. L’étape suivante est, grâce au vaccin Pfizer/BioNTech autorisé dimanche 14 février, de vacciner les 3,7 millions professionnels qui composent les services de santé du Japon d’ici mars.

Avec 126 millions d’habitants pour 418.000 cas de contamination et 7.000 décès depuis un an, le pays espère ensuite vacciner la catégorie des 65 ans à partir d’avril.

Ils ne sont pas les seuls à lorgner vers l’optimisme. L’Organisation mondiale de la santé a publié les chiffres de la contamination et de morts hebdomadaires du au Covid-19. Et comme depuis cinq semaines, ils sont en baisse !

Au total, il y a un recul de 16% des nouveaux cas, soit 2,7 millions de personnes. L’OMS dénombre également 81 000 morts, ce qui représente une baisse de 10 % par rapport à la semaine dernière. Sur les six régions du monde prises en compte seule la Méditerranée orientale annonce une hausse de 7 %. En Afrique et dans le Pacifique occidental, les nouveaux cas ont chuté de 20%. Il y a une baisse de 18% en Europe, de 16% sur le continent Américain et de 13% en Asie du Sud-Est.

Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, ces chiffres rassurants ne doivent pas faire baisser notre garde : « Cela montre que de simples mesures de santé publique fonctionnent, même en présence de variants ». Il ajoute que « Ce qui importe maintenant, c’est la façon dont nous réagissons à cette tendance. Le feu n’est pas éteint, mais nous avons réduit sa taille. Si nous arrêtons de le combattre sur quelque front que ce soit, il reviendra en force. »

Lorsque le chat Trump n’est pas là, les MBS ne dansent plus

C’est un changement de ton radical qui s’opère depuis deux semaines entre les États-Unis d’Amérique et l’Arabie saoudite. Le président Joe Biden, par l’intermédiaire de sa porte-parole Jen Psaki, a parlé de « recalibrer » la relation entre les deux pays. Et ça passe notamment par le fait de s’adresser au roi Salmane plutôt que Mohammed ben Salmane (MBS), le prince héritier fortement lié à l’assassinat et le démembrement du journaliste Jamal Khashoggi dans une ambassade Saoudienne à Istanbul.

La fête est donc, pour le moment, terminée pour MBS qui entretenait une relation privilégiée avec Donald Trump, ce dernier n’hésitant pas à parler de « grande amitié ». Cela ne veut pas dire que les USA vont négliger leurs alliés historiques pour autant : « L’homologue du président est le roi Salmane déclare Jen Psaki, et il aura un échange avec lui le moment venu ».

Joe Biden lors de la campagne électorale de 2020

Cette baffe diplomatique au visage du prince héritier s’ajoute au soufflet que Joe Biden a infligé au prince héritier lors de sa première conférence de politique étrangère le 4 février dernier. Le président américain annonçait alors qu’il retirait son soutien à la campagne militaire saoudienne au Yémen, source d’une « une catastrophe humanitaire et stratégique ». Ajoutez la décision américaine de retirer les rebelles Houthis de la liste noire américaine des «organisations terroristes». Les Houtis sont soutenu par l’Iran et combattent le gouvernement yéménite, appuyé – pour ne pas dire contrôlés – par l’Arabie saoudite. Maintenant que vous savez tout ça, vous pouvez imaginer l’état de MBS en ce moment.

Loukachenko versus the world

Que fait-on lorsqu’on est un dictateur au pouvoir depuis 1994 qui n’arrive pas à endiguer les protestations populaires qui claironnent depuis sept mois dans son pays ? On terrorise tout le monde, y compris la presse et les défenseurs des droits.

C’est exactement ce qu’a fait le gouvernement biélorusse en perquisitionnant les bureaux de la Belarusian Association of Journalists (BAJ), le centre des droits de l’homme Viasna ou encore les domiciles de plus de vingt-cinq journalistes, militants associatifs et syndicaux. Plus de 30 arrestations ont eu lieu, on compte parmi eux Andreï Bastounets, le responsable de la BAJ.
Officiellement, cette opération a eu lieu dans le cadre d’une affaire sur le financement et l’organisation « d’actions portant gravement atteinte à l’ordre public ».

Une répression étatique d’ampleur qui a commencée le 9 août dernier, après que le président Alexandre Loukachenko ai été réélu avec 80,2 % des voix face à son adversaire extrêmement populaire durant la campagne et depuis exilée en Lituanie, Svetlana Tsikhanovskaïa.

Comme beaucoup de monde, les biélorusses n’apprécient pas qu’on les prenne pour des idiots et ils manifestent en continu contre la fraude évidente que constitue cette élection depuis plusieurs mois. Vous vous en doutiez peut-être, mais les autorités n’ont pas été formées dans le social depuis le siècle dernier. En réponse, elles interpellent à tour de bras, provoquent des violences policières et arrêtent ou, comme Mme Tsikhanovskaïa, poussent à l’exil les opposants politiques.

Images prises durant la perquisition de la Belarusian Association of Journalists. BELAPAN / REUTERS

Déjà le 22 janvier dernier, à Tallinn, lors d’un sommet informel du Conseil de sécurité des Nations unies consacré à la liberté de la presse en Biélorussie, Svetlana Tsikhanovskaïa déclarait que « les journalistes indépendants ont été arrêtés à 470 reprises, 97 ont fait l’objet d’arrestations administratives, 50 sites Web de médias ont été bloqués et 15 journalistes font actuellement l’objet de fausses accusations pénales ».

C’est aujourd’hui au tour de Boris Goretsky, vice-président de la BAJ de déclarer : « C’est la plus grande répression contre les journalistes et les militants des droits de l’homme que l’Europe ait jamais connue […] Il y a eu plus de 400 détentions de journalistes au cours des six derniers mois, et les autorités ne vont pas s’arrêter là. » Il parle en connaissance de cause, son domicile a, lui aussi, été perquisitionné durant l’opération.

Le Bélarus est, dans la même mesure que l’Ukraine, aux portes de l’Europe et il est grandement dépendant de son passé avec l’URSS. Le fait que sa population se batte pour sa liberté devrait provoquer des réactions importantes, mais les seules mesures que l’UE a prises sont le gel des avoirs d’une quarantaine de dirigeants biélorusses dans l’UE et une interdiction d’entrée sur le territoire de l’Union. Et Alexandre Loukachenko même pas sur la liste. Autant vous dire que, à l’instar de la Birmanie ou de la Russie, les autorités Biélorusse se fichent des récents états d’âme de la communauté internationale.

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Les informations du weekend et du 16 février à ne pas louper

Le mauvais signe du recul du chômage, chantage informatique à l’hôpital, réunion du G5 Sahel et la vraie fausse lutte de l’UE contre les paradis fiscaux : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui.

National

Recul du chômage : bons chiffres, mauvais signes

En temps normal, c’est une nouvelle qui provoquerait l’ouverture d’une bouteille de champagne au ministère du Travail, mais les circonstances actuelles forcent à relativiser cette information : Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage a reculé en France à 8 % au quatrième trimestre 2020. Au troisième trimestre, il était à 9,1 % ce qui nous fait une baisse de 340 000 chômeurs et nous amène à un total de 2,4 millions de personnes sans emploi sur l’ensemble du territoire. Champagne ! Ben non, toujours pas.

Même l’Insee ne fait pas la fête car les données enregistrées en fin d’année 2020 sont « pour partie en “trompe-l’œil” ». Pour faire simple, les données ne sont pas représentatives pour deux raisons : Certains chercheurs d’emplois se sont découragés au quatrième trimestre, et le calcul du nombre de chômeurs a été parasité par le Covid

Si vous souhaitez plus de détails, l’Insee explique ce recul du chômage  « en raison du deuxième confinement, entre le 30 octobre et le 15 décembre » de l’année 2020. Certains demandeurs d’emplois n’ont pu chercher un métier et contacter des employeurs « dans les conditions habituelles ». L’effet immédiat est que ces personnes « ont basculé vers l’inactivité », par découragement ou parce que le secteur a été stoppé » net par les mesures de l’Etat. De ce fait, ils disparaissent de la base de données.

L’autre effet est que l’Insee n’a pu effectuer une enquête dans des conditions normales cette année.
A cause des deux confinements, les sondés ont répondu aux questions de l’institut de sondage par téléphone plutôt en tête-à-tête. Le « taux de collecte » des renseignements, lui, a reculé de 2,6 points par rapport à l’année dernière.

Enfin, cette baisse du chômage est également mise à mal par une autre étude de l’Insee parue le 5 février. Dans son rapport, 360 000 salariés du secteur privé ont perdu leurs emplois. Il est toujours possible de se rassurer en se rappelant que l’Insee tablait en décembre dernier sur la destruction de 600 000 emplois en 2020.

Chantage informatique à l’hôpital

Entre l’état du milieu hospitalier depuis plusieurs années et le choc de la pandémie, les hôpitaux en France n’ont pas beaucoup de raisons de sourire. Et bien figurez-vous que même si vous estimez être dans le pétrin, il y a toujours pire !

C’est par exemple le cas pour le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône situé dans le Rhône. A l’instar de leurs collègues du centre hospitalier Dax-Côte d’Argent dans les Landes, ceux-ci sont victimes d’un nouveau mal du milieu hospitalier : les attaques informatiques.

La situation ne prête pas forcément à rire, mais vu le contexte sanitaire mondial, il y a du fric à se faire en rackettant des hôpitaux. C’est ainsi que l’hôpital de Villefranche a déclaré dans un communiqué être une victime du cryptovirus RYUK qui « impacte fortement » les sites de Villefranche, Tarare et Trévoux de l’hôpital Nord-Ouest.

Ce cryptovirus RYUK est un ransomware (ou « rançongiciel » selon notre chère académie française).
L’objectif de ce logiciel malveillant est de bloquer un système informatique, et de le réactiver qu’une fois que la victime a payé d’une rançon. Et oui, l’utiliser sur un hôpital fait de son utilisateur une belle ordure, mais s’il existe des vendeurs d’armes, des proxénètes ou encore des assassins, pourquoi pas des racketteurs d’hôpitaux ?

Dans tous les cas, le centre hospitalier de Villefranche fait face à des gros problèmes techniques.
Le système d’information est bloqué, Internet est coupé et seul le standard des urgences est encore actif. Si des patients ont besoin des services d’urgences ils sont orientés vers d’autres hôpitaux ou cliniques grâce à l’aide de l’agence régionale de santé, le SAMU et les pompiers.

Selon un rapport publié le 1er février par l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), actuellement sur le terrain pour enquêter, le secteur de la santé et notamment les hôpitaux sont des cibles prioritaires des ransomware. Ma situation est encore pire depuis 2020 car la pandémie oblige « plus facilement les hôpitaux à payer la rançon au vu du besoin critique de continuité d’activité ».

Cinq ans de prison pour George Tronc ?

Pour certains, monsieur George Tronc est le maire de la ville de Draveil depuis 1995, un ancien député et surtout un ancien secrétaire d’État. Ce qui est moins sympa dans son histoire, c’est qu’il a dû démissionner de ce dernier poste en 2011 pour une affaire de viols et agressions sexuelles.
Petite coïncidence, sa mésaventure arrive quelques jours après le scandale similaire de Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du Fonds monétaire international.

Deux anciennes employées accusent l’homme politique d’attouchements et pénétrations digitales forcés entre 2007 et 2010. Brigitte Gruel, son adjointe à la Culture, est également au rang des accusés en tant que complice.

Georges Tron lors de son procès en appel pour viols et agressions sexuelles. AFP/BERTRAND GUAY

Les accusés démentent dément toute relation sexuelle avec les accusatrices et, même si la cour d’assises de Seine-Saint-Denis avait estimé que bien que des relations sexuelles étaient plausibles, il n’existait pas de contrainte. Ils ont donc été acquittés en première instance en 2018

C’est désormais à la cour d’assises de Paris que se déroule le procès en appel. Cette fois-ci, la justice a requis deux ans de prison avec sursis contre Mme Gruel, et M. Tronc risque cinq ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis.
Mercredi, nous saurons enfin si l’ancien secrétaire d’Etat est condamné après dix ans de procédure.

International

La France, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie et le Niger sont sur un bateau

Un an après le sommet de Pau, le G5 Sahel s’est partiellement retrouvé le lundi 15 et mardi 16 février, à N’Djamena, au Tchad. Le seul absent physique de ce rendez-vous est Emmanuel Macron.

Ce dernier n’a pas pris la peine de rejoindre ses homologues malien, burkinabé, tchadien, mauritanien et nigérien pour plusieurs raisons.
La version officielle Française est que les frontières nationales sont fermées, une excuse que la presse africaine n’hésite pas à tourner en ridicule. La raison moins avouable de cette absence en revanche, c’est le lieu du sommet du G5 : Le Tchad.

À la veille des élections présidentielles qui apporteront sans l’ombre d’un doute un sixième mandat au Maréchal Idriss Déby, Emmanuel Macron  et l’Élysée ne peuvent s’autoriser l’embarra d’un sommet international à propos de la lutte anti-terroriste dans une dictature qui maltraite ses propres citoyens.

C’est donc par visioconférence que le président français a déclaré qu’il fallait à « décapiter » les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda qui constituent toujours une menace au Sahel.
Selon Emmanuel Macron, « nous avons réussi à obtenir de véritables résultats dans la zone des trois frontières », au Mali, le Niger et le Burkina Faso. L’ennemi commun visé par ces états est l’organisation Etat islamique dans le grand Sahara, celle-ci « a perdu son emprise et subit de nombreuses pertes ».

Tous les dirigeants du G5 Sahel étaient présents, sauf Emmanuel Macron

Cette réussite tactique est à relativiser avec le bilan humain du conflit. Cette région du monde compte plus de deux millions de déplacés et les attentats, les attaques armées, les kidnappings en masse et autres atrocités commises sur les civils sont monnaie courante. Au-delà des exactions djihadistes, l’armée française perd également sa popularité. La France est présente depuis huit ans dans le Sahel et y mène encore aujourd’hui l’opération anti djihadiste française « Barkhane ». Elle fut royalement accueillie au départ mais l’enthousiasme a bien tiédit depuis le temps, l’armée française est même suspectée d’avoir bombardé des civils lors d’un mariage au Mali le 3 janvier dernier.

Même en France, le vent semble avoir tourné. Dans un sondage IFOP datant du 11 janvier 2021, 51 % des français sondés ne sont « pas favorables » à l’intervention militaire française au Mali.
Pour le moment, nous disposons d’environ 5 100 hommes au Sahel, et l’objectif de plus en plus évident d’Emmanuel Macron est de réduire notre engagement sur place, mais pas pour tout de suite. « Des évolutions sans doute significatives seront apportées à notre dispositif militaire au Sahel en temps voulu mais elles n’interviendront pas dans l’immédiat » a déclaré Emmanuel Macron lors du sommet.

Le scénario idéal pour la France serait désormais que les autres pays du Sahel prennent des décisions similaires à Idriss Déby. Le président du Tchad a officialisé l’envoi de 1 200 soldats dans la zone des « trois frontières ».

La lutte hypocrite de L’UE contre les paradis fiscaux

Pour le moment, la Turquie ne figure pas sur la « liste noire » des paradis fiscaux selon l’Union Européenne (UE). Cette situation risque de changer si Ankara ne partage pas ses données bancaires avec la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche, les Pays-Bas et Chypre dans les quatre prochains mois. En plein contexte de tensions autour de l’exploration d’hydrocarbures en Méditerranée, ce « dernier délai » accordé à la Turquie par l’UE est un signe d’apaisement car l’échéance avait déjà été repoussée début 2020.

Crevons l’abcès : le sujet le plus important ici n’est pas forcément la situation avec la Turquie.
L’UE est extrêmement hypocrite dans cette histoire. Je suis personnellement fasciné par cette organisation mais là, c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

Depuis 2017, l’UE tiens deux « listes » concernant les paradis fiscaux. Une « liste grise » qui indique les pays à surveiller, et une « liste noire » qui limite l’accès à différents fonds européens en plus d’être un fardeau pour la crédibilité pour les des pays concernés.
Pour tomber dans ces listes, il faut cumuler trois critères : le manque de transparence, la pratique d’une concurrence fiscale déloyale et le non-respect des mesures de base d’imposition et de transfert de bénéfices. Cette liste est régulièrement mise à jour et, dans un monde parfait, rien de tout cela ne poserait problème.

Le souci dans cette situation est que l’UE est une très bonne donneuse de leçon qui n’a apparemment rien à faire du proverbe « charité bien ordonnée commence par soi-même ».
Selon l’ONG Tax Justice Network, la « liste noire » ne concerne que des pays responsables de 1,72 % des pertes fiscales mondiales. Pour ne rien arranger, certains territoires notoirement connu pour leurs politiques fiscales n’y sont plus, comme les îles Caïmans depuis octobre 2020.

Et si ce n’était que ça, je laisserais encore passer. Non, le bouquet final, c’est que l’Union Européenne, sous prétexte d’utiliser ses listes pour faire face à des menaces externes, est elle-même un bac à sable fiscal.
L’Irlande, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas remplissent tous les critères des paradis fiscaux et font de la concurrence déloyale directement dans le marché commun. Et encore, ce sont des pays membres contrairement à Monaco, Andorre ou le Liechtenstein qui bénéficient eux aussi d’une carte blanche quand il s’agit de jouer avec le fric en Europe.

En une dizaine d’année, plusieurs enquêtes ont mis aux jours les pratiques de ces état membres de l’Union qui donne des leçons : LuxLeaks, les Panama Papers, les Paradise Papers et encore la semaine dernière, OpenLux. Lisez les et, la prochaine fois qu’un pays de l’UE parle de la lutte contre la fraude fiscale, pensez à moi.

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Les informations du weekend et du 15 février à ne pas louper

La France a laissé filer les responsables du génocide au Rwanda, élections en Catalogne, acquittement Trump, Birmanie sous haute tension : Voici les informations nationales et internationales qui ont retenu mon attention aujourd’hui et ce week-end.

National

En 1994, la France a laissé s’enfuir les génocidaires du Rwanda.

Dans un article paru aujourd’hui, 15 février 2021, sur Mediapart, le journal révèle que le gouvernement français de 1994 à volontairement laissé s’enfuir les membres du gouvernement responsable du génocide des Tutsis au Rwanda.
Cette affirmation du site est prouvée grâce à un document retrouvé par le chercheur François Graner dans les archives de la présidence Mitterrand sur le Rwanda.

Pour les plus sceptiques d’entre vous qui se demanderaient pourquoi vingt-cinq ans ont été nécessaires afin que cette information sorte, dites-vous simplement que la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) a longuement résisté pour empêcher la consultation des documents de cette époque, et ce malgré leurs déclassification en 2015, puis l’annonce d’Emmanuel Macron d’ouvrir les archives du Rwanda à une commission d’historiens.
Finalement, le Conseil d’État en a eu marre et, pour « éclairer le débat sur une question d’intérêt public », il a levé l’interdiction de consulter ces archives en juin 2020.

Lorsqu’il s’agit du rôle de la France au Rwanda en 1994, il y a apparemment beaucoup de documents à consulter, et on comprendrait presque pourquoi il y a eu tant de résistance pour empêcher leur lecture. De nombreuses archives pourraient servir de preuves factuelles sur la responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis par les Hutus, soit 800 000 morts en moins de trois mois.

Après avoir obtenu l’autorisation d’explorer ces documents longtemps protégés, François Graner a trouvé un télégramme « confidentiel diplomatie » émanant du cabinet du ministère de l’intérieur d’Alain Juppé. Emis le 15 juillet 1994, il est le sujet d’une demande d’instruction entre le cabinet,  l’ambassadeur Yannick Gérard qui représente le Quai d’Orsay au Rwanda.

François Mitterrand à Kigali en 1984, en compagnie du président rwandais Juvenal Habyarimana. AFP/ Georges Gobet

M. Gérard demande alors des « instructions claires » car il a identifié et il est en mesure d’arrêter des membres importants du gouvernement Rwandais responsables du génocide, dont le président Théodore Sindikubwabo. Ceux-ci sont alors dans une zone sous contrôle de l’armée française, en fuite vers l’actuelle République démocratique du Congo (ex Zaïre).

Selon Médiapart, Yannik Gérard écrit alors que « Nous n’avons pas d’autre choix, quelles que soient les difficultés, que de les arrêter ou de les mettre immédiatement en résidence surveillée en attendant que les instances judiciaires internationales compétentes se prononcent sur leur cas ».
Le cabinet ministériel, lui, préfère une option différente. L’ambassadeur doit faire comprendre aux membres du gouvernement Rwandais qu’ils doivent quitter la zone, sans que la France ne soit directement impliquée : « Vous pouvez en revanche utiliser tous les canaux indirects et notamment vos contacts africains, en ne vous exposant pas directement ».

Afin de remuer le couteau dans la plaie et de ramener cette histoire à l’actualité : le télégramme est signé par Bernard Émié. Conseiller d’Alain Juppé à l’époque, il est désormais directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).
Je ne sais pas personnellement si lui ou Alain Juppé ont une forte popularité, mais cette information ne va sûrement pas les améliorer.

Loi séparatisme : fermeture des lieux de culte prêchant la haine

Tel un navire en vitesse de croisière, le projet de loi « séparatisme » avance inéluctablement. Celui-ci est conçu pour lutter contre l’islamisme radical qui, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, « gangrène notre unité nationale ». C’est dans ce contexte que l’article 44 a été approuvé par l’Assemblée nationale samedi dernier. Celui-ci permet aux préfets de fermer pendant deux mois « des lieux de culte et autres théâtres de propos, d’idées, de théories, d’activités incitant à la haine et à la violence ou tendant à les encourager. »

En version courte : Cette loi vise directement à fermer les mosquées qui donnent la parole a des « prêcheurs de haine ». Depuis 2017, cette mesure était seulement applicable dans un cadre de lutte antiterroriste, elle a amené à la fermeture de huit lieux de culte musulmans.

Evidemment et comme tous les sujets qui touchent à l’islam en France, celui-ci a provoqué des débats à l’assemblée.
Pour la droite, le texte n’est pas assez punitif et deux mois de fermeture ne sont pas suffisants. Pour la gauche, cette mesure se trompe de cible et punis potentiellement une communauté entière pour des agissements individuels. Comme la phrase du communiste Stéphane Peu me semblait pertinente, je vous la remets ici « Quand on a un curé pédophile, on ne ferme pas l’église ».
Enfin, pour LREM, cette mesure permet de ne pas « laisser un lieu [de culte] otage » et à Marlène Schiappa, ministre à la Citoyenneté, d’ajouter « S’il n’y a plus de lieux pour tendre les bras aux prêcheurs de haine, peu à peu ils ne prêcheront plus ».

Si la politesse et le devoir d’objectivité minimum m’interdisent de commenter personnellement cette politique de l’autruche, je peux néanmoins vous recommander de feuilleter n’importe quel livre d’histoire (n’importe lequel hein) et de jeter un œil aux réactions des populations concernées par l’interdiction de leur religion ou la fermeture d’un de leurs lieux de culte.

Prenons la révocation de l’édit de Nantes par exemple : Interdire le protestantisme ne l’a pas fait disparaitre de France, les croyants ont juste caché leur foi et ont trouvé des lieux clandestins pour prier.
Fermer une mosquée accueillant un prêcheur de haine aura le même effet : il continuera son œuvre, mais cette fois ce sera caché dans une cave et on ne pourra même plus l’identifier.

Maman les p’tits fachos…

Quitte à rester dans la vacuité, parlons de Génération Identitaire. L’organisation d’ultra-droite s’était illustrée en 2018 dans les Hautes-Alpes, ou encore en janvier dernier dans les Pyrénées. Une trentaine de membres ont patrouillés à la frontière afin de lutter contre le « risque terroriste et migratoire dans les Pyrénées ». Marianne Thaïs d’Escufon, porte-parole de l’organisation, parlait même de « traquer les profils suspects » et « afro-maghrébins ».

Bref, que ce soit à coup de SUV floqués d’un logo « Defend Europe », à pied ou encore avec des drones, la classe de neige des militants fascistes (nationalisme + discrimination raciale et religieuse + activisme = fascisme, désolé les gars.) n’a pas fait rire les élus. Même Gérald Darmanin, dont Marine Le Pen affirme qu’elle aurait pu signer son livre Le Séparatisme islamiste, s’est déclaré « scandalisé » par l’action des identitaires, c’est dire…

Si vous tapez « Islamic State Toyota » sur Google image, vous verrez sur la première image que Génération Identitaire utilise les même véhicules que l’Etat Islamique, je suis certain qu’ils seront ravi de ce point commun.

De ce fait, l’organisation d’extrême-droite a reçu une notification de dissolution vendredi dernier. Selon Gérald Darmanin, l’« organisation a désormais 10 jours pour répondre au contradictoire. »

Clément Martin, porte-parole de Génération Identitaire a déclaré que son groupe allait utiliser « toutes les voies juridiques possibles pour contester cette décision ». Le mouvement compte également organiser une manifestation à Paris le 20 février, toujours pour protester contre cette dissolution.

Seuil de non-consentement à 18 ans en cas d’inceste :

Dimanche dernier sur le plateau du « Grand Jury », le garde des sceaux Eric Dupond-Moretti a annoncé qu’il souhaitait fixer un seuil de non-consentement à 18 ans pour l’inceste : « Personne ne pourra dire : si la victime a 17 ans, elle était où il était d’accord ».

Cette proposition a été faite en réaction à une tribune du journal Le Parisien. A travers une pétition signée plus de 50 000 fois, 164 personnalités ont interpellé les élus afin qu’ils agissent pour protéger les enfants ayant subi l’inceste : « 10% des Français qui auraient subi l’inceste […] un Français sur six […] dix millions de personnes […] c’est de crime de masse dont nous parlons » peut-on lire dans la tribune.

Ce n’est pas difficile d’être d’accord avec cette pétition. Ce qui parait dingue en revanche, c’est que certaines évidences morales ne soient pas encore inscrites dans la loi alors que nous avons des députés qui légifèrent en France depuis des siècles. Que ce soient les situations d’harcèlements, de viols ou encore d’incestes : avant tous les mouvements de prises de paroles, ces sujets étaient, au bas mot, tabou ou ignorés.

Le mardi 9 février, le gouvernement ne s’est officiellement prononcé en faveur d’un seuil de non-consentement à l’âge de 15 ans pour tout acte de pénétration sexuelle commis par un majeur sur un mineur. Il était temps de se réveiller.

International

Election régionale sous le signe de l’indépendance en Catalogne :

L’un des faits marquants du week-end concerne nos voisins les espagnols. Dimanche la Catalogne était le théâtre d’élections régionales. L’enjeu pour le gouvernement central du pays était de réduire la fracture politique béante que les indépendantistes ont creusée à Barcelone depuis plusieurs années.

Les socialistes, à la tête du pays, n’ont pas oublié le référendum d’autodétermination qui s’est déroulé en octobre 2017. Le résultat du scrutin n’a pas été reconnu, la police avait dû intervenir de façon très violente et les dirigeants du gouvernement catalan ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 13 ans de prison, quand ce n’est pas l’exil volontaire comme ce fut le cas pour Carles Puigdemont, l’ancien chef du gouvernement catalan.

C’est dans ce contexte que le candidat socialiste Salvador Illa, ancien ministre de la Santé soutenu par le Premier ministre Pedro Sanchez, a obtenu 23 % des suffrages, soit 33 sièges sur les 135 du parlement régional. En 2017, le Parti socialiste en avait obtenu 17.
Malgré tout, cette victoire ne reste qu’un piètre réconfort car il faut réunir 68 sièges pour obtenir une majorité et être investit président de la Catalogne.

Le candidat d’ERC, Pere Argones, et le dirigeant d’ERC, Oriol Junqueras célèbrent les résultats de l’élection.  AFP / Josep LAGO.

C’est donc le parti de la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC) mené par Pere Aragones qui sort grand gagnant avec ses 33 sièges pour 21,3 % de voix. C’est le parti du bloc indépendantiste qui a réuni le plus de votes pour ces élections.
Ensemble pour la Catalogne (Junts) de l’ex-président Carles Puigdemont est à 32 sièges et les radicaux de la CUP obtiennent 9 sièges. Finalement, les indépendantistes passent de 70 à 74 sièges au parlement, et remportent la majorité absolue.

Reste maintenant à savoir comment ERC compte diriger la Catalogne.
Deux options principales se dessinent. Il y a d’abord la solution évidente d’une coalition indépendante ERC-Junts avec le soutien de la CUP.
L’autre option, moins probable pour des questions de cohérence politique et de divergences d’opinions, serait qu’ERC inclut le Parti socialiste dans son gouvernement afin de réunir les deux partis les plus populaires aux commandes, comme ce fut le cas entre 2003 et 2010.

Enfin, le dernier rebondissement de ces élections concerne le mouvement d’extrême droite Vox. Avec une campagne menée sous le signe de l’anti-indépendance et de l’anti-immigration, la formation politique devient la quatrième force du parlement avec 11 sièges.

Mario Draghi à la tête de l’Italie

Autre moment important de ce week-end en Europe : Mario Draghi est devenu officiellement président du conseil italien samedi. En direct, « Super Mario » a prêté serment lors de la cérémonie d’investiture devant le président Sergio Mattarella. Agé de 73 ans, l’ex-président de la Banque Centrale Européenne a réuni un gouvernement qui couvre le spectre de la gauche italienne jusqu’à l’extrême-droite. Plutôt que de choisir une majorité de ministres spécialisés dans leurs domaines respectifs, Mario Draghi a opté pour une solution privilégiant les ministres avec une stature politique marquée.

Cette stratégie renforce l’implication des différentes formations politiques dans les travaux de l’exécutif et les force ainsi à soutenir activement son action plutôt que d’être dans l’opposition, ce qui crée une cohésion et un équilibre nécessaire pour de maintenir cette alliance hétéroclite.

Le plus dur reste à faire désormais. L’Italie se rapproche des 100.000 morts dus au Covid, son PIB a chuté de 8,9% en 2020 et les 209 milliards d’euros d’aides obtenus à Bruxelles par Giuseppe Conte, le prédécesseur de M. Draghi, doivent encore être réparti.

Sans surprise, Donald Trump est acquitté :

Je ne vais pas vous faire l’insulte de vous rappeler tout ce qu’il s’est passé le 6 janvier dernier au Capitole de Washington DC aux Etats-Unis. Soyons efficace sur ce sujet qui concerne un homme dont nous n’avons que trop parlé ces 4 dernières années. Accusé d’« incitation à l’insurrection », Donald Trump était jugé pour la seconde fois dans un procès en destitution devant le Sénat américain.

Ce dernier est composé de 100 sièges, dont 50 pour les Républicains qui n’étaient vraiment pas chaud pour condamner l’ex-président, et 50 sièges pour les Démocrates qui n’ont vraiment pas aimé que le perdant des élections envoie des milliers de personnes dans le saint des saints de la démocratie américaine pour tenter de les intimider.

Selon la Constitution, deux-tiers des votes du Sénat sont nécessaires pour obtenir une condamnation, soit 67 voix. Seul 57 sénateurs ont voté pour la culpabilité du milliardaire. Si l’acquittement n’est pas une surprise, le fait que sept voix républicaines aient condamné les actions de Donald Trump est un séisme pour le Grand Old Party (GOP). Lors du premier procès en destitution de Trump, seul un membre du parti républicain avait choisi sa conscience plutôt que le corporatisme politique. Dans ces deux situations, les votes n’étaient pas à bulletin secrets. Imaginez une seconde le résultat si les Républicains ne portaient pas la responsabilité individuelle de leurs choix.

Donald Trump, quittant la maison Blanche pour la dernière fois le 20 janvier. ANNA MONEYMAKER / NEW YORK TIMES / REDUX

Le verdict de ce procès n’est pas le résultat d’une défense solide de Donald Trump : les faits étaient accablants, le leader républicain au Sénat, Mitch McConnell dénonçait même le « comportement inacceptable » de Trump après avoir voté pour son acquittement pour, officiellement, ne pas créer un précédent politique.

La meilleure manière de décrire le résultat de ce procès est de reprendre les termes utilisés par l’élue Républicaine de Géorgie, Marjorie Taylor Greene, le 5 février dernier « Les électeurs républicains soutiennent [Donald Trump], ce parti est le sien et il n’appartient à personne d’autre. »

Entre le corporatisme déguisé et la lâcheté, il n’y a qu’un pas, et cet acquittement est la preuve que Marjorie Taylor Greene a raison. Le GOP, alors même qu’il a l’occasion d’écarter politiquement Donald Trump de manière durable pour assainir son camp, a trop peur des conséquences potentielles de la destitution de l’ex-président sur le parti. Trump n’a plus de réseaux sociaux, il n’a plus de mandat fédéral à son actif, et pourtant son influence tiens encore les Républicains en otages.

La Birmanie est toujours sous haute tension

Il y a quinze jours, l’armait Birmane lançait un coup d’état contre le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi et l’emprisonnait, elle et plusieurs autres responsables de son parti, la Ligue Nationale pour la démocratie (LND). Je vous avais alors écrit une modeste remise en contexte de la situation en Birmanie peu avant que le pays ne rechute dans la dictature, mais également du rôle important que jouait la Tatmadaw – nom de l’armée birmane – dans la société Birmane depuis 1962.

Deux semaines après que l’armée ai repris le contrôle du pays alors que la Constitution garantissait déjà un quart du parlement aux militaires, les postes clés du gouvernement à l’armée et que l’accord de la Tatmadaw était nécessaire pour modifier la constitution : la situation est toujours aussi tendue en Birmanie. Et c’est peut-être ce dernier point qui surprend le plus les militaires. Ils se savent détestés par la population pour des raisons historiques, mais ils ne s’attendaient pas à une résistance civile pacifique aussi importante.

Ce n’est pas parce que les manifestants ne sont pas armés que l’armée va hésiter pour autant. La Tatmadaw a toujours réagi par la force aux révoltes pacifiques et l’histoire du pays est écrite dans le sang. Pour réprimer les soulèvements 8888 (8 août 1988), l’armée a ouvert le feu sur la foule sans distinction durant les grandes manifestations anti junte, ce qui avait provoqué des milliers de morts. En 2007, lors de la révolution de safran, les manifestations furent également matées dans la violence, mais à un degré largement moins mortel.

Toujours est-il que la situation ne s’améliore pour aucun camp à l’heure actuelle. La société civile proteste de plus en plus, et l’armée augmente son arsenal et ses mesures répressives de jours en jour. D’un simple couvre-feu et d’un appel au calme le premier février, la situation a dégénéré. Sans pour autant atteindre une mobilisation importante des forces militaires pour l’instant, le maintien de l’ordre est désormais appliqué à coup de canon à eau, de gaz lacrymogènes, de déploiement de blindés.

Dimanche des soldats ont été mobilisés à Myitkyina, la capitale de l’Etat Kachin sur la frontière chinoise du pays. Les forces de l’ordre ont tiré sur la foule pour disperser des manifestants. Les sources sont encore incapables de déterminer s’il s’agissait de balles réelles ou de munitions en caoutchouc. Ce dont il est certain en revanche, c’est qu’une personne est déjà morte depuis le début des protestations. À Naypyidaw, la jeune Ma Mya Thwet Thwet Khine, 20 ans, a été débranché de son respirateur à la demande de sa famille. Elle était en état de mort cérébrale après avoir été touchée par un tir de la police lors d’une manifestation.

L’armée tente d’intimider toute la société civile. A l’heure actuelle, plus de quatre cents personnes ont été appréhendées, que ce soient des responsables politiques, des militants anti-putsch, des étudiants, des médecins et des employés du secteur public en grève ou encore des journalistes.

Un homme s’adresse a un policier à propos arrestations survenues à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie. Associated Press

Ces derniers sont ailleurs sommés par la junte militaire d’arrêter de parler d’elle comme d’un « gouvernement de coup d’Etat ». Elle a même gentiment précisé dans un communiqué envoyé par le ministère de l’Information au club des correspondants étrangers que « les journalistes et les organes de presse [ne doivent] pas écrire dans le but de provoquer des troubles publics ».

Trêve de foutage de gueule, le chaos est partout dans le pays et ce ne sont pas les journalistes qui le causent. Des manifestations durent depuis deux semaines, les protestataires transgressent tous les jours les interdictions de rassemblements et se reconnaissent en levant trois doigts en signe de résistance. Des médias locaux signalent même des cas de défections de policiers.

Samedi dernier, ils étaient des milliers dans le centre de Rangoun. Le trafic router était stoppé pour klaxonner à l’unisson afin de célébrer l’anniversaire du père de l’indépendance birmane et de Aung San Suu Kyi : le général Aung San.

La situation plait de moins en moins aux militaires et le général Min Aung Hlaing, le commandant en chef de l’armée birmane âgé de 64 ans, donne de plus en plus de matériel et de moyens légaux à ses hommes pour terroriser la population.

En deux semaines, le pays a vécu trois coupures d’internet dont deux consécutives hier et aujourd’hui avant que les connexions ne soient rétablies dans la matinée. En 2011, le Printemps arabe a servi de laboratoire à ciel ouvert pour toutes les dictatures cherchant des exemples de répressions modernes et efficaces de la population. L’un d’entre eux est justement internet. Priver sa population du World Wide Web, c’est le priver de moyen de communication extérieurs et de canaux d’organisation.

C’est également dans le cadre du contrôle de ce médium qu’une loi sur la « sécurité numérique » doit entrer en vigueur aujourd’hui. Elle va permettre au régime militaire d’accéder aux données des internautes, de bloquer des sites d’information, d’ordonner des coupures d’Internet et d’emprisonner les personnes critiquant le gouvernement sur internet.

Sur le terrain, les forces de l’ordre ont même obtenu le droit de perquisitionner n’importe quel lieu sans mandat et de placer des personnes en détention pour une courte période sans l’autorisation d’un juge.

Enfin, méthode ultime de nombreux régimes dictatoriaux avec les kidnappings en plein jour, les arrestations d’opposants pendant la nuit sont de nouveau à la mode en Birmanie. Afin de se battre contre cette pratique, des comités de vigilance citoyenne sont apparu spontanément. Les voisins se surveillent entre eux pour intervenir en cas d’opérations nocturnes menées par les autorités pour arrêter des opposants. Le bilan est encore léger en Birmanie. L’armée est également connue pour être impulsive et n’a que faire de l’opinion. J’ai même volontairement sauté toutes les déclarations internationales car le seul pays capable d’influencer l’armée est la Chine, or, celle-ci continue ses relations avec la Birmanie comme si de rien n’était. Les menaces de sanctions de l’ONU, l’Union Européenne et les Etats-Unis n’ont que peu d’impact sur la situation actuelle et il est à craindre qu’elle ne s’aggrave fortement dans les jours qui viennent : la Tatmadaw n’est pas connue pour sa patience.

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